Hormis le fait de faire une plus grande place aux fruits et aux légumes dans son alimentation, plus d’activité physique aide à réduire les risques de maladies et améliore la santé en général.

Un peu d’exercice avec ça?

CHRONIQUE / Plus d’eau, de fruits, de légumes, de noix, de légumineuses, et davantage de repas préparés à la maison et consommés en bonne compagnie, prône le nouveau «Guide alimentaire canadien». Un peu plus d’activité physique avec ça et moins de temps passé assis?

Le Canada et la France ont tous deux mardi soumis de nouvelles recommandations pour aider leurs concitoyens à faire de meilleurs choix alimentaires. 

Le contenu idéal de l’assiette se ressemble, mais Santé publique France tente pour sa part de faire d’une pierre deux coups. Elle incite par la même occasion les Français à bouger — minimum 30 minutes par jour — et à se lever toutes les deux heures pour marcher un peu afin de limiter les effets néfastes du travail assis et de la sédentarité.

Ce rappel de l’importance de l’activité physique est aussi à véhiculer de ce côté-ci de l’Atlantique. 

Santé Canada inclut un tout petit volet à ce sujet dans le lot d’informations et de conseils livré avec le nouveau Guide alimentaire. 

«Tout comme bien se nourrir, être actif constitue une part essentielle d’un mode de vie sain à tout âge. Les avantages de bien manger et d’être actif comprennent une réduction des risques de maladies et une amélioration de la santé en général.»

Ce double message mériterait d’être martelé et appliqué. 

La présidente de l’Ordre professionnel des diététistes du Québec, Paule Bernier, soutient également qu’il faut miser aussi sur la qualité de l’activité physique, car les meilleures habitudes de vie dépassent le cadre de l’alimentation.

Aussi scientifique, aussi indépendant des lobbys de l’industrie agroalimentaire, aussi compréhensible et aussi accessible soit-il, le nouveau Guide alimentaire ne réussira pas à lui seul à renverser une tendance lourde.

Le Guide alimentaire a beau être le deuxième document gouvernemental le plus téléchargé en ligne après le formulaire d’impôt, les gens ont beau avoir accès à des centaines de livres  et de blogues sur la bouffe, des millions de Canadiens sont malades à cause d’un mode de vie trop sédentaire et d’une alimentation inadéquate.  

Malgré la documentation abondante étalant les risques, on continue de manger mal, de manger trop, d’engloutir trop de sucre, trop de gras, trop de sel, et en plus, de ne pas bouger assez.

L’embonpoint et l’obésité augmentent au Canada. Un enfant sur trois en souffre. 

Des facteurs liés à l’alimentation représentent aujourd’hui le principal risque de mortalité au pays, ont rappelé mardi la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC, ainsi que l’Ordre professionnel des diététistes du Québec.

Certains peuvent détester que Santé Canada et les directions de santé publique tentent de nous dire quoi faire et quoi manger. 

Il est d’ailleurs fascinant de voir toutes les précautions prises, tant par Santé Canada que par Santé publique France, pour rejoindre le plus de gens possible et obtenir leur adhésion.

Il ne suffit pas d’élaborer un guide et des recommandations en suivant la littérature scientifique indépendante et en disposant le contenu de l’assiette de façon attrayante. Tous les mots sont soupesés pour que les messages passent bien.

Il faut veiller à ne pas brusquer ni rebuter les gens, à ne pas les décourager ou les culpabiliser.

Un guide, c’est un outil de prévention. Ni plus ni moins. 

On s’en inspire par intérêt personnel, mais aussi collectif. Les dépenses entraînées par les maladies liées à l’alimentation s’élèveraient à 26 milliards $ par an au Canada, selon la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC.

Les guides et les avis servent aussi de contrepoids — bien léger — à une industrie agroalimentaire qui dispose de moyens financiers et publicitaires considérables, en plus de jouir d’un grand rapport de force pour séduire et dicter ses goûts aux consommateurs et aux gouvernements.

Ottawa devra montrer qu’il est le chef dans deux autres dossiers : l’étiquetage nutritionnel sur le devant des emballages et l’interdiction de la publicité d’aliments et de boissons destinées aux enfants. C’est à suivre.