« Les journalistes récupèrent ce qu’on dit. Ils coupent et coupent et ils tordent et tordent. Nous avons parlé directement aux gens. Les journalistes savent qu’ils sont en train de perdre la bataille », a déclaré Doug Ford, samedi.

La vérité virtuelle

CHRONIQUE / Les Franco-Ontariens n’ont pas besoin d’une université. Le gouvernement conservateur de Doug Ford avait raison de remettre aux calendes grecques la mise sur pied de l’Université de l’Ontario français.

Oui, vous avez lu, vu et entendu un peu partout dans les médias que cette décision annoncée le 15 novembre dernier par le gouvernement de l’Ontario est injuste et injustifiée. L’Université de l’Ontario français allait ouvrir ses portes en septembre 2020 et, pour la première fois de leur histoire, les Franco-Ontariens allaient avoir LEUR université. Par et pour eux. Puis les conservateurs ont été élus et ils ont saboté ce beau rêve.

Vous avez lu tout ça au cours des derniers mois. Vous êtes descendus dans la rue le 1er décembre dernier pour manifester. Vous portez du vert et blanc par solidarité. Votre drapeau franco-ontarien est hissé devant chez vous depuis des mois. Et un crieur public sillonne l’Ontario depuis quelques jours pour répéter à qui veut bien l’entendre que nous sommes et nous serons.

C’est bien beau tout ça, les Francos, mais vous perdez votre temps. Parce que tout ce que vous avez lu, vu et entendu sur le sujet depuis novembre dernier est de la foutaise. De la grosse bullshit inventée de toutes pièces par nous, les journalistes. Tout le monde sait bien que nous tordons la nouvelle pour provoquer, pour scandaliser, pour « sensationnaliser ».

Nous sommes devenus inutiles, bref. Désuets. Des has been. Car aujourd’hui, la vérité se trouve sur les réseaux sociaux.

Et grâce à ces réseaux sociaux, les politiciens peuvent maintenant s’adresser directement aux électeurs sans devoir passer par nous, les clowns à calepin et les bouffons à micro.

Fini le filtre des médias. Fini les opinions des pseudo-chroniqueurs, commentateurs et éditorialistes qui n’écrivent que pour flatter leur ego et s’entendre parler. Fini les questions insignifiantes et insipides des journalistes qui ne cherchent que des poux pour alarmer le public.

La vérité est sur le web.

Et le 19 novembre dernier, le premier ministre Doug Ford a clairement expliqué pourquoi son gouvernement tournait le dos à l’Université de l’Ontario français.

Vous ne l’avez pas vu ? Mais dites donc, où vous informez-vous au juste !? C’est pourtant sur YouTube !

Ah puis, tenez. Je vais vous le rappeler ce que Doug Ford a dit sur la toile. Et je vous jure que je n’ajoute rien, même si je suis – comme a dit M. Ford – un « extrémiste de gauche qui déforme les discours des personnalités politiques ».

Alors voici. J’écris la vérité, pour une fois.

Si les Franco-Ontariens tiennent à blâmer quelqu’un pour la « non-ouverture » de l’Université de l’Ontario français, ils n’ont qu’à blâmer les libéraux de Kathleen Wynne. Ce sont eux qui ont promis cette université en sachant fort bien qu’il n’y avait pas assez d’argent dans les coffres pour un tel luxe.

Oui, un luxe. Parce que comme a dit Doug Ford sur le web, on compte déjà dix collèges et universités en Ontario qui offrent des cours en français. Et le comble, c’est qu’il reste de la place dans ces cours, dans ces 300 programmes. Ils n’atteignent même pas leur pleine capacité. Alors comme a questionné M. Ford : pourquoi une autre université ?

De grâce, n’allez pas chercher la réponse à cette question dans les médias traditionnels. Ils sont inutiles, rappelez-vous, et ils déformeront la vérité pour vous tromper et vous « pomper ». Tenez-vous en à ce que Doug Ford a déclaré sur la toile et tout le monde s’en portera mieux.

Et sachez, soit dit en passant, que Doug Ford n’a rien contre les Francos. Bien au contraire, il les admire !

Je le sais, il l’a dit sur YouTube.