François Legault a présenté mardi sa candidate vedette dans Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau.

Le cheval de Troie

CHRONIQUE / «La CAQ est sérieuse. Mont­réal doit faire partie du changement» a déclaré François Legault, mardi, en présentant Chantal Rouleau, sa candidate vedette dans Pointe-aux-Trembles. Legault était fier, et avec raison.

L’arrivée de la mairesse de l’arrondissement de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles dans la campagne électorale de l’automne est une pièce maîtresse de la stratégie de la Coalition avenir Québec pour mettre enfin les pieds sur l’île de Montréal. C’est un peu son cheval de Troie. Si les sondages préélectoraux annoncent la victoire de Mme Rouleau à Montréal, ces prédictions pourraient créer un effet boule de neige et faire élire d’autres caquistes dans la métropole.

On est loin du compte cependant. Pour qu’un parti politique soit porté par une vague comme celle qui a fait le succès du NPD sous Jack Layton, encore faut-il que les sondages lui concèdent la possibilité de faire des gains sur l’ensemble du territoire et surtout, de prendre le pouvoir. C’est le cas actuellement pour la CAQ au Québec, mais il manque encore trop de pièces au casse-tête électoral pour faire des prédictions.

D’une part, les libéraux font des efforts évidents pour réconcilier l’électorat québécois avec Gaétan Barrette. Le bouillant ministre de la santé fait des pieds et des mains depuis quelques semaines pour se montrer plus conciliant et rassembleur. Son point de presse de jeudi, à la sortie de sa rencontre avec les représentants de la Fédération interprofessionnelle de la santé, était révélateur. Le gouvernement s’active à la mise en place de projets pilotes afin de déterminer de meilleurs ratios «patients-infirmières», et ça va très bien, a dit le ministre, tout souriant.

Ce n’est pas demain la veille que les libéraux vont changer l’image de Gaétan Barrette, mais il leur reste sept mois. Le ministre fait de tels efforts qu’on pourrait croire qu’il est médicamenté…

L’autre grande inconnue du casse-tête électoral se retrouve chez les péquistes. J’ai écrit la semaine dernière que Jean-François Lisée avait fait un bon coup en ramenant Jean-Martin Aussant au PQ. Mais voilà que l’enfant prodigue trouve le moyen de se présenter à l’investiture du parti dans Pointe-aux-Trembles, où il affrontera Maxime Laporte, un candidat bien implanté dans le milieu. C’est comme si les péquistes avaient absolument besoin de brûler l’un ou l’autre de ces candidats prometteurs dans une lutte fratricide. 

Vous savez ce que ça me rappelle? La tentative encore récente de Justin Trudeau de désigner Yolande James dans le château fort libéral de Saint-Laurent à Montréal. Mme James aurait fait une excellente députée, mais elle a perdu l’investiture aux mains d’une jeune enseignante implantée dans son milieu, Emmanuella Lambropoulos… Je ne dis pas que c’est ce qui attend Jean-Martin Aussant, mais je ne parierais pas mon hypothèque sur ses chances de succès contre Laporte.

Et si Duceppe revenait...

Nouvel ajout au lexique de la politique fédérale, les sept démissionnaires du Bloc québécois porteront dorénavant l’appellation du GPQ, le Groupe parlementaire québécois. Ce n’est pas très inclusif. Les sept députés en question ne sont pas les seuls parlementaires québécois à la Chambre des communes, mais ça fera en attendant. En attendant quoi? Cela dépendra en partie de la réunion des instances du Bloc québécois cette fin de semaine. On voit mal comment les dirigeants du parti pourraient sortir de cette réunion en renouvelant leur confiance à l’endroit de Martine Ouellet. Et on voit tout aussi mal comment ils pourraient ignorer le départ de 70 % du caucus.

Et si Gilles Duceppe revenait… Après tout, il a le même âge que Trump et il semble en pleine forme.