François Paradis — ex-vedette de TVA, élu deux fois sous la bannière caquiste — sera un président plus présent et plus participatif que ne l’était son prédécesseur, Jacques Chagnon, écrit notre chroniqueur.

François Paradis doit crever la bulle

CHRONIQUE / François Paradis n’est pas le premier président de l’Assemblée nationale à vouloir combattre le cynisme mortifère à l’égard des parlementaires, à vouloir rapprocher l’institution des citoyens. Mais parmi tous ceux qui ont occupé son poste depuis une génération, il est certainement l’un des plus susceptibles de pouvoir lever des barrières.

François Paradis — ex-vedette de TVA, élu deux fois sous la bannière caquiste — sera un président plus présent et plus participatif que ne l’était son prédécesseur, Jacques Chagnon. Comparaison n’est pas raison, mais, à certains égards, il y a du Jean-Pierre Charbonneau en lui.

C’est une question de personnalité. À l’instar de M. Charbonneau, président de 1996 à 2002, M. Paradis est plus extraverti qu’introverti.

Dans l’entrevue qu’il a accordée au Soleil, François Paradis a dit vouloir faire en sorte que le Parlement ne s’enferme pas dans sa bulle. C’est très bien, mais tout est de voir comment. Car tous les présidents de l’Assemblée nationale veulent toujours ouvrir davantage l’institution à la population. C’en est presque une rengaine.

Sortir!

L’Assemblée nationale concrétiserait réellement cette volonté d’ouverture si elle allait elle-même à la rencontre des citoyens. Pourquoi ne pas créer une toute nouvelle commission parlementaire dont le mandat serait d’aller prendre le pouls des préoccupations des différentes régions du Québec, comme l’a déjà suggéré la péquiste Véronique Hivon?

Composée de députés, cette commission itinérante se déplacerait au moins une fois par législature dans chacune des régions pour entendre, chez eux, les gens qui y vivent, leurs élus municipaux et autres, ainsi que différents corps intermédiaires.

Voilà qui permettrait à l’Assemblée nationale de se déployer à l’extérieur de sa bulle.

Le débranchement

L’élection d’un nouveau gouvernement à Québec nous le fait un peu oublier, mais un grand débranchement entre une partie de la population et ses représentants continue d’exister. Il était davantage visible il y a quelques mois, comme ailleurs dans le monde. Mais il n’a pas disparu pour autant.

La commission parlementaire itinérante pourrait permettre de rebrancher quelques fils — ou d’éviter que trop d’autres se débranchent.

Une telle commission itinérante aurait deux mérites : celui de ne jamais vraiment perdre de vue le fait que dans tel ou tel coin du Québec, des Québécois déplorent, par exemple, un accès trop étroit au système de santé. Et celui de ne pas trop perdre le contact avec les citoyens en général.

Maintenir des liens

Nos parlementaires doivent écouter. Mais ils n’ont pas à écouter sans effort. Sinon, ils ne sont et ne seront que de simples relais de ceux qui parlent le plus fort, de ceux qui sont les mieux organisés et de ceux qui détiennent un bon rapport de force. Ils doivent être des fiduciaires.

Or, c’est en favorisant le maximum de liens et en ayant des écoutes larges et concrètes que les parlementaires seront de meilleurs fiduciaires. Cette commission itinérante pourrait y contribuer. François Paradis devrait se pencher sur ce projet et crever la bulle.