C’est à Vanier que l’on retrouve les égouts les plus vieux d’Ottawa

Les vieux «sourres» de Vanier

CHRONIQUE / Vanier, la mal-aimée, n’a pas souvent l’occasion de se péter les bretelles.

Cette ancienne ville devenue en 2001 un secteur de la ville d’Ottawa est souvent le souffre-douleur du reste de la population de la capitale nationale. La mal-aimée, disais-je. Mais nous, Vaniérois, préférons l’appeler « notre secret bien gardé ».

Et j’ai récemment appris qu’on peut se targuer d’avoir quelque chose à Vanier que les autres n’ont pas. Soit le plus vieux système d’égouts de la grande ville d’Ottawa. Rien de moins.

Oui, Mesdames et Messieurs, ne cherchez pas ailleurs. C’est à Vanier que vous trouverez les plus vieux « sourres » en ville.

(Une parenthèse s’impose avant d’aller plus loin, parce que je sais que certains lecteurs viennent de trébucher sur le mot « sourre ». Il s’agit d’un mot pas mal unique à Vanier. En anglais, un égout s’appelle un sewer, et ce mot se prononce un peu comme « sourre ». Donc les Francos de Vanier ont toujours emprunté ce mot de l’anglais pour nommer les égouts : des « sourres ». On ferme la parenthèse.)

On a donc les plus vieux égouts de la ville. On devrait créer un festival autour de ça. Le Festival des vieux sourres de Vanier. On pourrait raconter l’historique de nos égouts. Leur origine. Tenir des visites guidées. Des visites scolaires. Et pourquoi pas un spectacle sous-terrain dans nos égouts et inviter le groupe les Rats d’Swompes ? Tout est possible.

Donc la prochaine fois que quelqu’un de l’extérieur de Vanier ose se moquer de notre chez-nous ou le dénigrer, vous n’aurez qu’à lui répliquer : « Tu sauras qu’on a la seule cabane à sucre en milieu urbain au monde ET les plus vieux ‘sourres’ de la capitale nationale ». Ça vous ferme une bouche d’égout, ça !

Je déconne, vous le savez bien. Mais c’est vrai que le plus vieux système d’égouts d’Ottawa se trouve sous le chemin de Montréal, en plein cœur de Vanier.

Mais pas pour longtemps…

Parce que dès ce printemps, on éventrera le chemin de Montréal, du chemin North River (le pont Cummings) jusqu’au boulevard St-Laurent. La Ville d’Ottawa compte y mettre le paquet sur ce tronçon de deux kilomètres.

Remplacement des égouts séparatifs et pluviaux ; remplacement de la conduite d’eau principale ; amélioration de l’emplacement des arrêts d’autobus ; nouveau mobilier urbain ; lampadaires ; arbres ; remplacement des trottoirs ; pistes ou voies cyclables dans les deux sens (Est-Ouest).

Ces travaux majeurs sont censés débuter ce printemps pour se terminer à l’automne 2021. Donc approximativement deux ans et demi de travaux.

« Ayoye !, j’entends dire les amis vaniérois. Le chemin de Montréal est déjà bordélique pour les automobilistes à l’heure de pointe, y circuler deviendra infernal une fois que ces travaux seront entamés. »

Oui. Probablement. Et les commerçants de cette artère principale font mieux d’avoir les reins solides parce que la Ville d’Ottawa n’a pas l’intention de leur offrir une aide financière afin de compenser les pertes éventuelles causées par les désagréments de cette reconstruction de rue.

Ça veut donc dire que certains commerces du chemin de Montréal vont y passer. Qu’ils vont fermer boutique ou déménager.

Certains n’ont pas à s’inquiéter, selon moi. Construction ou non, on ira toujours chez Jean Coutu pour y chercher nos ordonnances (et notre lait de la Laiterie de l’Outaouais, c’est le seul commerce d’Ottawa où j’en ai trouvé). On ira toujours prendre le petit déjeuner chez Bobby’s Table. Et on s’arrêtera toujours chez Quelque Chose pour un macaron ou une autre pâtisserie.

Mais d’autres commerces risquent de souffrir au cours des 30 prochains mois. Comme les nombreux prêteurs sur gages et la dizaine de « Money Mart » de ce monde qui se trouvent sur ce tronçon du chemin de Montréal.

C’est triste, hein ? Ces pauvres petits commerces devront peut-être fermer leurs portes ou quitter Vanier. On ne peut que leur souhaiter bonne chance, le cœur gros.

Mais pourquoi ai-je déjà hâte de voir les pelles mécaniques… ?