Jusqu'à maintenant, Démocratie Québec a présenté 11 candidats sur 21 et compte bien présenter l'ensemble de son équipe à la population d'ici le 22 septembre, début officiel de la campagne électorale.

Sur la planète d'Obama

CHRONIQUE / «Je suis peut-être toute seule à l'hôtel de ville, mais je ne suis pas toute seule sur la planète. Il y a Barack Obama aussi».
C'est vrai qu'avec Barack Obama sur la même planète, il y a de quoi se sentir moins seule. 
L'ex-président américain est pour Anne Guérette (et beaucoup d'autres) un modèle inspirant. Mais dans une course à la mairie de Québec, elle aura besoin d'alliés plus engagés.
Elle a dû sentir les rires nerveux autour de la table et s'empressera d'enchaîner: «Je ne suis pas seule à vouloir changer les choses en politique... pas toute seule dans le parti. J'ai une équipe avec moi».
La chef de Démocratie Québec a voulu rencontrer Le Soleil en ce premier jour de l'été, comme pour tourner la page sur une saison politique difficile.
Elle s'était préparée, avait souligné en jaune ses pages aide-mémoire, dont un extrait du discours d'Obama à Montréal: «Le nouvel ordre mondial ne peut reposer simplement sur le pouvoir. Il doit aussi reposer sur des principes... Aucune solution ne peut être atteinte sans un engagement citoyen plus important».
Dans le vase sur la table devant elle, trois pivoines, une rose pâle, une rose corail et une fuchsia. Joli bouquet. La suite risque d'être moins rose. 
Les quatre plus «gros noms» pressentis pour être candidats de son parti lorsqu'elle en est devenue chef à l'automne (Yvon Bussières, Paul Shoiry, François Marchand et l'ex-député du NPD Raymond Côté) y ont renoncé, parfois avec fracas.
Son parti devra aller au front avec une équipe peu aguerrie. Ce n'est pas un empêchement, mais ça ajoute à la difficulté.
D'autres chefs en seraient ébranlés et se seraient remis en question. S'inquiéteraient que le principal parti d'opposition ne puisse profiter davantage de l'usure de 10 ans au pouvoir d'Équipe Labeaume.
Pas Mme Guérette. 
Elle continue d'avancer, tête baissée, avec la même énergie et passion apparentes. 
C'était d'ailleurs le but de la rencontre. Nous dire et nous montrer «qui je suis pour vouloir [autant] la mairie».
De ses «confidences», on comprend que ce n'est pas (seulement) un «égo-trip» ou un «power-trip». Cela tient beaucoup à son héritage familial. «On est ce que nos parents nous ont donné», dit-elle. 
Mme Guérette avait déjà parlé de son père, mais fut cette fois plus explicite.
Elle le revoit prendre la parole à l'aréna devant 2000 personnes, dont les 1000 employés de son entreprise de bois de sciage du Témiscouata. 
«Passionné, travaillant, très proche de son monde. Un homme très simple, un gars qui était pas au-dessus [des autres]».
Ce Canadien-français «se battait contre des gros, des grands, des beaucoup plus riches que lui». Contre la famille Irving, «qui a toujours voulu un peu casser mon père. Mon père a toujours résisté». 
À la fin de sa vie, «il se reconnaissait en moi, la guerrière, la fougueuse, celle qui se tient et va pas plier les genoux devant ces gros, ces forts, ces riches...»
Sa mère était «complètement différente». «Une artiste, une environnementaliste, une femme très empathique, très sensible à tout ce qui se passait sur la planète.»
C'est elle qui planifiait les voyages de cette riche famille.
Pas question de rester seulement dans les hôtels de luxe et à la mer. Il fallait aller en ville à Dakar «sentir le pouls» et aller à l'île de Gorée où se marchandaient les esclaves. 
Après Acapulco, il fallait aller à Mexico «voir les femmes et les enfants qui mendiaient dans la rue».
Elle en aura hérité un «sens de la collectivité» et un désir de «collaborer à construire un monde meilleur».
Anne Guérette dit ne pas avoir de plan B pour l'après-politique. Si elle revient à son métier d'architecte, ce sera pour des «projets écolos».
Mais elle se verrait bien dans la «philanthropie» ou le «milieu communautaire... faire des manucures ou coiffer des gens âgés». 
«Je ne suis pas une snob de la haute ville», dit-elle. «Je ne suis pas là pour briller... L'élu, c'est quelqu'un qui est au service... Pas une star qui roule en limousine et fait des tours d'hélicoptère». Sauf peut-être à bord de Marine One.