RICHARD THERRIEN

Retours confirmés pour «Boomerang» et «Ruptures»

BLOGUE / Chacun de leur côté, TVA et ICI Radio-Canada Télé ont annoncé le retour de deux séries très appréciées du public. Le premier confirme donc que la comédie «Boomerang» reviendra pour une cinquième saison l'automne prochain. D'ici là, un épisode spécial d'une heure, intitulé «Boomerang: Noël chez les Bernier» sera diffusé dimanche à 19h à TVA. On y fait un retour dans le temps, en 2010, au moment où Karine et Patrick (Catherine-Anne Toupin et Antoine Bertrand) se sont rencontrés.

De son côté, ICI Radio-Canada Télé confirme le retour de Ruptures, aussi pour une cinquième saison. Diffusé hier et vu par 575 000 fidèles, le dernier épisode pouvait laisser l'impression d'une fin, mais heureusement, les auteurs Isabelle Pelletier et Daniel Thibault ont encore de l'inspiration pour une saison de plus.

Cet automne, Boomerang a maintenu une moyenne de 1 017 000 téléspectateurs chaque lundi à 19h30, en données confirmées, incluant les enregistrements. Déplacée le lundi à 21h, Ruptures a rallié 833 000 fidèles.

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Télé et radio

Un «Bye Bye» avec Dodo

CHRONIQUE / Elle a beau avoir dit 100 fois que ce serait son dernier, Dominique Michel sera bel et bien du «Bye Bye 2018», pour une courte apparition, à l'occasion du 50e anniversaire de cette revue humoristique de l'année. Dimanche, Simon Olivier Fecteau a profité de la présence de toute son équipe d'acteurs à «Tout le monde en parle» pour annoncer la bonne nouvelle, en plus de révéler que Marc Labrèche, Véronique Cloutier, Louis Morissette, RBO, Michel Côté, Marc Messier, Pauline Martin, Yves Jacques et René Simard, qui ont tous participé au «Bye Bye» au fil des années, seraient aussi de la partie, le 31 décembre prochain.

Claude Legault, qui participe à son premier Bye Bye, avoue avoir eu peur en s'embarquant dans ce projet. «J'espère qu'ils ne penseront pas qu'ils se sont trompés», s'est-il demandé durant la lecture des textes. Il est conscient qu'il sera forcément comparé à Marc Labrèche, à qui il succède, et qui fera seulement une apparition cette année. «Ben t'es formidable», s'est empressée de dire Anne Dorval à son collègue Claude. On a revu des images du Bye Bye 1988, le premier de L'Écuyer, qui y jouait un policier haïtien avec un accent créole exagéré, en plus de Dodo en Asiatique et Pauline Martin en Arabe, un sketch impossible aujourd'hui. Doit-on absolument aimer la personne qu'on imite? «Si ça a l'air d'un règlement de comptes, ce n'est plus drôle», croit Patrice L'Écuyer. Le Bye Bye est un peu notre Super Bowl de la publicité; le public pourra cette année voter pour sa pub préférée sur le site du Bye Bye de Radio-Canada.

Réjouissant de revoir Jim Corcoran, le plus franco des anglos, à sa première visite sur ce plateau, et à qui je donne mon étoile du match. On a réentendu des bouts de Perdus dans le même décor, Ton amour est trop lourd, C'est pour ça que je t'aime, qui se retrouvent toutes sur un album-compilation – il déteste ce terme –, un élan pour lui donner envie d'écrire de nouvelles chansons. Son père, qui lui reprochait de ne jamais chanter en anglais, lui a servi de modèle quand il a joué le père de Nelligan dans l'opéra du même nom. Celui qui a aussi été moine semi-clôitré de 17 à 20 ans a tout de même fini par écrire une chanson dans sa langue maternelle, Let Me Fall, interprétée par Josh Groban, pour un spectacle du Cirque du Soleil, qui lui a permis de payer son hypothèque. Ce n'est pas par rébellion mais par entêtement qu'il a quitté la maison familiale à 13 ans, son père étant convaincu qu'il reviendrait après deux semaines, ce qui n'est pas arrivé. La carte du fou du roi: «Afin de promouvoir la culture française, je propose que Doug Ford passe une semaine chez Jim Corcoran.»

Débat intéressant et pas complaisant entre deux enseignantes de confession musulmane, l'une voilée, l'autre pas, deux visions diamétralement opposées. Pour Leila Bensalem, enseignante au secondaire, le voile n'est pas qu'un signe religieux, mais un symbole de la montée de l'intégrisme. «Il est temps qu'on légifère», croit cette militante, au sujet de la volonté du gouvernement d'interdire aux employés de l'État en position d'autorité le port de signes religieux. «Une école n'est pas un lieu de culte, c'est un lieu de savoir», ajoute-t-elle, soulignant que le voile est «un  symbole d'asservissement de la femme». Bouchera Chelbi, qui œuvre au primaire, porte le voile depuis trois décennies. «En 10 ans [d'enseignement], je n'ai jamais eu de problèmes», plaide-t-elle. «Ça va donner l'occasion aux personnes qui n'attendent que ça, de pouvoir se montrer hostiles», croit-elle au sujet de la nouvelle loi. Elle se demande comment le premier ministre expliquera aux élèves pourquoi leur enseignante a perdu son emploi.

C'est entre autres pour apprivoiser sa propre colère que Magalie Lépine-Blondeau a voulu jouer Électre de Sophocle, montée à l'Espace Go. «On nous préfère dociles», dit-elle au sujet de la colère féminine, souvent associée à l'hystérie ou à la folie, un fait qu'elle associe à «la façon dont on élève les jeunes filles». Plutôt que d'aller en thérapie, elle a préféré appeler le metteur en scène Serge Denoncourt. Son Électre sera voilée, un choix historique «qui n'a pas de connotation religieuse», précise-t-elle. À l'opposé, elle incarne une danseuse cocaïnomane dans Appelle-moi si tu meurs, la série de Claude Legault pour le Club illico, un rôle qui la sort de sa zone de confort. Grande voyageuse, elle a visité environ 45 pays, mais c'est en Papouasie Nouvelle-Guinée qu'elle s'est sentie le plus dépaysée. Elle n'a pas aimé Manille mais adoré les Philippins.

Le chroniqueur économique Francis Vailles et le professeur de l'Université Laval, Richard Ouellet, ont remis en contexte la nouvelle tuile qui vient de tomber sur Bombardier, avec l'octroi de renouvellement des wagons de Via Rail à Siemens en Californie. Parmi les explications, Siemens fabrique déjà le même type de train et dispose des équipements nécessaires, ce qui réduit forcément les coûts. Sur la C Series, dont la moitié a été cédée à Airbus, Richard Ouellet affirme qu'«il fallait le faire si on voulait sauver la C Series». Même raisonnement pour le nouvel accord de libre-échange avec les États-Unis et le Mexique, qui n'est «pas un aussi bon accord que l'ALENA», précise M. Ouellet. «On n'a pas le choix d'être en libre-échange avec les États-Unis», conclut-il néanmoins. Francis Vailles ne partage pas l'indignation populaire au sujet des importantes compressions chez Bombardier, malgré l'aide gouvernementale, rappelant que ces subventions ne servent pas à maintenir un plancher d'emplois, mais plutôt à la survie de l'entreprise. «Et en affaires, pour survivre, il faut faire des profits», plaide-t-il.

Toujours émouvant de constater les effets bien réels suscités par le docu-réalité Face à la rue à Moi et cie sur notre regard envers l'itinérance. Dans Face à la rue : que sont-ils devenus?, Jean-Marie Lapointe retrouve quelques personnes rencontrées au fil des tournages, dont Lisette Perron et Roger Perreault, qui l'accompagnaient hier. Quand elle vivait dans la rue, Lisette se prostituait, consommait beaucoup de drogues dures. «Mon seau d'amour était complètement percé, j'ai pas beaucoup connu ça dans mon enfance», dit-elle. Aujourd'hui, elle est parvenue à se rebâtir et à sortir de l'itinérance. «C'est l'amour inconditionnel qu'on m'a donné qui a fait que j'ai fini par croire en moi et que j'ai réussi à sortir de cette chnoute-là.» La série a aussi été un baume sur l'existence de Jean-Marie Lapointe, qui a confié avoir dû demander de l'aide financière il y a quelques années, «proche du BS». «C'est ironique de dire qu'un show sur l'itinérance m'a peut-être empêché d'y glisser moi-même», a affirmé l'animateur, dans cette entrevue qui concluait de belle façon la dernière émission de l'automne de Tout le monde en parle, et qui mérite aussi son gros morceau d'étoile.

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RICHARD THERRIEN

Chiasson et Cloutier, version 1995

BLOGUE / La complicité de Daniel Chiasson et Laurent Cloutier ne date pas d'hier semble-t-il: une trouvaille sur le web permet de voir les inséparables de «District 31» en partenaires de patrouille dans la série «10-07». C'était en 1995 à TQS.

Ne vous méprenez pas, la production n'a rien à voir avec la quotidienne de Luc Dionne. La minisérie de quatre épisodes était signée Joanne Arseneau, l'auteure de Faits divers, et réalisée un peu trop nerveusement par Richard Ciupka. Les agents Philippe Nadeau et Thomas Saint-Mars (Gildor Roy et Patrick Labbé) patrouillaient non pas dans le district 31 mais au poste 29, dans le secteur le plus chaud du centre-ville de Montréal. Dans les quatre premiers épisodes, ils doivent enquêter sur la mort suspecte d'un pharmacien homosexuel. Roy et Labbé jouent alors aux côtés de Michel Barrette, Gilbert Sicotte, Chantal Fontaine et un certain Stéphane Demers (photo plus bas), dans le rôle de l'ami d'un homme abattu par St-Mars (Patrick Labbé). Déjà, ces deux-là n'étaient pas faits pour s'entendre!

Une deuxième saison, intitulée 10-07: l'affaire Kafka allait voir le jour l'année suivante.

Télé et radio

Véronique Cloutier de retour aux Gémeaux

CHRONIQUE / On se doutait que Jean-Philippe Wauthier ne pouvait pas tout faire. Pour animer son nouveau talk-show quotidien à partir du printemps sur ICI Radio-Canada Télé, il devra laisser tomber des contrats, comme celui de l’animation des Gémeaux. Le diffuseur a donc décidé de ramener Véronique Cloutier, qui avait déjà animé le gala en solo à quatre reprises, de 2008 à 2011, et une fois en coanimation avec Éric Salvail, en 2015.

Le ton de la soirée sera-t-il aussi grinçant qu’au cours des derniers galas? «Le but n’est pas d’installer un malaise à 20h05 et de rester pris avec toute la soirée», répond Véronique Cloutier, qui n’a pas encore commencé à travailler sur le concept. Le prochain gala se déplacera au Théâtre Saint-Denis, pour permettre à un plus grand public d’y assister, une volonté de l’animatrice.

Entre-temps, l’animatrice prépare la spéciale de 90 minutes de La fureur, diffusée le 5 janvier prochain, et qui fera une grande place à la compétition, davantage qu’à des numéros spéciaux. L’émission de variétés 1res fois sera aussi de retour pour une deuxième saison le 17 janvier prochain, sur ICI Radio-Canada Télé.

Z ET L’HUMOUR CORROSIF

RICHARD THERRIEN

TLMEP: un récit prenant et bouleversant

CHRONIQUE / L’information internationale n’a plus l’espace qu’elle mériterait sur notre chaîne publique. Mais dimanche à «Tout le monde en parle», tout le plateau était accroché au récit prenant, bouleversant et essentiel d’Émilie Dubreuil sur les espoirs terriblement déçus des migrants, principalement en provenance du Honduras et du Salvador. De retour du Mexique, la journaliste de Radio-Canada, à qui je décerne l'étoile du match, y a suivi leur caravane en route vers les États-Unis, et son témoignage déchire le coeur.

Ces milliers de migrants en quête d’un monde meilleur se sont unis pour se déplacer en groupe, sachant que ce sont des routes excessivement dangereuses; plusieurs y sont enlevés ou carrément assassinés chaque année. Leur voyage vers les États-Unis n’a rien à voir avec le rêve américain : «ils fuient le désespoir, les menaces de mort, une mafia extrêmement violente», rappelle la journaliste. Le réveil a été brutal une fois rendu à Tijuana, à la frontière entre le Mexique et les États-Unis, marquée par cet immense mur de métal et ces gardes armés. Dans cet enfer sur terre qu’est Tijuana, Émilie Dubreuil craint que ces migrants, particulièrement les femmes seules et les enfants, soient victimes de la traite des personnes et à la prostitution juvénile. Un bandeau rappelait hier que les Américains ont fermé complètement leur frontière à cet endroit.

Juste à temps pour les Fêtes, Judi Richards et ses filles Sarah et Karine Deschamps proposent Héritage, un album bilingue de reprises, dont Aimons-nous d’Yvon Deschamps, qu’elles ont incluses dans leur spectacle Noël chez les Deschamps. «Un Toulouse 2.0», a lancé Dany Turcotte, rappelant l’ancien trio pop de Judi Richards, récipiendaire du tout premier Félix en 1980. L’expérience de Karine Deschamps à La voix en 2013 lui a laissé un goût plutôt amer. «J’ai reçu beaucoup de messages méchants, et même ma famille en a reçu», a raconté la chanteuse. Ariane Moffatt, qu’elle avait choisie, a aussi été insultée pour s’être retournée. Sarah-Émilie, elle, est directrice de programme pour la fondation Evenko. Seule Annie, qui fait aussi de l’humour, n’était pas sur le plateau.

À la retraite depuis presque 10 ans, Yvon Deschamps se garde occupé, entre ses grilles de Sudoku et ses cours d’espagnol et de piano. Il donne aussi de son temps à une fondation qui porte son nom dans le Centre-Sud, pour venir en aide aux jeunes de ce quartier défavorisé de la métropole. Certains lui ont reproché de s’être associé au Pacte pour la transition, alors qu’il avait acquis la vieille Bentley de Charlie Chaplin. «J’ai 83 ans, j’me pitcherai pas dans l’trafic en bicycle!» a blagué le père des humoristes.

Seul de sa classe à ne pas avoir été approché par un agent après sa sortie du Conservatoire d’art dramatique, Philippe-Audrey Larrue-St-Jacques a trouvé «la lumière» en humour. L’amoureux de littérature, tiré à quatre épingles et découvert dans Like-moi!, ouvre et ferme son one-man-show, Hélas, ce n’est qu’un spectacle d’humour, en lisant Émile Nelligan. Avant de donner son spectacle en France, il l’a testé auprès des Français de Montréal, «qui sont vraiment gentils». Mais «ceux de Paris ne sont pas si gentils que ça», a-t-il constaté une fois là-bas, où on lui a reproché son accent. Dès l’enfance, il jurait parmi la masse; un enfant qui pouvait parler du Molière d’Ariane Mnouchkine n’était pas forcément accepté des autres. «J’étais pas le caïd, j’ai eu des petits problèmes d’inclusion dans la cour d’école», admet-il. «Si tu me reçois avec de la fondue ou de la raclette, [ça signifie que] je ne suis pas assez important pour une cuisson», dit-il au sujet de ses efforts pour bien paraître.

Rayonnante, Ginette Reno a sauté de joie en recevant un disque d’or pour la vente de 40 000 copies de son 40e album, À jamais, son premier en sept ans. «Je ne suis plus sur la garantie», affirme la chanteuse, qui voit cet album comme son testament. Elle égrène ses problèmes de santé, «diabète, troubles cardiaques, surdité, apnée du sommeil, polypes intestinaux», avec l’énergie d’une battante, sans jamais se plaindre. D’ailleurs, elle reproche aux chanteuses, celles qui «préfèrent jouer au golf», de ne pas chanter à la mesure de leur talent. Un plateau avec Ginette Reno est toujours un plateau plein de vie.

«Votre fierté linguistique est une belle leçon pour nous, les Québécois francophones», a lancé Guy A. au quatuor invité à commenter les récentes décisions de Doug Ford touchant les Franco-Ontariens. La députée conservatrice Amanda Simard a pris position contre son propre parti, «un geste politique courageux», a souligné l’animateur. Elle a rappelé qu’«il n’y a pas d’épargne» dans la décision d’abolir le Commissariat des services en français, pour laquelle le premier ministre ontarien a reculé depuis, du moins en partie. Des quatre, l’avocat en droits linguistiques Ronald Caza était le plus vigoureux, considérant que le choix de Doug Ford envoyait un bien mauvais message, celui qu’il ne vaudrait plus la peine de faire des efforts pour protéger la langue et la culture, un combat de tous les jours pour les Franco-Ontariens. En réaction aux propos de Denise Bombardier sur la quasi disparition des francophones à l’extérieur du Québec, il a affirmé qu’il y avait plus de francophones en Ontario que dans la ville de Québec.

Fort sympathique ce Snails, producteur et DJ, dont la musique électronique fait danser les foules, et qui rêvait d’être invité à Tout le monde en parle. Issu du monde métal, il a créé son propre style, le «vomitstep», un «sous-genre musical». De par son succès international, certains le croient Américain, mais Snails s’appelle Frédéric Durand et vient de Ste-Émélie-de-l’Énergie. Membre votant de l’Académie des Grammy depuis que le duo Skrillex et Diplo l’a  remercié sur scène, il entreprend une longue tournée américaine.

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Télé et radio

TLMEP: la gentille sorcière

CHRONIQUE / Environnement, réincarnation, humour philosophique, il a été question de tout ça, dimanche à «Tout le monde en parle». Mais c’est une entrevue sur les monstres, en toute fin de soirée, qui aura le plus sorti du lot. Il faut dire que l'histoire de l'illustratrice américaine Emil Ferris, auteure du roman graphique «Moi ce que j'aime, c'est les monstres», à qui j'attribue l'étoile du match, relève parfois d'un film d'horreur.

Une agression sexuelle durant son enfance, pendant qu'un épisode de Mr. Magoo jouait à la télé, lui a pourtant fait détester les bandes dessinées durant longtemps. «J'espère qu'en le lisant, les gens trouveront l'inspiration de faire ce qu'ils aiment plus que tout», a lancé cette femme partie de loin.

Terrassée par une forme grave du virus du Nil en 2002, elle a eu tout le bas du corps paralysé, avant de retrouver une partie de sa dextérité. Entre-temps, sans le sou, elle a été expulsée de son appartement, et sa propre fille a dû vendre des vêtements pour qu'elle puisse se nourrir. Même une fois le bouquin complété, elle se servait à même le buffet d'un salon du livre!

La très attachante dame, qui se définit comme une sorcière, n'est pas banale. Pour son livre, elle a travaillé 16 heures par jour durant six ans, et essuyé les refus de 48 éditeurs. Celui-ci a été dessiné entièrement avec un stylo-bille. «C'était de la folie! Je ne sais pas à quoi attribuer ça, à part la maladie mentale», affirme la gentille sorcière, qui voit des monstres partout. Même en Guy A. et en Dany, qu'elle a dessinés en Dracula et sa victime, Renfield.

Autre moment marquant de cette émission par ailleurs un peu terne, cette entrevue remuante avec Louis-Philippe, ce père de famille de Saint-Jérôme qui a oublié son bébé dans sa voiture en août 2016, alors qu'il devait le mener à la garderie. «Jamais je ne vais accepter la mort de mon fils. Je vis avec», a dit le papa de deux autres garçons, et d'une fillette née après le drame. Depuis, les petits drames sont plus difficiles à vivre, mais heureusement, son couple a survécu malgré tout, et jamais sa conjointe ne lui a adressé de reproches. Il porte sur son bras un tatouage qui lui rappelle le petit Jacob chaque jour. Parce qu'on survit à un tel drame. «L'être humain est capable de survivre à ces choses-là. Ça donnerait quoi de ne pas survivre à ça?» demande Émilie Perreault, qui parle d'un bel exemple de résilience. Dans la série Faire œuvre utile, la journaliste a permis à Louis-Philippe de rencontrer Biz, qui a publié un roman sur une histoire semblable, Naufrage.

Dominic Champagne ne s'attendait pas à une réaction aussi violente à son fameux Pacte pour la transition, auquel ont adhéré de nombreux artistes, accusés par la suite de vouloir faire la morale sur la question environnementale. «Le festival de la bouette», résume le metteur en scène. Louis Morissette, lui, avait prévu cette réaction, hésitant au départ à apposer sa signature et en avait prévenu Champagne. De l'autre côté, celui-ci dit recevoir des centaines de courriels inspirants qui appuient le mouvement, et est sorti encouragé de sa rencontre avec le premier ministre François Legault et sa ministre de l'environnement. «J'ai envie d'inspirer mon premier ministre, je lui ai offert mes services», a-t-il dit, ajoutant qu'il pouvait être «un caillou ben tannant dans le soulier».

Pour l'ingénieure Catherine Morency, l'achat de véhicules électriques ne constitue pas un geste vert, à moins que ce soit pour des autobus, qui transportent plusieurs personnes. Elle ajoute qu'il ne manque pas de solutions alternatives à la construction de nouveaux liens routiers. L'économiste François Delorme se dit en faveur d'un organisme indépendant du gouvernement, comme la Banque du Canada, qui serait chargé d'atteindre les cibles en environnement. Il cite un rapport déposé en milieu de semaine, qui prévoit qu'on ratera les cibles de gaz à effet de serre pour 2030, à hauteur de 13%.

Trois millième invitée de «Tout le monde en parle», Virginie Fortin a reçu des critiques très élogieuses de son nouveau spectacle, Du bruit dans le cosmos. Un titre qui lui a été inspiré parce qu'elle s'est toujours questionnée sur l'infini et sur notre présence dans l'univers. Elle écrit ses propres textes avec son chum, Philippe Cigna, et pratique un humour philosophique, même si le terme «ne vend pas tant que ça». L'humoriste, une habituée du Festival Fringe à Édimbourg en Écosse, y va pour donner des spectacles, devant des salles remplies ou parfois vides, mais aussi pour s'inspirer d'autres humoristes. Elle s'est clairement inspirée de Josée Rivard, une figure populaire sur Facebook, pour une parodie à l'émission L'heure est grave à Télé-Québec. La dame forte en gueule et en opinions tranchées lui a répondu, sans qu'on sache trop si elle a aimé, ou pas, la parodie.

Auteur de la trilogie des Fourmis, Bernard Werber a publié La boîte de Pandore, l'histoire d'un professeur qui utilise l'autohypnose pour visiter ses vies antérieures. Le romancier français utilise lui-même ce procédé, et précise qu'il préfère revisiter ses vies agréables. Une médium lui a dit qu'il avait eu 111 vies, au cours desquelles il a été un archer anglais, un samouraï, une femme dans un harem en Égypte. Werber n'a aucune honte de parler de ses croyances. «Je n'ai aucune volonté de convaincre qui que ce soit de quoi que ce soit», dit-il. Et tant mieux, si vous êtes sceptique, ajoute-t-il. «Pour chacun, il y a une réponse différente.» Savez-vous qui vous êtes vraiment? demande le roman. «C'est une œuvre de toute une vie», croit l'auteur, qui en apprend sur lui-même chaque jour. Il utilise la réincarnation comme «outil de détente», afin d'expliquer pourquoi on fait tel choix plutôt qu'un autre. Parce qu'on choisirait même la taille de son pénis avant sa naissance, selon M. Werber. Ce qui a fait dire à Guy A.: «avoir su!»

Alors que les trois précédents albums des Trois Accords ont été produits en partie à New York, Beaucoup de plaisir a été enregistré dans un petit chalet de Saint-Zénon, sans accès à Internet. Le fait qu'ils aient développé d'autres projets autour, comme le Festival de la poutine, explique peut-être leur longévité. Spécialement pour l'émission, ils ont transformé leur chanson Tout le monde capote en «Tout le monde en parle», ce qui pourrait devenir l'hymne de la grand-messe du dimanche soir. Assez pour oublier le ver d'oreille Rassemblés en un même corps, qu'ont plusieurs d'entre nous en tête depuis la visite de Mario Pelchat la semaine dernière.

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RICHARD THERRIEN

Vendredi noir pour Marina Orsini

BLOGUE / Deux magazines importants de la grille de jour d’ICI Radio-­Canada Télé, «Marina Orsini» et «Entrée principale», de même que l’émission «Deuxième chance», ne reviendront pas la saison prochaine. Cette décision entraîne l’abolition de 16 postes permanents au secteur Culture, variétés et société, en plus des pigistes qui se retrouvent sans travail.

C’est un dur coup pour Marina Orsini, qui a perdu deux émissions dans la même journée. D’abord, sa quotidienne matinale, qu’elle animait depuis 2015, et qui attirait cet automne 62000 fidèles. Puis, Deuxième chance, qu’elle pilotait en équipe avec Patrick Lagacé le samedi soir, et dont la troisième et ultime saison sera diffusée cet hiver. Sur Facebook, au sujet de Marina Orsini, l’animatrice a parlé d’une «bien triste nouvelle, mais un immense sentiment de gratitude d’avoir pu faire cette magnifique émission pendant quatre saisons. Un grand privilège dans cet air de mouvement, de virage et d’incertitude.» Déjà, l’émission avait vu le nombre de ses épisodes coupé de moitié cette saison.

André Robitaille perd quant à lui Entrée principale, qu’il animait depuis six saisons, et qui s’était déjà vue amputer son émission du vendredi cet automne. En moyenne 161000 téléspectateurs étaient au rendez-vous chaque après-midi à 16h. Dans une note interne, la directrice générale, Dominique Chaloult, indique que la décision de retirer ces émissions est «motivée par les orientations stratégiques de Radio-Canada, qui impliquent un redéploiement des ressources liées au virage numérique pour être au diapason de la manière dont le public d’aujourd’hui consomme les contenus audiovisuels.» On dit toutefois avoir l’intention «de conserver une masse critique de capacité de production interne, non seulement en information, en radio et en services numériques, mais aussi en télévision générale, où elle sera maintenue en partenariat avec des maisons de production.»

D’année en année, la programmation de jour perd des plumes dans toutes les télés généralistes. Comme émission originale sur ICI Radio-Canada Télé, ne restent plus que Ricardo et Le téléjournal midi, les autres cases étant occupées par des rediffusions. L’été dernier, pour la première fois, le diffuseur ne présentait plus de magazine de jour, ayant mis fin à l’éphémère Indice UV. La direction a déjà laissé savoir préférer consacrer ses budgets aux heures de grande écoute.

Adaptation d’un concept britannique, Deuxième chance permettait à des gens du public de demander pardon ou de témoigner leur reconnaissance à quelqu’un, plusieurs années plus tard. Patrick Lagacé accueille la nouvelle avec philosophie et se trouve privilégié d’avoir pu vivre cette aventure durant trois saisons. «Pour les gens qui nous confiaient leur quête, qui étaient hantés depuis des années, parfois des décennies, ça avait un effet incroyablement apaisant. L’expression dit: ''c’est juste de la TV''. Mais c’était souvent plus que de la TV dans notre cas», affirme le chroniqueur de La Presse+ et coanimateur de Deux hommes en or à Télé-Québec.

Heureusement, le public aura l’occasion de retrouver Marina Orsini comme actrice cet hiver dans la nouvelle série de Chantal Cadieux, Une autre histoire, dans laquelle elle incarne une femme atteinte d’Alzheimer précoce. Les derniers enregistrements de Marina Orsini auront lieu en décembre, alors que l’équipe d’Entrée principale restera en place jusqu’en avril.

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RICHARD THERRIEN

«Marina Orsini» et «Entrée principale» ne reviendront pas

BLOGUE / Deux magazines importants de la grille de jour d'ICI Radio-Canada Télé, «Marina Orsini» et «Entrée principale», ne reviendront pas la saison prochaine. Les équipes ont appris la mauvaise nouvelle aujourd'hui même.

Cette décision entraîne l'abolition de 16 postes permanents au secteur Culture, variétés et société. Dans une note interne, la directrice générale, Dominique Chaloult, indique que la décision est «motivée par les orientations stratégiques de Radio-Canada, qui impliquent un redéploiement des ressources lié au virage numérique pour être au diapason de la manière dont le public d’aujourd’hui consomme les contenus audio-visuels.» On dit toutefois avoir l'intention «de conserver une masse critique de capacité de production interne, non seulement en information, en radio et en services numériques, mais aussi en télévision générale où elle sera maintenue en partenariat avec des maisons de production.»

D'année en année, la programmation de jour perd des plumes dans toutes les télés généralistes. Comme émission originale sur ICI Télé, ne restent plus que Ricardo et Le téléjournal midi, les autres cases étant occupées par des rediffusions. L'été dernier, pour la première fois, le diffuseur ne présentait plus de magazine de jour, ayant mis fin à l'éphémère Indice UV. La direction a déjà laissé savoir préférer consacrer ses budgets aux heures de grande écoute.

En ondes depuis l'automne 2015, Marina Orsini avait déjà vu le nombre de ses émissions coupées de moitié cette saison. Les derniers enregistrements auront lieu en décembre. Après six saisons, Entrée principale se poursuivra jusqu'à la mi-avril.

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RICHARD THERRIEN

«La joute» loin devant «Mordus de politique»

BLOGUE / Déception chez ICI RDI, où l'arrivée de «Mordus de politique» avec Sébastien Bovet n'a pas donné l'impulsion souhaitée aux cotes d'écoute de l'antenne en après-midi, cet automne.

Pour la période du 13 août au 10 novembre, de 16h à 17h, l'auditoire est resté sensiblement le même que la défunte deuxième édition des Ex, passant de 45 000 à 44 000, ce qui représente le tiers de l'auditoire de La joute, l'émission rivale à LCN.

Sans surprise, l'émission animée par Paul Larocque l'emporte haut la main, réunissant chaque jour 147 000 fidèles, dans la même case horaire. On aurait pu croire que les départs de Luc Lavoie et de Bernard Drainville auraient pu faire mal, mais l'émission de LCN a même connu une hausse, en plein automne électoral. L'an dernier, à pareille date, 136 000 personnes étaient au rendez-vous.

L'ajout d'une heure supplémentaire à La joute, de 15h à 16h, a aussi donné un élan aux chiffres, puisqu'ils sont passés de 73 000 à 107 000 durant cette heure. Si on fait la moyenne des deux heures, LCN retient 127 000 irréductibles contre 104 000 l'an dernier.

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Télé et radio

Mon nouvel ami Léo

CHRONIQUE / En visionnant les quatre premiers épisodes de «Léo», la nouvelle comédie de Fabien Cloutier sur le Club illico, je sentais que nous vivions quelque chose. Un peu comme lorsqu’on avait vu «Les Bougon» la première fois. Léo nous montre des gens qu’on préfère tenir loin de la télé, un monde loin du raffinement des villes et de ce qui est à la mode. Et ça fait franchement du bien.

Remarquez, l’excellente série Faits divers est allée dans cette talle depuis deux saisons, l’emballant dans une enquête policière. Dans Léo, une production Encore Télévision, ce sont eux qu’on raconte, tout cru, sans le prétexte d’une grande histoire. Un récit qui n’est pas si loin du conte, avec ses personnages entiers, bien définis, francs et sincères. N’y cherchez pas de deuxième ou de troisième couche, ils nous apparaissent tels qu’ils sont.

Léo, un personnage que Fabien Cloutier avait créé au théâtre, entreprend la quarantaine sans jamais avoir eu d’emploi, dans le village fictif de Walton, qu’on imagine à trois heures de Mont­réal. Au premier épisode, il mène une vie pathétique, sans but, se laissant aller avec le courant. Quand son meilleur ami Chabot (Steve Laplante, aussi coauteur) décide de se ranger en se mariant et en fondant une famille, Léo se retrouve fin seul, avec ce grand vide qui lui apparaît soudainement immense. Plutôt que de continuer à jouer au Monopoly contre lui-même, Léo décide de se prendre en main et de faire quelque chose de sa vie.

La suite est enthousiasmante. On vit avec lui tous les obstacles qui se dressent sur son chemin, quand il se lance à la recherche d’un job, alors qu’il n’a pas complété son 3secondaire. Sa rencontre avec la propriétaire d’une «cour à scrap» (Brigitte Poupart) est absolument hilarante. Et on le suit aussi quand il se cherche une blonde. Aussitôt engagé dans une usine de gâteaux, il n’a d’yeux que pour Cindy (Marie-Laurence Moreau), l’adjointe administrative, qui lui ferait une parfaite compagne. On ne perd pas de temps avec Léo, qui lui fera savoir bien assez vite ses intentions.

Les acteurs sont fabuleux, y compris les enfants, tous justes. D’ailleurs, quelle distribution. Anne Dorval, dans le rôle de la mairesse et coiffeuse, est truculente et d’une vérité sans nom. Marc Labrèche fait un patron macho irrésistible. Et que dire des «Vainqueurs», l’ancienne gang de Léo, quatre mal engueulés auxquels il ne veut surtout plus ressembler. Vincent Leclerc, Sébastien Dubé, Hubert Proulx et Luc Boucher forment ce quatuor grossier et indésirable. Pour eux, Léo n’est qu’une «moumoune» de vouloir sortir de son quotidien paisible.

Léo n’est pas une série sage. On y sacre, le pot qu’on y fume ne vient pas de la SQDC, et la représentation qu’on y fait des régions est presque folklorique. J’ai demandé à Fabien Cloutier, lui-même originaire de Sainte-Marie en Beauce, s’il craignait que le monde rural n’apprécie pas la façon dont il le dépeint et qu’il crie au stéréotype. «J’ai pas peur. Ils sont beaux, ces personnages-là», me répond-il. Et on le sent qu’il aime chacun d’entre eux, tout au long de la série. «Et puis, on joue partout avec les stéréotypes», plaide-t-il. À l’inverse, l’auteur affirme croiser des gens beaucoup plus stéréotypés, qu’il serait impensable de décrire à l’écran.

À la réalisation, Jean-François Chagnon, ex-Appendice, accomplit un travail admirable, vraiment. Le ton un peu décalé, juste assez amplifié, qu’il donne à Léo est franchement réjouissant. Jamais je n’ai regardé ma montre durant les quatre épisodes, qui passent trop vite. Il m’en reste sept, j’en voudrais plus. Une deuxième saison est en préparation, mais en attendant, les 11 premiers épisodes d’une demi-heure sont sur le Club illico jeudi vers 10h.

V: fini le talk-show

V abandonne la formule du talk-show de 22h, et va plutôt de l’avant avec une quotidienne de variétés humoristique, diffusée du lundi au jeudi à 21h, dès février prochain. Cette nouveauté de 30 minutes sera produite par Julie Snyder chez Productions Toros, mais ne sera pas animée par celle-ci. L’émission n’a pas encore de titre, n’aura pas d’animateur unique, et sera plutôt portée par plusieurs humoristes, désignés dans les prochaines semaines. C’est parce que la formule de talk-show à 22h n’attirait pas le groupe cible des 18-49 ans que V a choisi d’abandonner cette case, et opte plutôt pour celle de 21h, actuellement occupée par des séries américaines. Celles-ci seront décalées à 21h30. V a décidé il y a quelques semaines de ne pas renouveler Le show de Rousseau, le talk-show qui avait succédé à En mode Salvail depuis mars dernier, mais qui obtenait des cotes d’écoute décevantes.

Josélito Michaud avec Pierre-Yves Lord

J’apprends que c’est à Josélito Michaud qu’a été confiée la réalisation de la nouveauté de Pierre-Yves Lord, dont une émission pilote a été enregistrée mercredi dernier. La direction d’ICI Radio-Canada Télé n’a voulu donner aucun détail sur ce concept, et préfère ne pas se prononcer avant d’avoir vu le montage final de cette émission, bâtie autour d’histoires de vie de personnalités connues et de parfaits inconnus.