Vie de famille

Le temps de quantité

CHRONIQUE / Ménage, popotte, épicerie, magasinage divers. J’essaie de faire le plus de tâches possible quand mes filles ne sont pas là. C’est plus efficace, et j’achète un peu la paix, puisqu’elles n’aiment pas vraiment faire les courses.

Même si ça veut dire parfois de les laisser plus longtemps à la garderie ou au service de garde. Elles s’amusent là-bas, non?

Vie de famille

La prof chouchou

«Ma petite Caroline! Tu as encore ton beau sourire!» Louise Lauzière et Caroline Paradis se serrent dans leurs bras avec émotion. Il y a 39 ans, Louise lui a enseigné.

Louise lui dit qu’elle ne l’aurait pas reconnue dans la rue. «Tu as changé tes cheveux!»

Chronique

Le meilleur ami de l’autisme

CHRONIQUE / Victor a 10 ans. Il y a encore quelques semaines, il lui fallait presque quatre heures avant de s’endormir le soir. Il angoissait. Ça n’arrêtait pas de tourner dans sa tête. Il ne bougeait pas beaucoup. Aller prendre une marche, c’était presque impensable. L’inconnu et l’imprévu, il n’aime pas ça. Il vivait beaucoup de stress. Tout est matière à angoisse, explique sa mère, Véronique.

Mais depuis juillet, Victor a un énorme chien. Sur le harnais d’Addock, quatre lettres bien connues. Mira. Et ce petit message, ajouté par Véronique : «Ne pas déranger. Chien au travail.»

La première nuit, avec Addock à ses côtés, Victor s’est endormi après 15 minutes. Sa mère Véronique n’en croyait pas ses yeux. Et puis le petit miracle s’est répété tous les jours.

Victor l’emmène se promener. Il n’a plus peur de sortir. Et ça le fait bouger plus. C’est peut-être aussi un peu pour ça qu’il dort mieux la nuit. Il dépense plus d’énergie.

C’est lui qui lui sert sa nourriture. Il mesure les quatre tasses. Il remplit son bol d’eau. Il prend soin d’Addock, mais au fond, Addock prend soin de lui aussi.

On dit que le chien est le meilleur ami de l’homme. C’est peut-être encore plus vrai pour ceux qui ont un trouble du spectre de l’autisme.

Il y a trois ans et demi, au Salon de l’autisme, Véronique avait vu le kiosque de Mira. Elle avait posé des questions, mais elle n’était pas encore convaincue. Ça lui apparaissait beaucoup de travail d’avoir un chien, surtout quand on doit déjà s’occuper d’un enfant qui a des besoins différents. «Je trouvais ça gros. C’était beaucoup de responsabilités.»

Comme il y avait une attente de quelques années, elle a décidé de s’inscrire. Il serait toujours temps de refuser si ça ne convenait pas.

Quelques mois plus tard, ils sont allés chez Mira. L’évaluation s’est bien passée. Victor était attiré par le chien. Il était admissible au programme. Suffisait maintenant d’attendre.

Puis, trois ans après l’inscription, Mira a rappelé. Étaient-ils toujours intéressés? Véronique a dit oui.

Ils sont retournés chez Mira en mai dernier. Ils ont fait une autre évaluation. Victor n’était pas à l’aise. Il ne répondait que par des hochements de tête aux questions qu’on lui posait. Puis, il a vu le chien. Immédiatement, son attitude a changé.

«Dès que le chien est entré dans la pièce, il est devenu sociable, enjoué, rieur. Il acceptait même que sa sœur le touche et ils riaient tous les deux!» raconte Véronique.

L’entraîneur est même venu voir. Il n’était pas trop certain que ce chien ferait un bon animal d’assistance. Il était un peu maladroit en entraînement. Mais avec Victor et sa petite sœur, il a été parfait.

Le processus a suivi son cours. Puis, en juillet, Véronique est allée passer une semaine là-bas, pour tout apprendre sur le chien et pour se voir attribuer un animal. Victor est venu la rejoindre les deux derniers jours. Véronique s’est sentie épaulée par Mira de A à Z depuis le début de l’aventure.

Ils sont revenus avec Addock, le petit (!) chien maladroit avec qui ça avait cliqué. «C’est une histoire d’amour qui a commencé depuis ce temps-là.»

Véronique voulait croire tous ces parents qui disaient que l’arrivée d’un chien Mira avait changé leur vie et celle de leur enfant. En même temps, elle ne voulait pas se faire de faux espoirs. Mais les gains ont été presque instantanés.

S’occuper d’un chien responsabilise beaucoup Victor. Et puis, lorsqu’il le nourrit, il s’exerce à des mouvements qu’il ne faisait pas avant. Sa dextérité s’améliore.

Victor se projette même dans le temps avec son chien. «Tu y penses-tu, un jour on va aller en appartement ensemble», lui a-t-il dit l’autre fois, rigole sa mère. Au secondaire, il pourra l’amener à l’école. Pour l’instant, c’est Véronique qui le trimbale au bureau.

La semaine que Véronique a passée chez Mira a eu l’effet d’une thérapie de groupe, dit-elle. Le soir, les parents ne «travaillaient» pas. Ils discutaient entre eux. Elle en est ressortie complètement ressourcée.

Elle a décidé de faire la paix avec des aspects de sa vie qui l’empêchaient d’être pleinement heureuse depuis quelques années. Les relations entre le père de Victor et elle se sont aussi améliorées. Ils font une meilleure «équipe parentale» avec cette nouvelle garde partagée du chien!

Véronique est déjà convaincue après seulement quelques semaines. Addock a fait des miracles. Mais pas juste pour Victor. Pour toute la famille.

Vie de famille

Lâche ton cell!

CHRONIQUE / Je plaide coupable. Je passe beaucoup (trop) de temps sur mon cellulaire. En même temps, toute ma vie est rendue là-dessus. Dès que je me lève, je regarde si j’ai des messages sur Messenger, si j’ai des courriels perso et professionnels.

Faut bien voir s’il va faire beau. Cell. Un compte à payer. Cell. Petit regard à mon agenda pour voir ce que j’ai de prévu aujourd’hui. Cell. J’y lis même mon Soleil si je ne suis pas à la maison. Pas certaine de savoir comment me rendre à tel endroit? Cell. Une chanson pour agrémenter le trajet. Cell. Et ça continue comme ça toute la journée.

Vie de famille

La première job

CHRONIQUE / Ah, l’ado qui a sa première job! Ça fait ton affaire. Il ne passe pas l’été à jouer (constamment) aux jeux vidéo ou à errer sans but avec des amis dans le sous-sol ou au centre d’achat!

Tu es tellement fier de lui! Il a fait les démarches pour se trouver une job. Tu l’as peut-être aidé à faire son CV. Lui a donné quelques conseils pour se préparer aux entrevues. En même temps, toi aussi, ça te fait comme une job à temps partiel... Faut que tu ailles le reconduire de temps en temps, surtout quand il commence (trop) tôt ou qu’il finit tard. Tu t’inquiètes un peu s’il fait le close. Tu dors pas bien tant qu’il n’est pas revenu.

Vie de famille

À lit ouvert

CHRONIQUE / C’est la fin de semaine. Patrick* et Sarah, qui sont ensemble depuis plus de 16 ans, font garder leurs trois enfants. Ils vont manger chez des amis ce soir. Comme tout le monde, non? Pas tout à fait.

Après le souper, Patrick, Sarah et leurs hôtes vont plutôt se retrouver dans la chambre à coucher...

Vie de famille

Double vie

CHRONIQUE / Je l’avoue. Je mène une double vie. Depuis environ trois ans. Je ne suis pas une psychopathe ou une agente double. Pas non plus une super héroïne, quoique des fois, je suppose que je me qualifierais si je m’achetais une cape, comme bien des parents que je connais. Non, je suis juste une femme séparée avec deux enfants.

J’ai ma vie de mère, qui ressemble à celle des autres parents. Je suis peut-être un peu plus dans le jus parce que je suis seule pour tout gérer.

Vie de famille

Juste une petite puff

CHRONIQUE / Le texto est rentré le lendemain de la Saint-Jean. Urgence familiale. L’ex de Simon venait d’avoir la confirmation que leur fils de 14 ans fumait de la marijuana. Elle avait trouvé sur le bord du feu une cannette percée, vraisemblablement pour en faire une pipe. Mis devant le fait accompli, Fiston a fini par avouer. Oui, lui aussi fume du pot. Ce n’est pas seulement ses amis, comme il leur avait déjà dit.

Pour les parents, ça reste un choc. «On a peut-être été naïfs», dit Simon. «Je pense qu’on ne voulait pas y croire.» Il espérait qu’il attende plus longtemps pour faire cette expérience. Surtout qu’il y a de la schizophrénie dans la famille. Il craint que la marijuana puisse déclencher la maladie s’il est porteur du gène. Ils en avaient parlé avec leur fils, mais lui a plutôt l’impression qu’ils lui ont dit ça pour lui faire peur.

Le Mag

Le Grand défi de la patience

CHRONIQUE / Ma fille de première année est arrivée ce jour-là les yeux brillants, les mots se bousculant tellement elle était énervée. «Maman, maman, tu sais pas quoi? On a gagné la Grande récompense du Grand défi Pierre Lavoie!»

La quoi? Elle m’explique. Je lis les papiers. Son école a été tirée au sort parmi celles ayant participé à la compétition des cubes d’énergie (un cube = 15 minutes d’exercice). Le prix : une fin de semaine à Montréal, avec spectacles, coucher au Stade olympique et avant-midi à La Ronde. Toutes dépenses payées. Je la trouve jeune pour un événement de cette envergure. Il y aura au final 3200 enfants, 375 bénévoles et 500 accompagnateurs.

Vie de famille

Des maths à la plage

CHRONIQUE / Ma fille était triste l’autre jour, parce que l’école finissait. Ah oui? Pourquoi? Pas parce qu’elle ne pourrait plus voir tous ses amis et sa professeure, même si je sais qu’elle les adore. Non, parce qu’elle ne ferait plus de mathématiques!

Mais bon, ce ne sont pas tous les jeunes qui aiment l’école; d’autres comptent les dodos depuis un certain temps!