Le maire semblait plus fatigué ces derniers mois, mais difficile à dire si cela est en lien avec la maladie.

Régis Labeaume atteint d'un cancer: quand la maladie rassemble

CHRONIQUE / C’est le seul sujet qui puisse autant rassembler. Qui que l’on soit, d’où que l’on vienne et par-delà nos opinions, les conflits et rivalités que la vie place sur nos chemins.

Une empathie, spontanée et sincère, pour la personne qu’on découvre atteinte d’une maladie grave. 

L’ampleur des réactions qui ont suivi la nouvelle en témoigne. Pour tous, les mêmes mots ou presque : bon courage Régis, on est avec toi. Rien d’autre n’était plus important à dire. 

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Les hommes de l’âge du maire — cet âge est aussi le mien — auront eu une petite frayeur de plus que les autres en l’apprenant. Passé la cinquantaine, on sait être entré dans une zone où le risque de cancer de la prostate augmente. On a vu des collègues. Des amis. Ah non! Pas lui aussi, nous disons-nous chaque fois, conscients que notre tour pourrait venir aussi.

On aurait tous des histoires à raconter sur des cancers vaincus par des proches. On aurait le réflexe de partager ces histoires pour rassurer, encourager.    

D’autres histoires aussi, dont l’issue fut moins heureuse et qu’on préfère taire pour conjurer le sort et ne pas ajouter à l’angoisse.

La réalité est que ces histoires ne sont pas d’une grande utilité pour prédire la suite et peuvent difficilement être d’un véritable réconfort pour qui reçoit un diagnostic de cancer. Chaque cancer est un cas d’espèce. Surtout pour la personne qui en est atteinte.

Les statistiques de l’American Cancer Society sont rassurantes. Les cancers localisés dans la prostate ont un taux de survie de 100 % après cinq ans et de 98 % après dix ans. Le taux est moindre lorsqu’il a commencé à s’étendre.

On ne sait rien pour l’instant de celui de Régis Labeaume, sinon qu’il vient d’être confirmé après quelques mois d’investigation. 

À quel stade d’avancement? Cette information, déterminante pour la suite, ne nous est pas connue.  

Ce qui est connu cependant, c’est que M. Labeaume avait des suivis médicaux périodiques. Son rôle de maire lui faisait sentir une responsabilité supplémentaire de s’occuper de sa santé.  

Cela augmente les chances de détection rapide. C’est vrai de la prostate comme des autres cancers.

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Nous étions nombreux à avoir noté que le maire semblait plus fatigué ces derniers mois. Il ne le voyait plus animé de la même énergie, mais allez savoir. 

Était-ce l’usure du temps, une conversion zen, le souci de dossiers politiques compliqués ou ceux de sa vie personnelle? On pouvait spéculer, mais on comprend aujourd’hui qu’il y avait, en trame de fond, le souci de sa santé. 

Il faut parfois un peu de temps pour obtenir des expertises et les faire valider. Le verdict est tombé il y a quelques jours. Seuls les plus proches l’ont su alors. 

Les autres l’ont appris mercredi. Une surprise et un choc. D’abord au comité exécutif, puis au caucus et à la direction générale de la Ville.

Le maire y a affiché un bon moral et a repris ensuite ses activités régulières. On nous prévient cependant qu’il devra réduire le rythme et éventuellement s’absenter pour une convalescence.      

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Le métier de politicien est exigeant et stressant. Davantage encore pour ceux qui dirigent sous les feux de la rampe, autour d’enjeux controversés.  

On imagine volontiers un lien entre ce stress public et l’occurrence de la maladie, voire de décès prématurés, mais c’est plus compliqué. 

Des maires et premiers ministres sont partis jeunes. D’autres, comme l’ancien maire Gilles Lamontagne, à 97 ans.   

La vulnérabilité et la survivance dépendent d’une multitude de facteurs : moment du diagnostic, antécédents familiaux, alimentation, état de santé général, habitudes de vie et tabagisme, embonpoint, exposition à des contaminants, etc.

Difficile de dire la place qu’y occupe le stress. Mais ce qui ne fait pas de doute, c’est que ce stress affecte la qualité de vie. C’est souvent quand la maladie frappe qu’on se met à mieux le mesurer.