Je suis de la génération disco des années 1970. De ces jeunes qui s’entassaient dans les discothèques et les sous-sols d’églises pour danser sous les boules miroirs au rythme des Bee Gees, KC and the Sunshine Band, Diana Ross et tant d’autres.

Les «soirées Bistro»

CHRONIQUE / Je suis de la génération disco des années 1970. De ces jeunes qui s’entassaient dans les discothèques et les sous-sols d’églises pour danser sous les boules miroirs au rythme des Bee Gees, KC and the Sunshine Band, Diana Ross et tant d’autres.

Dans mon coin de Vanier, c’était au sous-sol de l’église Marie-Médiatrice qu’on se donnait rendez-vous, là où une discothèque du nom de Mystery Ship assurait la musique. (Je parie que certains d’entre vous n’avaient pas entendu ce nom — Mystery Ship — depuis des décennies… On ne rajeunit pas la gang).

Ce que je ne savais pas, c’est que la génération précédente aimait aussi se rassembler pour danser au sous-sol de l’église du quartier. Mais pas du disco. Cette musique n’existait pas dans les années 1960. À cette époque, on parlait plutôt de « soirées Bistro ».

« Ces soirées Bistro ont débuté à Ottawa dans les années 1960, m’a raconté Nicole Patry de la Société franco-ontarienne du patrimoine et de l’histoire d’Orléans (SFOPHO).

Elles se sont ensuite multipliées à Orléans, Rockland, Casselman et Cornwall. Ces soirées saines pour les jeunes avaient pour but de donner à la jeunesse franco-ontarienne de la Basse-Ville d’Ottawa, de la Côte-de-Sable et d’Eastview (Vanier) un lieu de rencontre en français », a-t-elle ajouté.

J’ai demandé à Mme Patry de préciser ce qu’elle voulait dire par « soirées saines ». « Sans alcool » m’a-t-elle répondu.

(Oh boy ! Les choses ont changé de 1960 à 1970. Parce que croyez-moi, il n’y avait rien de « sain » qui se passait à Mystery Ship. Bien au contraire ! C’est à se demander comment le curé de l’église Marie-Médiatrice a pu nous endurer si longtemps sans implorer une intervention divine pour nous chasser).

L’an dernier, la SFOPHO a fait revivre une soirée Bistro au sous-sol de l’église Saint-Joseph d’Orléans. « Comme dans le temps, de dire Mme Patry. Sauf que l’alcool était inclus. Nous avons organisé cet événement pour souligner le 50e anniversaire de la fermeture de ces soirées. »

Cette soirée Bistro d’Orléans a connu un tel succès à l’automne 2018 que la SFOPHO récidive cette année.

La deuxième édition de la soirée Bistro d’Orléans se tiendra le samedi 2 novembre, toujours au sous-sol de l’église patrimoniale Saint-Joseph du boulevard du même nom. Et cette fois-ci, elle est organisée dans le cadre de la campagne de financement des rénovations de cette même église.

Prix de présence, bar payant, goûter, musique et danse au menu, les billets se vendent au coût de 25 $.

« On promet une très belle soirée aux boomers, a dit Mme Patry. Et les participants contribueront en même temps à la préservation d’un véritable joyau historique et patrimonial d’Orléans.

Et on invite aussi les jeunes qui seraient intéressés à connaître ces soirées Bistro puisqu’elles font partie du patrimoine franco-ontarien. »

Du plaisir, de la musique de l’époque, un peu de nostalgie et un peu d’histoire, tout ça pour une bonne cause.

Pour des billets : 613-830-7788 (Nicole) ou sfopho@gmail.com

CORRECTION

Petite correction en terminant.

Dans la « grande entrevue » de samedi dernier, j’ai écrit que la Franco-Ontarienne Caroline Gélineault, qui a été invitée à l’émission Tout le monde en parle il y a deux semaines pour répliquer aux propos de Denise Bombardier, siège au conseil d’administration de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO).

En fait, Mme Gélineault ne siège plus à l’AFO depuis 2018.