Denis Gratton
Le Droit
Denis Gratton
La ligne 1 du train léger d’Ottawa sera fermée jusqu’à la fin de semaine, apprenait-on dimanche.
La ligne 1 du train léger d’Ottawa sera fermée jusqu’à la fin de semaine, apprenait-on dimanche.

Le train aux roues carrées

CHRONIQUE / La ligne 1 du train léger d’Ottawa sera fermée jusqu’à la fin de semaine, apprenait-on dimanche. Et cette fermeture pourrait même être prolongée de quelques jours, soulignait-on chez OC Transpo.

La ligne 1 du train léger, pour ceux qui l’ignorent, est… le train léger. Il n’y a pas d’autres lignes. Pas encore. Donc, pas de train cette semaine à Ottawa (sauf ceux de VIA Rail).

On répare. On corrige. On colmate. On rafistole. Je ne sais trop ce qu’on fait sur les rails et les wagons. Mais chose certaine, ne l’attendez pas, le train ne passera pas.

Une grosse farce, ce train léger. Un gâchis.

Je relisais un texte mis en ligne par Radio-Canada le 13 mai dernier. Un texte dans lequel on a résumé les déboires de ce train léger en un seul paragraphe que voici:

«OC Transpo a fermé la ligne de la Confédération (la ligne 1) pendant une fin de semaine et pendant une autre période de cinq jours pour effectuer des travaux. D’autres fermetures auront lieu cet été. Pour l’heure, GTR (Groupe de transport Rideau) travaille sur la réparation des freins des voitures, le système de suspension caténaire, les défaillances des réchauffeurs d’aiguilles, la puissance de traction des voitures, les portes-passagers, etc.».

La belle affaire, n’est-ce pas ? J’aime bien le «etc.» à la fin de ce paragraphe. Comme si les problèmes du train léger étaient trop nombreux à énumérer. (Comme ses roues qui s’aplatissent lorsqu’il roule, ma préférée).

Et dans ce texte on parle des problèmes qu’on tente de régler… «pour l’heure». Comme dans: «en ce moment». « En ce moment, on tente de régler ces problèmes. On vous reviendra plus tard avec d’autres».

Misère…

En relisant sur les déboires du « O-Train », comme nos amis de l’autre langue officielle l’appellent, je suis tombé sur cet autre article écrit le jour de son inauguration. En le lisant, je me suis dit que l’auteur aurait peut-être dû attendre une journée ou deux avant de monter à bord de ce train qui ne semble obéir qu’à la loi de Murphy. Voici ce qu’on peut lire:

«Quelle réalisation ! D’une efficacité et d’une rapidité incroyables. De voir un tel système de transport à Ottawa - de l’emprunter surtout - vous fait vite réaliser que la capitale fédérale est entrée dans d’autres ligues avec ce train léger. Les grandes ligues. (…) Enfin, comme première expérience à bord du train léger, je donne la note de A+».

Ichhhh…. 

Qui a écrit ces lignes, demandez-vous ? Heu… c’est moi. En septembre dernier.

J’arrivais d’une promenade dans ce tout nouveau train, l’expérience m’avait plu et le système m’avait impressionné. J’étais épaté, ça m’arrive si rarement. 

Je ne pouvais pas savoir que cette journée d’inauguration allait s’avérer la seule journée sans pépin de ce train. Les problèmes ont commencé dans les jours qui ont suivi son lancement et ils se poursuivent toujours.

Ce train a à peine neuf mois. Il a été inauguré après plusieurs délais, des délais exigés afin qu’il fonctionne à la perfection une fois ouvert au public. 

J’en conclus qu’on aurait peut-être dû retarder son inauguration d’une année ou deux. Peut-être même trois. 

Parce qu’un train qui ne roule pas par grands froids d’hiver ni en temps de canicule l’été ne sert pas à grand-chose. OC Transpo aurait pu acheter le p’tit train de Wakefield à une fraction du coût et ce vieux train à vapeur aurait été plus fiable que celui qu’on tente de faire avancer depuis l’automne dernier.

Disons que chez OC Transpo, on commence à le trouver pas mal lourd, ce train léger. Et les passagers ne sont pas au bout de leurs peines. Lorsque les dirigeants d’OC Transpo ont récemment demandé à GTR si les problèmes pouvaient être réglés d’ici la fin de l’été, on lui a répondu: «Ce sera plus vers la fin de l’année». Reste à savoir quelle année.

Une grosse farce, ce train léger. Un gâchis.