Depuis la fin des travaux à l’intersection des boulevards Saint-Joseph et Montclair, une pente gazonnée empêche Steve Dolesch d’avoir accès à un bouton d’appel.

Un si petit problème, un si gros défi

CHRONIQUE / Steve Dolesch n’aime pas se plaindre ou faire des vagues. Il aimerait simplement pouvoir traverser la rue en toute sécurité. C’est tout ce qu’il demande.

M. Dolesch, 63 ans, de Hull, est atteint de paralysie cérébrale et doit se déplacer en fauteuil roulant motorisé. 

« Toute ma vie, j’ai été en fauteuil roulant, dit-il. Et j’ai une belle vie, je l’adore. Tout le monde m’aide. Peu importe où je me trouve, peu importe ce que je fais, il y a toujours quelqu’un prêt à m’aider. Tout le temps. Que pourrais-je demander de plus ? »

M. Dolesch habite tout près des Galeries de Hull du boulevard Saint-Joseph. 

Là où il se rend quotidiennement prendre un café, jaser avec les employés des commerces et observer le va-et-vient des gens dans la foire alimentaire de ce centre commercial.

Tout le monde semble le connaître. 

Durant notre entretien d’une vingtaine de minutes, quatre personnes se sont arrêtées pour le saluer et prendre de ses nouvelles.

« Je suis bon à écouter les gens, dit-il. Je pense que je les aide un peu à ma façon. Je les aide en les écoutant. Parfois, ça fait juste du bien d’avoir quelqu’un à qui parler. »

Mais hier, c’est lui qui avait besoin d’une oreille attentive.

Il voulait me parler du problème auquel il fait face presque quotidiennement en voulant traverser le boulevard Saint-Joseph, à l’angle du boulevard Montclair, là où d’importants travaux de réfection ont été réalisés, il y a quelques semaines.

C’est depuis la fin de ces travaux majeurs que Steve Dolesch a un problème. 

Selon lui, les boutons d’appel – ou les boutons pour piétons – ont été installés un peu trop haut sur les poteaux. 

Trop haut pour les gens à mobilité réduite qui se déplacent en fauteuil roulant ou en triporteur.

« Ces boutons étaient plus bas avant les travaux, affirme-t-il. Mais là, ils sont difficiles à rejoindre pour des gens comme moi. »

Mais il y parvient. 

Là n’est pas le véritable ennui. 

Ces boutons semblent être à une hauteur acceptable et installés selon les normes.

M. Dolesch a surtout un problème avec le bouton d’appel qui se trouve devant le restaurant Le BBQ Shop. 

Et là, il a tout à fait raison. 

L’emplacement de ce bouton pour piéton est effectivement problématique pour les gens à mobilité réduite. « Il est injoignable », déplore M. Dolesch.

Du gazon a été installé sur une légère pente ascendante qui entoure le poteau où se trouve le bouton d’appel, juste devant la terrasse du restaurant.

Lorsque M. Dolesch tente de s’approcher de ce poteau pour activer le bouton, il doit reculer son fauteuil motorisé sur cette pente gazonnée. 

Mais dès que les roues de son appareil montent sur la pelouse, elles se mettent à glisser sur l’herbe et à tourner dans le vide. 

Et même s’il parvenait à s’approcher un peu plus près du poteau, il ne pourrait quand même pas appuyer sur le bouton sans étendre le bras, un geste que son handicap ne lui permet pas de poser.

« J’ai signalé ce problème en faisant parvenir un courriel au 3-1-1, il y a environ trois semaines, dit-il. Mais je n’ai reçu qu’un avis de réception. Personne ne m’a appelé pour m’écouter, et personne ne m’a appelé pour venir voir le problème sur place. On me répondra probablement que la Ville est en règle avec les normes. Mais ce n’est pas dans les normes, puisque je ne peux pas rejoindre le bouton. Je ne demande pas l’impossible. »

En effet. M. Dolesch ne demande pas l’impossible. 

Ce problème pourrait être réglé en quelques minutes à peine et à très peu de frais. 

Il suffirait simplement de retirer une infime partie de la pelouse installée à cet endroit et de la remplacer par une couche de béton.

Il suffirait simplement de rencontrer M. Dolesch et de l’écouter...