Denis Gratton

«À nous deux, Parkinson!»

CHRONIQUE / Les premiers symptômes de la maladie de Parkinson apparaissent généralement vers l’âge de 60 ans. Diane Patenaude était âgée de 36 ans lorsque le diagnostic est tombé...

« J’ai trouvé ça très comique lorsque le médecin m’a appris ça, se souvient-elle. Je me disais que c’était sûrement une erreur médicale. Je n’avais que 36 ans. J’étais convaincue que le médecin s’était trompé. Mais au bout d’un an, j’ai commencé à avoir mal où je ne devais pas avoir mal, surtout aux jambes. Ça m’ennuyait. J’ai donc reconsulté et le médecin m’a dit que ces maux étaient les premiers symptômes du Parkinson. »

Denis Gratton

Adieu au barbier Boyardee

CHRONIQUE / Plusieurs de ses fidèles clients m’ont écrit au cours des dernières semaines. Le départ soudain de Gaston Vachon les a profondément attristés.

Allen Panzeri, un ancien chroniqueur sportif du Ottawa Citizen, a été l’un des premiers à m’écrire. Voici un extrait de son courriel :

Denis Gratton

Racontez-nous l’Est ontarien

CHRONIQUE / J’aime l’Est ontarien. Ses nombreux villages, les belles découvertes qu’on y fait, ses gens chaleureux.

Je pense que j’ai visité chaque village de cette grande région au cours des 25 dernières années. D’Embrun à Chute-à-Blondeau, je les ai tous vus.

Denis Gratton

Les dragons de demain

CHRONIQUE / De nouvelles idées. Une nouvelle façon de faire les choses. Une nouvelle mentalité. De nouvelles méthodes de travail. C’est tout ça que proposent des étudiants du Cégep de l’Outaouais.

Cette institution scolaire ressemblera un peu au studio de la populaire émission de télé Dans l’œil du dragon, demain après-midi, alors que les 30 finissants du programme de Techniques administratives gestion de commerce présenteront une dizaine d’entreprises qu’ils ont eux-mêmes créées au cours de la dernière année scolaire.

Denis Gratton

Vague d’optimisme

CHRONIQUE / Son visage m’était familier. Elle sortait du centre d’aide aux réfugiés à Gatineau, ses deux enfants âgés de huit et cinq ans derrière elle.

« On se connaît ?, que je lui demande.

Denis Gratton

Le «beau» dans l’épreuve

CHRONIQUE / Est-ce le début de la fin? La Ville de Gatineau a émis l’avis suivant dimanche matin: « Les niveaux d’eau continuent de baisser aux cinq stations hydrométriques (environ 10 cm par jour). La Ville invite néanmoins les citoyens à demeurer vigilants. Il est prématuré de retirer les digues de sacs de sable… » Une excellente nouvelle, n’est-ce pas ? Ce serait bel et bien le début de la fin de ces inondations cauchemardesques. Enfin.

Les images de ces inondations et de leurs milliers de victimes étaient bouleversantes. Les scènes, épouvantables. Une visite au centre d’aide aux sinistrés, à Gatineau, brisait le cœur. Tous ces gens désemparés. Tous ces yeux hagards. Toute cette peine.

Denis Gratton

Le premier et le dernier «drive-in»

CHRONIQUE — GRANDES ENTREVUES / Le Hullois Paul Touchet a toujours rêvé d’avoir son ciné-parc. Et il a presque réalisé son rêve en 1967… à Paris.

« J’étais fonctionnaire fédéral à Ottawa, raconte-t-il. Mais de 1965 à 1968, alors que je travaillais pour le ministère des Affaires extérieures, j’ai été posté à Paris, puis à Bruxelles, avec la délégation du Canada à l’OTAN. Le cinéma français était très populaire à cette époque, avec Louis de Funès, Jean-Paul Belmondo et les autres. Et Dieu sait que l’on compte beaucoup de voitures à Paris. Alors je me disais qu’il y avait un marché extraordinaire pour un ciné-parc en banlieue de Paris. Ça n’existait pas en Europe, ils ne connaissaient pas ça là-bas. »

Denis Gratton

Les étudiants en renfort

CHRONIQUE / « Je voudrais m’excuser pour toutes les inondations qui se passent ici, a lancé Zachary. C’est à cause de nous, les changements climatiques. Et c’est à cause des changements climatiques que tout ça se passe. Il faudrait tous s’excuser ensemble et recommencer. Recommencer de façon à ce que cela ne se reproduise plus. Plus jamais », a-t-il ajouté.

Des excuses collectives à la Terre, propose-t-il. Ce n’est pas bête. Pas bête du tout. Ce serait un début, à bien y penser.

Denis Gratton

Le bureau bleu d’Audrey

CHRONIQUE / C’est aussi ça être une élue…

J’ai passé quelques heures avec la conseillère municipale du district d’Aylmer, Audrey Bureau, hier. À son bureau. Son nouveau bureau improvisé à l’arrière de l’aréna Frank-Robinson, dans le terrain de stationnement. C’est là que vous la trouverez jusqu’à la décrue des eaux.

Denis Gratton

Du taponnage à la désolation

CHRONIQUE / L’homme âgé tenait le bras de sa fille en sortant du centre d’aide aux sinistrés du Vieux-Gatineau.

« Je n’en peux plus, Barbara, lui répétait-il les yeux pleins d’eau. Je suis rendu au bout. » Puis, il s’essuyait les yeux avec le revers de sa manche de manteau.

Camille Fortin aura 83 ans dans moins de deux semaines. Pour la deuxième fois en trois ans, sa maison de la rue Oscar du secteur Pointe-Gatineau a été inondée par les crues printanières. Cette maison que lui et son épouse, Hélène, ont construite en 1967, et dans laquelle ils ont élevé leurs enfants et fait leur vie ensemble.

M. Fortin l’aime sa maison. C’est son nid. Son refuge. Son chez-soi. Plus de 50 années de doux souvenirs avec celle qui a partagé sa vie habitent cette maison.

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Son épouse a quitté ce monde en décembre 2017. « Les inondations du printemps de 2017 ont jeté ma mère à terre, dit sa fille, Barbara. Le stress, l’épuisement. Maman n’est jamais arrivée à se relever de ça. »

M. Fortin, lui, est parvenu tant bien que mal à se relever de ces inondations d’il y a deux ans, alors que son épouse et lui avaient séjourné dans un motel de Gatineau pendant deux semaines avant de pouvoir rentrer chez eux.

Cette année risque toutefois d’être différente. Son séjour au motel Adam du boulevard Gréber, là où il a été logé par la Croix-Rouge vendredi dernier, risque de s’éterniser. La Croix-Rouge a renouvelé sa chambre pour sept autres jours, lundi matin. Et en juger par la hauteur de l’eau qui a envahi certains secteurs de Gatineau, dont le sien, M. Fortin sera de retour au centre d’aide aux sinistrés plusieurs autres lundis pour y renouveler sa place dans ce motel. « Au moins, dit-il, ce motel est propre, beau et tranquille. Je n’ai rien à me plaindre de ce côté-là. »

Il en avait cependant long à dire « d’un autre côté »…

« La Ville n’a jamais voulu démolir ma maison après les inondations de 2017, lance-t-il. Ils m’ont dit que ça coûtait moins cher de réparer le logement dans mon sous-sol. C’est certain que ça coûtait moins cher, j’ai tout financé moi-même ! Et deux ans plus tard, je n’arrive pas encore à me faire rembourser ! Ça fait deux ans que je me fais taponner comme ça. Et là, ça fait deux fois en trois ans que je perds mon logement et rien ne se règle. C’est du taponnage steady comme ça depuis deux ans et je n’en peux simplement plus », ajoute ce camionneur de carrière, bûcheron et draveur dans sa jeunesse.

Oui, draveur. À défier quotidiennement cette même rivière qui lui cause aujourd’hui tant d’ennuis et tant de peine.

Triste ironie…

Le Vieux-Gatineau sombre

Il y a sept jours, les rues du Vieux-Gatineau qui descendent vers la rivière des Outaouais, au sud de la rue Saint-André, étaient animées. La crue débutait, mais elle n’était pas encore très menaçante. L’eau était encore bien loin, à l’autre bout là-bas, près de la rivière.

De la rue Saint-Patrice à la rue Saint-Denis, en passant par les rues Glaude et Saint-Paul, les voisins – des retraités surtout – se regroupaient le jour sur les trottoirs pour jaser, prendre un café, parfois une « p’tite bière ». Gilles venait régulièrement mesurer la hauteur de l’eau à l’aide d’un bâton de marche et on en faisait presque un événement. « Juste un centimètre de plus qu’hier, on s’en sauvera peut-être », se disait-on d’un ton confiant en trinquant au soleil qui brillait.

Hier, ce même quartier était désolant, d’une tristesse inouïe et d’un calme surréel. Comme un village abandonné. Des chaloupes et des canots avaient remplacé les voitures dans les entrées de cour. Les rues dans lesquelles les autos pouvaient circuler sans problème il y a une semaine étaient maintenant submergées. Deux hommes poussaient une chaloupe remplie de sacs de sable sur la rue Saint-Paul. L’eau leur allait jusqu’aux hanches…

La fatigue, l’épuisement et le découragement se lisaient dans le regard et le visage des gens croisés. On ne s’en est pas sauvé après tout. Bien au contraire. Ce sera pire cette fois-ci.

Et cette fois-ci, c’est tout un quartier qui risque de ne jamais se relever.