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Denis Gratton

Scènes de (corona)vie

CHRONIQUE / «Distanciation sociale». En voilà deux mots qui se sont vite glissés dans notre vocabulaire. Je ne me souviens pas d’une seule chronique sur des milliers écrites dans laquelle j’aurais déjà utilisé ce terme.

Mais nous y voilà. Virus oblige. Pratiquons tous ensemble la distanciation sociale et la Terre se portera mieux. Traduction: Reste chez vous si t’as hâte de sortir.

Denis Gratton

Un cadeau de la vie

CHRONIQUE / Caroline Châteauneuf est mère monoparentale de trois garçons. Professeure au Cégep Garneau, à Québec, elle et ses enfants sont, comme la grande majorité des familles en province, au pays et dans le tiers de l’humanité, en confinement.

Elle m’a écrit cette semaine pour me parler de sa « nouvelle » vie et de ses trois fils. L’aîné, Benjamin, est âgé de onze ans et est atteint d’autisme. Jacob, 8 ans, est un enfant doué et TDAH (trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité). Et le cadet, Olivier, 6 ans, est présentement en évaluation pour le trouble du spectre de l’autisme (TSA). Il devait bientôt être hospitalisé en observation afin que les médecins parviennent à établir un diagnostic clair et précis.

Denis Gratton

Couper les ponts

CHRONIQUE / Le message des maires d’Ottawa et de Gatineau ne peut être plus clair: Restez chez vous !

«Faire preuve de solidarité, aujourd’hui, cela veut parfois dire rester chacun chez soi», peut-on lire dans un communiqué de presse signé par Jim Watson et Maxime Pedneaud-Jobin.

Denis Gratton

De retour après la pause

CHRONIQUE / Je reprends la plume ce matin après un peu plus d’une semaine de congé de maladie.

Non, rien à voir avec le coronavirus. Juste mal en point, mettons. Et ce n’est certainement pas par les temps et la bibitte qui courent que je vais me mettre à vous parler de mes petits bobos.

Denis Gratton

Crier dans le désert

CHRONIQUE / Quel dilemme tout de même.

Huguette Jutras, de Gatineau, et une amie d’Orléans ont défrayé les coûts d’un voyage de deux semaines au Maroc, en octobre dernier. Toutes deux septuagénaires et grandes voyageuses, elles rêvaient de visiter l’Afrique pour une première fois. « On avait même à notre itinéraire une excursion dans le désert à dos de chameau », lance Mme Jutras sur le même ton qu’un enfant raconterait sa prochaine visite à Disney World.

Denis Gratton

Longue vie et prospérité

CHRONIQUE / On le fait par habitude. Par gentillesse. Par savoir-vivre. Parfois par simple réflexe.

On tend la main. Je le fais pratiquement chaque jour. Chaque fois que je rencontre quelqu’un — et j’ai le plaisir d’avoir un métier qui m’amène à rencontrer énormément de gens — je tends la main. Par courtoisie. Par un « heureux de vous rencontrer ».

Denis Gratton

Le bruit du printemps

CHRONIQUE / Ce «BOOM !» est le plus beau bruit de l’année. Dans mon enfance, cette détonation n’était rien de moins qu’une explosion de joie.

J’approchais les portes de l’épicerie, samedi dernier, lorsque le tout premier «BOOM !» de l’année s’est fait entendre, faisant vibrer les fenêtres de tous les bâtiments situés un kilomètre à la ronde. Les gens ont figé. Ils ont levé la tête, puis regardé au loin tentant de voir ce qui aurait bien pu causer ce bruit inhabituel et presque assourdissant.

denis gratton

La peur d’avoir peur

CHRONIQUE / « Les faits et les statistiques n’ont aucun poids présentement par rapport à la peur qui existe. »

Marie-Pier est désemparée. Fonctionnaire fédérale, mère d’un garçon d’un an et d’une fille de cinq ans, elle perdra prochainement les services de la gardienne de son fils. Cette dernière, qui exploite une garderie en milieu familial de cinq enfants à Ottawa, a avisé Marie-Pier que son fils ne sera plus admis chez elle à compter du 20 mars.

Denis Gratton

Merci pour tout Michel

CHRONIQUE / J’écris cette chronique le cœur en mille morceaux. Mon ami, Michel Lavoie, a rendu l’âme ce week-end à l’âge de 73 ans.

Je savais qu’il était malade. Très malade. Il me l’avait confié au-dessus d’un café l’an dernier.

Denis Gratton

L’école Jonathan Pitre

CHRONIQUE / Ce n’est jamais facile de trouver un nom pour une nouvelle école. Enfin, je pense. On ne m’a jamais confié cette tâche, et c’est bien tant mieux. La dernière fois que j’ai proposé un nom pour quelque chose – dans une chronique qui se voulait légère et divertissante – un débat interminable s’ensuivit.

C’était à l’automne 2006. On cherchait un nom pour l’artère principale de Gatineau qui allait finalement être baptisée le boulevard des Allumettières. Dans ma grande naïveté – et d’un clin d’œil à l’enfant en nous – j’avais suggéré qu’on le nomme le boulevard Bobino, en l’honneur du comédien Guy Sanche, natif de Hull, celui qui a incarné ce personnage légendaire qui a inspiré des millions de « tout-petits » durant ses 28 années de diffusion à la télé de Radio-Canada.

Denis Gratton

Un geste «ultra gentil»

CHRONIQUE / Le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Carol Jolin, a profité de son passage au congrès du Parti conservateur de l’Ontario, la semaine dernière, pour remettre des lettres de remerciements au premier ministre, Doug Ford, et à la ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney.

Non pas des lettres pour les remercier de l’invitation à leur congrès. Mais bien des lettres de remerciements pour avoir conclu l’entente Canada-Ontario sur l’Université de l’Ontario français (UOF).

Denis Gratton

Le temps de remettre les pendules à l’heure [VIDÉO]

CHRONIQUE / Tic, tac, tic, tac… On entend plus le tictac de l’horloge de la Maison du citoyen depuis des années.

Cette merveilleuse et gigantesque horloge qui se trouve à l’entrée de la bibliothèque de l’hôtel de ville de Gatineau a cessé de donner l’heure juste aux passants depuis trop longtemps. Et Jacques Labelle veut y voir. Sa patience, à l’instar de la durée de vie de cette horloge unique au monde, pointe minuit moins une minute.

Denis Gratton

Les «bâtisseurs» de l’entraide

CHRONIQUE / Les mots « le don de soi » prennent tout leur sens lorsqu’on rencontre Alice Chatelain et Yvon Cyr.

Ces deux amis de longue date sont auxiliaires-bénévoles au Centre d’accueil Champlain du secteur Vanier, une résidence pour retraités de 160 unités qui a célébré ses 50 ans l’an dernier.

Denis Gratton

La risée du pays

CHRONIQUE / Il y a 20 ans, en début janvier 1999, la Ville de Toronto devenait la risée du reste du Canada.

En cette journée du mois de janvier, 50 centimètres de neige tombaient sur la Ville Reine. Il n’en fallait pas plus pour transformer la plus grande ville au pays en un chaos total.

Denis Gratton

La doyenne du pays

CHRONIQUE / Depuis juin 2019, Sarah Patenaude-Bruyère est la doyenne du Canada.

Vous avez peut-être vu l’annonce parue en page 17 de notre édition de samedi. C’était écrit : « Joyeux anniversaire à la doyenne du Canada le 20 février 2020. Que exploit remarquable ! Nous te souhaitons avec tout notre amour une bonne fête !!»

Et ce mot était signé au nom des sept enfants de Mme Patenaude-Bruyère, ses 11 petits-enfants et ses trois arrière-arrière-petits-enfants.

Originaire d’Embrun dans l’Est ontarien et résidente du Monastère d’Aylmer, Sarah Patenaude-Bruyère fêtera jeudi ses 113 ans.

Je me suis entretenu avec sa fille, Marie-Isabelle Bruyère, vendredi. Je l’appelais pour fixer un rendez-vous le samedi matin afin qu’elle me parle plus longuement de sa mère.

Durant notre entretien téléphonique, Mme Bruyère m’a raconté que sa mère a été enseignante toute sa carrière tout en élevant ses sept enfants.

« Maman est heureuse lorsque ses enfants sont heureux, a-t-elle dit. J’ai de merveilleux souvenirs d’elle. Je nous revois encore alors qu’elle me montrait à coudre. J’avais 10 ans. Elle passait des heures avec moi à m’enseigner la couture. Et lorsque mon mari est décédé du cancer, il y a six ans, Maman était là tous les jours pour me consoler.

« On l’aime beaucoup, notre mère. C’est une femme brillante. Toute sa vie, elle a dit qu’il n’est jamais trop tard pour apprendre quelque chose de nouveau. Et elle nous a toujours répété de ne pas passer notre vie à nous inquiéter.

— Votre mère a-t-elle déjà partagé avec vous son secret pour sa longévité ? Y a-t-il une recette magique pour devenir doyenne du pays ?

— Oui. Et c’est bien simple. Vous l’aurez probablement deviné. Bien manger, se reposer et faire de l’exercice régulièrement. Mais ma mère a aussi ajouté qu’elle prenait toujours sa vitamine D et son jus de pruneaux, ainsi que son petit brandy, une fois de temps en temps.»

Je n’ai pas rencontré la fille de la doyenne du Canada cette fin de semaine. Marie-Isabelle Bruyère a reçu un appel du Monastère samedi matin. Sa mère est atteinte d’une pneumonie. Mme Bruyère devait immédiatement se rendre à son chevet.

On ne peut que souhaiter à Mme Patenaude-Bruyère, notre doyenne, un prompt rétablissement. Et prendre un petit brandy à sa vie.

***

La cabane à Yvon

Dans un tout autre ordre d’idée…

Dans ma chronique de vendredi dernier intitulée « Le sirop royal de Vanier », j’ai écrit que la cabane à sucre du Muséoparc Vanier est « la seule érablière active en milieu urbain au monde ».

Je n’ai rien inventé. Le Muséoparc a toujours fait la promotion de sa cabane à sucre comme étant la seule urbaine sur la planète.

L’ancien conseiller municipal de Gatineau, le seul et unique Yvon Boucher, m’a appelé pour me corriger et me dire gentiment que ma mémoire ferait défaut ou qu’elle serait sélective. Voici ce qu’il m’a dit :

« La cabane à sucre que j’ai bâtie au Parc écologique Dalton (à Gatineau), à côté de l’école Du Bois Joli, est aussi en milieu urbain. Elle est la deuxième en milieu urbain après celle de Vanier. Tu te souviens, Denis, t’es venu faire un reportage au parc Dalton l’an passé ? (En fait, c’était à l’été 2018). Je t’ai fait visiter notre cabane à sucre lors de ton passage et je t’ai dit que nos bénévoles entaillent 500 érables chaque année. Mais ça ne m’insulte pas que t’aies écrit ça. Après tout, il y en a juste deux au monde. Il y a ta cabane, puis il y a la mienne. »

Denis Gratton

Plus de peur que de mal, mais…

CHRONIQUE / « Stone, le monde est stone… »

Les paroles de cette chanson de Luc Plamondon allaient devenir réalité, croyaient des milliers de gens. Avec la légalisation du cannabis, en octobre 2018, tout le monde allait se mettre à fumer du pot et à « chercher le soleil au milieu de la nuit ».

Denis Gratton

Le sirop royal de Vanier

CHRONIQUE / Le conseiller municipal du quartier Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, y sera. Le maire d’Ottawa, Jim Watson, avait indiqué qu’il y serait mais il a eu un empêchement. Et on attendait une confirmation de la gouverneure générale du Canada, Julie Payette.

Y sera-t-elle ou non ? La réponse est : non. Mme Payette a malheureusement autre chose à son horaire samedi matin. C’est dommage.

Denis Gratton

Pour l’avenir de nos enfants

CHRONIQUE / Ce sera une autre journée de grève jeudi dans toutes les écoles francophones de l’Ontario. Et l’Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens (AEFO) a annoncé vendredi que ses membres débraieront dorénavant une fois par semaine si les négociations entre elle et le gouvernement n’aboutissent pas.

La belle affaire. Nous en sommes rendus là.

Denis Gratton

Trente jours perdus ?

CHRONIQUE / Plus de deux heures par jour. Plus de quatorze heures par semaine. Plus de 728 heures par année. Donc plus de 30 jours annuellement.

Je passe 30 jours par année — donc un mois — à utiliser et consulter mon téléphone intelligent, alias mon iPhone. 

Je n’en suis pas fier. Loin de là. Mais on me dit que je suis dans la moyenne. Les statistiques compilées mensuellement par Le Droit me placent même en queue de peloton en ce qui a trait à son utilisation.

Mais le fait d’être dans la moyenne ne me rassure guère. C’est trop, trente jours par année le nez collé sur ce bidule. Beaucoup trop.

Aujourd’hui est la Journée mondiale sans téléphone intelligent. Cette « journée » existe depuis 2001.

Voici donc l’occasion parfaite pour mettre mon iPhone de côté, le temps d’une journée, et de reculer dans le passé afin de vivre une journée comme « dans le bon vieux temps », c’est-à-dire de vivre comme avant l’arrivée de ces téléphones devenus quasi indispensables. Allons même un peu plus loin et reculons dans le temps, avant l’arrivée de l’internet.

6 h 30 : Pas question de lire Le Droit et les manchettes d’autres journaux sur mon iPhone (ou mon ordinateur). Je dois donc faire comme dans le bon vieux temps, c’est-à-dire ramasser la copie papier du Droit qui est livrée à ma porte. Et pour les autres journaux, si je tiens à les lire, ils sont disponibles au dépanneur de mon quartier. AVEC iPHONE : 30 minutes de lecture, pas besoin de sortir de la maison. SANS iPHONE : 15 minutes d’aller-retour au dépanneur, 30 minutes de lecture.

AVANTAGE : Avec iPhone.

 ***

7 h 30 : J’ai une entrevue prévue ce matin dans un coin reculé de l’Outaouais. Mais pas question d’utiliser Google map ou le GPS de mon téléphone (ou de mon ordi). Je dois donc aller à l’auto et fouiller dans le coffre à gants pour une carte routière de la région que je crois avoir conservée. AVEC iPHONE : une minute et j’ai les directions. SANS iPHONE : cinq minutes à chercher la carte dans l’auto pour me rappeler que, finalement, je ne l’ai pas conservée. Je devrai donc appeler la personne que je rencontre pour obtenir les directions pour sa résidence. 

AVANTAGE : Avec iPhone.

***

7 h à 23 h : Pas question de lire les dizaines de courriels qui se sont accumulés dans mon téléphone (et mon ordi). Tous ces gens qui m’ont écrit en cette Journée mondiale sans téléphone intelligent devront attendre à demain pour ma réponse. Ou ils devront m’appeler et, si je ne suis pas à mon bureau au moment de leur appel, laisser un message. AVEC iPHONE : réponse quasi immédiate. SANS iPHONE : aucune réponse ou attendre un retour d’appel, ou encore tomber sur une boîte vocale… pleine.

AVANTAGE : Avec iPhone.

***

13 h : Je ne me souviens plus si un mot est masculin ou féminin. Je devrai donc trouver et consulter un dictionnaire. AVEC iPHONE : réponse quasi immédiate. SANS iPHONE : perdre de longues minutes à tenter de trouver un dictionnaire !

AVANTAGE : Avec iPhone.

14 h : je dois appeler un ami, mais je ne me souviens plus de son numéro de téléphone. Je devrai donc trouver un bottin téléphonique. AVEC iPHONE : l’ami est dans mes contacts, donc même pas besoin de me souvenir de son numéro. SANS iPHONE : regretter le temps où nous avions des bottins téléphoniques.

AVANTAGE : Avec iPhone. 

***

17 h : Arrêt à l’épicerie pour quelques ingrédients nécessaires pour le souper. Mais lesquels ? Pas question d’appeler ma douce moitié avec mon téléphone portable. Je dois donc trouver une cabine téléphonique et de la monnaie. Pour la monnaie, ça passe. Mais une cabine téléphonique !? AVEC iPHONE : une minute au téléphone et j’ai ma liste. SANS iPHONE : bonne chance mon vieux !

AVANTAGE : Avec iPhone.

***

18 h 30 : J’ai une trentaine de minutes à tuer avant le souper. Mais pas question d’aller fouiner sur Facebook comme j’ai pris l’habitude de le faire quand j’ai un peu de temps à tuer. Quoi faire alors ? Je sais. Je vais jaser avec ma blonde. AVEC iPHONE : temps perdu sur Facebook. SANS iPHONE : temps de qualité avec ma douce. (À moins qu’elle ignore la tenue de la Journée mondiale sans téléphone intelligent, qu’elle soit elle-même en train de fouiner sur Facebook et qu’elle ne prenne pas le temps de me parler).

AVANTAGE : ça dépend.

***

Le verdict : En cette Journée sans téléphone intelligent, je vais passer mon tour. Et si les responsables de cette « journée » veulent m’appeler pour demander pourquoi je n’embarque pas dans leur mouvement, qu’ils laissent un message dans ma boîte vocale.

Je devrais l’écouter et leur revenir lundi ou mardi prochain.

Si j’ai le temps.

Denis Gratton

Salut Réjean !

CHRONIQUE / Ton départ m’attriste, Réjean. Et j’avoue qu’il me surprend.

T’avais l’air en grande forme lorsque nous nous sommes croisés dans le marché By, l’automne dernier. Tu m’avais parlé de la retraite qui approchait. On avait échangé, comme d’habitude, sur la plus récente lutte des Franco-Ontariens. Et on se demandait bien, toi et moi, quelle mouche avait piqué Denise Bombardier lors de son passage à Tout le monde en parle.

À LIRE AUSSI : Décès du journaliste Réjean Paulin

D’ailleurs, j’ai bien aimé ton papier sur cette controverse. J’en partage un extrait avec les lecteurs du Droit, si tu me le permets. Je sais que t’aurais humblement acquiescé en baissant les yeux et en répliquant, sourire en coin, quelque chose comme : « Bof, c’était bien ordinaire comme texte ». Tes textes n’avaient jamais rien « d’ordinaire », Réjean. Voici le passage en question :

« Faut-il toujours parler lexique en poche ? Répondre oui à cette question priverait la langue française de tous ses accents et de ses couleurs locales. Impensable et inconcevable. ‘Votre langue n’est pas la mienne’, dit Denise Bombardier à l’intention des francophones minoritaires. Or, des années passées en France, au Québec, en Acadie, en Saskatchewan et en Ontario m’ont fait entendre bien des sons français qui ne sont pas les siens, ni les miens, ni les vôtres probablement. Mais ils sont nôtres. C’est ce qui compte. Et bien sûr, dans toutes ses "parlures", on entend des fautes. »

C’était tellement bien dit, mon ami. Tu me choquais parfois. Alors que j’y allais souvent d’un ton belliqueux pour défendre les Franco-Ontariens et les communautés francophones du pays, t’arrivais toujours avec le bon mot, le mot juste, le ton posé. Ta plume, par sa subtilité, sa sagesse et sa justesse, était percutante et redoutable. Je l’ai souvent jalousée.

Nous nous sommes rencontrés une première fois sur la tribune de la presse parlementaire, à Ottawa. Je venais d’arriver comme courriériste pour Le Droit, tu y étais depuis un certain temps à titre de journaliste indépendant.

En m’apercevant, t’étais venu me saluer, te présenter et me souhaiter la bienvenue. Un petit geste anodin, dira-t-on. Mais « l’étranger » que j’étais dans cette basse-cour de coqs qu’est la tribune de la presse, et « le petit nouveau » impressionné et intimidé par ce nouvel entourage dans lequel j’étais maintenant plongé, n’oubliera jamais cette main que tu m’as tendue. Ton regard me disait de ne pas m’en faire, que j’y trouverais ma place et que je pouvais compter sur toi. J’avais un allié. Un ami.

Quelqu’un au collège La Cité a eu un éclair de génie en 2001 en te recrutant comme professeur au sein du programme de journalisme. Francis Sonier, le président de l’Association de la presse francophone (APF) a écrit ce qui suit à ton sujet :

« Par sa passion pour le métier de journaliste et sa conviction du rôle essentiel de la presse pour protéger notre démocratie, Réjean Paulin a laissé sa marque auprès de plusieurs générations de jeunes journalistes qui œuvrent toujours dans notre réseau. » 

M. Sonier ne pouvait mieux dire. Cette passion pour « le plus beau métier du monde », Réjean, tu l’as brillamment léguée à d’innombrables journalistes.

Je revois aujourd’hui ta passion dans le travail de plusieurs de mes jeunes collègues. (Entre nous deux, on se serait dit en riant : « rendu à notre âge, ils sont tous jeunes ! »)

Cette détermination que ces « jeunes » ont pour fouiller la nouvelle. Ce rush d’adrénaline qu’ils ressentent à l’obtention d’un scoop. Ces nuits blanches qu’ils passent à se demander comment ce scoop sera reçu lorsque le monde ouvrira les yeux. Cette solidarité entre eux dont ils font preuve. Ce profond bonheur qu’ils ont à exercer notre métier. Cette véritable passion pour notre profession. Tout ça vient un peu de toi, Réjean.

C’est un merveilleux legs.

Merci pour tout, cher ami. Tu ne seras jamais oublié. Salut ! 

Denis Gratton

Dire «non» par humanité

CHRONIQUE / La lettre publiée dans notre section À vous la parole de notre édition de vendredi s’intitulait « Une question qui taraude ».

L’auteure, une résidente de Val-des-Monts, se demandait pourquoi la Croix-Rouge n’est pas intervenue lors de l’incendie du 31 décembre dernier au Gîte Ami qui a jeté à la rue une soixantaine d’usagers de ce centre de refuge pour sans-abri du Vieux-Hull.

À LIRE AUSSI: La lettre d'opinion «Une question qui taraude»

Ces derniers ont été hébergés d’urgence à la Soupe populaire de Hull cette nuit-là. Et depuis, ils font la navette entre la Soupe et le centre Fontaine qui a été converti en dortoir jusqu’à ce que le Gîte Ami puisse rouvrir ses portes, ce qui est prévu la semaine prochaine.

Voici un extrait de la lettre en question : « Pourquoi la Croix-Rouge n’est-elle pas venue en aide à ces personnes à la suite de l’incendie au Gîte Ami ? Lors de la tornade et des inondations, les sinistrés ont eu droit à une chambre d’hôtel en attendant mieux. Les gens qui fréquentent le Gîte Ami auraient dû avoir droit au même traitement. La Ville de Gatineau et la Croix-Rouge ont manqué leur mission : celle de traiter les gens avec humanité. »

***

Je ne suis pas tout à fait d’accord. En fait, je dirais plutôt que la direction du Gîte Ami et tous les autres intervenants ont fait preuve d’une grande humanité en cette nuit du jour de l’An.

Mais rectifions d’abord un fait. La Croix-Rouge est bel et bien intervenue lorsque les usagers du Gîte Ami ont été chassés de leur refuge par l’incendie. La soixantaine de lits de camp qu’on a pu installer au centre Fontaine ont été fournis par la Croix-Rouge. 

Alors pourquoi n’a-t-on pas offert des chambres d’hôtel aux sans-abri comme ce fut le cas à l’égard des sinistrés des inondations et des tornades des dernières années ? J’ai posé la question à Lise Paradis, la directrice du Gîte Ami.

« L’hébergement en hôtel n’était pas une solution facile, a-t-elle répondu. Nous avons une clientèle qui a des besoins particuliers. On a des personnes qui ont des problèmes de santé mentale légers et sévères et qui ont besoin d’un encadrement constant. Nous n’aurions pas pu fournir cet encadrement à ces gens dans un hôtel. »

« Aussi, c’était la veille du jour l’An, a-t-elle ajouté. Certains étaient en état de consommation et d’autres en état d’ébriété. Je ne voulais pas qu’ils arrivent à l’hôtel et qu’ils ne soient pas acceptés. Avec tout ce qu’ils venaient de vivre, on ne pouvait pas leur faire ça. Et on ne pouvait pas non plus commencer à trier et dire : “Toi tu peux y aller (à l’hôtel), toi tu ne peux pas.” Nous avions une urgence, une crise, et il fallait rapidement trouver une solution convenable pour tous. »

Voilà pourquoi on n’a pas offert de chambres d’hôtel aux usagers du Gîte Ami ce soir-là.

Pouvait-on vraiment procéder à un triage entre les « moins puckés » et les « trop puckés » ? L’exercice aurait été inhumain. Pouvait-on soumettre certains usagers à l’humiliation d’être refusés par la direction d’un hôtel qui les aurait peut-être jugés persona non grata ? Pouvez-vous imaginer une telle scène ? On promet à un usager une chambre d’hôtel, une chambre à lui tout seul (!). Une confortable chambre munie d’un grand lit douillet, d’une télévision, d’une cafetière, d’une douche ! Puis à la réception, cet usager se fait ni plus ni moins dire qu’il n’y pas de chambre de disponible pour des gens comme… lui. Vous imaginez la scène ? Vous imaginez la déception, l’humiliation et le profond sentiment de rejet chez cette personne ?

Et on ne pouvait certainement pas imposer aux employés d’un hôtel la lourde responsabilité d’encadrer des « clients » souffrant de problèmes de santé mentale. Un Holiday Inn n’est pas un hôpital psychiatrique. Et une personne qui souffre de problèmes mentaux ne pouvait pas être laissée à elle-même en pleine nuit, seule au monde dans une chambre d’hôtel. Sa sécurité aurait été mise en danger. 

Voilà pourquoi l’hébergement en hôtel n’était pas une solution en cette triste nuit du 31 décembre.

On a rejeté cette proposition… par humanité.

Denis Gratton

Le Droit, plus que de la brique et du mortier

CHRONIQUE / Vous le savez probablement déjà, mais je vous le redis : Le Droit est récemment devenu une coopérative de solidarité. Désormais, il appartient à nous, les employés, ainsi qu’à vous, lecteurs et annonceurs. Nous devrons en prendre bien soin.

« Notre » Droit devra aussi déménager d’Ottawa à Gatineau, au printemps, afin de pouvoir profiter de l’aide financière de Québec annoncée l’automne dernier. Vous le saviez aussi, je crois. Cette aide est indispensable à la survie de notre quotidien. Si Le Droit veut célébrer ses 107 ans le 27 mars prochain, il n’a d’autres choix que de déménager ses pénates en sol gatinois pour assurer sa pérennité. Si on conserve nos bureaux à Ottawa, bye bye l’argent de Québec. Sans argent de Québec, bye bye Le Droit. C’est aussi simple que ça.

Denis Gratton

La petite fille qui habitait l’église

CHRONIQUE / En apprenant la fermeture prochaine de l’église Saint-René-Goupil, à Gatineau, Catherine Charron a revécu son enfance et revu dans ses souvenirs des moments inoubliables qu’ils l’ont marquée pour la vie.

Cette église était son deuxième chez-soi. Si bien qu’à l’école primaire, elle était connue comme « la petite fille qui habitait dans l’église ».

Sa grand-mère, Irène Rollin, a travaillé et vécu pratiquement toute sa vie au presbytère de l’église Saint-René-Goupil. Et Catherine passait plus de temps chez elle qu’à la maison.

« Grand-maman s’occupait du ménage et du lavage dans le presbytère, raconte-t-elle. Elle avait son appartement là et elle était aussi gérante du comptoir Saint-Vincent-de-Paul qui se trouvait dans le garage sur le terrain de l’église. Elle était très dévouée.

Denis Gratton

« Est-ce que les enfants vont bien ? »

CHRONIQUE / Édith Dumont, la directrice de l’éducation et secrétaire-trésorière – voire la patronne – du Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO) depuis les huit dernières années, quittera ses fonctions en avril prochain pour occuper le poste de Vice-rectrice aux partenariats, aux collectivités et à l’international au sein de l’Université de l’Ontario français qui ouvrira ses portes à Toronto en septembre 2021.

J’ai eu la chance de m’entretenir avec Mme Dumont à de nombreuses reprises au cours des huit dernières années. Nous sommes même devenus amis. Bon, elle ne m’invite pas à souper chez elle avec son conjoint et ses trois enfants, et je ne l’ai jamais invitée pour une pizza chez Louis’, mais j’ai cru déceler des atomes crochus entre elle et moi au fil des années.

Sa passion m’a toujours impressionné. Sa passion pour l’éducation. Sa passion pour les gens qui œuvrent dans le milieu scolaire. Et, surtout, sa passion pour les enfants. Pour leur bien-être. Pour leur avenir.

À LIRE AUSSI : Changement à la tête du Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario

Si elle voulait que les 43 écoles du CEPEO deviennent « les meilleures en province », c’était d’abord et avant tout pour offrir aux élèves un lieu d’apprentissage où ils seraient bien, heureux et friands d’apprendre dans leur langue, et où ils comprendraient que leur école est le plus haut tremplin vers leurs plus grands rêves.

« Est-ce que les enfants vont bien ? », demandait-elle souvent. Les enfants étaient sa priorité. Leur bien-être et leurs succès, sa mission.

J’ai rencontré Édith Dumont en février 2012 lorsqu’elle a été nommée à la tête du CEPEO. Voici ce qu’elle m’avait dit :

« J’ai l’intention de donner des visages au CEPEO. Un conseil et son logo, ce n’est pas ce qui interpelle les gens au niveau du cœur. Lorsqu’on parlera du CEPEO, je veux que les gens, dans leur tête, voient des visages. Je veux que nos employés soient des ambassadeurs du conseil ».

Puis elle ajoutait : « On veut offrir aux parents et aux élèves les meilleures écoles en province ». 

A-t-elle réussi ? Les employés du CEPEO sont-ils devenus des ambassadeurs sous sa gouverne ? Je lui ai posé la question quelques années après son arrivée à la tête de ce conseil. Et j’ai compris pourquoi elle tenait tant à ce que ses collègues de travail deviennent eux aussi des ambassadeurs. Elle y tenait… pour les enfants.

« C’est mission accomplie, avait-elle répondu à ma question. C’est palpable. Les employés sont fiers de faire partie d’une communauté qui, tous les jours, a entre ses mains l’avenir du monde, c’est-à-dire nos enfants, nos leaders de demain. Je crois que j’ai réussi à inculquer l’idée qu’on fait un travail des plus précieux pour l’avenir du monde. Une école, c’est une porte qui s’ouvre sur des centaines de portes. Sur le monde, quoi. Et on a vraiment fait un effort pour démontrer aux enfants que ce qu’ils apprennent à l’école a un impact dans la communauté. Dans la communauté au sens propre, mais aussi au sens large. »

Édith Dumont peut partir la tête haute. Et la vie fait parfois drôlement les choses puisque de nombreux élèves qu’elle a vus grandir dans les écoles du CEPEO se retrouveront à ses côtés à l’Université de l’Ontario français. C’est ce qu’on appelle boucler la boucle et accomplir sa mission jusqu’au bout. 

Et si cette nouvelle université franco-ontarienne n’embauche que des gens de sa trempe, les Franco-Ontariens d’aujourd’hui et de demain seront entre bonnes mains.

Félicitations et bon succès chère amie. À bientôt pour une pizza chez Louis’ ?

Denis Gratton

Un cri du cœur

CHRONIQUE / Le cauchemar tire à sa fin pour les usagers du Gîte Ami. Si tout va comme prévu, ce centre de refuge du secteur Hull pourra rouvrir ses portes d’ici la semaine du 10 février.

Mais jusqu’à cette réouverture tant attendue, de 50 à 60 bénéficiaires continueront d’utiliser le refuge temporaire du centre communautaire Fontaine pour y passer la nuit, et les locaux de la Soupe populaire de Hull le jour. Une situation loin d’être optimale, admettent les intervenants du milieu.

Denis Gratton

Parfum de vie

CHRONIQUE / Deux petites tranches de vie pour vous ce matin. Deux clins d’œil qui m’ont fait sourire.

Pas de grosse nouvelle. Pas de « scoop » et pas de scandale non plus. Juste deux moments de vie qui me font dire que les personnes âgées n’aiment pas déranger…

Denis Gratton

Une peur glaciale

CHRONIQUE / Michelle Larivière a eu la peur de sa vie jeudi dernier. Pour une fraction de seconde, elle a même cru que son heure était venue. « Je me suis dit : ‘Ça y est, je vais y passer’ », laisse-t-elle tomber.

La propriétaire de la firme Lari Construction roulait sur l’autoroute 5, jeudi en début d’après-midi, lorsque trois énormes plaques de glace se sont détachées du véhicule mal déneigé qui roulait devant le sien.

Denis Gratton

Permettre à son fils de rêver

CHRONIQUE / «Si tout va bien, les opérations auront lieu d’ici la fin de l’année », pouvait-on lire dans notre édition du lundi 14 mai 2018.

Nicolas Blais était confiant. Ce résident du secteur Aylmer allait sauver la vie de son fils de 12 ans, Louis-Frédéric, en lui donnant un rein. « Ma décision était prise avant même que je sache que j’étais compatible », dit-il.

Denis Gratton

À vous la parole

CHRONIQUE / J’ai reçu plusieurs courriels et commentaires sur les réseaux sociaux à la suite de la publication de ma chronique de jeudi intitulée «L’art de tuer un quartier». Merci pour vos mots, chers lecteurs, chères lectrices.

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Je partage trois commentaires ce matin. D’abord, Sylvie G. a écrit ce qui suit pour réagir à un passage de ma chronique dans lequel j’ai dit que la Ville d’Ottawa a repoussé les prostituées du marché By vers le secteur Vanier :

« (Vous parlez) de repousser la prostitution à Vanier. Mais ce n’est pas nouveau, Vanier a toujours été reconnu pour son fort taux de prostitution ».

Faux, ma chère Sylvie. Le Vanier de ma jeunesse n’attirait pas les travailleuses du sexe.

Vrai, il y a le bar de danseuses nues The Playmate qui a ouvert ses portes sur le chemin de Montréal dans les années 1960 et qui s’y trouve toujours. Mais ça s’arrêtait là. Les prostituées étaient ni vues ni connues à l’époque dans la Ville de Vanier.

C’est au début des années 1990 qu’elles sont apparues dans ce secteur lorsque l’ancien conseiller municipal d’Ottawa, Richard Cannings, a décidé de « faire le ménage » dans le marché By, lieu de prédilection des travailleuses du sexe et de leurs clients à l’époque.

Une fois ce « ménage complété », les élus de Vanier ont remarqué l’arrivée des prostituées du marché By et ils se sont plaints de cette situation auprès de la Ville d’Ottawa et du conseiller Cannings. Mais ce dernier leur a répliqué d’aller se faire cuire un œuf et que c’était à leur tour de régler ce problème. Mais, on n’enraye pas le plus vieux métier du monde d’un coup de baguette magique… et les prostituées y sont toujours.

Alors oui, Sylvie, Vanier est aujourd’hui « reconnu pour son fort taux de prostitution », comme vous le dites, et c’est fort malheureux. Mais ce ne fut pas toujours le cas. 

***

Autre courriel, de Christine P. qui n’a pas apprécié que j’utilise les mots « filles de joie » dans la chronique en question :

« L’appellation «travailleuses du sexe» a remplacé l’infâme «filles de joie». C’était la joie de qui, en fait ? Pas celle des pauvres femmes (ou femmes pauvres) qui exerçaient et exercent toujours — par nécessité pour la plupart — ce métier millénaire ».

Vous avez tout à fait raison, Christine. Vous remarquerez d’ailleurs que je n’ai pas utilisé l’appellation « filles de joie » dans les paragraphes précédents. Ce terme est effectivement dépassé et sexiste. Leçon retenue. Merci.

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Un dernier courriel, celui de Carole F. qui porte sur le marché By et ses environs :

« … La très grande majorité des crimes commis au marché By surviennent surtout en dehors des heures d’opération du marché By et il conviendrait d’en faire la distinction à l’avenir. Quand un crime a lieu sur la rue King Edward, par exemple, bien que cette section fasse partie du marché By sur le plan politique et administratif, elle ne se situe pas au centre fréquenté par les touristes, surtout dans la journée. Ce genre de nouvelles à sensation ne sert qu’à éloigner les touristes potentiels, au grand détriment du marché By ».

Je vous comprends très bien, Carole. Exemple : lorsque je lis dans les journaux ou que j’entends à la radio ou à la télévision qu’un crime a été commis sur la rue Donald, dans le secteur Vanier, ça m’irrite. La rue Donald se trouve dans le secteur Overbrook, voisin de Vanier. Les médias font souvent la même erreur avec d’autres rues situées à proximité de Vanier, et c’est frustrant pour les Vaniérois. Déjà que leur quartier ne jouit pas de la meilleure réputation qui soit…

Par contre, si un crime est commis dans le secteur Vanier, les médias doivent le dire. Ils doivent situer leurs lecteurs et auditeurs et ceux-ci veulent savoir si le crime s’est déroulé dans leur quartier ou non. C’est la même chose pour le marché By. Le fait qu’il soit l’attrait touristique numéro un d’Ottawa ne change rien, si un meurtre survient sur son territoire, il faut le souligner. C’est notre devoir.

Vrai, Francine, la rue King Edward n’est pas très fréquentée par les touristes. Et je crois que les médias pourraient parler de la Basse-Ville dans le cas de cette artère et certaines autres qui se trouvent près du marché By. 

Mais jamais nous ne donnerons de fausses informations en toute connaissance de cause afin de ne pas nuire à la réputation d’un quartier ou d’un autre.

Les faits sont les faits. 

Denis Gratton

L’art de tuer un quartier

CHRONIQUE / La Ville d’Ottawa devrait offrir un cours sur l’art de détruire un quartier comme elle l’a fait avec l’ancienne Ville de Vanier. Ce cours pourrait se donner en huit courtes leçons. Allons-y.

LEÇON 1

Approuvez toute demande de modifications à un bâtiment sans trop poser de questions. Exemple : si un promoteur veut convertir une maison unifamiliale de ce quartier en un bâtiment à deux, quatre ou six logis, donnez-lui le feu vert. Résultat : les maisons unifamiliales qui abritaient à l’époque de grosses familles canadiennes-françaises deviendront des édifices à logements à prix modiques et subventionnés pour gens seuls, moins bien nantis ou en transit, tuant ainsi l’esprit de quartier, l’âme francophone et le sentiment d’appartenance qui régnaient dans ce secteur.