Un autre accident mortel est survenu vendredi sur l’autoroute 50.

Assez, c’est assez

CHRONIQUE / Combien d’accidents mortels sur l’autoroute 50 devrons-nous compter avant que Québec bouge ?

Je ne veux pas verser dans la démagogie, mais il me semble que… assez c’est assez !

Vendredi dernier, Carl Maisonneuve, 25 ans, de Gatineau, a perdu la vie à la suite d’un accident survenu sur la 50 à la hauteur de Lochaber, là où les voies sont contiguës, c’est-à-dire là où il n’y a pas de séparation physique entre la voie de l’est et celle de l’ouest.

(C’est à se demander d’ailleurs pourquoi la 50 porte le nom « autoroute », alors que certains tronçons ne sont en fait que de luxueux chemins de campagne.)

On attend quoi au juste pour sécuriser ces tronçons ? 

Combien de morts justifient une action ?

Même le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, se pose la question. 

« C’est quelque chose [la sécurisation et l’élargissement de la 50] qui aurait dû être fait il y a des années », a-t-il déclaré pas plus tard que vendredi dernier.

Il a évidemment raison. 

En fait, comme toute autoroute digne de ce nom, la 50 aurait dû être construite à quatre voies dès le début. 

Oui, le ministre blâme les libéraux. 

On sait bien que tous les maux de la Terre sont la faute des libéraux. 

Sauf que le gouvernement caquiste ne bouge pas plus vite.

En janvier dernier – janvier, il y a sept mois de ça ! – le ministre des Transports, François Bonnardel, a indiqué au Droit que son ministère étudiait la possibilité d’installer des clôtures munies de câbles métalliques sur l’artère en question afin de renforcer la sécurité en attendant l’élargissement de la chaussée.

Quelqu’un a vu le résultat de cette étude ? Quelqu’un a vu une clôture à câbles métalliques sur la 50 ?

Arrêtons de parler, arrêtons de promettre, arrêtons d’étudier, arrêtons de blâmer les autres et agissons, bâtard ! 

Érigez-les, ces maudites clôtures !

Bon, s’cusez. 

Je voulais éviter de verser dans la démagogie, mais c’est exactement ce que j’ai fait.

C’est juste que… des gens meurent. Assez c’est assez, non ?

CONRADVILLE

Changement de sujet et changement d’humeur…

Ainsi, Casselman veut devenir une municipalité. Une ville. 

Les élus de l’endroit ne veulent plus entendre le mot « village » lorsqu’il est question de leur patelin.

Pourquoi ? C’est bien simple, a répondu le maire de Casselman, Daniel Lafleur. 

« C’est parce que nous ne sommes pas un village. » 

M. Lafleur croit aussi que Casselman aura plus de crédibilité auprès des élus provinciaux en se présentant comme une « municipalité ».

« Quand on rencontre des ministres et des sous-ministres, a dit le maire Lafleur, c’est toujours préférable que ce soit une municipalité, une ville. Moi, je pense qu’ils nous prendront plus au sérieux quand on fera des demandes pour les rencontrer. »

Casselman compte présentement 3600 habitants et le maire rêve déjà au jour où son village passera du mot « municipalité » au mot « ville ».

« D’ici une quinzaine d’années, on sera peut-être même une ville », a-t-il lancé.

Hmmm… certains lui diront « attention à ce que vous souhaitez ». 

C’est bien beau une ville. Mais ça vient aussi avec son lot de désagréments. 

Et une fois le charme d’un village disparu, il ne revient plus. Plus jamais.

De toute façon, à mes yeux, Casselman a toujours été une ville. 

Après tout, ça fait plus de 20 ans que je parle dans cette chronique d’une ville lorsqu’il est question de Casselman. 

J’ai rebaptisé ce village « Conradville » en 1995 ou 1996. 

Et j’ai toujours utilisé ce nom depuis. 

Même que, parfois, des lecteurs de l’endroit m’écrivent et s’identifient comme résidents de Conradville.

Alors voici ma solution, Monsieur le maire Lafleur. 

Changez OFFICIELLEMENT le nom de votre patelin de « Casselman » à « Conradville ». 

Vous aurez ainsi plus de crédibilité auprès des instances à Queen’s Park, tout en conservant le cachet unique et magique de votre village. 

Vous aurez le meilleur des deux mondes, quoi !

De rien.