La chanteuse Marie-Mai est apparue très sereine sur le plateau de «Tout le monde en parle», dans ce qu’on peut appeler un retour sous les projecteurs.

Sereine Marie-Mai

CHRONIQUE / Marie-Mai s’est peut-être fermé des portes en quittant son ancienne maison de disques, Musicor, mais ce mouvement était nécessaire pour elle. «J’ai décidé de parier sur moi, sur mes valeurs», a-t-elle expliqué à «Tout le monde en parle», dimanche, dans ce qu’on peut appeler un retour sous les projecteurs, où elle est apparue très sereine.

Dans cette entrevue extrêmement sympathique, qui ouvrait l’émission, il a bien sûr été question de Fred St-Gelais, l’autre «50 %» de son ancienne vie, avec qui elle formait autant un duo amoureux que professionnel. Pas question toutefois de recréer la même collaboration avec son nouveau conjoint, David Laflèche, qui l’a tout de même aidée pour la direction artistique de son nouvel album, Elle et moi. Cette «elle», de Elle et moi, c’est cette Marie-Mai qui dissimulait ses faiblesses, de peur de déplaire à son public.

Il a aussi été question de sa rupture avec Productions J, qui n’a pas été facile. «C’est comme un divorce, les avocats se mêlent de ça, c’est un gros bordel», a-t-elle décrit, avant d’envoyer tout de même quelques fleurs à Julie Snyder. Est-elle barrée de TVA depuis qu’elle a aussi quitté Musicor, une division de Québecor? Pas à ce point, dit-elle, mais elle n’a pas remis les pieds chez le diffuseur depuis cette décision. «On me donne le minimum, des poussières», remarque-t-elle au sujet de la couverture que lui accorde l’empire depuis. Une situation qui ne l’étonne pas, on l’avait prévenue «très clairement» que c’est ce qui arriverait. Non, on ne l’a pas réinvitée comme coach à La voix, mais elle semble avoir pris un plaisir fou à participer à The Launch, la téléréalité musicale de CTV, où elle partage le plateau avec entre autres Bryan Adams et Sarah McLachlin. Pour son nouvel album, elle a invité des fans chez elle, mais pas la presse comme l’a fait Ginette Reno. «Même si j’avais invité les journalistes, il y en a une maudite partie qui seraient pas venus!» a blagué la chanteuse.

Virulent plus tôt cette semaine au lendemain de l’ADISQ, Mario Pelchat s’est montré pas mal plus modéré sur le plateau de Tout le monde en parle. Il affirme toujours que le gala ne fait pas suffisamment d’espace aux artistes populaires et trop aux «marginaux plus à gauche», mais avec un grand sourire. Même douceur quand Guylaine Tanguay et lui ont vanté les mérites d’Hubert Lenoir, après avoir dénoncé son geste de s’enfoncer un Félix dans la gorge. La chanteuse country y a vu un «manque de respect» pour ce «grand monsieur» qu’était Félix Leclerc.

Il ne fera pas son propre gala de popularité, et ne remettra pas des «Mario», comme le suggérait Mario Girard dans La Presse. «Ça serait drôle, parce qu’il chialerait contre le gagnant du premier Mario!» a blagué Guy A. Mario Pelchat a quand même remis en doute la parole de l’ADISQ sur les nouveaux pourcentages de la votation dans les catégories des interprètes de l’année. À ses côtés, Marie-Mai ne semblait pas du tout d’accord avec sa vision. La carte du fou du roi : «On a désormais deux traditions annuelles : la marmotte qui sort de son trou au printemps et Mario Pelchat qui fait sa crise au lendemain de l’ADISQ».

L’histoire de Vito Rizzuto, racontée dans le livre du collègue de La Presse, Daniel Renaud, est fascinante. Enquêteur de la GRC durant 35 ans, Lorie McDougall a collaboré à Vito Rizzuto : La chute du dernier parrain, après avoir suivi celui-ci en filature. L’histoire de l’agent double, une séduisante policière qui s’est fait passer pour une représentante de crèmes de beauté, est savoureuse. Charmé par sa voisine à bord d’un avion, M. Rizzuto lui a raconté des faits très privés de sa vie, s’autoproclamant «parrain allégué de la mafia montréalaise». Daniel Renaud s’est montré extrêmement prudent dans la rédaction de son livre, évitant de mentionner certains noms. «Je ne voudrais jamais avoir mis la vie de quelqu’un en danger ou être responsable d’une tentative de meurtre parce que j’ai écrit quelque chose. […] Il y a des choses qui ne s’écrivent pas.»

Conversation très éclairante sur les élections de mi-mandat aux États-Unis, avec les deux spécialistes Rafael Jacob et Karine Prémont. S’il est vrai qu’une majorité démocrate empêchera la construction d’un mur sur la frontière mexicaine, Jacob est convaincu que le mur n’aurait jamais été construit de toute façon. Le plus gros impact, selon lui, concerne les enquêtes publiques que pourront lancer les démocrates contre Donald Trump. Il explique notamment l’absence de vague démocrate par la sortie de vote massive en milieu rural comme en 2016. Selon Karine Prémont, l’élection de deux femmes autochtones à la chambre des représentants et d’un premier homosexuel comme gouverneur s’explique par une mobilisation de la diversité américaine. «Ils ont dit : “Les États-Unis d’Amérique, c’est pas juste le pays des hommes blancs de Donald Trump, c’est le pays de tout le monde”.» Mais à ceux qui rêvent d’une destitution du président, Karine Prémont répond ceci : «Je ne vois pas tellement les démocrates se lancer là-dedans.» Selon Rafael Jacob, une éventuelle solide récession pourrait compliquer la tâche de Donald Trump pour sa réélection dans deux ans. Pour l’instant, aucun adversaire valable se pointe du côté démocrate pour lui faire de l’ombre.

Il a été au final très peu question d’Appelez mon agent (Dix pour cent en France) avec l’idéateur et producteur de cette excellente série française, Dominique Besnehard. La troisième saison est disponible depuis vendredi sur l’Extra d’ICI Tou.tv. Celui qu’on a surnommé l’agent le plus influent en France a eu dans son écurie Isabelle Adjani, Sophie Marceau et Pierre Richard. Ami de la productrice Denise Robert, il supervisera la sortie de La chute de l’empire américain en France. Il était en colère en apprenant que le film de Denys Arcand n’ait pas été sélectionné pour la course aux Oscars, persuadé que le Canada aurait obtenu une seconde statuette après Les invasions barbares.

On a vu Marie-Mai fulminer en entendant Dominique Besnehard minimiser le phénomène du harcèlement sexuel, lorsqu’il a été question du producteur Harvey Weinstein. En 20 ans comme agent, il n’a été témoin qu’une seule fois d’un cas du genre, ajoutant que «des actrices illustres n’ont jamais été dérangées» par Weinstein. La carte du fou du roi : «Pour que vous compreniez bien le sentiment de l’artiste face à son agent, on a pris 10 % de votre cachet et on l’a lancé par la fenêtre».

Auteurs de Joe Beef : survivre à l’Apocalypse, Frédéric Morin et David McMillan, les chefs chouchous du regretté Anthony Bourdain, avaient un peu pressenti son mal de vivre et son suicide. Après l’intervention de cette vedette de la gastronomie en leur faveur, «tout a changé. Les soirées tranquilles de janvier, y’en avait plus», explique McMillan, qui semble regretter avoir affirmé dans une entrevue que Toronto avait désormais de meilleures tables que Montréal. Il vante la clientèle québécoise, beaucoup plus audacieuse dans ses choix que le public new-yorkais, par exemple. «Vous devriez faire un show tous les deux. Sur scène, ce que ça serait!» leur a lancé Dominique Besnehard. Bonne idée.

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