Pour obtenir une meilleure adhésion sociale, il faudra revoir le réseau et les opérations du RTC; réduire les temps de déplacements sur les axes congestionnés; idéalement, battre le temps de l'auto.

Le défi: battre l'auto

CHRONIQUE / Le nom de SRB est désormais brûlé, mais Québec tient toujours à un système de transport en commun plus fiable, plus rapide et plus structurant. Elle veut pouvoir toucher sa part de l'argent que les gouvernements offrent pour le transport collectif avant que d'autres villes vident les coffres.
Ça, c'est la bonne nouvelle.
La mauvaise, c'est que le futur projet de transport collectif n'ira pas sur la rive sud. C'est un recul historique invraisemblable.
Depuis 25 ans, les politiciens des deux rives se fendent la gueule à promettre un service de transport en commun intégré. Comment parler de transport collectif d'avenir et faire une occupation cohérente du territoire si Québec et Lévis font bande à part? 
La couardise du maire Gilles Lehouiller n'a sans doute pas laissé beaucoup de choix à Québec. «Mon partenaire m'a laissé tomber», a rappelé avec justesse le maire Labeaume. 
Il est cependant à espérer que lorsque la tempête (et les élections) seront passées, les villes trouveront le moyen de reprendre les discussions.
À défaut, le gouvernement devrait forcer la fusion des deux sociétés de transport pour mettre fin une fois pour toutes à des décennies de tergiversations. 
Québec relance donc la réflexion sur la mobilité durable. Nouveau comité, nouvelles consultations, nouveaux experts et nouvel échéancier qui repousse les décisions au-delà de l'élection de l'automne. 
Ce n'est pas vraiment un retour à la case départ, mais indéniablement un renvoi sur les planches à dessin. 
Des adversaires auraient préféré que le maire ait le courage d'aller en élection avec son SRB ou un autre projet. Mais je crois que pour un sujet aussi important, il est préférable que la réflexion se fasse dans un climat serein, à l'abri des raccourcis et acrimonies d'un débat électoral.
Revenir trop vite à la charge avec un nouveau projet mal ficelé aurait donné l'impression que tout était joué d'avance. La dernière chose dont le transport en commun a besoin ici, c'est de perpétuer la méfiance. 
Ce qui a coulé le projet de Service rapide par bus (SRB), c'est la perception qu'il coûtait trop cher pour ne servir qu'un petit nombre de citoyens déjà vendus à l'autobus.
Pour obtenir une meilleure adhésion sociale, il faudra ratisser plus large. Les citoyens des couronnes ouest, nord et est de Québec devront y trouver aussi leur intérêt. 
Il faudra revoir le réseau et les opérations du RTC; réduire les temps de déplacements sur les axes congestionnés; idéalement, battre le temps de l'auto. C'est la seule façon de réussir un virage vers le transport en commun. 
Le tramway et le SRB promettaient des véhicules de grande capacité avec chargement rapide, des voies de circulation exclusives et une priorité aux feux de circulation. 
Le prochain projet ne s'appellera pas tramway ou SRB. On trouvera un autre nom, mais il n'y a pas mille façons d'augmenter la performance d'un transport en commun. 
Ce sera nécessairement avec des véhicules de grande capacité pouvant échapper à la congestion en roulant dans des corridors réservés. 
Ce qui sera différent, ce sera le choix des tracés pour la ou les lignes structurantes et les autres parcours du RTC. 
Pour le reste, il ne faut pas penser que Québec, aussi talentueuse et résolue soit-elle, va tout à coup réinventer la roue, fut-elle à quatre boutons, comme dirait M. Hamad.