Denis Gratton
Le Droit
Denis Gratton

Les soirées OSCAR

CHRONIQUE / Vendredi dernier, le gouvernement du Québec a annoncé le déploiement d’opérations policières dans les restaurants et les bars. Ainsi, quelque 1000 restos, bars et autres établissements titulaires d’un permis d’alcool en province ont reçu la visite des policiers au cours de la fin de semaine dernière dans le cadre de cette opération nommée OSCAR pour: Opération systématisée comportement à risque.

Une bonne idée cette opération, cet OSCAR. Une bonne initiative. On veut à tout prix - il faut à tout prix - éviter d’autres «désastres» comme la soirée karaoké tenue dans un bar de Québec qui a mené à la contamination de plus de 50 personnes. Il faut à tout prix faire comprendre aux gens que de fréquenter un bar ou un resto sans respecter les consignes sanitaires établies par les autorités met la santé de tous en danger.

Donc si les corps policiers du Québec veulent tenir des OSCAR à répétition au cours des prochaines semaines et des prochains mois, je leur dis: go. Allez-y. Tenez-en des soirées OSCAR.

Sauf que la prochaine fois, à la prochaine OSCAR, j’utiliserais l’élément-surprise.

C’est bien beau d’effectuer des visites dans les bars et restos pour s’assurer que les gens respectent les règles en vigueur. Mais pourquoi s’annoncer à l’avance ? Pourquoi le gouvernement avertit-il les tenanciers de bars et leurs clients des «descentes» à venir ?

Si un propriétaire de bar est «irresponsable» et qu’il préfère compter ses profits que de compter le nombre de clients permis dans son établissement, ne le prévenons pas de la visite prochaine des policiers. Prenons-le en flagrant délit. Ou comme on dirait par chez nous: prenons-le les culottes baissées.

Le propriétaire de bar qui tient mordicus à tenir des soirées karaoké malgré l’interdiction de le faire et malgré tous les dangers que ces soirées représentent ne sortira pas sa «machine à chanter» si le gouvernement l’avise que la police le visitera entre 21 h et 23 h samedi. Ces tenanciers et ces clients récalcitrants sont irresponsables, mais ils ne sont pas fous.

Qu’on se comprenne. Je ne suis pas pour les chasses aux sorcières.

Mais si le gouvernement du Québec décide, par exemple, d’augmenter ses effectifs policiers sur les autoroutes de la province durant une certaine période pour contrer la vitesse au volant, il n’ira pas avertir les automobilistes des endroits et des lieux précis où les auto-patrouilles se trouveront durant cette période.

«Pour l’autoroute 50, nos auto-patrouilles seront postées près de la sortie du boulevard Lorrain en direction Est, samedi et dimanche, entre 19 h et minuit». Vous imaginez une telle annonce ? L’automobiliste au «pied pesant» évitera ce secteur. Il est irresponsable, mais il n’est pas fou. 

C’est un peu ce qu’on a fait avec cette opération dans les bars et restos le week-end dernier. Tout le monde dans ces établissements attendait la visite des policiers. Tout le monde savait qu’ils allaient se pointer le nez. Les policiers étaient pratiquement les invités d’honneur de la soirée. Donc tout le monde était sur ses gardes.

La prochaine fois, disais-je, j’utiliserais l’élément-surprise. Pas pour distribuer les contraventions aux quatre vents, gonfler les coffres de l’état et forcer la fermeture d’établissements.

Mais bien pour faire comprendre aux «irresponsables» et aux «Covidiots» que la farce a assez duré. Que cette pandémie et sa deuxième vague sont à prendre au sérieux et que nous avons tous - sans exception - un rôle à jouer si on veut éviter les strictes et contraignantes mesures prises le printemps dernier.

Personne, mais personne ne veut passer Noël en confinement.

***

Parlant de COVID… avez-vous été testés ?

Moi, si. Il y a à peu près deux semaines. (Négatif, soit dit en passant). Ce n’est rien de plaisant comme expérience. Nécessaire, mais pas très amusant. La longue tige de coton dans le nez… ouf. Je croyais qu’elle allait me sortir par l’oeil droit.

Je vous ramène dans votre enfance pour vous expliquer la sensation.

Avez-vous déjà plongé dans une piscine, raté votre plongeon, et reçu comme une espèce de jet d’eau dans les narines ? Vous vous souvenez de cette atroce sensation ? L’odeur repoussante du chlore, la pression entre vos deux yeux, la douleur éphémère dans votre nez ?

C’est un peu ça, le test pour le COVID. Ça ne dure que quelques secondes. Mais pendant ce très court moment, vous vous jurez de ne plus jamais replonger.