Le nouveau coporte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois fait son entrée à l'Assemblée nationale mardi. 

GND-Sanders au Salon bleu

CHRONIQUE / On ne saura jamais si Bernie Sanders aurait fait de la politique autrement, mais on sait que Donald Trump y est parvenu...et pas pour le mieux! On saura cependant si Gabriel Nadeau-Dubois, qui dit s'inspirer de Sanders, saura nous étonner. Le nouveau député de Québec solidaire (QS) fait son entrée mardi à l'Assemblée nationale du Québec.
Même s'il reste deux semaines à peine à la session parlementaire en cours, l'arrivée de GND sur la colline ne passera pas inaperçue. Parce qu'indépendamment du poids politique réel de Québec solidaire, la présence de l'ancien porte-parole des carrés rouges au Salon bleu viendra changer la dynamique. Même s'il n'est que le co-porte-parole de QS avec Manon Massé, c'est lui que les médias voudront entendre, bien davantage que Mme Massé.
C'est également vers lui que se tourneront les microphones...c'est déjà le cas... lorsqu'il sera question de relations... ou de confrontations... avec le Parti québécois. M. Nadeau-Dubois a déjà démontré qu'il n'entend pas s'en laisser imposer par Jean-François Lisée, et ça ne devrait pas changer.
La visibilité que lui vaut sa notoriété pourrait causer des frictions à l'interne de QS. Selon lui, ce parti «ressemble encore un peu trop à un parti traditionnel». Il veut le «transformer en un mouvement citoyen large». C'est là qu'arrive la comparaison avec Bernie Sanders, mais c'est plus facile à dire qu'à faire. La démocratie directe, dont s'inspiraient les carrés rouges, est difficilement compatible avec le travail parlementaire où il faut souvent prendre des décisions importantes et définir des positions politiques stratégiques en l'espace de quelques minutes.
Mais bon! Depuis le temps que les politiciens nous promettent de faire de la politique autrement, laissons au moins le bénéfice du doute à GND. Il a encore 17 mois pour nous surprendre. 
En attendant Nadeau-Dubois, c'est la Constitution, la semaine dernière, qui a sauvé Philippe Couillard de la saga qui n'en finit plus sur le passé du Parti libéral du Québec. Sa main tendue avec le reste du Canada a fait les manchettes, mais ça ne saurait durer. Les réactions d'au moins quatre provinces et de Justin Trudeau ont démontré, une fois de plus, que le fruit n'est pas mûr.
À moins que la boîte à courriels des enquêteurs de Québecor ne soit tarie, c'est donc l'intégrité du premier ministre qui reprendra la vedette. Il faut dire que M. Couillard est un peu responsable de la situation. Ses échanges de courriels avec Marc-Yvan Côté ont montré une relation personnelle beaucoup plus étroite que ce qu'il avait dit sur le sujet. Le premier ministre a vécu une situation similaire concernant ses relations avec Arthur Porter, qu'il décrivait en 2012 comme une «bonne connaissance», «quelqu'un avec qui c'était agréable de parler». Or une vidéo enregistrée en octobre 2011 nous l'a fait voir témoignant de son amitié pour Porter lors d'une conférence à McGill : «Plusieurs d'entre vous savez qu'Arthur et moi sommes d'excellents amis, des amis très proches depuis notre toute première rencontre en 2003».
M. Couillard nous avait également déçus au moment de sa démission en juin 2008, en disant qu'il n'avait pas de plans autres que d'aller à la pêche. Or le commissaire au lobbyisme a révélé par la suite qu'il avait signé son protocole d'embauche avec le Fonds d'investissement PCP un mois avant sa démission.
Toute vérité n'est pas bonne à dire en politique. Mais avec la multiplication des technologies d'information et d'archivage, on peut vous contredire à l'aide de quelques clics sur un clavier d'ordinateur. Il devient donc difficile de plaider les trous de mémoire ou les citations hors contexte...surtout si la police s'en mêle!