La nouvelle ministre de la Prospérité de la classe moyenne Mona Fortier a reçu le mandat de concrétiser les promesses électorales faites par Justin Trudeau depuis 2014. Le défi est de taille pour la députée d’Ottawa-Vanier.

L’immense défi de Mona Fortier

CHRONIQUE / Ainsi, les gens d’Ottawa-Vanier peuvent maintenant compter sur une ministre pour les représenter à la Chambre des communes. Chapeau Mme Mona Fortier.

Certains observateurs de la scène politique ont qualifié cette nomination de « surprenante ». Elle l’est un peu, en effet, étant donné que la députée d’Ottawa-Vanier a été plutôt discrète depuis son entrée au Parlement canadien au printemps 2017. Oui, elle est de toutes les causes et de toutes les activités qui se déroulent dans sa circonscription. Préparez un spaghetti pour 200 personnes ou brandissez un drapeau franco-ontarien et elle y sera. Mais politiquement et médiatiquement parlant, c’est vrai qu’elle a rarement été sous les réflecteurs.

Mona Fortier travaille un peu comme son prédécesseur, le regretté Mauril Bélanger. Dans l’ombre. Ou en coulisses, comme on dit dans le jargon parlementaire.

Et je sais de sources sûres qu’elle a joué un rôle primordial dans les pourparlers qui ont mené à une entente signée entre le fédéral et le gouvernement ontarien de Doug Ford pour la création et l’ouverture en 2021 de l’Université de l’Ontario français.

Justin Trudeau ne l’a pas nommée ministre de son cabinet pour le plaisir de la chose. Mme Fortier a été promue parce qu’elle a fait ses preuves, parce qu’elle le méritait.

Native d’Ottawa (à l’Hôpital Montfort) et mère de trois enfants, Mona Fortier dirigera dorénavant le tout nouveau ministère de la Prospérité de la classe moyenne, en plus de tenir le rôle de ministre associée des Finances.

Certains internautes ont remis en question la pertinence de ce nouveau ministère, une poignée d’entre eux le qualifiant même de « ministère bidon ». Je ne suis pas d’accord. En fait, en apprenant la création d’un ministère pour la classe moyenne, je me suis dit qu’il était temps !

Le premier ministre Justin Trudeau a été élu à deux reprises après deux campagnes électorales durant lesquelles il a répété de Saint John’s à Vancouver que son gouvernement allait travailler pour améliorer la qualité de vie de… la classe moyenne. Et sans être analyste ou expert de la politique fédérale, je pense que je peux dire sans trop me tromper que la classe moyenne attend encore des résultats concrets.

L’écart entre les riches et les pauvres s’agrandit. Le coût de la vie augmente, les revenus de la classe moyenne stagnent. Et cette dernière étouffe de plus en plus. Exemple : le loyer mensuel moyen d’un appartement de deux chambres à coucher dans Ottawa-Vanier se chiffre à 1301 $. « Pas chauffé, pas éclairé », comme on dit. À ce prix-là, se loger convenablement devient presque un luxe pour ladite classe moyenne.

Ça me ramène à un entretien que j’ai récemment eu avec l’ancienne directrice de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de l’Outaouais, Michelyne Gagné. Celle-ci a occupé ce poste pendant 11 ans, de 2007 à 2018. En parlant du grand nombre de familles en détresse, Mme Gagné a dit :

« Quand je regarde mes chiffres, je peux constater qu’il y a un fossé de plus en plus grand qui se creuse année après année entre les riches et les pauvres. La classe moyenne disparaît, et de plus en plus. Ce qui cause une recrudescence des problèmes de santé telles l’anxiété et la dépression. »

Je vous rappelle qu’elle répondait à la question : « Comment expliquez-vous ce grand nombre de familles en détresse ? »

Impertinent voire bidon, ce nouveau ministère de la Prospérité de la classe moyenne ? Je ne crois pas. En fait, je crois plutôt que la ministre Fortier sera probablement l’une des élus les plus suivis par les Canadiens. La grande majorité de ces derniers – une forte majorité communément appelée « la classe moyenne » – l’aura à l’œil.

Son mandat : concrétiser les promesses électorales faites par son chef depuis 2014.

Le défi est de taille. L’échec n’est plus une option.