La présence des femmes sur le marché du travail au Québec s'est accrue de plus de 10 % pour atteindre 76,8 % au cours des 16 dernières années.

La fête du Travail...au féminin !

CHRONIQUE / Après le «mystère de Québec», c'est le mystère économique du Québec qui retient l'attention, même ailleurs au Canada. Et s'il faut en croire le Globe and Mail de Toronto, qui nous a consacré deux pages le 26 août, c'est aux Québécoises qu'il faut donner une bonne partie du crédit pour un revirement aussi spectaculaire.
«Longtemps perçu comme un traînard économique, la province est en plein milieu d'un mini-boom» a écrit le journal, en faisant état de la baisse du chômage, de l'investissement des entreprises, et de l'équilibre dans les finances publiques. Un reportage bonbon pour les libéraux de Philippe Couillard à l'approche du prochain rendez-vous électoral en octobre 2018.
Mais s'il est un groupe qu'il faudra remercier, ce ne sont pas les politiciens. C'est vers les femmes que les libéraux devront se tourner parce qu'elles seraient la principale raison de ce succès économique. Leur présence sur le marché du travail s'est accrue de plus de 10 % pour atteindre 76,8% au cours des 16 dernières années. Le Québec est ainsi passé de la 13ème place à ce chapitre en 1997, à la 3ème place au monde derrière l'Islande et la Suède.
«Ce virage du Québec, avec Montréal en tête, est l'un des développements économiques les plus impressionnants des derniers 12 mois», conclut le journal. «Nous marchons sur de la neige» claironne l'ancien attaché de presse de Bernard Landry, Hubert Bolduc, qui préside Montréal International depuis 2016.
C'est vrai que l'économie du Québec a pris du galon. Mais peu importe le rôle des femmes dans ce virage, c'est le monde politique qui cherchera à en obtenir le crédit. Philippe Couillard en a fait la démonstration la semaine dernière, dans un message sur Facebook : «L'économie du Québec est aujourd'hui l'une des plus performantes au Canada. Plus de 197 000 emplois ont été créés depuis l'arrivée de notre équipe au printemps 2014(...) Comme le National Post le relevait récemment, ajoute M. Couillard, "Quebec's economy crawled out of the doghouse. Now, it's a powerhouse"».
Ce virage économique forcera François Legault a recentrer sa campagne électorale. Le chef de la Coalition Avenir Québec a toujours dénoncé la faiblesse de l'économie du Québec par rapport à ce qui se passe ailleurs au pays. Cette semaine encore, il a répété l'un de ses principaux crédo : «Des emplois ont été créés, mais partout au Québec, les salaires sont plus bas que chez nos voisins». 
On a bien vu, dans sa publicité sur la santé et son discours sur les migrants, que le chef de la CAQ se cherche de nouveaux enjeux. Parce qu'à 6 % de chômage, il lui sera difficile de faire campagne en promettant de créer de nouveaux emplois.
Et les femmes, me direz-vous? Pourquoi avoir lancé ce texte sur leur présence dans le marché du travail? Parce qu'il est bien normal, en ce lendemain de la fête du Travail, de souligner leur importance dans le développement économique du Québec. Et de rappeler que malgré leurs progrès, il y a toujours un écart entre leurs salaires et ceux des hommes. Parce que ça, personne n'en parlera pendant la campagne électorale...
Un dernier point sur le sujet : si nos politiciens tentent de vous faire croire que c'est à cause de notre système de garderies que les Québécoises sont aussi nombreuses sur le marché du travail, ils ont tort. Statistique Canada a déjà constaté que cette avancée a commencé dans la décennie de 1976 à 1986, bien avant la mise en place des garderies à 5$ en 1997. C'est la réforme de l'éducation dans les années 60 et 70 qui a fait la différence.
Merci mesdames!