Le député libéral de Châteauguay, Pierre Moreau, a reçu le feu vert de ses médecins pour reprendre le travail comme avant.

Éthique: Moreau veut un message plus puissant

CHRONIQUE / Pierre Moreau participera à la réunion du Conseil des ministres, mercredi, et il a reçu le feu vert de ses médecins pour reprendre le travail, comme avant. Avec comme seul bémol de ne pas «brûler la chandelle par les deux bouts» et de savoir prendre le repos nécessaire pendant ses soirées.
«Je pense qu'il faut faire la démonstration qu'on est résolument passé dans une autre époque concernant l'éthique», a déclaré M. Moreau en entrevue au Soleil. Il signale que «ce qu'on voit dans l'actualité, ce sont des éléments qui relèvent d'un passé avec lequel l'ensemble de la classe politique a coupé grâce aux réformes législatives qui ont été mises en place». Mais il ajoute du même coup qu'il «faut aussi faire la démonstration, dans notre quotidien, d'un très grand souci de transparence et de prudence à l'égard de tout ce qui pourrait engendrer une perception de conflit éthique. Ça, pour moi, c'est fondamental. Ma vie entière a été consacrée à la justice pour 20 ans de ma vie [comme avocat]. Et en politique, j'ai toujours été droit comme une barre.»
Selon lui, la société et les politiciens sont en train de prendre la mesure de l'effet de la fragmentation des messages sur les réseaux sociaux, du caractère anonyme des commentaires qu'on y fait. «Il faut être capable d'être encore plus puissant dans le message sur la question de l'éthique, parce qu'aujourd'hui, je vois parfois des commentaires totalement gratuits, dénués de tout fondement, qui sont à la limite de la diffamation. Et ça aussi contribue au cynisme.»
Le ministre estime que les politiciens et les médias doivent aller à la sauvegarde de nos institutions pour contrer ce phénomène. «Du monde qui disent : si je tape sur le coin d'une table et si je sacre un peu, ça va attirer l'attention et la sympathie d'une partie de la population qui vit des frustrations. Je regrette, mais ce n'est pas en tapant dans les portes et sur les tables et en sacrant que tu règles les problèmes dans une société.»
Le message du 5 décembre
Le ministre estime par ailleurs que les élections complémentaires du 5 décembre ont envoyé un message qui, «sans dramatiser, doit être compris». Les gens sont conscients des efforts déployés contre les déficits, mais ils veulent maintenant voir les résultats. «Je pense que c'est ce que le gouvernement a commencé à faire», dit-il, en ajoutant que ses efforts au sein du Conseil des ministres, avec ses collègues, verront à orienter les choix maintenant que l'équilibre budgétaire a été atteint. Dans son esprit, c'est du côté de la qualité de vie des aînés et de l'éducation qu'il faut mettre la priorité. «La santé, c'est un mandat naturel pour l'État, mais l'éducation, c'est le début de la vie, et les aînés, c'est la fin de la vie active. Il faut être capable d'assurer la qualité aux deux extrémités.»
Pierre Moreau n'a pas encore discuté avec Philippe Couillard de son prochain mandat au sein du cabinet, mais il confie avoir entamé sa propre réflexion sur le sujet. «Je me dis : de quelle façon est-ce que je pourrais être le plus efficace pour l'action gouvernementale? Je n'ai pas terminé cette réflexion-là, mais s'il y a une chose que j'ai apprise de la maladie, c'est qu'on doit faire ce qui nous intéresse dans la vie. Moi, ma passion, c'est la politique, et à l'intérieur de cette passion-là, ce que j'aimerais, c'est de pouvoir avoir une contribution positive à l'action gouvernementale. Philippe Couillard est un gars très intelligent, on se connaît bien, et je suis convaincu que lui-même a une réflexion là-dessus.»
Il révèle que ses médecins lui ont donné carte blanche pour reprendre un rythme de travail normal, non seulement pour sa santé physique, mais aussi pour sa santé mentale : «J'étais comme un cheval qui sentait l'écurie, tu veux rentrer au plus sacrant! Mais outre les conseils de prudence, les médecins ne voient pas d'obstacle à ce que j'aie une bonne charge de travail. D'ailleurs, c'est ce que j'ai dit au premier ministre : je suis prêt à agir là où tu vas penser que mes talents vont être utilisés, et puis ne te gêne pas, je vais faire le travail à plein temps!»
Pierre Moreau a eu beaucoup de messages d'amitié et d'appui de tous ses collègues parlementaire qui se sont inquiétés de sa santé au cours de la dernière année. Il ne voit pas de problème à l'idée de retomber dans l'arène partisane, avec tous les débats qui se vivent dans ce milieu. «Quand j'étais avocat, je ne quittais jamais la salle d'audience, quand on avait un procès chaudement débattu entre avocats, sans aller donner la main à mon adversaire. Parce que j'estimais que la joute se faisait dans la salle, et qu'au-delà de ça, on était des confrères. Pour moi, c'est la même chose en politique.»