Robert Poëti est maintenant l'adjoint parlementaire du ministre Pierre Moreau et compte bien retrouver sa place au Conseil des ministres.

Ça brasse dans la cabane...

CHRONIQUE / Les libéraux ont suffisamment de problèmes avec les allégations de corruption et d'ingérence politique, ils n'avaient pas besoin d'une querelle interne. Les frustrations ont éclaté au grand jour avec la sortie du député Guy Ouellette qui se serait fait pousser vers la sortie, et celle de Robert Poëti qui a appris qu'on aurait offert sa circonscription à Yves Francoeur, le président du syndicat des policiers de Montréal.
Ouellette et Poëti sont des policiers retraités de la Sûreté du Québec. Des gars qui en ont mené large dans leur carrière précédente, et qui jouissent d'une certaine indépendance financière grâce à leur régime de retraite de la SQ. Bref, des gars qu'on ne mène pas par le bout du nez une fois qu'ils ont endossé leur habit de politicien. François Legault a constaté la même chose avec Jacques Duchesneau.
Et voilà que Ouellette et Poëti apprennent, plus ou moins officiellement, que quelqu'un quelque part a songé à leur remplacement. Vous imaginez la réaction...
Le cas de Poëti est plus délicat. Il a encore sur le coeur son éviction sans ménagement du Conseil des ministres au début de 2016. Poëti est un proche de Pierre Moreau, à qui il a donné son appui pendant la course à la direction du PLQ. Ça crée des liens, ce genre d'appui. Aujourd'hui, il est l'adjoint parlementaire de Moreau. Si vous regardez la période de questions, vous allez le voir assis tout juste derrière son ministre. On l'aperçoit aussi régulièrement dans les mêlées de presse de Pierre Moreau. Il écoute, il apprend et il compte bien retrouver un jour sa place au Conseil des ministres. D'où sa colère lorsqu'il a appris qu'on aurait offert sa circonscription à ce policier, Yves Francoeur, qui bave maintenant sur le gouvernement.
C'est probablement un peu gonflé, ce genre d'histoire. Francoeur a peut-être exagéré, et il est clair que Patrice Ryan, qui l'aurait approché, n'avait pas l'autorité requise pour lui faire une offre formelle. Il allait à la pêche pour voir s'il y avait un intérêt. C'est plus tard que l'appel du chef serait venu si le policier avait laissé la porte entr'ouverte. 
Mais il n'est pas invraisemblable de croire qu'on a pensé à Francoeur pour remplacer Poëti dans Marguerite-Bourgeoys. Les rumeurs ont couru sur la possibilité de sa démission lorsqu'il a perdu son poste au Conseil des ministres. Denis Coderre lui a même ouvert les portes de son hôtel de ville. L'arrivée d'un autre policier dans l'équipe libérale aurait permis d'effacer les taches laissées sur le PLQ par la commission Charbonneau. Mais Poëti a décidé de rester. Et avec ce qui vient de se passer, personne n'osera plus jamais le provoquer.
Tout ça est bien mauvais pour le moral des troupes libérales qui sont fatiguées de voir leur réputation mise à mal tous les jours. Pierre Moreau a «sauté sa coche» en matinée. Il s'en est pris directement aux médias de Québecor qu'il a accusés «d'acharnement thérapeutique». Philippe Couillard a renvoyé François Legault à son passé péquiste. Il a rappelé que le chef de la CAQ a déjà dirigé les campagnes de financement du PQ. 
S'il est vrai que l'attaque est la meilleure des défenses, il reste que c'est d'épuisement que vont tomber les troupes libérales si les accusations et les allégations continuent de tomber à ce rythme. Dans ce genre de situation, c'est le général qui doit élaborer des stratégies et motiver les soldats. Mais si les divisions internes prennent le dessus, comme on l'a vu avec Ouellette et Poëti, la confiance ne sera pas au rendez-vous aux prochaines élections.
Ça brasse (2)
Pardonnez ce petit message à l'interne :  Antoine, je t'aime bien, malgré tout. Ça, c'est inconditionnel.