Le premier ministre, Philippe Couillard

Irma balaie le bureau de Couillard

CHRONIQUE / C'est un ouragan de catégorie 5 qui vient de passer au bureau de Philippe Couillard, emportant avec lui le directeur de cabinet Jean-Louis Dufresne et plusieurs acteurs clés de son bureau. Les dommages sont importants.
Roberto Iglesias, grand patron du Conseil exécutif  et autre bras droit du premier ministre, est en congé de maladie et vient de reporter son retour au travail de deux semaines supplémentaires. Johanne Whittom, conseillère principale et directrice de cabinet associée, est passée lundi dans la Fonction publique. Harold Fortin, le porte-parole de M. Couillard, devient directeur des relations internationales au bureau du premier ministre. Y a-t-il encore un pilote à bord?
À un an des élections générales, la situation est à ce point inquiétante pour le PLQ que les libéraux à la recherche de leadership commencent déjà à se tourner vers Pierre Moreau, au cas où... S'il fallait que Louis-Hébert passe aux mains de la Coalition avenir Québec, c'est toute la grande région de Québec et de sa rive sud qui pourrait échapper ensuite aux libéraux. Une telle débâcle pourrait amener M. Couillard à quitter la politique, même s'il parvenait à se faire élire à la tête d'un gouvernement minoritaire.
Encore une fois, les libéraux se sont tournés vers Daniel Gagnier, le magicien des années Charest, pour lui demander de donner un coup de main aux élections. Mais Gagnier aurait refusé, m'a-t-on appris. Il leur faudra donc se tourner vers quelqu'un d'autre.
Il y a longtemps qu'on prédit le départ de Jean-Louis Dufresne. On lui a reproché tous les égarements, les retards et les erreurs du bureau du premier ministre, surtout dans les controverses portant sur l'éthique. Mais Dufresne est un intime de Philippe Couillard et il a toujours survécu jusqu'à ce mardi. Dans son communiqué de presse annonçant la nouvelle, le premier ministre a souligné son «amitié des 45 dernières années» avec l'homme.
Pourquoi l'avoir laissé partir? Ce n'était pas dans les plans cet automne, m'a-t-on dit. Mais le faux départ dans Louis-Hébert avec la candidature d'Éric Tétrault a fait déborder le vase. C'est Dufresne en personne qui a rencontré Tétrault pour l'inviter officiellement à se présenter à cette élection complémentaire. Bien sûr, il avait l'aval de son chef. Mais quand ça tourne mal, ce n'est jamais le chef qui prend le blâme. Il fallait un bouc émissaire.
Il faudra quelqu'un de très fort pour prendre la relève de Dufresne dans un cabinet aussi mal en point, pour ramener l'ordre, rassurer les gens et remettre le parti sur ses rails. La nomination de Jean-Pascal Bernier, qui secondait Dufresne, n'est pas une surprise, mais ce n'est pas la solution assurée.
En attendant, les troupes de Pierre Moreau sont sur un pied d'alerte. Elles ne feront pas d'esclandres et ne mettront surtout pas le premier ministre dans l'embarras. 
Mais s'il devait partir, l'organisation Moreau serait prête et pourrait compter sur la majeure partie de la députation et des ministres actuels. On pense que Gaétan Barrette serait également dans la course, mais il ne jouit pas de la même cote d'amour chez ses collègues et dans la population. Martin Coiteux y songerait certainement, me dit-on, mais ça s'arrêterait là.
Bref, ça brasse fort dans la machine libérale au lendemain de cet ouragan. À un an des élections générales, c'était le moment ou jamais pour M. Couillard de faire le grand ménage et de repartir la machine avec du sang neuf. La question est de savoir si sa nouvelle équipe sera à la hauteur de l'énorme défi qui l'attend.