Une glissière à câbles sera installée au printemps au milieu d’un tronçon de l’autoroute 50.

Ralentissez, s’il vous plaît

CHRONIQUE / Un lecteur prénommé Claude m’a écrit à la suite de la publication, samedi, de l’entrevue avec le ministre de la Famille et ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe.

Dans ce texte de samedi, M. Lacombe revient sur l’installation d’une glissière à câbles au milieu d’un tronçon problématique et dangereux de 5,4 kilomètres de l’autoroute 50, entre Gatineau et L’Ange-Gardien.

Des experts ont remis en question l’efficacité de ces glissières à câbles. Et l’opposition libérale à l’Assemblée nationale n’a pas raté l’occasion pour critiquer cette décision que le gouvernement caquiste a prise dans le but d’améliorer la sécurité sur la 50. Ce à quoi le ministre Lacombe a répliqué :

« […] Le précédent gouvernement libéral n’a rien fait durant toutes les années qu’il a été au pouvoir. Et maintenant, on se fait critiquer par l’opposition. Si on n’avait rien fait, on se ferait aussi critiquer. Moi, je préfère me faire critiquer parce qu’on essaie quelque chose que de me faire critiquer parce qu’on reste les bras croisés. »

Sera-t-elle efficace ou non, cette fameuse glissière à câbles ? On le saura le printemps prochain lorsqu’elle sera installée.

Mais d’ici là, Claude a une autre solution. Une solution qu’il qualifie de simpliste. Je ne sais pas. Elle est simple, je lui accorde. Mais simpliste ? Pas sûr. Même que je la trouve « pas pire pantoute », sa solution.

Voici un extrait de son courriel :

« Pourquoi ne pas tout simplement réduire la vitesse à 80 km/h dans le tronçon de 5,4 km en question ? On pourrait ajouter de la signalisation à tous les kilomètres et possiblement installer des radars photo en permanence sur ce même tronçon, ainsi qu’une présence policière accrue », a-t-il écrit.

Ce n’est pas bête. L’autoroute 50 s’étend sur une distance de 158 km. Ce serait quoi de réduire la vitesse sur un court cinq kilomètres ? Combien de minutes de notre précieux temps perdrait-on ? Deux minutes ? Cinq minutes ?

J’irais même plus loin que Claude et je limiterais la vitesse sur ce tronçon à 70km/h. Parce qu’on sait tous que la grande majorité des conducteurs roulent à une dizaine de kilomètres au-dessus de la vitesse permise. Si la limite est de 100km/h, la plupart rouleront à 110. Et il n’y a pas un policier qui interviendra. Un agent de la Sûreté du Québec m’a d’ailleurs déjà confié qu’une personne gagnerait facilement sa cause devant les tribunaux si elle était accusée d’avoir conduit à 10 km/h au-dessus de la vitesse maximale. Elle n’a qu’à plaider qu’il est impossible de constamment garder les yeux sur l’odomètre en conduisant et le juge lui donnera raison.

Vrai, que la limite soit à 70 km/h, 80 km/h ou 100 km/h, il y aura toujours des imbéciles de la route. Des têtes heureuses qui conduisent beaucoup trop vite, qui sont en état d’ébriété ou qui textent au volant, il y en aura malheureusement toujours. Mais là n’est certes pas une raison de ne rien faire pour améliorer la sécurité sur ce dangereux tronçon.

D’autres diront qu’une zone de ralentissement, comme le propose Claude, n’a pas sa place sur une autoroute. « Si je veux ralentir, diront-ils, je vais emprunter la route 148 et ralentir à 50 km/h en entrant dans les villages de Thurso, Plaisance, Papineauville et le reste. »

Vrai, la circulation sur une autoroute devrait être fluide et à une vitesse constante. Le problème, c’est que notre chère 50 a été mal construite et mal conçue. Elle aurait dû compter quatre voies dès le départ. Et tant et aussi longtemps qu’elle ne sera pas élargie et digne du mot « autoroute », des mesures de sécurité additionnelles devront être prises. Des mesures comme l’installation d’une glissière à câbles.

Et pourquoi pas une zone de ralentissement de 5,4 km avec ça… si ça peut aussi sauver des vies ?