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Une toile peinte par Georgia Vrakas
Une toile peinte par Georgia Vrakas

Notre santé mentale: composer avec l’anxiété et la détresse

Georgia Vrakas, Ph. D., psychologue et ps.éd.
Professeure agrégée, Département de psychoéducation UQTR, campus de Québec
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CHRONIQUE / Avec les nouvelles mesures sanitaires de confinement annoncées par le gouvernement en début de semaine, on risque de se trouver davantage isolé les uns des autres. C’est une évidence qu’il est impératif de suivre les consignes de santé publique pour freiner la propagation du virus. Cependant, c’est aussi une période qui continue à s’annoncer difficile sur le plan de la santé mentale.

Les recherches révèlent des niveaux d’anxiété et de détresse inquiétants durant la pandémie. Que peut-on faire alors dans ce contexte de confinement pour mieux composer avec celles-ci? Tout d’abord, il faut reconnaitre qu’il est absolument normal de vivre de l’anxiété et de la détresse dans un contexte de crise sanitaire. Nous avançons à tâtons. Nous ne savons pas si les mesures de confinement dureront deux semaines (on l’espère), ou plus. En d’autres mots, on anticipe ce futur inconnu. Il faut garder en tête que nous sommes des êtres humains :

1) nous avons besoin de savoir ce qui nous attend pour avoir au moins un minimum de contrôle sur la situation stressante qu’on vit.

2) nous avons aussi besoin de contacts sociaux. Dans la situation que nous traversons, ces deux conditions sont diminuées nous rendant plus fragiles.

La bonne nouvelle est qu’il y a des stratégies pour nous aider à mieux composer avec l’anxiété et la détresse qu’on vit. Avant de vous en présenter, je vais vous demander d’arrêter un moment et de penser à ce qui vous aide actuellement — ou qui vous a déjà aidé par le passé — à être moins anxieux/anxieuse ou à aller mieux, même si ce n’est qu’un instant dans votre journée ou semaine. Pensez à ce que vous faites durant ces moments-là pour aller mieux. Pour certain.e.s, c’est de parler à un.e ami.e. Pour d’autres, c’est prendre une petite marche, d’écouter une série, de peindre, de faire du yoga, ou de passer du temps avec leurs enfants. Les stratégies sont tout aussi variées que les personnes. L’important est d’en identifier et de les garder en tête, proches de nous, pour pouvoir les réutiliser lorsque nous sentons l’anxiété monter en nous. Elles feront alors partie de notre coffre à outils.

Petit exercice

Je vous ai fait faire ce petit exercice pour que vous réalisiez que nous avons tous et toutes déjà une petite idée des stratégies qui fonctionnent pour nous. Oui, j’avoue que ce n’est pas toujours facile de les identifier lorsqu’on vit une situation très difficile. Parfois, on a besoin d’aide pour les retrouver et les réutiliser. Parfois on a besoin d’aide pour en trouver tout simplement. Je vous en propose donc quelques-unes ici :

• Identifier ce sur quoi on a du contrôle versus ce qui est hors de notre contrôle : par exemple, je n’ai pas de contrôle sur les décisions du gouvernement, mais j’ai du contrôle sur ce que je décide de prioriser dans ma vie (enfants, travail, amis, etc.).

• Lâcher prise sur ce dont on n’a pas du contrôle (non, ce n’est pas facile, mais c’est faisable!)

• Axer sur le moment présent : nos pensées ont tendance à aller vers l’anticipation de l’avenir (ex. : je dois faire, je dois être...) ou vers le passé (ex. : j’aurai dû faire, j’aurai dû être...). Il est important de prendre du temps pour simplement être dans l’ici et maintenant. Une lectrice m’a rappelé récemment l’utilité de la méditation pleine conscience pour nous aider à rester ancrés dans le moment présent. D’autres moyens sont : le coloriage, le tricot, la couture. Dans mon cas, c’est peindre des toiles. Ce sont toutes des activités méditatives.

• En parler avec quelqu’un : cela peut être un.e professionnel de la santé mentale dans le réseau public ou privé (je sais que les listes d’attentes sont longues), un.e intervenant.e communautaire en santé mentale ou une ligne d’écoute ou d’intervention.

Pour terminer, je suis consciente que les prochaines semaines risque d’être difficiles pour certain.e.s d’entre nous. Cette chronique se veut une base pour vous aider à bâtir votre coffre à outils pour composer avec la détresse et l’anxiété durant la pandémie, en espérant que cela vous sera utile. Sur ce, je vous souhaite Joyeuses Fêtes chers lecteurs et chères lectrices. Merci pour vos questions et suggestions.

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Vous avez une question pour Georgia Vrakas? Écrivez-nous.

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QUELQUES OUTILS

Si vous êtes suicidaire ou l’un de vos proches l’est : 1-866-APPELLE

Allez mieux ... à ma façon – outil d’autogestion facile à utiliser et recommandé par le Ministère de la Santé et des Services sociaux.

Centre d’études sur le stress humain (CESH)

Lavoie Solutions (voir section Covid-19 Matériel pour le grand public)

Méditation pleine conscience :

Association pour le Développement de la Mindfulness

Viens méditer avec mon équilibre de l’Université Laval

Apprendre à méditer de Fabrice Midal

Site francophone sur la Pleine-Conscience en psychothérapie (cliquez sur les MP3)

Applications mobiles :

Petit bambou

Insight Timer: Covid-19 - your toolkit (anglais et certaines méditations en français)

RespiRelax : https://www.thermes-allevard.com/content/respirelax-0

Lignes téléphoniques et organismes communautaires :

Phobies Zéro (pour les personnes, jeunes et adultes qui souffrent de troubles anxieux incluant le trouble obsessionnel compulsif et leurs proches) : 1-866-922-0002

Revivre (pour personnes vivant avec des troubles dépressifs, anxieux et bipolaires): 1-866- REVIVRE (738-4873)

Pour la liste complète de ressources mise à jour, c'est ici.