De nombreux francophones qui ont offert un don aux victimes des tornades ont eu droit à des remerciements... en anglais de la part de la Croix-Rouge canadienne.

Un thank you de la Croix-Rouge

CHRONIQUE / J’ai un ami prénommé Daniel. Un gars avec le cœur sur la main. Ou comme disait mon père : un gars qui « a le cœur à la bonne place ».

Comme plusieurs, Daniel a voulu contribuer en septembre dernier pour venir en aide aux victimes des tornades dévastatrices qui ont balayé certains secteurs de Gatineau, de l’Outaouais et de la grande région d’Ottawa. Mon ami a donc fait un don de 25 $ à la Croix-Rouge canadienne, l’organisme qui a pris en charge les sinistrés, ces gens laissés sans demeure et, dans plusieurs cas, sans ressources. Et la Croix-Rouge canadienne s’est assurée d’écrire à Daniel pour le remercier de sa générosité.

Daniel – dois-je souligner ? – a un nom de famille francophone. Aussi francophone que Tremblay ou Gagnon. Et il habite une rue de Gatineau au nom plus que francophone. Un mot qui, en fait, n’existe même pas dans la langue anglaise.

Je résume : un prénom francophone, un nom francophone, une rue nommée d’un mot français et située dans une province majoritairement francophone.

Maintenant, devinez dans quelle langue était rédigée la lettre de remerciement de la Croix-Rouge canadienne. Si vous avez répondu : « l’anglais », allez directement à « Go » pour récolter vos 200 $.

« …You gave $25 to provide help and comfort to the people impacted by the tornadoes in Gatineau. (…) You made a difference to the Canadians who were impacted by this natural disaster », lui a écrit la Croix-Rouge dans une longue lettre qui, un peu plus loin, lui demande de donner à nouveau afin que la Croix-Rouge puisse aider les prochaines victimes d’un malheur. Et cette lettre est signée : « Conrad Sauvé, President and CEO » (parlant de noms français…).

Il ne s’agit pas d’un cas isolé. De nombreux autres francophones qui ont offert un don aux victimes des tornades ont aussi reçu cette correspondance écrite uniquement en anglais par la… Canadian Red Cross.

« Ce n’est pas normal, a admis d’emblée le porte-parole de la Croix-Rouge, section Québec, Carl Boisvert. Il s’agit d’une erreur commise par une agence avec laquelle nous avons fait affaire pour l’envoi de ces lettres. Et à la Croix-Rouge canadienne, nous avons pris toutes les mesures nécessaires pour qu’une telle erreur ne se reproduise plus. »

Bon. Une simple erreur, semble-t-il. Accordons le bénéfice du doute. Et comme on dit : « faute avouée est à moitié pardonnée ».

Reste maintenant à attendre les prochaines lettres de la Croix-Rouge pour voir si l’erreur a effectivement été corrigée.

Parce qu’il fait continuer de donner à la Croix-Rouge canadienne. J’ai vu ses bénévoles à l’œuvre après les tornades de septembre dernier et durant les inondations de 2017 à Gatineau. Croyez-moi, ces gens dotés d’une empathie et d’une compassion hors du commun accomplissent un travail essentiel et exceptionnel. Et en français à part ça…

Précisions

Je savais que Alex Trebek était atteint d’un cancer du pancréas. Mais, dans ma chronique publiée dans notre version papier de vendredi dernier, j’ai écrit dans un moment d’inattention que l’animateur du jeu-questionnaire américain Jeopardy ! était atteint d’un cancer de la prostate. Mes excuses. Merci aux NOMBREUX lecteurs qui m’ont écrit pour me corriger.

Dans une autre chronique, publiée le lundi 4 mars celle-là, j’ai écrit que dans mon enfance, on appelait un égout un « sourre ». Et j’ai ajouté que le mot « sourre », qui est tiré du mot anglais « sewer », était « pas mal unique à Vanier », ma ville natale.

Or, à en juger par des courriels reçus de lecteurs de Gatineau, d’ailleurs en Outaouais, de Smooth Rock Falls, de Shawinigan, de Timmins et de St-Étienne-des-Grès, le mot « sourre » n’est pas unique à Vanier…