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Jean-Marc Salvet
Le Soleil
Jean-Marc Salvet
Le co-porte-parole de QS Gabriel Nadeau-Dubois a mis des points sur des i, mardi.
Le co-porte-parole de QS Gabriel Nadeau-Dubois a mis des points sur des i, mardi.

Des dérapages chez QS

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CHRONIQUE / Chez les députés de Québec solidaire, on n’est pas loin de penser que le «Collectif antiraciste décolonial» du parti sabote les efforts de l’aile parlementaire.

Ce groupe a totalement dérapé en accusant un journaliste de la Tribune de la presse de l’Assemblée nationale d’être membre de la «droite extrême» et en l’associant par la suite à la «fachosphère».

Il ne s’agit pas ici d’une défense corporatiste. Il est tout aussi odieux que ces mots aient été employés contre les péquistes Pascal Bérubé et Paul St-Pierre Plamondon.

Mais il faut souligner à quel point ce collectif ajoute au dérapage en accusant ainsi un journaliste. Ce collègue, Patrice Bergeron, de la Presse canadienne, n’est pas un acteur politique. Il ne fait pas de politique. Il rapporte les éléments du débat politique. Il fait partie de ceux qui les donnent à lire, à voir et à entendre.

Le co-porte-parole de QS Gabriel Nadeau-Dubois a mis des points sur des i, mardi. Ceux-ci révèlent bien le malaise ressenti par les députés solidaires à propos de certaines charges de ce collectif de militants du parti. C’est un malaise qui se comprend très bien.

Gabriel Nadeau-Dubois a exprimé sa «désapprobation claire et ferme à l’égard de ces propos-là». C’était bien sûr le minimum dans les circonstances. Le mot «condamnation» aurait été plus approprié, mais l’idée était là.

«Traiter des journalistes, directement ou indirectement, de fascistes ou de faire partie de l’extrême-droite, ce n’est pas comme ça qu’on fait de la politique à Québec solidaire», a-t-il poursuivi. Ce n’est pas comme cela qu’on «devrait en faire», aurait-il été plus exact d’entendre, puisque c’est tout de même ce qui s’est produit dans ce cas-ci. Mais, là encore, on comprend l’idée exprimée.

«Associer le gouvernement du Québec au suprémacisme blanc ou associer un journaliste membre en bonne et due forme de la Tribune de la presse au fait d’être d’une manière ou d’une autre acoquiné avec l’extrême-droite, ce n’est pas acceptable», a encore déclaré Gabriel Nadeau-Dubois.

Il a affirmé avoir passé le message à qui de droit et partout dans le parti.

Si le député de Gouin a évoqué le «suprémacisme blanc», c’est que le Collectif a aussi relayé des propos du controversé professeur de l’Université d’Ottawa Amir Attaran, dont Justin Trudeau a dit qu’il alimentait le «Québec bashing». Le Collectif n’a pas repris à son compte les propos les plus provocateurs du professeur, mais son relais pouvait passer pour de la provocation.

Pour être bien compris et prendre le plus possible ses distances, Gabriel Nadeau-Dubois a qualifié les propos de ce professeur d’«injurieux» et d’«incendiaires».

Après avoir dit tout cela, le parlementaire a laissé entendre qu’il ne pouvait rien faire d’autre : «Québec solidaire n’est pas un parti totalitaire. Ce n’est pas notre intention de censurer des militants qui s’expriment sur les médias sociaux. Ce n’est pas le genre de politique qu’on veut faire, à Québec solidaire.»

Le co-porte-parole n’a évidemment pas le pouvoir de retirer l’accréditation interne de ce collectif. C’est le Conseil national de QS, la plus large instance militante du parti, qui a le pouvoir d’accréditer ou de «désaccréditer» des «collectifs».

Or, une prise existe pour celui ou celle qui voudrait présenter une résolution demandant la dissolution de ce collectif interne. Les statuts de Québec solidaire stipulent en effet que le militantisme en son sein doit s’exercer dans un environnement sain et être exempt de propos injurieux. Y aura-t-il une résolution en ce sens lors d'un prochain Conseil national?

En raison de son rôle de «porte-parole», M. Nadeau-Dubois n’a pas exigé que ce collectif présente au moins ses excuses au journaliste injustement accusé. À défaut de pouvoir l’exiger, il aurait néanmoins dû lui demander de le faire.