Depuis le début de l'année, le gouvernement Couillard dépasse les bornes avec sa campagne «Ensemble on fait avancer le Québec», dont le contenu tient plus de la propagande que de l'information.

Ensemble, on fait «dépenser» le Québec

CHRONIQUE / On a l'habitude de voir les gouvernements utiliser les fonds publics pour vanter leurs politiques et leurs réalisations. Même si tous les partis au pouvoir se prêtent à cet exercice, c'est irritant. Depuis le début de l'année, le gouvernement Couillard dépasse les bornes avec sa campagne «Ensemble on fait avancer le Québec». Une campagne dont il est impossible de connaître les coûts totaux à moins d'appeler tous les ministères concernés, et dont le contenu tient plus de la propagande que de l'information.
Je n'ai rien contre la publicité gouvernementale lorsqu'elle vise à sensibiliser les gens à des enjeux de santé ou de mieux vivre en société. C'est le cas des très beaux messages sur l'intégration des immigrants présentés récemment à la télévision.
Là où j'en ai, c'est contre les pubs comme celles sur l'emploi ou la politique maritime diffusées aux grandes heures d'écoute, et qui n'offrent rien d'autre que la propagande libérale. Je ne vois rien d'utile dans ce genre de message qui ne nous apprend rien. C'est du gaspillage dont le thème devrait être «Ensemble, on fait dépenser le Québec». Ou mieux encore : «Ensemble, on gaspille votre argent...»
La semaine dernière, Radio-Canada nous a appris qu'à elle seule, la campagne publicitaire pour «vendre» le budget Leitão atteindrait 2 millions $. C'est 1,8 million $ de plus qu'en 2014 et en 2015. Je comprends qu'il faille informer la population sur certains éléments du budget, mais encore faut-il que ce soit de l'information et non pas simplement de la propagande.
En fin de semaine, la critique péquiste Diane Lamarre révélait que deux publicités Web du ministère de la Santé ont coûté la jolie somme de 470 000 $. Elle a dû faire une demande d'accès à l'information pour avoir les chiffres. Pourtant, les libéraux avaient promis la transparence pendant la campagne électorale de 2014. 
Il y aura d'autres élections dans un an et demi. Le gouvernement s'y prépare, c'est normal. Mais les libéraux n'ont pas le droit de le faire avec nos taxes et nos impôts. Si les partis d'opposition voulaient faire oeuvre utile, ils devraient lancer une pétition sur le site de l'Assemblée nationale, pour dénoncer de telles manoeuvres. Ça ne changerait pas le monde, mais ça aurait le mérite d'informer les gens, ce que la propagande gouvernementale ne fait pas.
The Guardian
Il faut parfois lire ce qu'on dit de nous à l'étranger pour mieux se connaître. Le quotidien britannique The Guardian a publié en fin de semaine un texte d'opinion percutant, incitant les gens à cesser de se pâmer devant Justin Trudeau et à le juger sur ses politiques et non pas son image. L'auteur, Bill Mckibben, est un journaliste de gauche militant pour la cause environnementale. Il fait valoir que Donald Trump est à ce point «horrible», qu'il est difficile de regarder ailleurs, «surtout depuis qu'il a découvert les bombes». Par opposition, dit Mckibben, Trudeau est à ce point séduisant, plein de compassion pour les immigrants et favorable à la cause féminine, qu'on oublie de l'évaluer sur le principal enjeu contemporain, celui des changements climatiques.
Trudeau tient toujours le bon discours et le répète constamment, dit l'auteur, mais il continue d'appuyer les projets de pipelines.
Ce n'est pas la première fois que Mckibben critique Justin Trudeau sur le sujet. Mais c'est un rappel à l'ordre qui s'impose, à la lumière des derniers chiffres du ministère fédéral de l'Environnement sur les gaz à effet de serre. La réduction de ces gaz au Canada n'a été que de 2,2 % depuis 2005. L'objectif de réduction promis à Paris était de 30 % d'ici 2030. Malgré ça, on continue d'autoriser des pipelines...