Depuis février 2019, la conseillère de Touraine, Nathalie Lemieux, ne parle plus aux médias et refuse toute demande d’entrevue.

Il faut parler de Nathalie

CHRONIQUE / On la surnommait la dauphine de Denis Tassé dans le quartier Touraine à Gatineau. Celle qui allait suivre les pas de l’ancien conseiller municipal qui a représenté ce quartier pendant 12 ans avant de tenter sa chance à la mairie.

Mais Nathalie Lemieux n’aimait pas ce qualificatif. Pas du tout. Et quelques semaines après son élection comme conseillère municipale de Touraine, en novembre 2017, elle a tenu à le préciser. D’abord en demandant aux journalistes de ne plus l’appeler « la dauphine de Denis Tassé ». Puis elle ajoutait ce qui suit dans une entrevue qu’elle m’avait accordée à la fin janvier 2018 :

« Je ne suis pas une dauphine, je suis une femme. J’ai travaillé tellement fort pour me rendre où je suis aujourd’hui. C’est moi qui ai passé toutes ces années à bûcher pour devenir la femme que je suis aujourd’hui. Et s’il y a un mérite, je le donne au Bon Dieu. Parce que sans lui, je ne serais plus là. Et je veux que les gens me reconnaissent pour qui je suis. Je ne suis pas là pour faire le travail de quelqu’un d’autre. Je suis là pour faire mon travail avec mes idées à moi. Et je trouvais important que la population le sache. »

Message bien reçu, les journalistes ont cessé de la comparer à son prédécesseur et se sont penchés sur « ses idées à elle ». C’est là que les choses se sont gâtées…

Nathalie Lemieux a tenu des propos controversés sur l’islamophobie. Ses commentaires ont fait le tour de la planète à la vitesse de la station spatiale. Elle a été démise de ses fonctions de maire suppléante et évincée du comité exécutif de la Ville de Gatineau. Elle a réagi par écrit trois jours plus tard, sans toutefois s’excuser et en remettant en question la liberté d’expression à la table du conseil municipal. Et pour mettre la cerise sur le sundae, Le Droit révélait que la conseillère du quartier Touraine, dans des propos publiés sur les réseaux sociaux, se questionnait sur la rotondité de la Terre. « Qui a décidé que la Terre est ronde et pourquoi le croire lui ? », avait-elle publié. Encore une fois, ses commentaires faisaient le tour de la planète… ronde.

Et n’en jetez plus, la cour est pleine.

C’était en février 2019. Il y a presque un an. Et depuis… ? Eh bien depuis, rien. C’est le silence radio. La conseillère Lemieux ne parle plus.

Elle ne parle plus aux médias et refuse toute demande d’entrevue. Et elle ne parle plus à la table du conseil non plus. Comme si les contribuables de Touraine avaient perdu leur voix à l’hôtel de ville de Gatineau.

Fait-elle son travail de conseillère en coulisses loin des yeux des médias ? Je l’ignore. S’entretient-elle régulièrement avec les électeurs de Touraine pour entendre leurs doléances et leurs préoccupations ? Je ne sais pas non plus.

Mais lors de l’étude du budget 2020, en novembre dernier, la conseillère Lemieux n’a jamais pris la parole. Alors que ses collègues à la table du conseil municipal y allaient tour à tour de leurs demandes pour leur quartier, elle est restée muette comme une carpe. Comme s’il fallait conclure que tout va bien dans Touraine, que tous les électeurs sont satisfaits des services offerts par la Ville, qu’ils n’ont aucune demande et qu’ils n’ont besoin de rien.

Voici ce qu’a écrit le collègue Mathieu Bélanger dans notre édition de lundi :

« Elle [Nathalie Lemieux] a cumulé plusieurs absences au conseil municipal et lors des comités pléniers. Elle n’a pas participé au processus prébudgétaire et n’a fait aucune intervention à la table du conseil lors de l’étude du budget 2020 ».

Bref, Touraine n’a plus de voix. Et ça, il faut en parler.