Dimanche, Simon Olivier Fecteau (à gauche) a profité de la présence de toute son équipe d’acteurs à «Tout le monde en parle» pour annoncer que Dodo sera du «Bye Bye 2018», ainsi que plusieurs comédiens des dernières éditions.

Un «Bye Bye» avec Dodo

CHRONIQUE / Elle a beau avoir dit 100 fois que ce serait son dernier, Dominique Michel sera bel et bien du «Bye Bye 2018», pour une courte apparition, à l'occasion du 50e anniversaire de cette revue humoristique de l'année. Dimanche, Simon Olivier Fecteau a profité de la présence de toute son équipe d'acteurs à «Tout le monde en parle» pour annoncer la bonne nouvelle, en plus de révéler que Marc Labrèche, Véronique Cloutier, Louis Morissette, RBO, Michel Côté, Marc Messier, Pauline Martin, Yves Jacques et René Simard, qui ont tous participé au «Bye Bye» au fil des années, seraient aussi de la partie, le 31 décembre prochain.

Claude Legault, qui participe à son premier Bye Bye, avoue avoir eu peur en s'embarquant dans ce projet. «J'espère qu'ils ne penseront pas qu'ils se sont trompés», s'est-il demandé durant la lecture des textes. Il est conscient qu'il sera forcément comparé à Marc Labrèche, à qui il succède, et qui fera seulement une apparition cette année. «Ben t'es formidable», s'est empressée de dire Anne Dorval à son collègue Claude. On a revu des images du Bye Bye 1988, le premier de L'Écuyer, qui y jouait un policier haïtien avec un accent créole exagéré, en plus de Dodo en Asiatique et Pauline Martin en Arabe, un sketch impossible aujourd'hui. Doit-on absolument aimer la personne qu'on imite? «Si ça a l'air d'un règlement de comptes, ce n'est plus drôle», croit Patrice L'Écuyer. Le Bye Bye est un peu notre Super Bowl de la publicité; le public pourra cette année voter pour sa pub préférée sur le site du Bye Bye de Radio-Canada.

Réjouissant de revoir Jim Corcoran, le plus franco des anglos, à sa première visite sur ce plateau, et à qui je donne mon étoile du match. On a réentendu des bouts de Perdus dans le même décor, Ton amour est trop lourd, C'est pour ça que je t'aime, qui se retrouvent toutes sur un album-compilation – il déteste ce terme –, un élan pour lui donner envie d'écrire de nouvelles chansons. Son père, qui lui reprochait de ne jamais chanter en anglais, lui a servi de modèle quand il a joué le père de Nelligan dans l'opéra du même nom. Celui qui a aussi été moine semi-clôitré de 17 à 20 ans a tout de même fini par écrire une chanson dans sa langue maternelle, Let Me Fall, interprétée par Josh Groban, pour un spectacle du Cirque du Soleil, qui lui a permis de payer son hypothèque. Ce n'est pas par rébellion mais par entêtement qu'il a quitté la maison familiale à 13 ans, son père étant convaincu qu'il reviendrait après deux semaines, ce qui n'est pas arrivé. La carte du fou du roi: «Afin de promouvoir la culture française, je propose que Doug Ford passe une semaine chez Jim Corcoran.»

Débat intéressant et pas complaisant entre deux enseignantes de confession musulmane, l'une voilée, l'autre pas, deux visions diamétralement opposées. Pour Leila Bensalem, enseignante au secondaire, le voile n'est pas qu'un signe religieux, mais un symbole de la montée de l'intégrisme. «Il est temps qu'on légifère», croit cette militante, au sujet de la volonté du gouvernement d'interdire aux employés de l'État en position d'autorité le port de signes religieux. «Une école n'est pas un lieu de culte, c'est un lieu de savoir», ajoute-t-elle, soulignant que le voile est «un  symbole d'asservissement de la femme». Bouchera Chelbi, qui œuvre au primaire, porte le voile depuis trois décennies. «En 10 ans [d'enseignement], je n'ai jamais eu de problèmes», plaide-t-elle. «Ça va donner l'occasion aux personnes qui n'attendent que ça, de pouvoir se montrer hostiles», croit-elle au sujet de la nouvelle loi. Elle se demande comment le premier ministre expliquera aux élèves pourquoi leur enseignante a perdu son emploi.

C'est entre autres pour apprivoiser sa propre colère que Magalie Lépine-Blondeau a voulu jouer Électre de Sophocle, montée à l'Espace Go. «On nous préfère dociles», dit-elle au sujet de la colère féminine, souvent associée à l'hystérie ou à la folie, un fait qu'elle associe à «la façon dont on élève les jeunes filles». Plutôt que d'aller en thérapie, elle a préféré appeler le metteur en scène Serge Denoncourt. Son Électre sera voilée, un choix historique «qui n'a pas de connotation religieuse», précise-t-elle. À l'opposé, elle incarne une danseuse cocaïnomane dans Appelle-moi si tu meurs, la série de Claude Legault pour le Club illico, un rôle qui la sort de sa zone de confort. Grande voyageuse, elle a visité environ 45 pays, mais c'est en Papouasie Nouvelle-Guinée qu'elle s'est sentie le plus dépaysée. Elle n'a pas aimé Manille mais adoré les Philippins.

Le chroniqueur économique Francis Vailles et le professeur de l'Université Laval, Richard Ouellet, ont remis en contexte la nouvelle tuile qui vient de tomber sur Bombardier, avec l'octroi de renouvellement des wagons de Via Rail à Siemens en Californie. Parmi les explications, Siemens fabrique déjà le même type de train et dispose des équipements nécessaires, ce qui réduit forcément les coûts. Sur la C Series, dont la moitié a été cédée à Airbus, Richard Ouellet affirme qu'«il fallait le faire si on voulait sauver la C Series». Même raisonnement pour le nouvel accord de libre-échange avec les États-Unis et le Mexique, qui n'est «pas un aussi bon accord que l'ALENA», précise M. Ouellet. «On n'a pas le choix d'être en libre-échange avec les États-Unis», conclut-il néanmoins. Francis Vailles ne partage pas l'indignation populaire au sujet des importantes compressions chez Bombardier, malgré l'aide gouvernementale, rappelant que ces subventions ne servent pas à maintenir un plancher d'emplois, mais plutôt à la survie de l'entreprise. «Et en affaires, pour survivre, il faut faire des profits», plaide-t-il.

Toujours émouvant de constater les effets bien réels suscités par le docu-réalité Face à la rue à Moi et cie sur notre regard envers l'itinérance. Dans Face à la rue : que sont-ils devenus?, Jean-Marie Lapointe retrouve quelques personnes rencontrées au fil des tournages, dont Lisette Perron et Roger Perreault, qui l'accompagnaient hier. Quand elle vivait dans la rue, Lisette se prostituait, consommait beaucoup de drogues dures. «Mon seau d'amour était complètement percé, j'ai pas beaucoup connu ça dans mon enfance», dit-elle. Aujourd'hui, elle est parvenue à se rebâtir et à sortir de l'itinérance. «C'est l'amour inconditionnel qu'on m'a donné qui a fait que j'ai fini par croire en moi et que j'ai réussi à sortir de cette chnoute-là.» La série a aussi été un baume sur l'existence de Jean-Marie Lapointe, qui a confié avoir dû demander de l'aide financière il y a quelques années, «proche du BS». «C'est ironique de dire qu'un show sur l'itinérance m'a peut-être empêché d'y glisser moi-même», a affirmé l'animateur, dans cette entrevue qui concluait de belle façon la dernière émission de l'automne de Tout le monde en parle, et qui mérite aussi son gros morceau d'étoile.

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