La présence de Donald Trump à cette première journée du G7 ne visait qu'à montrer les muscles pour faire plaisir à son public. À compter de samedi matin, les six pourront discuter librement de leurs objectifs et des défis auxquels ils sont confrontés.

Aucun progrès sur le commerce au G7

CHRONIQUE / Cette première journée du G7 dans Charlevoix ressemblait à une rencontre familiale où on a invité la parenté par politesse, mais où tout le monde a hâte de voir «l’oncle chicanier» s’en aller pour que la fête puisse enfin commencer.

Normalement, les leaders auraient pris ombrage de voir le président des États-Unis arriver en retard et quitter dès le samedi matin. Mais comme la présence de Donald Trump ne servait qu’à confirmer la querelle sur le commerce et à rééditer le blocage américain de 2017 sur le climat, son départ a soulagé tout le monde. À compter de samedi matin, les six pourront discuter librement de leurs objectifs et des défis auxquels ils sont confrontés.

Que ce soit à Québec ou dans Charlevoix, les informations ont filtré au compte-gouttes sur la teneur des discussions de la journée. Même la presse américaine, généralement friande du moindre détail, n’a pas eu de point de presse de la Maison-Blanche pendant la journée. Les représentants du service de presse de Donald Trump n’ont même pas été en mesure de me dire s’il y aurait une séance de breffage pour leurs médias d’ici la fin du G7.

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Les ministres canadiens Bill Morneau et Chrystia Freeland ont rencontré les médias en fin d’après-midi pour dire qu’il y avait des divergences d’opinions, mais aussi des points d’entente. Plus général que ça comme information, c’est difficile à battre. À Mme Freeland, qui a déclaré que les discussions avaient été «cordiales», j’ai demandé si Donald Trump avait «véritablement» participé à ces discussions et si oui, quelle avait été la nature de ses préoccupations. Parce qu’après ses tweets incendiaires de la veille, il était difficile d’imaginer une discussion cordiale. La ministre a répondu qu’elle «essaie de dire seulement la vérité», mais elle n’a pas dit si Trump avait participé aux discussions, et encore moins quelles avaient été ses préoccupations. Elle a toutefois été catégorique sur le rejet, par le Canada, de la proposition faite par le président de ramener la Russie au sein du G7. Elle a rappelé que l’invasion de l’Ukraine et l’annexion de la Crimée avaient éloigné la Russie des valeurs démocratiques défendues par les membres du G7.

En début de soirée, la séance d’information des représentants du gouvernement canadien ne nous a rien appris. J’ai demandé si on pouvait au moins écrire qu’il y avait eu des progrès sur le commerce et les tarifs. On n’a pas été en mesure de me répondre par l’affirmative. Cette séance de travail n’aura finalement servi qu’à permettre aux participants de réitérer leurs positions déjà connues, sans plus.

Il est clair que la présence de Trump à cette première journée ne visait qu’à montrer les muscles pour faire plaisir à son public. Le président quitte samedi en matinée, sans même assister à la rencontre organisée par le Canada entre les membres du G7 et les 12 leaders des pays invités ainsi que les quatre chefs des organisations internationales, dont les Nations Unies, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. C’est dire le peu d’intérêt que Donald Trump accorde à ce forum et aux sujets discutés.

Peut-être que j’ai la nostalgie du passé, mais je n’ai jamais vu de G7 où il y a si peu de développements. J’ai encore en mémoire ces réunions où il y avait tellement de points de presse des pays concernés qu’il fallait collaborer entre médias concurrents pour partager les informations. Cette année, tous les journalistes ont eu le temps de prendre un bon lunch et de participer au cocktail de 18 heures pour goûter aux petites bouchées de Charlevoix. C’était délicieux, et on nous a servi un vin blanc québécois. 

J’ai dit «tous les journalistes…» C’est faux. J’aurais dû dire: sauf mon voisin de pupitre qui célébrait le ramadan, qui a fait sa prière à 17 heures, et qui avait fait le plein de nourriture
sous son pupitre afin de pouvoir manger dès le coucher du soleil.