Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé, jeudi, que le sommet du G7, qui aura lieu à La Malbaie l'an prochain, aura comme sujet principal l'égalité des sexes.

Histoire sans histoire (suite)

CHRONIQUE / L'égalité des sexes sera «au sommet de l'ordre du jour» du sommet du G7 de l'an prochain dans Charlevoix, a promis cette semaine Justin Trudeau.
Le Canada, dit-il, sera dans une «position unique» pour faire avancer cette priorité. Croissance, changements climatiques et sécurité sont aussi au menu, a annoncé le premier ministre.
À la bonne heure, car ici aussi, il reste du chemin à faire. 
Il n'y a qu'à voir ce qui se passe dans ma cour. 
Pendant toute la semaine, je me suis demandé où était passé le mâle. 
La femelle passe désormais ses grandes journées seule au nid et je ne vous dis pas pour les nuits. 
On la voit s'ennuyer sous le parasol de ma table de patio. Impassible du lever au coucher du soleil, la tête tournée vers la maison, puis la haie de cèdres ou le fond de la cour, parfois le bec ouvert à en faire pitié.
La soif, me dit ma voisine biologiste. Elle peut rester ainsi pendant des heures. La femelle, pas ma voisine.
Mais que fait donc le mâle pendant toutes ces heures où sa dame l'attend? 
J'ai peine à croire qu'il travaille tout ce temps. C'est peut-être ce qu'il lui fait croire pendant qu'il est parti s'amuser ou courailler?
Il passe d'habitude faire un saut au milieu de l'après-midi. 
Il se pose d'abord sur la branche du vinaigrier, vérifie qu'il n'y a pas de danger, puis se laisse glisser sur le dossier de la chaise sous le parasol. 
Lorsque la femelle l'aperçoit, elle lui saute au cou et le couple s'envole et disparaît dans les cèdres pour échapper aux regards pendant la séance de «nourrissage nuptial», où le mâle vient nourrir sa partenaire.
Cela peut durer quelques minutes ou jusqu'à quelques heures, après quoi la femelle rentre au nid. 
Quand on les a vus partir pour le restaurant nuptial au milieu de l'après-midi l'autre jour, un ami de passage chez moi s'en est étonné.
- N'est-ce pas un peu tôt pour le souper? 
- Ce sont des «early birds», lui ai-je expliqué.
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Dimanche dernier, j'ai profité de leur sortie au resto pour tendre ma caméra au-dessus du nid : trois oeufs ocre tachetés de brun. 
Je me suis promis d'y retourner le lendemain. Les guides parlent de 3 à 5 oeufs que la femelle pond au rythme de un par jour. 
Mais le lendemain fut gris et pluvieux. À l'heure du resto, la femelle est restée au nid et le mâle, allez savoir où. 
«J'espère qu'il la nourrit, le tab...» s'est inquiété ma blonde, prête à brandir le Code civil, article 585 et ss : 
«Les époux et conjoints unis civilement de même que les parents en ligne directe au premier degré se doivent des aliments». 
C'est allé au mardi avant que je puisse tendre à nouveau ma caméra au-dessus du nid. En me retournant, j'ai vu que la femelle m'épiait depuis le vinaigrier. Je me suis éloigné en vitesse. Elle a repris sa place dans le nid.
L'angle de ma photo n'était pas bon. Je n'ai pas pu voir combien d'oeufs. 
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La Coalition avenir Québec a déposé mercredi matin un projet de loi pour améliorer le soutien aux aidants naturels. La ministre Dominique Vien s'est montrée ouverte, bien qu'elle n'ait encore rien promis. 
La cause est juste. Sans aidants naturels, notre système de santé et de services sociaux, qui déjà en arrache, s'écroulerait. 
Je me suis demandé si notre mâle serait éligible aux prestations et congés supplémentaires. N'en prend-il pas déjà beaucoup? 
Nouvel essai photo en fin de journée. Il y avait peut-être de l'attente au resto. Ça m'a laissé un peu plus de temps. Cette fois l'angle était bon : quatre oeufs. L'affaire progresse. 
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Jeudi matin. J'avais mal vu. En agrandissant la photo de la veille, j'ai remarqué un cinquième oeuf qui m'avait d'abord échappé. Ce sera donc salle comble. Ne reste plus qu'à attendre. 
Il y en a pour 18 à 20 jours et nuits de solitude, de couraillage et de restos furtifs de fin d'après-midi. 
J'ai refait le calcul. Un couple et cinq oeufs. Le sommet du Geai-7 devrait se tenir autour de la Saint-Jean-Baptiste. 
N'y voyez pas de signification politique. Mais on se croise les doigts pour que le mâle fasse sa part pour la croissance et l'envol des petits. 
On a hâte de récupérer la table du patio. 
Le changement climatique de l'été approche.