Plein air

«Skiing The Mealy»: voyage sur les sommets d'un étonnant Labrador

BLOGUE / L'hiver dernier, des gars du collectif Estski.ca avaient frappé l'imaginaire des skieurs d'aventure en réalisant un voyage exploratoire dans les spectaculaires monts Mealy, au Labrador. Désormais diffusé en ligne, le film qui raconte le périple fait véritablement rêver.

Je vous avais raconté au printemps dernier le voyage des boys, six véritables passionnés de ski et de montagnes vierges.

Du voyage, Émile Dontigny a réalisé Skiing The Mealy, avec la collaboration à la caméra de son collègue Charles Bernier. Le duo fait partie du collectif de skieurs The Loners, des créateurs de contenu en montagne.

Le film nous transporte au coeur de la majestueuse chaîne de montagnes du Labrador, véritable Far Est du ski à proximité de Happy Valley-Goose Bay, village au cœur du Labrador à plus de 1100  km au nord-est de Baie-Comeau.

Oubliez ici les cascades sur les planches, les sauts de falaise et les pentes ultraraides qui donnent sur un escarpement mortel. Skiing The Mealy nous propose plutôt un voyage esthétique, voir poétique, de l'aventure en montagne.

À partir de Québec, le court-métrage nous amène graduellement dans l'univers étonnant des Mealy, où la bande de copains enchaîne les premières descentes avant de retourner sous la tente le soir venu. 

Un périple dépaysant à souhait... mais pourtant si près de chez nous!

Adepte de ski ou non, vous apprécierez assurément le visionnement et découvrirez des nouveaux horizons loin des sentiers battus.

Bon voyage!

Eric Moreault

Le film de la semaine, le très réussi Nos batailles

BLOGUE / Une famille qui éclate, c’est un drame terrible, mais courant. Mais quand c’est une femme qui prend la fuite, laissant derrière son conjoint désemparé, son fils de neuf ans et sa fille de cinq ans, on a assurément la matière dramatique pour un bon film. Surtout avec un traitement respectueux et intelligent comme dans Nos batailles de Guillaume Senez.

Le deuxième long métrage du réalisateur belge, après Keeper (2015), travaille doucement sa mise en place. Olivier (Romain Duris) en père absent dont le travail de chef d’équipe lui fait passer de longues heures à l’usine. Et Laura (Lucie Debay), qui travaille dans une boutique, en mère débordée et au bout du rouleau qui ne sait comment exprimer sa détresse.

Un beau jour, Laura quitte le foyer sans crier gare. Le père se retrouve dans un rôle qu’il connaît mal, démuni face à un départ qu’il n’a pas vu venir et empêtré dans son sens des responsabilités au boulot. Le sentiment est familier : la charge mentale qui pèse sur beaucoup d’entre nous, toujours à courir pour tout concilier.

Olivier devra mener deux combats de front. Le premier, celui qui le force à s’impliquer plus dans l’éducation de ses enfants, d’abord de façon chaotique puis plus ordonnée quand il mesure toutes les implications de ses absences, et le second, à la défense de ses collègues de travail qui affrontent une direction inhumaine.

Il est tout de même ironique que cet homme qui ne jure que par le travail d’équipe au travail peine à comprendre qu’il doit appliquer la même recette à la maison. C’est sa sœur Betty (Laetitia Dosch) et sa mère (Dominique Valadié), dans une moindre mesure, qui lui en feront prendre conscience.

C’est toute la véracité de Nos batailles, celle d’un personnage imparfait, avec ses grandes qualités humaines, mais aussi ses défauts, qu’il lui faut corriger dans l’intérêt de ses enfants.

La réalisation de Senez, somme toute conventionnelle, tend vers le naturalisme cher à Mike Leigh (Secrets et mensonges) et à Stéphane Brizé (surtout La loi du marché et En guerre). Comme eux, il investit à la fois les sphères du social et de l’intime, misant sur une caméra de proximité et une mise en scène minimaliste, sauf dans le jeu des acteurs, plus distancié, pour éviter le racolage, ce qui réussit à générer une belle spontanéité.

De cette façon, il réussit à briser les tics de jeu de Duris, moins dans la séduction et plus dans le jeu tout en retenue de la honte et de la culpabilité qui habitent Olivier. Laetitia Dosch, révélée dans Jeune femme (Léonor Serraille, 2017), démontre à nouveau à quel point la lumineuse actrice peut habiter un personnage, même secondaire. Elle dévoile la grande fragilité de Betty sans fausse pudeur.

Le scénario de Senez et de Raphaëlle Valbrune-Desplechin (la sœur du réalisateur Arnaud Desplechin) nous fait la grâce de plusieurs pistes et d’une fin qui resteront ouvertes. Comme ce mystérieux accident à Elliot, qui lui a brûlé la poitrine, alors qu’il était sous la garde de sa mère.

On se demande vraiment, dans le dernier tiers, comment Senez va réussir à conclure. Il réussit à le faire, tant au travail qu’au boulot, en toute logique et en respect à la fois de son personnage et de l’intelligence du spectateur. Chapeau.

RICHARD THERRIEN

«Paul dans le Nord» en BD audio

CHRONIQUE / Après être passée au cinéma pour «Paul à Québec», l'oeuvre de Michel Rabagliati tentera cette fois de charmer vos oreilles. Radio-Canada lancera en effet une première bande dessinée audio, disponible en balado sur son application mobile, avec les voix de 27 comédiens. Un radioroman moderne, à partir de l'album «Paul dans le Nord», huitième album de la série, publié en 2015, mais dont l'histoire est campée en 1975-1976.

Ainsi, Pier-Luc Funk prête sa voix à Paul à 16 ans, alors que Denis Bernard l'incarne à l'âge adulte et agit comme narrateur de l'histoire. Claude Legault joue son père Robert, Diane Lavallée, sa mère Aline, Maxim Martin, son oncle Raynald, et Émile Schneider, son meilleur ami, Ti-Marc. La distribution, impressionnante, compte notamment Les Denis Drolet, Jean-François Mercier, Serge Chapleau, Michel Rivard, Kathleen Fortin et Michel Rabagliati lui-même, qui tient trois rôles, dont celui de l'annonceur au bar de danseuses.

Le bédéiste se réjouit de voir des voix donner vie à son histoire, qui sera enrobée d'effets sonores bien réels, d'extraits d'archives de Radio-Canada, dont d'anciens bulletins de nouvelles et d'extraits sonores des compétitions et des cérémonies des Jeux olympiques de Montréal en 1976, mais aussi de grandes chansons des années 70, signées Offenbach, Beau Dommage, Harmonium, Octobre, Led Zeppelin et d'autres, dont le diffuseur a obtenu les droits. Michel Rabagliati, qui célèbre les 20 ans de la série des Paul, apprécie le fait que la radio amène beaucoup moins de contraintes que le cinéma, qui nécessite qu'on transforme beaucoup l'histoire pour capter l'attention du spectateur. Outre certaines conjugaisons au passé simple, la BD de Rabagliati sera jouée presque mot pour mot dans sa version audio, de sorte que l'auditeur pourra suivre l'histoire en feuilletant le livre.

Dans Paul dans le Nord, le personnage principal entreprend sa dernière année au secondaire et est entraîné par son ami à faire du pouce. Réalisatrice de plusieurs livres audio, Sylvie Lavoie est derrière ce projet, qui s'ajoute à l'offre déjà étoffée de romans, nouvelles, recueils de poésie, théâtre, essais et contes disponibles sur l'application ICI Première. L'oeuvre, présentée en un morceau à temps pour les Fêtes, devrait totaliser environ une heure.

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Plein air

Kai Jones: skier comme un pro avant d'être un ado

BLOGUE / «Je me demande toujours jusqu'où je peux me pousser, mais sans faire peur à ma mère.» Voilà le genre de chose qu'on entend rarement dans un film de ski extrême. Mais quand le héros a seulement 11 ans, les préoccupations de l'athlète en action sur les pentes sont bien différentes...

Le kid est Kai Jones, aujourd'hui âgé de 12 ans. Une sensation du freeski depuis qu'il a chaussé les planches, ou presque, à l'âge de deux ans.

Fils du réputé Todd Jones, réalisateur et cofondateur de l'entreprise de films d'aventure Teton Gravity Research (TGR), Kai a déjà des commanditaires majeurs (Quicksilver, Atomic, Smith, entre autres) et des segments sur YouTube — notamment — qui cartonnent.