Le monde selon Goudreault

La planète et les chaussettes de Justin

« Il faut savoir que, non seulement notre lieu d’habitation, mais l’espèce humaine elle-même est en danger. » - Hubert Reeves

CHRONIQUE / Nous sommes tous un peu Justin : « Oui oui, ça nous touche, nous concerne et nous consterne. L’environnement est une priorité et nous passons à l’action… » Certains l’assument avec moins d’hypocrisie, d’autres seraient prêts à retourner ciel et terre pour s’en défendre, mais comme notre fin stratège de premier ministre, notre écologisme en est un de façade.

Le monde selon Goudreault

Le bon, la brute et le silence

« Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire. » - Jean Jaurès

CHRONIQUE / Asshole! Le mot a claqué dans l’air, il a couvert le bruit du trafic et déchiré la quiétude urbaine du lundi matin pour illuminer ma journée. Et il m’habite encore. Nous étions quatre au coin de la rue ce matin-là : un chroniqueur, un bon samaritain, un aveugle et un trou de cul…

David Goudreault

Pour soigner le cynisme

CHRONIQUE / « L’heure est à la révolte du cœur. » — Catherine Dorion

Chaque flocon est unique, mais tous les bancs de neige se ressemblent. Contrairement aux partis politiques qui m’indiffèrent de plus en plus, les individus qui se consacrent à la politique me fascinent. Pas les girouettes qui passent d’un parti à l’autre au gré des sondages, ni les carriéristes qui placent leur intérêt bien avant le bien commun, ni ceux qui s’accrochent au pouvoir après un mandat désastreux, mais les autres. Je sais, leur nombre est limité. D’où mon intérêt, la rareté crée la valeur.

Décidé à combattre le feu par la flamme, je traite mon cynisme en discutant avec des politiciens inspirants. La vie a mis de brillants spécimens sur ma route, autant en profiter. L’un se réengage auprès du Parti Québécois, l’autre milite au sein de Québec solidaire. Leurs formations respectives ne s’entendent pas à merveille par les temps qui courent, mais les deux politiciens s’estiment l’un et l’autre; aucun couteau n’a volé bas durant les entrevues. Tout à leur honneur.  

Jean-Martin Aussant aurait mon vote, même s’il se présentait pour le Parti anarcho-monarchiste cambodgien. J’aime cet humain, et j’en aime de moins en moins. Cohérent dans sa pensée, courageux dans ses actions, il ne m’a jamais déçu. « Je reviens à la politique active corps et âme, ça demande d’énormes sacrifices, mais j’ai des idées à défendre. » De la représentation proportionnelle à la gestion des services publics en passant par la gratuité scolaire, l’homme veut apporter de l’eau au moulin, pas que du vent. À la différence des politiciens à cassette, cet économiste aborde aussi d’autres thèmes que l’économie. Il ne minimise en rien l’importance de la chose, mais il considère que d’autres enjeux devraient aussi animer les débats publics. Comme c’est rafraichissant!

Avis à ceux qui le voient déjà calife à la place du calife, l’ancien député de Nicolet demeure humble et fidèle au chef en place. Cette position ne l’empêchera pas de ruer dans les brancards et de remettre le projet de souveraineté au premier plan. « C’est d’abord la souveraineté que je veux servir. Je serais prêt à être le soldat numéro 824 si ce poste me permettait de lutter directement pour la cause. »

Malheureusement, je n’habite pas Pointe-aux-Trembles, où se tiendra l’investiture péquiste du 15 avril. Je ne peux qu’espérer voir Jean-Martin remporter cette première manche difficile et s’atteler aux élections de novembre afin d’élever le niveau des débats à l’échelle nationale.

Catherine Dorion pourrait aussi compter sur mon vote. Si j’habitais la capitale, j’irais militer pour la faire élire. Entre ses projets de poésie et de théâtre, la passionaria solidaire nous confronte et fait bouger le monde. « C’est difficile de vivre avec l’absence de sens qu’on a en pleine face au quotidien. » Elle pourrait se contenter de ses projets artistiques, de la relation avec ses enfants et des rages d’écriture qu’elle assouvit dans son camp au fond des bois, mais le marasme social l’angoisse et elle veut tisser du lien. « Je me concentre sur la base, le local, la rencontre avec les gens. Je veux permettre à la gauche souverainiste de Québec d’être entendue, de prendre sa place. » Noble mission, bon courage!

Tous deux risquent gros à la roulette électorale. On ne compte jamais les heures de réunions, les poignées de mains, les assemblées de cuisine et tous les efforts à déployer en cours de route, mais la route vaut la peine d’être arpentée. Élus ou non, mes lumineux amis auront partagé leurs réflexions et fait avancer leurs idées. D’autres idées, pour une autre façon de vivre ensemble.

Catherine et Jean-Martin me réconcilient avec la politique. Ils ont un petit quelque chose de Gérald Godin, un supplément d’âme qui leur permet de déborder de la politique et de l’habiter en même temps. Quand je vois ce pianiste insuffler sa fougue dans un concert de Légendes d’un peuple, quand je relis les vers aussi engagés qu’engageants de cette poète, je sais qu’ils ont de la vérité à offrir. Je ne partage pas toutes leurs positions, je ne cautionne en rien les lignes de leurs partis, mais je sais qu’ils veulent nous représenter pour vrai, qu’ils croient à leurs idées. C’est déjà beaucoup. Beaucoup plus que certains politiciens nous offrant le même ton affecté à chacun de leurs discours désaffectés.

Tous les bancs de neige se ressemblent, mais chaque flocon est unique. Certains méritent de se détacher de la masse et de faire briller leur unicité. Dans l’intérêt de tous. C’est un peu ça, aussi, faire de la politique autrement.

Le monde selon Goudreault

Pour tout et pour rien

« Lorsque les peuples cessent de se plaindre, ils cessent de penser. » - Napoléon Bonaparte

CHRONIQUE / Des révoltes d’esclaves à la Révolution française en passant par les luttes des suffragettes, la prise de pouvoir des barbudos cubains ou l’autogestion des zapatistes mexicains, les mouvements sociaux qui changent le visage du monde mobilisent toujours la population avant de forcer la main aux gouvernements. Puis ils s’essoufflent et ils meurent, ou ils s’enracinent. C’était le cas sur la place Tian’anmen en 1989, sur la place Tahrir en 2011 et ce l’était encore la semaine dernière en Catalogne (pour la libération du chef indépendantiste Carles Puigdemont) et aux États-Unis (contre la prolifération des armes à feu).

Le monde selon Goudreault

Si j’étais la classe moyenne

« Des promesses tant qu’on en veut, et puis rien. » - Gustave Flaubert

CHRONIQUE / Si j’étais la classe moyenne, je me ferais belle, je me ferais beau pour les vieux messieurs de la politique provinciale. J’enfilerais mes bas de soie, mes bottillons griffés, ma robe de soirée et je me précipiterais chez le coiffeur; je me raserais deux fois, nouerais ma plus belle cravate et me lisserais la moustache. Se faire draguer une fois au quatre ans, quelle grande occasion, il faut en profiter!

Le monde selon Goudreault

Vivre l’instant pressant

«J’ai été un enfant. Je ne le suis plus. Voilà mon drame.» - Renaud Séchan

J’ai des échardes dans le cœur, comme tout le monde. Des souvenirs qui restent pognés de travers dans l’âme, des remords qui collent à la peau. « Papa, pas brusque! », ces trois mots lancés par ma fille alors qu’elle avait deux ans ne me quitteront peut-être jamais.

Le monde selon Goudreault

Beaux comme la relève

« Y’a un printemps déchiré de doux qui s’ouvre à toi. » - Laura Doyle-Péan

CHRONIQUE / Les jeunes ne savent plus écrire comme il faut, ils s’intéressent juste à leurs nombrils, ils ne réussissent qu’à s’envoyer des textos bourrés de fautes. Si vous opinez du bonnet en adhérant à ces jugements, vous êtes peut-être un vieux con. Rassurez-vous, le traitement n’est pas douloureux. Il suffit d’un peu d’information et d’ouverture d’esprit pour réaliser que nos jeunes chérissent la langue d’ici et se font un devoir de la promouvoir par une littérature décomplexée. Pas tous peut-être, mais un nombre considérable. Et des talentueux en plus.

Le monde selon Goudreault

Des guns et des droits

«Nous devons mettre des policiers armés dans chaque école de cette nation.» - Wayne Lapierre

CHRONIQUE / Je connais peu de chose à la violence. J’ai mangé quelques coups de poing sur la gueule dans ma jeunesse, j’en ai distribué autant. J’ai déjà assisté à une bataille qui a dégénéré à coups de briques. Et je connais un gars qui a reçu un coup de couteau dans l’épaule. C’est à peu près tout.

Chronique

Réfugiés autour d’une poutine

«Tous les humains sont de ma race.» — Gilles Vigneault

J’arbore mon plus large sourire lorsque je rencontre le couple composé de Nasr Eddin Alhamoud et Amira Khaled Alkhabour. Il a 42 ans, elle en a 35. Notre interprète bénévole est un jeune homme de 17 ans, Shant Alibar. Le destin fait parfois de singuliers détours; ces trois-là ne s’étaient jamais rencontrés avant, mais ils étaient voisins dans la ville d’Alep. Habitant deux quartiers limitrophes, à peine cinq minutes les séparaient. À 8713 kilomètres de leur Syrie natale, ils se rencontrent autour d’une poutine au centre-ville de Sherbrooke. Le monde est petit, mais le hasard est grand.

Shant est arrivé au Québec quelques mois avant Nasr Eddin et Amira. En francisation, chaque mois fait une différence. Vincent Vachon, le prof qui a organisé la rencontre et qui se fait un plaisir de retrouver ses anciens étudiants me le confirme : « Tous les jours, ils apprennent un peu plus les codes de la langue et se familiarisent avec notre culture. Six heures d’immersion française au quotidien en plus des sorties culturelles, des cours de musique, des interactions avec les services d’accueil, les voisins, les commerçants, c’est beaucoup! »

Beaucoup et exigeant, pas facile de passer de l’arabe au français. En plus de faire basculer l’écriture de la gauche vers la droite, les grammaires n’ont rien en commun. Amira me confie qu’ils pratiquent le français à la maison en écoutant Caillou avec les enfants. Tous les moyens sont bons!

Leurs héritiers apprennent plus rapidement la nouvelle langue, même si c’est encore difficile pour eux de s’adapter et de se faire de nouveaux amis. Heureusement, ils ont la fratrie : huit frères et sœurs, de 6 à 16 ans. Dans quatre écoles différentes! J’avoue que je suis impressionné; j’ai seulement deux enfants qui fréquentent le même CPE et c’est déjà un bordel organisationnel. Devoir repartir à zéro, avec huit enfants, dans un pays étranger, c’est quelque chose.  

La famille a passé trois ans au Liban après avoir quitté le bourbier syrien, cette interminable guerre où la vie des civils est menacée tant par le régime en place que par les rebelles que par les djihadistes que par les frappes russes, turques ou américaines. Survivre en attendant. Espérer un refuge, un endroit où ils pourraient cesser de tout perdre et commencer à reconstruire. À seulement deux jours d’avis, ils ont appris qu’ils seraient accueillis au Québec.

Jamais entendu parler du Québec avant. Shant connaissait Céline Dion, notre célèbre ambassadrice, c’est déjà ça! Pour la famille de Nasr Eddin et Amira, c’était Terra incognita. Au-delà du choc culturel, le choc thermique a frappé Nasr Eddin, qui découvrait la neige et nos grands froids. Amira aime la neige, elle! Rieuse, elle s’amuse à contredire son mari; tout au long de l’entrevue, les amoureux se taquinent.

Les Québécois sont accueillants et respectueux, ils me le répéteront plusieurs fois. Nasr Eddin déborde de gratitude. Je l’ai rencontré quelques semaines plus tôt, lors du Gala des Bravos, une cérémonie qui célèbre l’excellence scolaire. J’animais cet événement où il a reçu un prix pour ses efforts en classe, sa curiosité et son désir d’apprendre le français. Inspirant, je voulais rencontrer ce réfugié et le remercier.

« Merci, choukrane, merci! » C’est plutôt lui qui exprime sa gratitude en insistant pour que je remercie tout le monde dans cette chronique : « du concierge de l’école St-Michel jusqu’à Justin Trudeau en passant par le Service d’aide aux Néo-Canadiens et mes professeurs, surtout Monsieur Vincent Vachon et Madame Sara Labonté. Écris-le, s’il te plait! » Voilà, c’est fait! Nous pourrions discuter de mon point de vue sur les véritables mérites de Justin, mais ce n’est pas le moment.

Les assassinats de la mosquée de Québec ne les inquiètent pas; « C’est un seul homme qui a fait le mal, les Québécois ne sont pas comme ça ». C’est vrai, merci de me le rappeler. « Personne ne m’a manqué de respect parce que je porte le voile » ajoute Amira, qui désire travailler auprès des immigrants après ses études. Elle aime le Québec et son sourire est contagieux.

Shant est d’accord avec eux, le Québec est une bonne terre d’accueil. Il s’y adapte et poursuit ses études tout en travaillant chez Scores. « Là aussi, on a du bon poutine. Mes préférés c’est normal ou poitrine de poulet. » Intégration réussie.

On se laisse sur des éclats de rire et des embrassades. Je reprends la route, rassuré de savoir que le Québec s’enrichit de ces réfugiés : des survivants qui veulent contribuer à l’avenir de ma nation, de notre nation, et en français!

Actualités

Et ceux qui restent

CHRONIQUE / « Nul ne peut atteindre l’aube sans passer par le chemin de la nuit. » - Khalil Gibran

Comment survivre au suicide d’un proche sans mourir soi-même? Combien de temps avant de retrouver le goût de vivre? Questions difficiles qui exigent des réponses complexes. Discuter avec un endeuillé par suicide demande une forte dose de compassion et d’ouverture d’esprit. Voilà peut-être pourquoi on les entend si peu dans les médias, que leurs voix se perdent dans le vacarme de la résilience instantanée.

Ma dernière chronique traitait de prévention du suicide. Elle a fait réagir de nombreux lecteurs. Parmi ceux-ci, plusieurs endeuillés par suicide : d’anciens clients qui m’ont donné de leurs nouvelles et plusieurs inconnus qui luttent pour retrouver leur souffle et qui tiennent à rappeler que derrière chaque suicidé survivent des conjoints, des enfants, des familles, des amis gravement blessés.

Cynthia, une jeune mère dans la vingtaine, m’écrit qu’elle ne peut se départir de la lettre d’adieu de son père, mais que cette lettre est aussi une grande source de tourments. Elle voudrait comprendre pourquoi il n’a pas appelé à l’aide avant, pourquoi il l’a abandonnée. Avec toutes les distorsions cognitives inhérentes à la détresse, les derniers mots d’un suicidaire sont souvent confus, incomplets, pleins de douleurs. Cynthia ne peut s’empêcher de dormir avec cette lettre. Pour l’instant.

Tous les deuils portent leur lot de souffrance, mais le deuil par suicide est particulier. Dans tous les cas, c’est un deuil complexe. Mon expert de prédilection, le psychologue clinicien Marc-André Dufour, m’a confié que « prévenir le suicide c’est aussi prévenir un deuil douloureux : le choc, le déni, l’impuissance, la culpabilité, la tristesse, la colère parfois envers soi, envers la vie ou contre le proche qui s’est enlevé la vie, le vide, l’engourdissement, la perte de sens, les jugements a posteriori et j’en passe. Le suicide d’un proche provoque un tsunami d’émotions douloureuses chez les endeuillés. La personne en crise suicidaire n’est pas consciente de l’impact de son geste, car elle est aveuglée par sa souffrance, mais je le répète depuis de nombreuses années : le suicide n’élimine pas la souffrance, il la multiplie par le nombre de personnes dans l’entourage ».

À la suite du suicide de sa compagne, Marc a trouvé du réconfort dans les livres : « Des livres comme celui de Pascale Brillon (Quand la mort est traumatique) ou celui du docteur Christophe Fauré (Après le suicide d’un proche) ou encore un classique de Jean Monbourquette (Aimer, perdre et grandir) me sont d’une grande utilité. »

La lecture peut aider; l’écriture, les psychothérapies, l’exercice, la peinture et les groupes de soutien aussi. « En 25 ans d’interventions auprès de personnes suicidaires ou endeuillées, je n’ai encore jamais vu deux humains vivre leur souffrance de la même façon. Chaque fois que nous parlons de la détresse des humains et de ce qui peut faire du bien à certains, ce que nous disons ne s’applique jamais à tout le monde. » Comme ses patients, Marc-André doit être créatif et flexible.

S’il existe un réel « travail de deuil », alors Martine Brault est très travaillante. À peine cinq mois se sont écoulés depuis le suicide de son fils Patrick, mais elle a déjà fait de la prévention du suicide son cheval de bataille. Elle brasse la cage, accorde des entrevues et prépare une pétition à remettre à l’Assemblée nationale : « SANTÉ MENTALE; demande d’accessibilité et de gratuité des soins, de sensibilisation et de dépistage précoce ». Martine veut éduquer les Québécois en matière de santé mentale et garantir un accès direct aux psychologues pour tous les citoyens, rien de moins! « Je veux empêcher que d’autres parents vivent cette terrible tragédie. En plus de travailler comme vétérinaire, gérer mon entreprise, jouer quatre games de hockey par semaine, c’est comme ça que je survis. Lorsque j’ai une soirée de congé, je me donne le droit de pleurer toutes les larmes de mon corps. En général ça dure 3 à 5 heures non-stop, le lendemain c’est le mal de tête carabiné. Je ne veux tellement pas que Patrick soit oublié, on dirait que quand je le pleure, ça m’aide. »

En plus du soutien de ses proches, Martine a profité d’un suivi dans un Centre de prévention du suicide. Un service précieux, une aide inestimable quand on considère que les personnes endeuillées par suicide sont plus à risque de se suicider elles-mêmes. L’intervention relève encore de la prévention.
Infirmier à la vie sociale hyperactive, Pierre-Luc préfère désormais s’isoler; mais il n’est pas en danger. « Je veux pas mourir, mais j’ai trop mal, j’ai pas envie qu’on m’approche. J’ai l’impression que chercher à moins souffrir, ce serait comme trahir mon frère. » Rien n’est plus personnel qu’un deuil.

« La seule façon d’aider des personnes souffrantes est toujours de prendre le temps de les accueillir avec empathie dans leur unicité, de respecter leurs besoins. » Ça vaut autant pour le psychologue qui l’affirme que pour les proches des endeuillés. Accueillons-les, visitons-les, écoutons-les, laissons-les rire et pleurer à leur rythme, acceptons qu’ils souffrent, s’essoufflent et s’enragent. Pour guérir de l’irréparable il faut du temps, beaucoup de temps. Et de l’amour.