Magalie Lépine-Blondeau est repartie avec deux trophées Artis, ceux du rôle féminin dans une série dramatique annuelle et de la personnalité féminine de l'année.

Enfin des surprises au Gala Artis!

CHRONIQUE / Un chroniqueur télé n'aura jamais été aussi heureux d'avoir échoué le test des prédictions avant un gala. Alors qu'on ne l'espérait plus, l'Artis de dimanche soir aura été le plus surprenant des dernières années, avec huit trophées pour des artistes de TVA, six pour ICI Radio-Canada Télé, un pour VRAK et un pour TVA Sports. Et le succès phénoménal de «District 31» s'est enfin traduit par des récompenses avec trois statuettes, dont deux pour Magalie Lépine-Blondeau.

Plus vivante que jamais, notre Nadine nationale est même sacrée personnalité féminine de l'année, aux côtés de Charles Lafortune. «On n'a pas besoin de faire de compromis sur la personne qu'on veut être dans la vie», a lancé Magalie Lépine-Blondeau, qui a rappelé qu'elle n'était pas populaire lorsqu'elle était enfant et ado, et qui a remercié sa mère de l'avoir emmenée au théâtre à Paris, alors qu'elle n'avait que 10 ans. «Y'a deux choses qui m'irritent quand je regarde un gala: quand un gagnant n'est pas préparé et quand il est un peu chaud. Là, je suis les deux», a blagué la comédienne en toute fin de gala, encore incrédule.

Il faut saluer les récentes modifications au système de votation de la firme Léger, qui semblent avoir porté fruit, donnant un portrait plus réaliste des goûts du public. Alors que j'ai eu 14 bonnes prédictions sur 16 l'an dernier, mon score a baissé à huit cette année. Vous dire mon degré de surprise dimanche, et c'est tant mieux. L'absence d'Éric Salvail laissait deux places libres cette année, ce qui a permis à Guy A. Lepage de renouer avec les honneurs dans la catégorie des talk-shows pour un 12e trophée, et à Charles Lafortune de repartir avec l'Artis de la personnalité masculine, en plus de celui des variétés. Ça lui en fait 13.

Charles Lafortune a été sacré personnalité masculine de l'année.

L'animateur, qui ignore toujours si La voix sera de retour l'an prochain, s'est réjoui que les quatre finalistes de la saison étaient issus de la diversité. En fin de gala, il a salué les entreprises qui font travailler des gens qui vivent avec une différence. «Parlez-leur, allez vers eux», a envoyé l'animateur, visiblement touché. Petite déception de ne pas voir Véronique Cloutier récompensée, malgré le succès de sa nouveauté 1res fois.

L'adorable Gildor Roy est reparti avec deux trophées en mains, un pour son rôle du commandant Chiasson et l'autre pour son petit rôle dans la comédie «Lâcher prise».

On pourrait presque parler de quatre trophées pour District 31, puisque l'adorable Gildor Roy en a gagné deux à lui seul (sur trois nominations), un pour son rôle du commandant Chiasson et l'autre pour son petit rôle dans la comédie Lâcher prise — sûrement l'influence du succès de la quotidienne. Même Guylaine Tremblay, championne toutes catégories, a surpris là où on ne l'attendait pas, remportant un 22e trophée, cette fois pour la comédie En tout cas, mais l'échappant pour Unité 9 et pour la personnalité féminine, une première en six ans. Boomerang n'a vu aucune de ses vedettes couronnées hier.

Il fallait bien que certains intouchables aient leur trophée, comme Pierre Bruneau, qui a remporté son 20e, tout un exploit. «T'es encore capable d'allumer», a envoyé le chaud Pierre à sa femme Ginette. Gino Chouinard en est à son 11e, Dave Morissette à son septième. «Les gars, watchez-vous, les filles, y'en a des bonnes, pis y foncent!» a lancé l'animateur de TVA Sports en regardant sa rivale de RDS, Chantal Machabée. Par contre, Denis Lévesque est resté assis, se faisant ravir l'honneur par Charles Tisseyre, qui n'avait pas gagné depuis 2012.

Ludivine Reding est montée sur scène pour sa prestation dans «Fugueuse».

Aucune surprise de voir Ludivine Reding monter sur scène pour sa prestation dans Fugueuse. Mais grand étonnement que Claude Legault, un habitué du gala, se soit fait ravir le trophée par Marc-André Grondin, dont L'imposteur, diffusé à l'automne, n'a pas connu la popularité de Fugueuse. Tremblante, Ludivine a lancé un beau message, rappelant le formidable impact obtenu par son personnage de Fanny. «Je ne pensais vraiment pas gagner cette année, et je pensais que les Prédateurs allaient gagner la coupe Stanley», a blagué Marc-André Grondin, dédiant le trophée à sa mère, qui a connu une année difficile.

Meilleur que l'an dernier

Ce 33e Gala Artis était certainement meilleur que celui de l'an dernier. Plutôt bons pour les transitions entre les numéros, Maripier Morin et Jean-Philippe Dion l'étaient moins quand ils jouaient les comiques. Après avoir très brièvement évacué la question des dénonciations de l'automne dernier, le duo a lancé une ouverture de style En direct de l'univers, une overdose d'amour énergique et chargée, mais qui aurait gagné à être écourtée. Au terme de ce segment survolté, auquel participaient entre autres Martine St-Clair, Patrice Michaud, Yama Laurent et Alex Nevsky, on avait envie de dire «trop, c'est comme pas assez».

L'ensemble était sympathique, mais tout n'était pas habile. «J'ai comme l'impression que dans le milieu, le grand ménage est bien commencé», a lancé Maripier Morin, faisant référence au mouvement #moiaussi, une intervention reçue timidement par la foule.

Parmi les plus drôles de la soirée, Fabien Cloutier et Élise Guilbault se sont bien payés la tête des vedettes d'émissions de services. «Qui n'a pas besoin d'une chronique de 10 minutes pour savoir exactement comment enlever un noyau dans un avocat sans s'estropier?» a blagué Fabien Cloutier. Accompagné de sa fille, Gino Chouinard a reçu un trophée trempé dans le chocolat et les bonbons. J'ai aussi bien aimé le duo Ève Landry et Pier-Luc Funk, qui tournait en dérision les publications Instagram des vedettes de talk-shows. «Véronique Cloutier se la pète avec une statue du musée Grévin», a blagué Funk en montrant une photo de Véro... avec Nana Mouskouri.

Gino Chouinard a reçu des mains de Maripier Morin un trophée trempé dans le chocolat et les bonbons.

Après une semaine éprouvante, Alexandre Taillefer est allé remettre le trophée des émissions jeunesse avec Étienne Boulay. Précédée d'un chœur reprenant le succès d'Hubert Lenoir, Fille de personne, la récipiendaire Sarah-Jeanne Labrosse a souligné la grande ouverture de la jeune génération. «Fais-toi confiance, arrête de douter et fais-toi ta vie de rêve», a-t-elle lancé à sa propre mère, réprimant des sanglots.

Efficace numéro de présentation des fils et filles de vedettes pour la catégorie des affaires publiques. «Ben là, t'es pas un nouveau visage, t'as la même face que ton père!» a dit Livia Martin, fille de Maxim, à Thomas Delorme, fils de Sébastien. «Eille, chu une Lemay-Thivierge, quand j'avais six ans, mon père m'a mis un sac à dos pis y m'a sacré en bas d'un avion», a poursuivi Charlie Lemay-Thivierge.

Le montage de séquences marquantes de la saison télé, comme ce délirant extrait de Mitsou aux Enfants de la télé, et la reprise de What About Us de P!nk par Ariane Moffatt, ont aussi fait partie des bons moments d'une soirée somme toute divertissante, et qui valait le détour, ne serait-ce que pour sa surprenante liste de gagnants.

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