La famille Gadouas composée de Conrad, 93 ans, Lucienne, 90 ans, Lorraine, 89 ans, Réjeane, 88 ans, Marcel, 87 ans, Raymond 85 ans, Réjean, 84 ans, Aubert, 79 ans, et Diane, 73 ans.

La famille Gadouas: le secret de la longévité

CHRONIQUE / Dans la famille Gadouas de Saint-Isidore dans l’Est ontarien, toutes les raisons sont bonnes pour se rassembler entre frères et sœurs.

Lundi, c’était dans un restaurant d’Ottawa qu’ils se sont donné rendez-vous pour fêter Lucienne qui célébrera bientôt ses 91 ans. Lucienne n’est pas l’aînée de cette famille de neuf enfants. Cet honneur revient à son frère, Conrad, qui lui a 93 ans. « Et j’ai toujours mon permis de conduire », souligne-t-il fièrement.

En fait, les neuf enfants Gadouas ont tous leur permis de conduire, malgré leur âge avancé. Outre Conrad et Lucienne, il y a Lorraine, 89 ans, Réjeanne, 88 ans, Marcel, 87 ans, Raymond, 85 ans, Réjean, 84 ans, Aubert, 80 ans, et la cadette — ou « la p’tite jeune » comme l’appellent ses frères et sœurs — Diane, 73 ans.

« J’ai une amie qui me dit tout le temps : « des Gadouas, ça ne meurent pas», de lancer Lucienne aux rires des siens.

«Mon médecin m’a demandé de quoi on mourrait dans la famille, ajoute son frère Aubert. Je lui ai répondu que notre plus grande crainte, c’est qu’on ne meurt pas». Autre éclat de rire à la table.

Tous en bonne santé et vifs d’esprit, ils habitent Ottawa et l’Est ontarien et ils se rassemblent régulièrement, presque hebdomadairement, pour un repas au restaurant qui est toujours, mais toujours suivi de l’incontournable partie de cartes chez l’un d’entre eux.

«Ce sont des bons vivants au cœur jeune qui aiment encore, malgré leur âge, faire la fête et se taquiner», affirme Sylvie Gauthier, la fille de Raymond.

Mais quel est leur secret ? Parce que l’harmonie qui règne et qui a toujours régné dans cette famille est renversante. Jamais de mots déplacés. Jamais de dispute. Jamais d’envie ou de jalousie.

Chez les Gadouas, le mot «famille» prend tout son sens.

«C’est héréditaire, explique Réjean. C’est la façon dont on a été élevés. Nos parents n’auraient jamais permis de chicane entre nous. De garder l’unité de la famille était très important pour nos parents.»

(Réjean Gadouas, o.m.i., est le cofondateur et a été le premier directeur du Gîte Ami, à Gatineau).

«Entre frères et sœurs, reprend-il, on est là pour les autres quand ça va bien, et on est là pour les autres quand ça va moins bien. C’est important de ne pas se sentir seul dans la vie.»

«On travaillait ensemble aussi, enchaîne l’aîné, Conrad. Notre père était cultivateur et il avait 200 acres de terre à Riceville, près de Saint-Isidore. Il m’a acheté une terre. Il a ensuite acheté les terres voisines pour mes frères. On travaillait tous ensemble sur la terre, on se servait des machines de l’autre, on s’entraidait. C’était comme ça.»

«Et nos enfants, c’est la même chose, souligne Lorraine. Ils s’entendent tous très bien. Et eux aussi jouent aux cartes de temps en temps.

— Vous avez combien d’enfants ?, que je lui demande.

— Moi, j’en ai cinq. Au total, entre nous neuf, nous en comptons 35. Et quand notre mère est décédée à l’âge de 96 ans, elle avait 47 arrières-petits-enfants.

— La réunion de famille à Noël doit être quelque chose chez vous.

— Plus maintenant, répondent-ils en chœur. On est rendu un peu trop vieux pour ça et on fête dans nos familles respectives, dit Conrad. À l’époque, par contre…

— Au mariage de ma fille Sylvie, se souvient Raymond, le party a pris fin le lendemain soir à 22 h. Et c’était comme ça à tous les mariages. Quand on fête chez les Gadouas, ça dure longtemps.»

***

Leur nièce Sylvie a tenu à leur lire un petit mot lors de cette rencontre de lundi dernier :

«Les valeurs morales sont très présentes dans notre famille, leur a-t-elle dit. J’entends par là l’amour de la terre, l’ardeur au travail, la fierté d’un travail bien fait, l’entraide, l’amitié, l’amour, la foi, le partage, l’écoute, l’accueil, le respect… la famille. Ces grandes valeurs que vous nous laissées en héritage ont des bienfaits énormes sur nous tous. Je me demande parfois si ce n’est pas là le secret de la longévité».