On a appris avant les Fêtes que Christophe (Robert Lalonde), le père de Béatrice (Sophie Lorain), était atteint d’une grave maladie.

Béatrice: le temps des adieux

CHRONIQUE / Chers fans d’Au secours de Béatrice, aussi bien entreprendre votre deuil aujourd’hui. Ne reste plus que neuf épisodes à la série de TVA, qui prendra fin en mars au 88e, après quatre trop belles saisons. Les deux prochains épisodes, que TVA nous a montrés en avant-première, et diffusés le mercredi à 20h, possèdent tout ce qu’on a aimé de cette série.

On a appris avant les Fêtes que Christophe (Robert Lalonde), le père de Béatrice (Sophie Lorain), était atteint d’une grave maladie. Et on a compris dans les yeux de sa fille qu’il ne lui en restait plus pour longtemps. L’épisode de la semaine prochaine, qui est aussi une réflexion sur l’aide médicale à mourir, est à la fois bouleversant et d’une grande beauté. Préparez-vous à verser quelques larmes en voyant Christophe faire ses adieux aux siens. Un homme qu’on a trouvé si dur au début, mais qu’on ne voudrait maintenant plus voir partir.

Dans ce même épisode, Marie-Ginette Guay joue une patiente sans-abri, que soigne le Dr Clément, avec tous les défis que ça comporte. Un superbe personnage, et une brillante analogie de l’auteure avec ce que vit Béatrice avec son père. La disparition de Christophe marquera une étape importante dans la vie de sa fille, qui deviendra par le fait même le nouveau boss de la famille Clément. On en a fait du chemin depuis cette famille éclatée de la première saison jusqu’à ce clan si soudé aujourd’hui.

J’ai aimé chaque épisode de cette série. Aucune intrigue de trop, je dirais même aucun mot de trop. L’intelligence et la sensibilité de l’écriture de Francine Tougas m’ont procuré un immense bonheur chaque semaine. Même quand les situations sont tristes, on se sent enveloppé par Au secours de Béatrice, notre This Is Us à nous. Le réalisateur Alexis Durand-Brault a su donner une texture et une couleur uniques à cette série, et à nous faire croire totalement au quotidien de cet hôpital.

Par son interprétation si vraie, Sophie Lorain nous a fait aimer cette femme si exigeante envers elle-même. C’est encore et toujours l’une de nos meilleures actrices au Québec. Alexis Durand-Brault, qui est aussi son conjoint, en a fait l’expérience à l’hôpital, quand le personnel infirmier a demandé l’approbation de sa compagne pour s’assurer qu’il posait les bons gestes! De son côté, Gabriel Arcand, un acteur entier, n’a jamais voulu se regarder à l’écran en Monsieur P. Il déteste faire de la télé, mais a toujours préparé ses textes avec rigueur et joué avec conviction. Le résultat touchait au cœur.

Dans les faits, Au secours de Béatrice devait se terminer après trois saisons. Mais TVA a convaincu l’auteure d’en écrire une quatrième, heureusement pour nous. Et cette ultime saison n’est surtout pas la saison de trop. Mais voilà, Francine Tougas ne voulait surtout pas s’étendre inutilement, et c’est tout à son honneur. Faudra s’y faire.

Après ces deux épisodes plus tristes, l’auteure a choisi de conclure son histoire sur une note plus heureuse. Il y aura même de nouveaux personnages d’ici la fin de la saison, dont un médecin joué par Patrick Drolet, Maxime Dubois, venu remplacer Jodoin (Luc Bourgeois), nommé au conseil d’administration. Dubois ne partage pas la même vision et doit composer avec des compressions budgétaires importantes à l’urgence, comme dans la vraie vie. Un homme (Hugo Dubé) surgira aussi du passé de Zach (Levi Doré), et risque de bouleverser la vie du jeune homme.

Sophie Lorain affirme que la thérapie de Béatrice a eu beaucoup d’échos chez le public, et brisé plusieurs tabous entourant la consultation d’un psychologue. Une démonstration que tout le monde a ses problèmes, mais qu’il existe des solutions. À travers les saisons, l’équipe a pu compter sur un public très présent sur les réseaux sociaux. Durant les prochaines semaines sur la page Facebook de l’émission, on fera d’ailleurs tirer des éléments du décor et des costumes, dont les fameuses chemises de Béatrice, qui faisaient l’envie de plusieurs, mais aussi son stéthoscope orange.

Actuellement à la Barbade, où elle profite d’une rare liberté après le labeur de cette série, l’auteure n’a pas l’intention de prendre sa retraite. Quant à Sophie Lorain et Alexis Durand-Brault, ils ont fondé leur propre boîte de production, Also (pour Alexis et Sophie), et ont quelques séries en développement avec TVA. J’ai presque fait promettre à Sophie Lorain, l’actrice, de ne pas attendre 10 autres années pour nous revenir, comme elle l’avait fait avant Béatrice. Notre télé ne peut pas se passer d’un tel talent aussi longtemps.