Près de 60 % (58 %) des universitaires souffriraient de détresse, selon l’enquête panquébécoise sur la santé psychologique étudiante «Sous ta façade» que l’Union étudiante du Québec (UEQ) a dévoilée mardi.

Lutter contre la solitude

CHRONIQUE / Quel «boomer» aurait pu prévoir qu’en 2019, les associations étudiantes demanderaient à leur université et au gouvernement de lutter contre la solitude pour faire diminuer le stress et la détresse psychologique chez les étudiants?

Récemment, le député péquiste Harold Lebel rappelait que dans son temps — dans les années 1980 — la santé mentale ne figurait pas dans les priorités du mouvement étudiant.

Aujourd’hui, les associations étudiantes ne peuvent pas l’ignorer. Elles parlent plus de santé mentale que de droits de scolarité.

Près de 60 % (58 %) des universitaires souffriraient de détresse, selon l’enquête panquébécoise sur la santé psychologique étudiante «Sous ta façade» que l’Union étudiante du Québec (UEQ) a dévoilée mardi. Quelque 24 000 étudiants de 14 établissements universitaires, dont certains de l’Université Laval, ont participé à l’enquête menée à l’automne 2018.

Même si le taux de réponse au questionnaire n’est que de 16 %, le problème ne doit pas être banalisé ou minimisé. D’autant plus, qu’il apparaît bien avant qu’un jeune arrive sur un campus universitaire. 

Au printemps, le Conseil supérieur de l’éducation publiait la recension de statistiques et d’enquêtes sur la santé mentale des enfants et des adolescents. 

Il rappelait que la prévalence des troubles anxieux, de la dépression, des troubles alimentaires et du TDAH est en augmentation depuis 2010. La proportion relative d’élèves du secondaire présentant une détresse psychologique élevée est aussi en augmentation au Québec, comme ailleurs dans le monde.

Même les tout-petits de 2 à 5 ans n’y échappent pas. Au Canada, environ 14 % d’entre eux montrent des signes de trouble émotif ou d’anxiété, soulignait également le Conseil supérieur de l’éducation.

Il n’y a pas que les étudiants des universités qui sont en «train de péter au frette», pour reprendre les mots du porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois.

Il ne faut pas s’étonner que les associations étudiantes soient interpellées et qu’elles demandent à leur tour une aide accrue aux universités et au gouvernement.

«La balle est dans le camp du gouvernement, ce qu’on lui demande est simple, de créer une politique d’amélioration de la santé psychologique étudiante, une politique qui comprendrait des guides de bonnes pratiques, mais surtout des ressources pour la communauté universitaire. Le but, c’est que les institutions financées publiquement arrêtent de nuire à la santé psychologique de la population et commencent au contraire à y contribuer», a fait valoir le président de l’UEQ, Philippe Lebel, lors d’une conférence de presse tenue au parlement avec des députés de l’opposition. 

Le porte-parole étudiant croit qu’il faut «commencer à mettre la machine gouvernementale en branle pour qu’on puisse commencer à parler d’une politique panquébécoise de santé psychologique étudiante».

La solitude, la compétition entre collègues, le manque de soutien entre collègues et la précarité financière sont des facteurs qui affectent la santé mentale. 

La solitude pèse si lourd chez les étudiants, chez les jeunes?

Ce n’est pas qu’une affaire de «vieux» qui voient peu à peu disparaître les amis et les proches?

La solitude peut rendre malade à tous les âges. 

Difficile à croire, mais c’est ainsi.

Le sentiment de solitude présente «le plus grand pouvoir prédictif sur le plus grand nombre d’indicateurs de santé psychologique, et ce, tant au premier cycle qu’aux cycles supérieurs», lit-on dans l’enquête qui a mesuré ce sentiment en demandant aux étudiants s’ils manquaient de compagnie, se sentaient rejetés ou isolés des autres. 

D’où la recommandation de former des regroupements étudiants pour lutter contre la solitude.

C’est devenu un problème de société qu’un gouvernement ne peut évidemment régler seul même avec la meilleure des politiques en santé mentale.