Mylène Moisan

Bell ou l'art du sévice à la clientèle

CHRONIQUE / L’histoire commence par une belle journée de juin, c’est ma fête, j’appelle chez Bell pour obtenir une ligne téléphonique et Internet.

C’est pour une maison dans un secteur où Fibe ne se rend pas, pas plus que le téléphone traditionnel. L’agent me propose une solution, la station Turbo, sur laquelle je peux brancher un téléphone fixe tout en ayant accès à Internet. Le tarif, modulé en fonction de l’utilisation d’Internet, est au plus de 135 $, plus taxes.

Un peu cher, mais il n’y a pas d’autres options.

Début août, le téléphone sonne, la station Turbo est en fonction depuis moins d’un mois.

- Misses Moisan?

- Yes...

Au bout du fil, un monsieur m’informe dans la langue de Shakespeare que je dois 90 $ à Bell Mobilité, qu’il me faut régler cette facture sur-le-champ, faute de quoi tous mes services seront coupés à la fin de la journée. Il me demande mon numéro de carte de crédit, m’offre de régler ça tout de suite.

Je trouve ça louche, je lui dis que je vais appeler moi-même chez Bell Mobilité et, au besoin, je payerai le compte en souffrance.

Il insiste.

Je tiens mon bout.

J’appelle chez Bell Mobilité, on me dit que l’appel venait effectivement d’eux, que j’ai une facture à payer, non pas de 90 $, mais de plus de 200 $. Je sursaute. Mais je paye, sachant que je parle bien avec un agent de Bell Mobilité.

Je n’ai reçu ni contrat ni facture.

Circonspecte, je rappelle quelques jours plus tard pour savoir où en j’en suis avec la consommation de données, tout est sous contrôle, 50 $ pour le mois. Je demande naïvement à la dame s’il est normal de ne pas avoir pas reçu de contrat ni de facture, elle s’aperçoit que le premier agent n’a pas bien noté mon adresse courriel.

Ceci explique cela.

Le 4 septembre, un courriel en anglais entre, je m’apprête à le détruire spontanément comme je fais avec tous les courriels en anglais. Il provient de Bell Mobility, «your e-bill is ready». J’ouvre le courriel, c’est ma facture pour le mois.

Je dois 476.77 $.

Mon cœur s’arrête quelques secondes, j’appelle Bell Mobilité pour tirer ça au clair. Une simple erreur, me dis-je. L’agent, imperturbable, m’informe que je dois payer ce montant parce que «les services facturés ont été rendus». Je l’informe que je ne payerai pas le montant.

Et, que, question d’arrêter l’hémorragie, je veux désactiver la station.

Toujours aussi imperturbable, l’agent de Bell m’apprend que je devrai payer des frais d’annulation de 264 $, frais dont je n’ai jamais pu prendre connaissance, n’ayant toujours pas reçu de contrat.

La facture s’élève à plus de 750 $.

Je rappelle au service à la clientèle pour expliquer la situation. La dame à qui je parle constate que le premier agent, celui de juin, «n’a pas entré le bon forfait. Tous les appels ont été facturés», comme s’il s’agissait d’un cellulaire. Déjà qu’il avait mal noté mon courriel et «oublié» de cocher «services en français».

Par défaut, les services sont donnés en anglais.

La dame me met en attente, elle me revient. «Ce que je pourrais faire pour vous, c’est vous facturer selon le forfait qu’il aurait dû vous mettre. Je pourrais vous enlever 150 $ sur la facture de 476 $.» Et les frais d’annulation? «Il n’y a rien à faire pour les frais d’annulation, vous allez devoir les payer.»

J’ai refusé. «Il va falloir faire votre bout de chemin, madame...»

Je suis tenace. Je rappelle pour parler à un autre agent. Il me met en attente, revient. «J’ai une excellente nouvelle pour vous, je peux vous enlever 300 $, les appels qui ont été facturés. [...] Il faut que vous sachiez, par contre, que les services qui vous ont été proposés ont été rendus. On ne fait jamais d’erreur.»

Quoi? Je l’ai fait répéter, estomaquée. Il a répondu chaque fois que la réglementation fédérale en matière de télécommunication est très stricte et que l’entreprise s’y conforme à la lettre.

«Cette offre est finale, vous avez cinq jours pour l’accepter, sinon elle ne tient plus. Je vais vous envoyer ça dans un courriel».

Je ne l’ai jamais reçu.

De guerre lasse, j’ai rappelé. J’ai parlé à un autre agent, à qui j’ai raconté l’histoire une autre fois. Il m’a proposé lui aussi de soustraire les appels, est resté sourd à ma demande d’enlever les frais d’annulation. «Je pourrais vous les enlever, mais je ne le fais pas. Je n’ai pas à faire ça, vous n’êtes même plus cliente...»

Vous pouvez me transférer au département des plaintes? «C’est impossible. C’est un département où il n’y a pas d’appels entrant, juste des appels sortants. Il faut faire une plainte sur Internet et ils vont vous rappeler.»

Soit. Je suis allée sur Internet, je suis parvenue à trouver le lien — discret — pour déposer une plainte. J’ai pris le temps, j’ai résumé la situation, la chronologie, l’absence de contrat, la langue de communication, les erreurs commises par le premier agent. J’ai proposé de payer les services reçus selon les conditions de l’entente initiale et de leur redonner, en parfait état, la station Turbo.»

Vingt jours plus tard, on me rappelle.

- Est-ce que quelqu’un vous a rappelée pour votre plainte?

- Non.

- C’est à quel sujet?

- J’ai tout résumé ça dans la plainte que je vous ai envoyée.

- Je n’ai pas lu. Quand c’est long, c’est compliqué...

Rebelote. J’ai recommencé mon baratin, lui ai expliqué le problème, la solution que je proposais. Il m’a laissé un message sur ma boîte vocale quelques jours plus tard, je n’ai jamais réussi à lui reparler.

J’ai déposé une deuxième plainte, «Stéphane de la haute direction de Bell» m’a rappelée le lendemain.

- Vous aviez déjà déposé une plainte, non?

- Oui.

- Celle-là est à quel sujet?

- Le même. 

Stéphane m’a proposé la même chose que les autres avant lui. J’ai demandé à parler à un superviseur, impossible.

Devant ce cul-de-sac, j’ai contacté l’Office de la protection du consommateur du Québec, qui m’a dirigée à Ottawa vers la Commission des plaintes relatives aux services de télécommunications et de télévision (CPRST). J’ai rempli le formulaire de plainte en ligne, très bien fait. J’ai croisé les doigts.

Le lendemain, je recevais un courriel, ma plainte était recevable.

Le surlendemain, Bell me rappelait. Après deux mois dans la maison des fous, Sam, pour la première fois, s’est penchée sérieusement sur le dossier. Elle a lu les plaintes, est allée écouter le premier appel, en juin, d’où tout a découlé. Elle a admis que des erreurs avaient été commises. «Cet agent a été rencontré.»

Sam a sorti sa calculatrice, la facture est passée de 780 $ à 16 $.

La morale de l’histoire, il ne faut pas perdre son temps avec les agents du service «loyauté» (!) de Bell. La compagnie est championne, et de loin, des plaintes reçues par la CPRST. Toutes entreprises confondues, plus d’un grief sur trois concerne Bell Canada, avec près de 3000 plaintes sur les 8197 reçues en 2015-2016.

Sam m’a demandé de lui remettre la station Turbo à ses bureaux de Montréal, ça tombait bien, un proche allait dans la métropole. Je lui ai remis le colis, à l’attention de Sam, à l’adresse dite. Et bien, croyez-le ou non, il n’a jamais pu remettre le paquet, l’agent à l’entrée lui a dit que Sam n’était pas au bureau. «Revenez lundi.»

Il a ramené la boîte à Québec.

J’ai rappelé Sam, elle m’a assuré qu’elle était au bureau ce vendredi-là. Je lui ai demandé si je pouvais aller remettre la station à Québec, à leurs bureaux de la place d’Youville ou ailleurs. «C’est impossible, ce n’est pas le même département. À Vancouver ou à Toronto, ça aurait été possible, mais pas pour Québec...»

Misère.

Science

Qui a échappé de la peinture bleue dans la neige?

CHRONIQUE / «Bien que résidant à Québec depuis près de quarante ans, je n’ai appris qu’il y a deux ans que la capitale est, comme certains disent, une vieille dame qui ne dévoile ses charmes que lentement. Il n’y a que deux ans, en effet, que j’ai découvert le plus beau phénomène de la région : les glaces bleues. Alors la question qui vient tout naturellement est : comment se forment-elles? Faut-il une rivière sans plancton? J’ai aussi noté que ces glaces s’échouent surtout lors des grandes marées. C’est pour cette raison qu’elles peuvent passer quelques jours, ou semaines cette année, sur les amas de glaces qui longent le fleuve», demande Larry Tremblay, de Québec.

La lumière, comme on l’a vu maintes fois dans cette rubrique, est une «onde électromagnétique», soit de l’énergie électrique et magnétique qui se répand dans l’espace un peu comme le fait une vague à la surface de l’eau. Selon sa longueur d’onde — c’est-à-dire la distance entre deux vagues —, nos yeux percevront différentes couleurs. Ainsi, la plus grande longueur d’onde que l’œil humain peut voir se situe autour de 700 nanomètres (nm), ce qui donne du rouge. Un peu plus petit, et nous percevons de l’orange; des ondes encore un peu plus serrées donnent du jaune, et ainsi de suite jusqu’aux plus petites longueurs d’onde perceptibles, autour de 400 nm (violet).

En général, la glace est soit transparente, soit blanche. Il arrive qu’en figeant, la glace capture une grande quantité de petites bulles d’air, ou que beaucoup de fissures se forment à l’intérieur. Dans ce genre de cas, la glace prend une couleur blanche ou blanchâtre. La lumière, en effet, dévie légèrement à chaque fois qu’elle passe d’un milieu à un autre, qui a une densité différente — comme la glace (dense) et l’air des bulles ou des fissures (peu dense). Et non seulement va-t-elle dévier, mais les différentes longueurs d’onde qui la composent vont prendre des directions légèrement différentes les unes des autres. Dans une glace où il y a suffisamment de bulles ou de fissures (comme dans les glaçons que l’on fait au congélateur, par exemple), cela va en quelque sorte mélanger toutes les couleurs ensemble, ce que nos yeux perçoivent comme du blanc. Notons que c’est pour la même raison que les flocons, qui sont translucides au microscope, apparaissent blancs dans un banc de neige, et que les gouttelettes, elles aussi transparentes lorsque considérées une par une, forment ensemble des gros nuages blancs.

Mais il peut aussi arriver que la glace soit suffisamment exempte d’impuretés et de défauts internes pour laisser passer la lumière. C’est d’ailleurs une caractéristique assez singulière de l’eau : elle absorbe bien (voir très bien) la plupart des ondes électromagnétiques, sauf une petite bande qu’elle laisse passer et qui correspond grosso modo à ce que nos yeux sont capables de voir. Cela peut survenir à cause des conditions de formation de la glace, ou à cause de celles qui prévalent par la suite — dans les glaciers, par exemple, le poids de la colonne de neige exerce une telle pression que l’air s’en trouve expulsé et que les flocons sont forcés de fusionner.

Quand la glace est pure et lisse, il y a alors deux possibilités. Si la glace est mince, elle semblera transparente. Et je dis bien «semblera», parce que même si la glace laisse passer la lumière, elle en absorbe toujours une petite partie, et cette partie varie selon la longueur d’onde. La différence est relativement mince, mais, dans la lumière visible, la glace est meilleure pour absorber les plus grandes longueurs d’onde que les plus courtes. Si bien que si elle est suffisamment épaisse, la glace va retirer la plupart des rouges, orangés et jaunes, ainsi qu’une bonne partie des verts, pour ne laisser passer que les bleus et les violets — mais l’œil humain est moins sensible à ces derniers. D’où la couleur que M. Tremblay a vue.

Le phénomène survient également pour la glace mince, mais la teinte que cela donne n’est pas assez forte pour être perçue.

Notons que c’est un peu le même phénomène qui explique pourquoi les trous dans la neige semblent parfois bleutés, eux aussi : la lumière qui arrive dans ces trous est déviée dans tous les sens, comme il arrive toujours dans la neige, mais si elle «rebondit» et passe à travers assez de flocons, elle perdra ses plus grandes longueurs d’onde.

Sources :
— s.a. Snow Characteristics, National Snow and Ice Center/University of Colorado, 2017, goo.gl/kUw7aP
— s.a. «What color is an iceberg?», Ocean Facts, NOAA, s.d., goo.gl/FHtbfB

***

QUE FAIRE AVEC LA DROGUE SAISIE?

«J’aimerais savoir comment on dispose des drogues saisies, comme le fentanyl, entre autres. Comment sont-elles détruites? Ça fait longtemps que je me pose cette question!» demande Yvonne Payette, de Drummondville.

On rencontre souvent, dans cette chronique, des histoires qui prennent des tournures insoupçonnées — c’est comme ça quand on va au fond des choses. Mais dans ce cas-ci, autant vous le dire tout de suite, il n’y en a pas : la plupart du temps, ces drogues-là sont brûlées, tout simplement.

Comme les drogues confisquées sont des éléments de preuve devant les tribunaux, l’État doit conserver les produits d’une saisie tant que le procès n’est pas terminé et que les délais d’appel ne sont pas échus, explique Étienne Doyon, porte-parole de la police de Québec. Mais après, «on fait une demande à Santé Canada [qui gère la Loi réglementant certaines drogues et autres substances, NDLR] pour les détruire et, au bout du compte, c’est brûlé à l’incinérateur de Québec», dit-il.

D’un endroit à l’autre, évidemment, les modalités peuvent évidemment varier. Aux États-Unis, certains corps de police ont leur propre four crématoire ou font affaire avec des entreprises qui en exploitent. D’autres vont faire brûler les drogues dans des centrales thermiques ou même dans des cuves d’aciérie (!), mais il demeure que c’est généralement la combustion qui attend les substances illégales confisquées.

Gilbert Lavoie

Se battre jusque dans l’opposition au besoin

CHRONIQUE / Découragé d’être aussi mal aimé et critiqué, Gaétan Barrette? Pas du tout! Le ministre de la Santé promet de se battre pour sa réforme du système de santé jusqu’à la fin d’un prochain mandat en 2022, même s’il doit le faire à partir des banquettes de l’opposition. Parce que le danger est bien réel, selon lui, de voir un successeur défaire ce qu’il a mis autant d’efforts à bâtir. On peut faire bien des choses à partir de l’opposition, explique-t-il…

J’ai passé deux heures avec Gaétan Barrette, jeudi matin, pour voir où s’en allait sa réforme de la santé, et comprendre ce qui l’amène à bousculer le système de façon aussi radicale. «J’ai eu la naïveté de croire que je pourrais faire avancer des choses dans l’espace public par une approche cartésienne, par la persuasion, m’a-t-il raconté. Naïveté avec un N majuscule. J’ai cru ça avant d’arriver en politique, et je me suis rendu compte que c’était impossible après environ six mois, un an».

Un de ses prédécesseurs lui a déjà conseillé de se limiter à un seul objectif en santé pour être assuré du succès, au lieu de disperser ses efforts. Il n’a pas suivi ce conseil parce qu’il estime que le système forme un réseau interrelié, et qu’en réglant un problème quelque part, on ne fait que le transposer ailleurs si on n’a pas une vue d’ensemble.

Une parenthèse avant d’aller plus loin : j’ai toujours pensé qu’il faudrait attendre quelques années avant de faire un bilan sérieux d’une telle réforme. Cela implique que Gaétan Barrette devra avoir le temps de la consolider pour en voir les résultats, ce qui est loin d’être acquis à 9 mois des élections, dans un contexte politique aussi incertain.

Sous Jacques Parizeau,  le ministre Jean Rochon avait lancé des changements importants au réseau de la santé, mais les critiques ont eu sa tête. Rochon a toujours déploré qu’on ne lui ait pas laissé le temps de terminer son œuvre. Ses successeurs, dont Philippe Couillard, ont été incapables ou n’ont pas osé se lancer dans une entreprise aussi risquée. Ce qui n’a pas empêché les nombreuses critiques à l’endroit du système, tous partis confondus. Gaétan Barrette aussi fait l’objet de critiques multiples, sauf qu’il a osé imposer sa loi. 

Verra-t-on des signes évidents du bien-fondé de son approche à la fin du mandat actuel? Il en voit déjà plusieurs, dont celui-ci :  au 1er décembre, la liste des gens inscrits auprès d’un médecin de famille s’était accrue de 1,1 million de Québécois. Ses critiques rétorquent qu’il ne suffit pas d’être inscrit auprès d’un médecin pour avoir un rendez-vous. Gaétan Barrette est d’accord, et c’est là qu’il voit son grand défi dans un prochain mandat :  l’assiduité des médecins, et surtout «l’accès adapté» aux patients pour la prise de rendez-vous. Déjà en vigueur dans plusieurs cliniques, ce changement implique que les médecins libèrent une grande partie de leur grille horaire au lieu de la combler des mois à l’avance pour des examens de routine annuels. Les patients peuvent donc voir leur médecin la journée même ou dans deux ou trois jours, au lieu d’encombrer les urgences.

Autre changement :  la numérisation des dossiers dans le Carnet santé Québec, intégré à un portail comprenant aussi Rendez-vous santé Québec et le guichet d’accès aux médecins de famille, qui vise à améliorer la gestion du réseau. Un exemple concret :  les gens dont les médecins de famille prennent leur retraite ou abandonnent la pratique devraient recevoir un message par courriel à partir de juillet, leur offrant une inscription auprès d’un autre médecin dans leur quartier.

Le ministre mise également sur ces changements pour obtenir une plus grande transparence du réseau au complet. Il sera possible, selon lui, de vérifier non seulement la quantité, mais également la qualité des interventions, et de comparer la performance d’une région ou d’une institution à l’autre. On pourrait même faire des sondages auprès des patients, afin de vérifier leur satisfaction et leur opinion.  Dans le système actuel, il est trop difficile d’avoir des données complètes et fiables pour en voir les failles et apporter les correctifs, selon le ministre.

Gaétan Barrette est intarissable lorsqu’il s’agit d’expliquer sa réforme. Il peut vous citer plein de cas démontrant qu’il est dans la bonne voie, mais il reconnait qu’il y a des embuches ou des contraintes. Il veut 2000 super infirmières de plus d’ici 10 ans. On en forme 170 cette année à Trois-Rivières, mais on n’a pas suffisamment de formateurs pour augmenter la cadence. Les obstacles au changement sont nombreux, et prennent parfois des formes surprenantes. Ainsi, ses recettes pour les repas dans les CHLSD, concoctées par des experts, se heurtent à une résistance syndicale. Et pire encore, la meilleure des recettes ne donne rien de bon si le cuisinier du CHLSD a un talent limité. Or le ministre a pu constater que parfois, c’est la réalité. Faudra-t-il donner des cours de cuisines aux cuistots?

Ce n’est pas simple, la santé. L’an dernier, à la même époque, Gaétan Barrette avait déclaré au Soleil que son fantasme était d’obtenir un deuxième mandat à la tête de ce ministère. Il a encore le même fantasme. 

Mylène Moisan

Être de commerce agréable

CHRONIQUE / J’aime dire d’une personne qu’elle est d’un commerce agréable, il y a dans cette expression l’idée d’un échange, d’un lien.

Dans l’étymologie, on y retrouve les mots latins «avec» et «merci».

C’est ce que je veux aussi d’un vrai commerce, celui qui me vend une chose, j’attends de lui un échange, je veux qu’il ait le commerce agréable lui aussi. J’aime quand il est une personne en chair et en os, idéalement, ou au moins sentir que je ne suis pas qu’un numéro de carte de crédit.

Je suis fidèle en affaires, j’ai mes adresses, mes restos autour du bureau, deux ou trois boutiques où je m’habille. Des endroits où on ne m’assaille pas dès que j’y pose l’orteil, où on ne m’abrutit pas de musique trop forte, où les vendeuses sont capables de me dire «l’autre robe vous allait mieux».

Même si elle est moins chère.

Je l’avoue, j’ai un faible pour les petits commerces, je me sens perdue dans une grande surface, quand je dois regarder les affiches suspendues au plafond pour savoir où aller, les endroits où je dois courir après un commis.

Je fais la même chose quand je magasine sur Internet, je préfère les petits commerçants en ligne aux géants Amazon et Alibaba, qui s’invitent d’ailleurs dans ma page Facebook dès que je fais une recherche sur Google. Je regarde pour une cafetière, et boum, trois secondes plus tard, mon fil Facebook s’anime de moult cafetières.

Je n’aime pas.

J’aime croire que j’ai encore le choix.

Vous avez vu la dernière pub d’Amazon? On y montre des boîtes tout sourire qui chantent en chœur, on les suit à partir de l’entrepôt, glissant le cœur léger comme dans un manège de la Ronde, sur un système de tapis roulants digne de l’échangeur Turcot. Elles prennent l’avion, filent en camion sur une route bucolique constellée des couleurs de l’automne. À la fin, une fillette reçoit une boîte.

Dans la chaîne de livraison, on ne voit à peu près pas d’humains, seulement une silhouette en contre-jour et des bras.

Et plein de boîtes.

Ce que j’en comprends, c’est que c’est facile et efficace. Et anonyme. Faire un cadeau devient une banale transaction.

Même sur le Web, j’ai un faible pour les petits commerces qui offrent la possibilité de commander leurs produits à distance. Le mois passé par exemple, je cherchais du concentré de gingembre pas trop sucré — pas du sirop pour mettre sur la crème glacée — pour mélanger ça à de l’eau pétillante.

À Québec, je n’avais pas réussi à trouver ce que je voulais.

J’ai fini par me dire que j’allais le faire moi-même, je suis allée sur Internet pour trouver une recette de «sirop de gingembre peu sucré». Et c’est là, un peu après la recette de sirop de Ricardo trop sucrée à mon goût, je suis tombée sur un lien vers un site qui vendait l’élixir en bouteilles de 750 millilitres. 

Le nom m’a fait sourire, déjà, www.afritibi.com.

C’est tout simple, une petite épicerie africaine au pays de Raoul Duguay qui a décidé d’étendre son commerce au-delà du parc de La Vérendrye. C’était écrit en toutes lettres : «livraison partout en Amérique du Nord».

J’ai passé une commande pour trois bouteilles après souper et, cinq minutes après, le téléphone a sonné. «Bonjour, vous venez de faire une commande de sirop de gingembre. Je voulais juste vous aviser que notre livraison devrait arriver dans deux ou trois jours. On vous envoie ça dès que possible.»

Derrière, j’entendais des cris d’enfants.

J’ai reçu un courriel quelques jours plus tard, on m’avisait que mes bouteilles allaient arriver le lendemain par Expédibus, que je n’avais qu’à aller les y cueillir. Oui, c’est un peu plus compliqué.

Mais c’est toujours moins loin que Val-D’Or.

Je suis arrivée à la maison avec le colis, généreusement emballé pour qu’il résiste aux aléas du transport. J’ai enlevé le papier et dessous, ce n’était pas une boîte en carton standardisée. Mes trois bouteilles de concentré de gingembre étaient dans une boîte qui avait contenu des boîtes de lait en poudre.

Pour les enfants que j’avais entendus.

J’ai souri en pensant à eux, en pensant à leurs parents qui travaillaient fort pour faire rouler leur petite épicerie africaine à presque 800 kilomètres de chez moi.

Ils m’ont écrit le lendemain.

«Bonjour Mylène,

Merci beaucoup pour ta commande. Nous espérons sincèrement que cela répond à tes attentes en termes de qualité de produit et de service.

Merci de nous faire confiance.

Au plaisir de vous servir à nouveau.

Estelle & Christian»

C’est ça, du commerce agréable.

Jean-Simon Gagné

Autrement dit

- La citation

«En fait, nous parlons surtout de basketball.»

- L’ancien joueur de basketball, Dennis Rodman, à propos de ses nombreux tête-à-tête avec le leader de la Corée du Nord, Kim Jong-Un. Depuis 2013, Rodman s’est rendu cinq fois fois en Corée du Nord, à l’invitation de son «ami» Kim. Selon lui, le leader nord-coréen est d’abord un «enfant». Il doute qu’il veuille déclencher une guerre atomique, même s’il estime qu’il est «probablement» fou.

Source : The Late Show with Stephen Colbert (CBS)

***

Chronique

1res fois, la deuxième chance de Véro

CHRONIQUE / On le sait, le retour de Véronique Cloutier à la télé l’hiver dernier n’a pas été celui qu’elle aurait espéré. Le concept de «Votre beau programme» a fait bien des mécontents et le public n’était pas au rendez-vous. Rencontrée hier sur le plateau de «1res fois», sa nouvelle émission de variétés diffusée à partir du jeudi 18 janvier à 20h sur ICI Radio-Canada Télé, l’animatrice part cette fois beaucoup plus confiante.

Pourtant, elle n’a pas dit oui d’emblée à 1res fois, un concept que Pierre-Louis Laberge lui a soumis alors qu’elle sortait à peine de Votre beau programme et qu’elle pansait ses plaies, le printemps dernier. Mais le producteur et concepteur s’est montré convaincant. Chaque semaine, deux invités vedettes reviennent sur leurs premières fois: leur arrivée au pays, leur première lettre d’amour, leur premier amour, etc. Un concept parfait pour l’animatrice, qui retrouve le studio 42, sa maison depuis 20 ans à Radio-Canada.

Mais 1res fois ne concerne pas que le passé. On permettra aussi aux artistes de vivre une première fois dont ils rêvent depuis longtemps. Rémi-Pierre Paquin souhaitait chanter devant un grand public dans un aréna. On a profité d’un spectacle de Gregory Charles et Marc Hervieux pour lui bander les yeux et l’emmener sur la scène du Centre Bell, où il a pu réaliser son rêve.

Véronique tenait à ce que 1res fois se distingue de La vraie nature à TVA, où les vedettes reviennent aussi sur leurs premières fois, qui ne sont pas toujours de bons souvenirs. À 1res fois, on veut rire et sourire, même si les larmes viendront par moments. Et si on revient sur des cas humiliants, on s’assure que l’artiste soit capable d’autodérision et qu’il ait fait la paix avec l’incident. On n’est pas non plus aux Enfants de la télé, et on ne sortira qu’au besoin des extraits télévisuels du passé. Par contre, les vidéos d’enfance et d’adolescence seront courantes.

Au début de chaque émission, Véronique sortira d’un coffre des objets qui ont compté pour ses invités. Pour la suite, ce sera chaque fois des surprises. Parmi les invités prévus: Pierre-Yves Lord, Christian Bégin, Mariloup Wolfe, Ricardo, Pierre Hébert, Julie Bélanger, Fabien Cloutier, José Gaudet et Phil Roy. 1res fois ne sera pas en direct, ce qui permettra de tourner un peu plus long et d’élaguer le moins intéressant au montage. Un orchestre mettra de l’ambiance sur le plateau. Coproduites par Notre Compagnie de Production et KOTV, 13 émissions d’une heure sont prévues.

Un an après l’aventure Votre beau programme, Véronique Cloutier n’est pas du tout dans le même esprit. Avec le recul, elle reconnaît que l’émission avait des défauts, que tout n’était pas clair dans le concept. «Mais j’ai fait la paix avec ça», dit-elle. Habitée par le stress l’an dernier à l’approche de la première en direct, elle se sent beaucoup plus d’attaque et rassurée par 1res fois. Un pilote et deux émissions ont déjà été tournées. «Je suis ravie du résultat», affirme Véro.

Télé et radio

Dans l’engrenage de Fugueuse

CHRONIQUE / Fugueuse, la nouvelle série de TVA, illustre bien comment tout peut basculer du jour au lendemain pour une adolescente au portrait familial presque parfait. L’œuvre de 10 épisodes d’une heure, sur l’exploitation sexuelle des jeunes filles, affrontera Les pays d’en haut le lundi à 21h, dès le 8 janvier 2018.

TVA souhaite faire œuvre utile avec ce sujet très d’actualité, comme il l’a fait pour les jeunes et l’alcool au volant avec Pour Sarah, du même trio, composé de l’auteure Michelle Allen, le réalisateur Éric Tessier et le producteur Louis Bolduc chez Encore Télévision. Fugueuse, une idée originale de Québecor Contenu, risque en effet d’interpeller bien des gens, particulièrement les parents d’adolescentes, et de provoquer des discussions dans les chaumières. Parce que ça peut arriver à tout le monde.

Pas besoin de vivre une situation familiale difficile pour être attiré par ce que font miroiter les prédateurs aux victimes. Fanny (Ludivine Reding), 16 ans, vit avec sa famille dans une maison de banlieue, avec son père Laurent (Claude Legault), sa mère Mylène (Lynda Johnson), son frère Mathias (David Poirier) et sa petite sœur Anabel (Mayssa Resendes). Une famille normale, qui n’a ni plus ni moins de problèmes que les voisins.

Mais Fanny veut plus. Plus d’argent, plus de liberté. Quand les sous lui manquent pour accompagner son chum Fred et ses deux meilleures amies à New York, la frustration s’empare d’elle. Son adorable grand-mère Manon (Danielle Proulx) accepte de lui prêter l’argent, mais son père le lui refuse catégoriquement. Par un concours de circonstances, Fanny décide de quitter sa chambre, alors plongée dans un monde attirant, les belles fringues, les beaux gars, les belles voitures, le traitement VIP.

Mylène Moisan

L'amitié avant Facebook

CHRONIQUE / En cette époque où nous comptons les amis comme les clics et les «likes», Pierre Simard et Errol Boissonneault détonnent.

Ils ont fêté, en août, 60 ans d’amitié.

Ils étaient des ti-culs quand ils se sont connus à Port-Alfred, qui fait aujourd’hui partie de la ville de Saguenay. Ils avaient cinq ans, l’école allait commencer, ils étaient voisins. «On habitait à 500 pieds, chacun d’un bord d’un coin de rue, me raconte Pierre. On était toujours ensemble. Nos pères travaillaient à l’usine.»

La Consol.

Ils ont fait leur primaire ensemble, leur secondaire aussi, à faire les 400 coups avec Maurice, Roger et Marco. «On était un cercle d’amis. On en a fait des bêtises... comme défaire le système d’horlogerie de l’école pour dérégler les cloches! On faisait ça en catimini et on se protégeait.»

Le directeur de l’école a fini par les démasquer. «Au lieu de nous punir, il nous a donné des responsabilités. Il nous a mis en charge de la sécurité de l’école, il nous a donné des brassards. On devait lui faire rapport sur ce qui se passait. Ça nous a responsabilisés et il a vu qu’on n’était pas méchants.»

Ils n’ont plus fait de coups pendables.

Ils passaient leurs soirées dans le garage du père d’Errol. «On appelait ça “le local”, on avait fini l’intérieur avec du carton qu’il avait rapporté de l’usine. On s’était fait un bar, des casiers pour mettre notre boisson, un jeu de dards. On emmenait nos blondes, on allait des fois faire des tours à la discothèque pas loin.»

À la fin du secondaire, Pierre a pris le chemin de Québec.

Les deux se sont mariés à 22 ans, ont eu une première fille l’année suivante. Chacun a eu deux filles.

À travers la famille, le boulot, le tourbillon fou de la vie et les kilomètres, leur amitié a tenu le coup. «Nous ne nous sommes jamais perdus de vue. La distance n’a jamais posé problème. Même quand j’habitais à Haute-Rive [sur la Côte-Nord] et que lui restait toujours à Port-Alfred, Errol partait des fois après son quart de travail de nuit, à 7h45, et il venait dîner chez nous...»

Ils s’appellent quand ça va bien.

Ils s’appellent quand ça va mal.

«On a tout traversé ensemble, les beaux moments comme la naissance de nos enfants et les moments difficiles, comme la mort de la femme d’Errol, Marianne, qui était aussi une grande amie. Il m’a permis de l’accompagner pendant ces moments, jusqu’à la toute fin. Ça m’a aidé quand j’ai perdu ma fille...»

Nadia est décédée en 2014 d’un cancer des vaisseaux sanguins, elle avait 38 ans. «Elle est partie, je lui ai fermé les yeux... et j’ai appelé mon chum. Il est monté tout de suite, il est resté tant que j’ai eu besoin de lui.»

Chaque mois d’août depuis 10 ans, Pierre organise chez lui à Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier «la fête de l’abondance», avec son classique bouilli aux légumes. «On a fêté les 60 ans de notre amitié cette année. Avec tout ce qui se passe aujourd’hui, une amitié comme celle-là, c’est rare et précieux.»

Errol, «c’est plus qu’un frère». 

Sur le terrain de Pierre pousse un prolifique pommetier. «Marianne avait plein de pommetiers. Quand elle est décédée, j’en ai planté un chez moi. Il s’appelle Marianne. J’aime le voir fleurir chaque année.»

La semaine dernière, Pierre est monté voir Errol au Saguenay pour «une fondue à la viande de bois», la chasse a été bonne.

Comme le veut la tradition, ils vont se revoir le 31 décembre pour défoncer l’année ensemble, avec trois couples d’amis. Les deux vieux chums, leurs amoureuses, leurs filles et leurs petits enfants, autour de la traditionnelle côte de bœuf au barbecue. 

Au rythme de la musique de Carole, la deuxième épouse d’Errol.

J’ai demandé à Pierre le secret de cette longue amitié. «C’est viscéral. On a un peu le même tempérament, on est réfléchis, on voit le verre à moitié plein et la lumière au bout du tunnel! C’est une amitié qui est basée sur l’honnêteté. On se dit tout, il n’y a pas de secret. Il est mon plus grand confident. Il a toujours été là pour moi, j’ai toujours été là pour lui. Un ami, c’est quelqu’un qui nous pousse à faire ce dont il nous sait capable.»

Comme «continuer à vivre» dans une mauvaise passe.

Quand ils se retrouvent, ils échangent une bonne poignée de main, se donnent une tape virile sur l’épaule. Pas d’accolade. «On reprend exactement où on a laissé la fois d’avant. On reste en contact avec Internet, on se texte des fois, mais quand je veux jaser, je traverse le Parc. Il n’y a rien comme se voir en vrai.»

En vrai.

Gilbert Lavoie

Campagne de peur contre l'ennemi commun

CHRONIQUE / Si j’avais à parier sur les liens d’amitié potentiels entre les chefs de partis à l’Assemblée nationale, je miserais davantage sur Philippe Couillard et Jean-François Lisée. Parce qu’indépendamment de la campagne électorale à venir et du débat sur la souveraineté, les chefs du PLQ et du PQ sont des intellectuels qui ont probablement plus d’intérêts en commun qu’avec François Legault.

Le chef de la CAQ est un comptable qui se dit pragmatique et qui n’a certainement pas les mêmes lectures que ses deux adversaires. J’irais même jusqu’à dire que malgré les différences d’âge, MM. Couillard et Lisée ont probablement plus d’atomes crochus avec Gabriel Nadeau­-Dubois qu’avec M. Legault.

Mais indépendamment de la chimie entre ces politiciens, c’est la bataille électorale en cours qui définira leurs rapports. Et pour l’une des rares fois dans l’histoire du Québec, libéraux et péquistes ont le même intérêt :  bloquer François Legault. Je dis bien «pour l’une des rares fois», parce que les libéraux et les péquistes ont vécu la même chose aux élections de 2007, quand Mario Dumont a fait une percée et amené l’ADQ aux portes du pouvoir. 

Réélu à la tête d’un gouvernement minoritaire, Jean Charest avait su exploiter le manque d’expérience de l’équipe adéquiste en répétant ad nauseam que Mario Dumont était une «girouette» qui changeait constamment d’avis. 

Sans tomber dans le même sobriquet banni du langage parlementaire, Philippe Couillard utilise la même arme cette année. Dans son bilan de fin d’année, il a réitéré à plusieurs reprises que François Legault change constamment d’idée, selon l’humeur du jour. Pas un mot ou presque contre Jean-François Lisée… On se serait cru dans un univers limité à deux formations politiques. La veille, les deux hommes avaient fait copain-­copain dès le début de la période de questions, Lisée demandant au premier ministre de condamner une déclaration de François Legault sur l’intégration linguistique des immigrants. Une requête à laquelle Philippe Couillard s’est fait un plaisir d’acquiescer…

Ces anecdotes de fin de session annoncent des débats acrimonieux. La meilleure répartie de François Legault vendredi, en réponse à Philippe Couillard, a été la suivante :  «Pourquoi a-t-il volé autant d’idées de la CAQ si ce qu’on propose n’est pas bon?»

L’autre aspect inusité de ce début de campagne est de voir le PQ se lancer dans le même genre de campagne de peur que les fédéralistes utilisaient contre les souverainistes dans le passé. La CAQ est «dangereuse», a répété Jean-François Lisée dans son bilan de fin de session. Il a fait valoir que ce parti n’a jamais gouverné, qu’il fait courir des risques au français, aux programmes sociaux, etc. 

Et quand on lui fait remarquer que François Legault a dirigé deux ministères importants, dont la Santé, sous Bernard Landry, Lisée riposte avec le même argument que Philippe Couillard. Tous deux reprochent au chef de la CAQ d’avoir dilapidé les fonds publics à l’époque, en donnant trop d’argent aux médecins spécialistes.

À moins de changements importants dans les sondages, la campagne électorale se fera donc à deux contre un, et même trois si on tient compte de Québec solidaire. François Legault a donc raison de dire qu’il ne tient pas la victoire pour acquise. Jean­-François Lisée a peut-être un point en disant que c’est la victoire de la CAQ dans Louis-Hébert qui a donné des ailes aux caquistes dans les sondages, rien de plus. Et c’est sans compter les dizaines de millions $ que le gouvernement va dépenser en publicité avant les prochaines élections. La partie n’est pas jouée.

Jean-Simon Gagné

Autrement dit

La citation (posthume)

«On me demande quelquefois : ''Qu’est-ce que vous avez fait à l’Académie [française]?'' Et la réponse, assez claire, c’est : presque rien.»

— L’écrivain français Jean d’Ormesson, décédé mardi à l’âge de 92 ans, lorsqu’il avait fait le bilan de trois décennies passées à l’Académie française. Il se félicitait toutefois d’avoir contribué à l’admission de l’écrivaine Marguerite Yourcenar. La première femme admise à l’Académie, après 350 ans d’existence.

Source : FranceTVinfo

***