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Jean-Marc Salvet
Le Soleil
Jean-Marc Salvet
Justin Trudeau prenait part en compagnie de François Legault à une annonce qualifiée d’historique sur le branchement à l’internet haute vitesse de foyers du Québec toujours laissés en plan.
Justin Trudeau prenait part en compagnie de François Legault à une annonce qualifiée d’historique sur le branchement à l’internet haute vitesse de foyers du Québec toujours laissés en plan.

François et Justin

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CHRONIQUE / «Ça va faire le Québec bashing», s’est exclamé le premier ministre Justin Trudeau alors qu’il était interrogé sur les propos d’un professeur de l’Université d’Ottawa qui donne beaucoup dans la boue depuis des mois.

À ses côtés, François Legault a jugé inacceptable la réponse formulée par le recteur Jacques Frémont, qui s’est bien évidemment dissocié du provocateur de sa Faculté de droit. Mais sans pour autant aller jusqu’à présenter des excuses au nom de son institution, puisque c’est à l’extérieur des salles de classe qu’Amir Attaran déverse sa bile.

«On va toujours être là pour défendre la liberté d’expression, mais ça va faire le Québec bashing», a commenté Justin Trudeau.

Personne ne peut remettre en question le fait que le premier ministre canadien soit écoeuré par de pareilles attaques. Ses contempteurs devraient au moins reconnaître qu’il l’est ne serait-ce que parce qu’une telle chose ne sert ni ses intérêts politiques, ni ses intérêts électoraux. Il a besoin du Québec pour décrocher un troisième mandat.

Une prise de parole plus forte sur le Québec bashing serait néanmoins non seulement la bienvenue, mais nécessaire. Et tous les chefs de parti fédéraux devraient s’y associer.

Sur ce dénigrement à l’endroit du Québec, le débat politique tourne un peu autour de la question suivante : Est-on face à des actes isolés ou est-ce un phénomène... systémique? Oui, la même question, au fond, qui existe lorsque l’on parle du racisme en général.

Les personnes ayant adopté le mot «systémique» et celles qui l’ont rejeté jusqu’ici paraissent aujourd’hui tentées d’offrir une réponse différente dans ce cas-ci.

Circonstanciel

M. Trudeau prenait part en compagnie de François Legault à une annonce qualifiée d’historique sur le branchement à l’internet haute vitesse de foyers du Québec toujours laissés en plan.

Les deux hommes se faisaient les yeux doux politiques — encore plus que lundi dernier lorsqu’ils avaient participé à une annonce commune sur une innovation en électrification des véhicules de l’entreprise Lion. 

Collaboration, flexibilité… «Justin», «François»; «François», «Justin»... Les bons mots des deux chefs de gouvernement étaient sincères et les égards qu’ils avaient l’un pour l’autre aussi. Mais ils étaient circonstanciels dans la mesure où chacun a des choses à perdre et à gagner dans sa relation avec l’autre.

Avec l’annonce de ce lundi, le gouvernement Trudeau aide M. Legault à respecter un engagement électoral important d’ici les prochaines élections générales au Québec, en octobre 2022, soit le branchement de tous les foyers à l’internet haute vitesse. M. Legault ne pouvait que savourer l’instant.

Qui plus est, le chef caquiste ne peut avoir l’air de vouloir miser sur un cheval actuellement donné perdant lors des élections fédérales qui pointent à l’horizon. Les conservateurs n’ont encore rien prouvé. Ils dévissent.

Cela, c’est évidemment sans compter le fait que M. Trudeau lui-même a intérêt à donner des gages au populaire François Legault à quelques encablures d’une possible campagne électorale fédérale. «L’annonce d’aujourd’hui est un bel exemple de collaboration sur nos priorités communes au bénéfice des Québécois», a glissé le premier ministre canadien. 

Mais chassez le naturel et il reviendra toujours bien vite au galop… Le gouvernement du Québec, à l’instar de ceux des autres provinces, réclame d’Ottawa des hausses importantes des transferts en santé. Et il refuse que des conditions y soient attachées. «C’est clair pour nous que la santé, c’est un champ de compétence des provinces. On demande une augmentation qui est récurrente des transferts, sans conditions», a déclaré M. Legault. 

M. Trudeau continue de vouloir que des normes canadiennes soient liées aux augmentations à venir pour les résidences de soins de longue durée pour les personnes âgées.

Chacun a dû finir par rappeler sa position ce lundi.

Il n’a suffi que d’une question d’un journaliste sur ce sujet pour rappeler à tous que les belles ententes et les échanges de cordialité ne sont que circonstanciels dans des cas comme ceux-là. Chacun cherche ses intérêts.