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Nous amorçons donc 2021 dans l’incertitude. Que peut-on faire alors pour prendre soin de nous et de notre santé mentale dans ce climat?
Nous amorçons donc 2021 dans l’incertitude. Que peut-on faire alors pour prendre soin de nous et de notre santé mentale dans ce climat?

Prendre soin de nous

Georgia Vrakas, Ph. D., psychologue et ps.éd.
Professeure agrégée, Département de psychoéducation UQTR, campus de Québec
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CHRONIQUE / À ce stade-ci de la pandémie, nous connaissons tous et toutes le portrait inquiétant concernant notre santé mentale collective. Actuellement, nous sommes en confinement plus resserré jusqu’au 11 janvier. Nos contacts ont été encore une fois diminués davantage, chose nécessaire, mais particulièrement difficile durant les Fêtes qui viennent de prendre fin.

Nous amorçons donc 2021 dans l’incertitude. Que peut-on faire alors pour prendre soin de nous et de notre santé mentale dans ce climat?  J’aimerai d’abord commencer par définir la santé mentale. Qu’est-ce que c’est exactement? Ce que j’observe en lisant et écoutant divers médias et en discutant avec les gens à ce sujet est que trop souvent on ne comprend pas ce concept. Ce n’est pas très surprenant considérant le tabou l’entourant. Il existe plusieurs définitions de la santé mentale, mais j’aime bien celle de l’Agence de santé publique du Canada : «la capacité qu’a chacun d’entre nous de ressentir, de penser et d’agir de manière à améliorer notre aptitude à jouir de la vie et à relever les défis auxquels nous sommes confrontés. Il s’agit d’un sentiment positif de bien-être émotionnel et spirituel qui respecte l’importance de la culture, de l’équité, de la justice sociale, des interactions et de la dignité personnelle». 

En somme, la santé mentale est une ressource, c’est notre bien-être. C’est un concept positif qui englobe non seulement l’individu, mais les éléments externes qui peuvent l’influencer (ex. : famille, emploi, loisirs, valeurs sociétales, etc.). Ceci dit, qu’on ait ou non un trouble de santé mentale (ex. : troubles dépressifs, anxieux, etc.), on peut jouir d’une santé mentale positive. Cela peut paraitre contre-intuitif, mais c’est vrai : l’un n’exclut pas l’autre. Il faut y travailler par contre, comme on fait pour notre santé physique.

Comment donc prendre soin de nous et de notre santé mentale dans le contexte actuel? Comme j’ai dit dans une chronique précédente, il y a des choses sur lesquelles nous n’avons pas le contrôle présentement (ex. : les décisions sanitaires du gouvernement) sur lesquelles il faut lâcher prise. J’ai aussi déjà nommé qu’il est normal de se sentir anxieux et anxieuses, triste, en détresse en temps de pandémie. Il faut que chacun et chacun de nous identifiions des choses, des activités, sur lesquelles nous avons au moins une part de contrôle et qui nous aident à nous sentir mieux. 

Ce qui est problématique est que certaines personnes, lorsqu’elles vont mal, vont réagir en entreprenant des activités qui ne sont pas bénéfiques pour elles : en s’isolant davantage, en consommant beaucoup d’alcool, etc. Ce sont des façons d’estomper la douleur ressentie par des moyens qui ne font que l’accentuer en bout de ligne. Actuellement, les recherches démontrent de plus hauts taux de consommation d’alcool dans la population. Est-ce que les gens consomment plus parce qu’ils vont mal? Parce qu’ils s’ennuient? Il va falloir explorer davantage pour comprendre les raisons de cette hausse, mais elle semble refléter un changement troublant.

Prendre du recul

Si on se retrouve à s’isoler plus, à consommer plus, à ne plus s’engager dans les choses qu’on aimait faire avant, je nous propose de prendre un pas de recul sur nous-mêmes et d’identifier des alternatives bénéfiques pour notre santé mentale. Je sais que ce n’est pas facile lorsque nous sommes confinés et qu’il y a beaucoup de choses que nous aimions faire auxquelles nous n’avons plus accès, pour l’instant. Soyons créatifs alors et trouvons des alternatives. Par exemple, pour ceux et celles qui aimaient aller au gym, il y a la marche dehors (seul.e.s ou avec d’autres), des exercices sur Zoom ou FaceTime avec des ami.e.s, des programmes d’entrainement en ligne. 

Oui je suis très consciente que ce n’est pas la même chose, mais c’est une solution temporaire qui nous permet de faire ce qu’on aimait, autrement. C’est la même chose pour ceux et celles qui étaient inscrit.e.s à des cours de yoga, Pilates, ou autres. On peut pratiquer ces exercices à la maison seul.e.s. ou avec d’autres, mais virtuellement. Cela nous permet de continuer à pratiquer certains loisirs avec nos ami.e.s mais différemment.

Dans mon cas, je faisais du théâtre amateur depuis quelques années avec la troupe-école les Comédiens sans bagage.  Malheureusement depuis le 13 mars dernier cette activité, qui me faisait le plus grand bien, est en pause. Je m’ennuie des gens que j’y retrouvais chaque semaine, je m’ennuie du théâtre. C’est une activité plutôt difficile à faire seule à la maison. J’ai trouvé une autre façon de pratiquer ma créativité. Je vous ai déjà mentionné que je peins, mais j’ai récemment aussi recommencé à écrire de la poésie; j’en ai presque assez pour un recueil!

Tout cela pour dire qu’identifier des alternatives bénéfiques peut être difficile, mais c’est possible. Chacun et chacune d’entre vous saviez ce dont vous avez besoin, ce qui vous fait du bien. Vous êtes les experts de votre réalité. Prenez quelques instants pour réfléchir à comment vous pouvez faire les activités qui vont nourrir votre santé mentale. Écrivez-les et notez-les dans votre agenda. Un rendez-vous régulier avec votre santé mentale est de mise! Pour plusieurs d’entre nous, avec le retour au travail (en présentiel ou à la maison), les enfants à la maison, la distanciation, le confinement, je dirai même que c’est essentiel.

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OUTILS


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