Denis Gratton
Le Droit
Denis Gratton
Déjà un mois s’est écoulé depuis qu’un incendie criminel a rasé la cabane à sucre du Muséoparc Vanier.
Déjà un mois s’est écoulé depuis qu’un incendie criminel a rasé la cabane à sucre du Muséoparc Vanier.

Le pont au sirop d’érable

CHRONIQUE / Déjà un mois s’est écoulé depuis qu’un incendie criminel a rasé la cabane à sucre du Muséoparc Vanier.

« Notre cabane » a été la plus récente cible d’un pyromane qui rôde dans le secteur Vanier depuis des mois, voire des années. La police n’arrive pas à lui mettre la main au collet. Il pourrait aussi s’agir d’un groupe d’individus qui s’amuse à voir des maisons et des bâtiments de Vanier brûler. Qui sait ? Chose certaine, pas mal tous les résidents du secteur vérifient régulièrement le bon fonctionnement de leur détecteur de fumée… 

Je reviens à notre cabane à sucre. Le conseiller municipal du quartier Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, avait de bonnes nouvelles à annoncer récemment.

D’abord, le Muséoparc Vanier a une police d’assurance qui couvrira le bâtiment et son contenu, a-t-il écrit sur sa page Facebook. Reste à voir la somme d’argent que cette compagnie versera pour compenser cette perte. En d’autres mots, on reconstruira. Plus beau ? Plus grand ? Seul l’avenir nous le dira.

Ce qui reste de notre cabane incendiée sera fort probablement démoli et le conseiller Fleury a promis que - et je cite - « la Ville soutiendra les efforts de reconstruction, notamment en facilitant le processus d’approbation ». Traduction vaniéroise: « on ne niaisera pas pendant des mois sur les virgules ». 

Et notre conseiller ajoute que « nous visons une reconstruction du bâtiment pour l’été 2021 ».

Que de bonnes nouvelles, quoi. Un vrai Père Noël, ce Mathieu Fleury. Un marchand de bonheur. 

Ajoutons à tout ça que le Muséoparc Vanier a reçu plus de 19 000 $ en dons du public pour la reconstruction de la cabane à sucre et on peut dire - sans se tromper cette fois-ci - que « ça va bien aller ». La cabane, notre cabane, renaîtra de ses cendres.

À vos érables, Vaniérois, entaillons !

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Oui, entaillons. Parce que les valeureux bénévoles du Muséoparc Vanier ont la ferme intention d’entailler les érables au printemps et d’en recueillir la sève, cabane ou pas. 

Selon M. Fleury, le Muséoparc cherche à s’associer avec une cabane à sucre déjà établie de la région pour faire bouillir son eau d’érable et en faire du sirop.

J’en ai discuté avec le directeur général du Muséoparc Vanier, Jean Malavoy. Et celui-ci m’a dit qu’une cabane à sucre de Prescott-Russell serait peut-être prête à offrir ses services pour fabriquer notre « sirop de Vanier ». Ça ne me surprend pas. Entre Franco-Ontariens, on est toujours prêt à s’entraider.

Mais j’aurais une autre suggestion. Et ce n’est qu’une suggestion.

Si on demandait aux gens du Parc de la ferme Dalton, à Gatineau ? Ils ont une érablière eux aussi. Ils pourraient nous ouvrir leurs portes le temps d’un printemps. Il n’est pas très loin ce charmant parc, à peine trente minutes de Vanier. 

Je me suis brièvement entretenu dimanche avec François Quesnel, le secrétaire-trésorier du conseil d’administration de ce lieu touristique de Gatineau. « Je ne peux parler pour les membres de notre c.a. et pour notre directrice générale, a-t-il dit, mais je pense que ça nous ferait plaisir d’aider. Mais pourrait-on avec la COVID-19 ? Aurait-on assez de bénévoles pour faire bouillir l’eau d’érable du Muséoparc Vanier ? Il y aurait beaucoup de questions à discuter et à régler avant d’aller de l’avant. Mais si on peut aider… pourquoi pas ? ».

Ce serait génial. Un sirop d’érable fabriqué conjointement à Vanier et à Gatineau. Un sirop à la fois franco-ontarien et québécois. Ça pourrait être bon en sirop !

D’ailleurs, beaucoup de familles gatinoises visitent annuellement le Festival des sucres du Muséoparc Vanier. Cette année - parce qu’il y aura un festival en avril 2021 cabane ou pas - ces familles pourraient se targuer d’avoir un peu d’eux dans le sirop qu’ils rapporteront à la maison. Une petite saveur gatinoise à une recette vaniéroise. 

Ce sirop serait comme un pont. La COVID-19 a fermé nos ponts le printemps dernier. Mais le printemps prochain, ponts fermés ou non par la pandémie, on créerait ce pont virtuel entre nous, Franco-Ontariens et Québécois. Un pont plein de bonnes intentions. Un pont d’entraide. Un pont d’amitié. Un pont au sirop d’érable.

On pourrait même nommer cette cuvée exceptionnelle de 2021: Le sirop du sixième pont.