RICHARD THERRIEN

«En tout cas» de retour pour une deuxième saison

BLOGUE / J'apprends que TVA a commandé 10 nouveaux épisodes à la comédie «En tout cas», prévus pour l'hiver prochain à TVA. Guylaine Tremblay et Anne-Élisabeth Bossé reprennent donc leurs rôles de mère et fille, qui ont rallié plus d'un million de téléspectateurs l'hiver dernier le lundi à 19h30.

On se souvient qu'à la première saison, Danielle (Guylaine Tremblay) quittait l'Abitibi pour venir rejoindre sa fille et son fils à Montréal. Son adaptation à la grande ville n'a pas été de tout repos, et Chloé (Anne-Élisabeth Bossé) a dû elle-même s'adapter à la présence de son envahissante mère.

La critique n'a pas été unanime à l'endroit d'En tout cas. Plusieurs l'ont comparée à Lâcher prise, diffusée à la même heure sur ICI Radio-Canada Télé, aussi avec un duo mère-fille, mais très différente dans l'histoire et dans le style. Le public a toutefois été plus nombreux à suivre En tout cas, qui a enregistré une moyenne de 1 047 000 téléspectateurs, contre 892 000 pour Lâcher prise, renouvelée pour une troisième saison.

L'auteure Rafaële Germain et le réalisateur François Jaros (L'âge adulte) reprennent donc du service pour cette deuxième saison d'En tout cas.

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Chronique

Dany Laferrière et le charme des mots

CHRONIQUE / Dany Laferrière ne m'a déçu dans aucune de ses apparitions à «Tout le monde en parle», et il n'a pas fait exception dimanche soir. Qui d'autre que l'Académicien aurait pu faire l'éloge de l'alphabet avec autant de verbe et d'éloquence? «S'il n'y avait pas l'alphabet, nous serions tous morts. […] L'alphabet porte le fardeau du monde. S'il n'y avait pas cela, vous vous imaginez, on aurait pu perdre toute la mémoire du monde», a-t-il dit, relevant au passage que les voyelles étaient «snobs et prétentieuses», regardant les consonnes de haut.

Laferrière, qui semble chaque fois éprouver un réel plaisir sur ce plateau, a écrit et dessiné à la main son 30e livre, Autoportrait de Paris avec chat. Il déplore que l'ordinateur nous ait fait négliger nos propres mains, «le premier outil de l'homme et de la vie». «La main a une mémoire que l'ordinateur n'a pas. […] Nous refusons de l'utiliser. Nous sommes en train de perdre quelque chose.»

Le romancier reconnaît que l'Académie ne compte que quatre femmes et souhaite qu'il y en ait plus. «Disons quatre femmes et un Noir», a-t-il ajouté, rappelant qu'il y avait plus de femmes auteures que d'hommes, et que 80% du lectorat est féminin.

Alors que ses cinq dernières années lui semblent être passées à la vitesse de l'éclair, Marc Dupré reste avec l'impression d'avoir un peu négligé les siens. «Je m'ennuie de mes enfants, de ma femme, de ma vie familiale», affirme l'ancien coach de La voix, qui a quitté l'émission par choix, et qui ignore s'il y retournera un jour. Il a écrit pour sa femme Pourquoi t'es restée?, se demandant comment elle a pu supporter l'être anxieux qu'il est et qui travaille sans arrêt. «Je ramenais ça à la maison», dit-il. Depuis la mort de son beau-père René Angélil, Dupré et son épouse vont beaucoup moins à Las Vegas, vivant encore leur deuil.

«Elle est vraiment meilleure que moi», dit-il de sa fille Stella, avec qui il chante en duo. Un Justin Bieber chinois a repris sa chanson La tempête, un tabac dans son pays. «J'ai pas fait une fortune avec ça», affirme néanmoins Dupré, qui s'apprête à remonter sur la scène au Centre Bell et au Centre Vidéotron. La carte du fou du roi: «Tu t'es tellement créé de compétiteurs avec La voix qu'aujourd'hui, t'en es réduit à passer à Tout le monde en parle pour vendre tes billets.»

On ne se lasse pas de Chantal Machabée, qui mériterait enfin son trophée Artis. Comme elle le raconte dans sa biographie intitulée Chantal Machabée: désavantage numérique, et signée Guillaume Lefrançois, la vedette de RDS savait déjà enfant qu'elle voulait devenir journaliste sportive. Passionnée de hockey, elle a collectionné une bonne cinquantaine d'autographes de Guy Lafleur, son idole de toujours. À ses débuts à RDS, elle a dû se résoudre à porter des broches pour corriger une seule dent croche à la demande d'un patron, alors qu'on n'exigeait pas des collègues masculins bedonnants de perdre 30 livres. Elle a fait de tout, y compris décrire les tournois de fers avec Jean-Paul Chartrand.

Elle garde contact avec Jacques Demers, privé de la parole mais qui parvient à communiquer. «Malgré toutes ces épreuves-là, il demeure joyeux», affirme la journaliste et animatrice, qui a soutenu M. Demers avant qu'il ne dévoile au grand jour qu'il était analphabète. Exemples de commentaires vulgaires et méchants qu'elle peut recevoir: «T'es une salope. Tu dois coucher avec les joueurs. T'es une conasse. Tu connais rien. Qu'est-ce que tu fais encore là? T'es trop vieille pour être là.» Et c'est pire quand le Canadien connaît une série de défaites. Il fallait bien trouver un défaut à Chantal Machabée: elle admet qu'elle sacre beaucoup, sur la passerelle, les soirs de matchs, et peut lâcher un «Qu'est-ce qu'il fait là, l'estie de chaudron?»

«Je pensais que vous alliez faire l'entrevue avec un sac sur la tête», a dit d'emblée Dany Turcotte à Marc Bergevin, qui avait le caquet bas dimanche. «Ce qui est arrivé l'an dernier est inacceptable et j'en prends l'entière responsabilité», affirme le directeur général du Canadien. Il pointe du doigt l'offensive déficiente, l'«atroce» jeu en désavantage numérique, la saison «en-dessous de ses capacités» de Carey Price, de même que les défenseurs. Va-t-il endurer la baboune de Carey Price durant les huit ans de son contrat? Bergevin a trouvé le moyen de défendre son gardien, parlant d'un «être sensible» et «frustré».

Il rejette les rumeurs de ses chicanes avec Max Pacioretty, relevées entre autres par Mike Bossy, et contredit Réjean Tremblay, qui dit avoir su de Geoff Molson que la décision d'échanger P.K. Subban a été prise des mois avant la transaction. Ne comptez pas sur lui pour regretter cet échange, que bien des partisans ont encore sur le cœur.

Colombe St-Pierre a du caractère, et on aime ça. Élue cheffe de l'année au premier gala des Lauriers de la gastronomie québécoise, elle parle franchement de ce qui la heurte, notamment du mariage impossible entre production industrielle et artisanale, considérées à tort sur un pied d'égalité par nos réglementations. Oui, les femmes sont moins nombreuses que les hommes en gastronomie, tout comme dans le guide Michelin. «Mes compères masculins ont toujours été là pour moi», dit-elle toutefois, ajoutant ne jamais avoir été brimée par eux. «J'ai toujours eu un caractère qui ne laissait aucune place à toute forme d'intimidation», dit-elle au sujet du mouvement #moiaussi en gastronomie. Elle éclate de rire en entendant le nom de Jean-Claude Apollo, qui lui inspire ce gag un peu douteux, mais apprécié de l'assistance: «Ça ferait du bien, une matante cochonne!» Vantée par Dany Laferrière, qui salue sa hardiesse et qualifie sa cuisine de «fougueuse» mais de «très raffinée» en même temps, la propriétaire de Chez St-Pierre au Bic assume pleinement son choix de tenir un resto en région, mais admet avoir enregistré un déficit pour la première fois dans la dernière année.

Le film Origami, mélange de drame psychologique et de science-fiction, nous ramène François Arnaud, qui joue un restaurateur d'œuvres d'art capable de se déplacer sur sa propre ligne du temps. Médium qui parle aux morts dans Midnight, Texas, François Arnaud préfère les plateaux américains aux français, où les acteurs seraient moins bien préparés. «Ils parlent aux maquilleuses comme si c'était de la scrap», dit-il des collègues français. L'acteur vit à Brooklyn, mais s'ennuie du Québec et de «vivre en français». Producteurs québécois, prenez-en note. La carte de Dany: «T'es jeune et beau, profites-en bien. Par expérience, je te le dis, ça durera pas.»

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RICHARD THERRIEN

C'est la fin pour «Virtuose»

BLOGUE / L'émission «Virtuose» ne reviendra pas la saison prochaine sur ICI Radio-Canada Télé. L'animateur Gregory Charles a lui-même annoncé la nouvelle sur sa page Facebook, se disant attristé par la décision du diffuseur.

En ondes depuis trois saisons le vendredi à 19h, l'émission permettait à de jeunes musiciens de faire valoir leurs talents, que ce soit au violon, en chant, au piano, ou à tout autre instrument. Le ténor Marc Hervieux servait de témoin la première saison, alors que Gabriella s'est joint à lui lors de la deuxième, et Florence K cette année. Gregory Charles assurait aussi la production de Virtuose avec Sylvia Côté.

«Je suis reconnaissant envers Radio-Canada et salue leur courage. Je vais par ailleurs continuer, avec détermination, à trouver de nouveaux moyens de soutenir nos jeunes musiciens et de permettre à tous de les découvrir et de jouir de leur talent et de leur passion», a écrit Gregory Charles sur Facebook, sans élaborer sur les raisons du diffuseur de mettre fin à l'émission.

L'aventure ne se termine tout de même pas ici pour Virtuose. Le samedi 28 avril prochain, Gregory et le Virtuose Orchestra présenteront le spectacle Barock au Palais Montcalm. Dix musiciens des trois saisons de l'émission interpréteront des œuvres de musique classique et des grands airs populaires. Parmi eux, quatre jeunes talents de Québec, Laurianne Houde, Jérôme Chiasson et Frédéric Pouliot au violon, et Nathanaël Cardinal au violoncelle. Le violoniste Benjamin Seah, vainqueur de la troisième saison, sera aussi du nombre.

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Télé et radio

Le grand retour au jeu de Marina

CHRONIQUE / Marina Orsini n’avait pas joué dans une série depuis la mort de Suzie Lambert dans «Lance et compte» en 2015. Pour son retour au jeu dans la nouveauté de Chantal Cadieux, «Une autre histoire», elle incarnera Anémone, une femme atteinte d’Alzheimer précoce, qui voudra renouer avec son passé. Un personnage «mystérieux, fragile et résilient».

Diffusée à partir de la saison prochaine sur ICI Radio-Canada Télé à raison de 24 épisodes par année, Une autre histoire arrive moins d’un an après la fin de Mémoires vives, la précédente série de Chantal Cadieux, qui n’aura pris que trois mois de congé avant de plancher sur ce nouveau projet. À 50 ans, la peur du vide s’est emparée d’elle, de sorte qu’elle n’allait pas rester inactive bien longtemps.

Dans les premières minutes de la série, Anémone apprendra à 53 ans qu’elle souffre d’Alzheimer précoce, un mal héréditaire, dont l’évolution est beaucoup plus rapide à cet âge. Ce choc brutal fait naître l’urgence de régler certaines choses qu’elle avait enfouies dans sa mémoire. Il y a bientôt 30 ans, Anémone, qui s’appelait alors Manon, a fui un contexte familial de violence, abandonnant par le fait même ses trois enfants, joués par Debbie Lynch-White, Benoît McGinnis et Adam Kosh, et élevés par Ronald, rôle tenu par Vincent Graton. Ce sont eux qu’elle voudra revoir avant de les oublier, sauf que ceux-ci ignorent même que leur mère est encore en vie.

Devenue thanatopractice (ou embaumeuse), Anémone a refait sa vie à Belleville, ville fictive près de Québec, et a trois enfants issus d’une nouvelle union, joués par Marilou Morin, Mikhail Ahooja et Laurence Barrette. Son deuxième conjoint, lui, est décédé. Quoiqu’avec Chantal Cadieux, on n’est jamais sûr de rien.

Sébastien Ricard incarne le nouveau directeur du salon funéraire pour lequel travaille Anémone, et qui cache probablement plusieurs secrets, comme bien des personnages de l’auteure. Après l’annonce de mardi, Marina Orsini se rendait rencontrer un véritable thanatopracteur pour recevoir une courte formation. Parce qu’on la verra embaumer des corps, pas des vrais, rassurez-vous. Marina n’a pas peur, elle qui a vu des opérations pour incarner des médecins dans Urgence et Dr Lucille. Ne vous attendez pas pour autant à voir autant de cercueils que dans Six pieds sous terre.

L’impressionnante distribution d’Une autre histoire comprend aussi Danielle Proulx, Nathalie Coupal, Patrice Godin, Marie Turgeon, Guillaume Cyr, Stéphane Jacques, Widemir Normil, Patricia Tulasne et Cynthia Trudel. C’est un bonheur de retrouver Debbie Lynch-White, qui jouera une camionneuse après avoir été IPL dans Unité 9, et qui brille actuellement dans La Bolduc.

Le tournage commence le 14 mai dans les environs de Varennes, sur la couronne sud de Montréal. La série est produite par Sophie Pellerin de Sphère Média Plus, boîte qui a aussi produit Providence et Mémoires vives, les deux précédentes œuvres de Chantal Cadieux. Marina Orsini retrouve quant à elle la réalisatrice Brigitte Couture, qui l’avait dirigée dans 30 vies. Celle qui s’est surtout consacrée à l’animation ces dernières années ne s’est pas fait désirer après avoir lu les trois premiers textes de Chantal Cadieux, avec qui elle s’embarque peut-être pour plusieurs années.

Ce sera une année occupée pour l’animatrice, qui poursuivra son travail à Deuxième chance, en plus de la quotidienne Marina Orsini, amputée de près de la moitié de ses émissions (60 au lieu de 110) pour des raisons de budget.

Un duo touchant

La première des Échangistes a donné lieu à un moment magique de télévision, avec l’improbable duo de Marie-Mai et Safia Nolin, qui ont interprété des airs de l’une et de l’autre, en y ajoutant leurs couleurs. L’émission de lundi a été suivie par 635 000 télé­spectateurs sur ICI Radio-Canada Télé. J’aurais cru que la première des Chefs! aurait attiré plus que les 673 000 curieux qui étaient au rendez-vous. District 31 reste imbattable avec ses 1 374 000 accros, dont plusieurs s’interrogent sérieusement sur la réelle mort de Jeff Morin (Luc Picard). Plus que deux épisodes avant la fin de la saison, jeudi.

RICHARD THERRIEN

Reviendra, reviendra pas?

BLOGUE / Vous avez été nombreux à me demander la liste des retours confirmés pour la saison prochaine. La voici, cette liste annuelle des «reviendra, reviendra pas», qui sera mise à jour au fur et à mesure des confirmations. Notez entre autres les retours de «1res fois», un des beaux succès de l'hiver, et des «Magnifiques» sur ICI Radio-Canada Télé. Télé-Québec donne aussi une deuxième saison à sa nouveauté «Dans les médias», mais décide de mettre fin à l'émission d'Anaïs Favron, «100% animal».

ICI RADIO-CANADA TÉLÉ

RETOURS CONFIRMÉS

District 31

Lâcher prise

Ruptures

Les pays d'en haut 

Unité 9 

Cheval-Serpent 

Les Simone 

Trop 

Faits divers

Au suivant

Les enfants de la télé 

Tout le monde en parle 

Ici on chante 

Marina Orsini 

Entrée principale

Silence, on joue!

En direct de l'univers

Ricardo

1res fois

Infoman

Ici Laflaque

Prière de ne pas envoyer de fleurs

Deuxième chance

Info, sexe et mensonges

Les magnifiques

Les dieux de la danse

La facture

L'épicerie

Enquête

Découverte

La semaine verte

Second regard

Les coulisses du pouvoir


NON-RENOUVELÉES

Hubert & Fanny 

Virtuose


EN ATTENTE DE CONFIRMATION

Ouvrez les guillemets

Télé et radio

Des héros et des zéros

CHRONIQUE / On a ratissé large dans les discussions dimanche à «Tout le monde en parle», passant de l'échec cuisant des Canadiens à la réussite en affaires, déboulonnant au passage plusieurs mythes persistants.

Dominique Brown, le pdg de Chocolats favoris et recrue de Dans l'œil du dragon, veut la première place et rien d'autre. «L'objectif est de créer une marque de chocolat québécoise qui va se trouver partout à travers le monde», a dit avec assurance celui qui a fait la meilleure impression parmi les invités dimanche. Avec comme objectif un chiffre d'affaires de 100 millions $ d'ici 2020, Chocolats favoris atteindrait le top 100 mondial des confiseurs, une première étape vers la tête.

Héros des affaires, Dominique Brown n'a jamais dévoilé combien il avait vendu Beenox à Activision. Sa seule folie le lendemain a été de s'acheter un vélo de 2000$. «Si je m'étais mis à dépenser en fou furieux, je n'aurais jamais pu probablement faire le saut avec Chocolats Favoris.» Dire qu'à ses débuts, Beenox a frôlé la faillite, avant de se lancer dans un concept de conversion de jeux vidéo.

Jamais il n'a été question qu'on traduise en anglais le nom des boutiques, même à l'international. «Si les entreprises américaines changent pas de nom en arrivant, y'a pas de raison pour laquelle on changerait de nom», tranche-t-il, applaudi par l'assistance. La carte du fou du roi: «Si Chocolats favoris désire produire des Guy A. en chocolat, dépêchez-vous, le moule craque de partout.»

Il fallait voir Julien Lacroix offrir un «pitch» hilarant mais non moins misérable à Dominique Brown pour financer son film. Plutôt que d'attendre des subventions, Adib Alkhalidey et lui ont préféré faire appel au public pour trouver les 80 000$ nécessaires à la production de leur premier long métrage. Destinée au web, cette comédie sur la maladie mentale a déjà une date de sortie, le 10 janvier 2019, ce qui oblige le duo d'humoristes à livrer coûte que coûte.

Aussi auteur de la websérie aux divers accents Pause Kahwa, Adib Alkhalidey a grandi dans un environnement multiethnique, Ville Saint-Laurent, au nord de Montréal. Il constate comme tout le monde un manque de diversité culturelle à la télévision, mais reste compréhensif. «Faut arrêter de culpabiliser les gens. Tu ne vas pas parler de quelque chose qui ne fait pas partie de ton imaginaire. On ne peut pas demander à un auteur qui n'a pas grandi dans mon quartier d'écrire à propos de mon quartier, ça ne va pas lui venir naturellement.»

Très intéressant passage de Michel C. Auger, auteur de 25 mythes à déboulonner en politique québécoise. L'animateur et analyse politique déplore que plusieurs parlent de la situation de la langue française au Québec comme on en parlait il y a 50 ans. Il ne croit pas au recul du français, et rappelle que 94,5% des Québécois sont capables de tenir une conversation dans cette langue.

Michel C. Auger considère que plusieurs ramènent le concept de la laïcité dans le but de diminuer le nombre d'immigrants. Il ne voit pas pourquoi l'étudiante en technique policière serait une plus mauvaise agente parce qu'elle souhaite garder son voile. «Même qu'elle pourrait avoir plus d'empathie», croit-il. Y'a-t-il trop de chroniques d'opinions dans nos médias? «Comme journaliste, je ne vais jamais dire qu'il y en a trop. Y'en a trop des pas bonnes», a-t-il répondu. «On pense aux deux mêmes?», a blagué Guy A. La carte de Dany: «Un autre mythe à déboulonner, celui du journaliste qui finit toujours avec un beau grand sourire sur une pancarte électorale.» «Ah pas moi, Dieu m'en préserve!» a répliqué Auger.

Justement, Bianca Longpré a décidé d'abandonner l'opinion pour rester dans l'humour. Boule d'énergie et verbomotrice, elle décline son concept de Mère ordinaire dans un blogue, un livre, un magazine et même un spectacle. Son discours de dimanche, très drôle et positif, jurait avec ses textes d'opinions qui créaient la polémique, il n'y a pas si longtemps. «J'ai choisi les jokes, c'est pas mal plus le fun», affirme l'humoriste, aussi la conjointe de François Massicotte, et qui clôturera le premier Grand Montréal Comédie Fest avec un gros party de filles.

Celle qui décrit ce qu'elle fait comme «l'inverse de Marilou» avait envie de montrer la réalité plus chaotique de la vie d'une mère. «Je me suis rendue compte qu'il y en avait une méchante gang qui vivait la même affaire que moi.» Si les hommes ne sont pas vraiment invités à son spectacle, «on vous tolère», dit-elle. Encore en 2018, certains hommes refusent de laisser sortir leur blonde sans les accompagner.

Réjouissante Miss BBQ

Réjouissant de voir la révélation de la dernière saison de District 31, Charlotte Legault, qui a pensé abandonner le métier avant que son rôle d'Amélie/Nadia/Miss BBQ prenne l'ampleur qu'on connaît et obtienne la faveur du public. «Fallait que je marque l'histoire avec ce rôle-là», s'est-elle dit. En travaillant sur son personnage d'escorte, l'actrice de 26 ans est allée dans des bars de danseuses et rencontré un tatoueur pour trouver le symbole qu'allait adopter sa Miss BBQ. Avant de connaître le succès, elle a passé pas de moins 470 auditions. Moment charmant lorsqu'elle a imité l'accent du sud-est des États-Unis et l'accent britannique du début du XXe siècle, deux atouts dans sa manche d'actrice, elle qui joue aussi en anglais.

«C'est rien de moins que la pire saison de l'histoire de l'équipe», va jusqu'à dire Jean-Charles Lajoie, à propos de nos zéros, les Canadiens. Presque cruel d'entendre Claude Julien, sur vidéo, dire sur le même plateau l'automne dernier qu'il était revenu à Montréal pour gagner la Coupe Stanley. «Il n'a pas le casting voulu», poursuit l'animateur du 91,9. Au sujet du «problème d'attitude», cité si souvent durant la dernière semaine, le journaliste de La Presse+ Richard Labbé reconnaît que Carey Price affichait une mauvaise mine, même les soirs de victoires. Quel est ce fameux plan de la direction, selon lui? «Tu prends le gardien de but, pis tu croises tes doigts», dit-il, ajoutant qu'on a monté cette équipe à la manière des années 90, en misant d'abord sur le gardien.

Les partisans ont baissé les bras assez tôt dans la saison: Adib Alkhalidey, qui a le CH tatoué sur le cœur, a abandonné en novembre dernier et s'est résigné à suivre les Maple Leafs de Toronto. Geoff Molson a décliné l'invitation de Tout le monde en parle, mais Marc Bergevin a promis de s'y présenter dimanche prochain. Par ailleurs, Jean-Charles Lajoie joue un descripteur de hockey dans la série Demain des hommes, dans laquelle apparaissent son fils Pier-Gabriel et un autre de ses fils comme doublure du gardien de but.

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RICHARD THERRIEN

Les Aurore 2018: voici les nominations

BLOGUE / Quel a été le meilleur pire film québécois de la dernière année? Le jury des Aurore aura à choisir entre «De père en flic 2», «Goon 2», «Innocent» et «Le trip à trois».

La cérémonie, présentée pour la 12e année dans Infoman le jeudi 26 avril à 19h30 sur ICI Radio-Canada Télé, honorera aussi le pire interprète. On a d'ailleurs fusionné les catégories «Liquid Paper» féminine et masculine. «Les acteurs hommes ou femmes, non binaires, pangenres ou queer neutres pourront y aspirer sans crainte de discrimination», peut-on lire dans un communiqué.

Ainsi, se classent dans cette catégorie Marc-André Grondin (Goon 2), Louis-José Houde (De père en flic 2), Martin Matte (Le trip à trois), Mariana Mazza (Bon Cop Bad Cop 2), Sophie Nélisse (Et au pire, on se mariera) et toute la distribution du film Innocent.

Parmi les autres catégories: «La farmes-tu ta yeule» pour la meilleure pire réplique, «Hon t’aurais pas dû» pour la meilleure fausse bonne idée, et «Ça va pas fort» pour le film le plus déprimant.

Le jury est composé de Marc-André Lussier de La Presse+, Odile Tremblay et Manon Dumais du Devoir, Michel Coulombe d'ICI Radio-Canada Première et Branden Kelly de The Gazette. L'an dernier, la «Palme» du déshonneur était allée à Nitro Rush.

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RICHARD THERRIEN

Dominique Brown chez Guy A.

BLOGUE / Figure importante du monde des affaires de Québec, Dominique Brown sera sur le plateau de «Tout le monde en parle» dimanche. Le président de Chocolats Favoris se joint à l'équipe de «Dans l'oeil du dragon» dès lundi prochain sur ICI Radio-Canada Télé.

Guy A. Lepage reçoit aussi Charlotte Legault, interprète de Nadia/Amélie/Miss BBQ dans District 31, Jean-Charles Lajoie et Richard Labbé, sur la saison catastrophique du Canadien, les humoristes Adib Alkhalidey et Julien Lacroix, qui travaillent sur un scénario de long métrage, Bianca Longpré pour Mère ordinaire et Michel C. Auger pour son essai 25 mythes à déboulonner en politique québécoise.

Pour la première des Échangistes, Pénélope McQuade recevra lundi à 21h Véronique Cloutier, Marie-Mai, Safia Nolin, Élyse Marquis et Yes McCan.

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Chronique

Congé de langue de bois

CHRONIQUE / Qu'on soit d'accord ou pas, les invités de «Tout le monde en parle» ont laissé leur langue de bois au vestiaire, dimanche soir. Alors qu'on dit que la politique musèle ses candidats, Vincent Marissal conjugue plutôt la censure au passé sur ses convictions politiques. Et en faisant rimer parité avec pitié, Sophie Lorain a pris le risque de s'engager sur un terrain glissant.

Après une entrée difficile en politique la semaine dernière, Vincent Marissal admet avoir d'abord cru que Québec solidaire «se casserait la gueule» face aux grands partis. «C'est là que je me retrouve, que mes valeurs sont les mieux représentées», dit-il néanmoins de ce parti tenu à bouts de bras par ses militants. Il se moque aujourd'hui de l'idée selon laquelle «un bourgeois qui travaille à La Presse ne peut pas être de gauche». «Plus je vieillis, plus je suis indigné», dit-il, évoquant les inégalités entre les hommes et les femmes, les écarts de salaire et la façon dont on accueille les immigrants.

«Je ne me suis pas levé un matin en disant: "j'pense que je vais planter Jean-François Lisée"», affirme le candidat qui pourrait diviser le vote souverainiste dans Rosemont. Il s'élève contre cet «argument de l'establishment d'un vieux parti. Qui a dit qu'on n'a pas le droit de changer?»

«Oui, il avait été question d'Outremont, mais je ne suis pas allé», ajoute-t-il au sujet des trois rencontres qu'il a sollicitées avec le Parti libéral du Canada, et qu'il qualifie «d'exploration». Au sujet de l'épisode du «matrimoine» à Québec solidaire: «Ça a été un petit accident, ça n'aurait pas dû arriver», dit-il avec un sourire. M. Marissal, qui reconnaît avoir dû s'autocensurer sur ses convictions politiques lorsqu'il était chroniqueur politique à La Presse, a décoché quelques flèches à son ancien employeur.

La très bonne carte de Dany: «Pour t'éviter cette fameuse conférence de presse où tu annonceras en pleurant que tu quittes la politique pour des raisons familiales, passe donc direct au Club des ex

Toutes trois de la programmation des 30es FrancoFolies de Montréal, Mara Tremblay, Fanny Bloom et Andréanne A. Malette ont été invitées à se prononcer sur les propos de Louis-Jean Cormier dans La Presse, contre la parité hommes-femmes dans les grands festivals, qu'il a par la suite dit regretter. Fanny Bloom n'est pas nécessairement en désaccord avec l'idée de ne pas donner priorité au sexe dans le choix des artistes, mais croit que la parité est un geste encore nécessaire. Andréanne A. Malette souhaite être engagée pour son talent, et non pas parce qu'il faut respecter un quota. À Louis-Jean Cormier, qui a dit craindre que les festivals deviennent «gris» avec la parité, Mara Tremblay répond qu'elle considère que «la musique de femmes est encore plus colorée que la musique d'hommes» et qu'«il y a autant de femmes que d'hommes qui font de la bonne musique».

Sophie Lorain considère que son personnage de féministe, qu'elle jouera dans la deuxième saison de Plan B, est un rôle de composition. «Je vais être bête, mais la parité, j'en ai rien à cirer. J'ai pas besoin d'une parité, parce que je trouve ça condescendant. J'ai pas besoin de votre pitié», a-t-elle lancé. Son film Charlotte a du fun, qui traite de la sexualité des adolescentes, aurait dû s'intituler «Salope dans le bon sens du terme», mais les distributeurs ne voulaient pas de ce titre. On sent que leur décision lui est restée dans la gorge, quand elle prononce le nouveau titre avec un certain dégoût. Les vedettes québécoises n'ayant pas les mêmes rapports avec leurs agents, elle devra en tenir compte dans l'adaptation de la série Dix pour cent, qu'elle produira pour TVA. Autre très bonne carte du fou du roi: «Si ton objectif de carrière était de ne pas être la fille de l'autre, c'est réussi. Plus personne ne se rappelle que ta mère, c'est Dodo.»

Le discours du nutritionniste Bernard Lavallée jure avec celui de bien de ses collègues, et m'a fait un peu penser à la philosophie du Pharmachien, Olivier Bernard, qui déboulonne certains mythes reliés à la santé et à l'alimentation. L'auteur du livre N’avalez pas tout ce qu’on vous dit ne croit pas aux superaliments et s'attaque à ce qu'il appelle la «bullshit nutritionnelle». «L'important, c'est de manger diversifié», affirme celui qui en a même contre le tableau des valeurs nutritives, présent seulement sur les aliments qui ont un emballage, et qui a une marge d'erreur de 20%. Selon lui, il n'y a pas un meilleur fruit qu'un autre, et il n'est pas plus bénéfique de manger du kale qu'un autre légume. Il conseille notamment de privilégier les produits ayant tout au plus cinq ingrédients, et d'éviter les produits ayant des personnages sur leur emballage, destinés aux enfants et donc très sucrés. Toujours selon M. Lavallée, manger après le souper ne fait pas grossir durant le sommeil. Pour ou contre les boîtes repas, si à la mode? Elles donnent envie de cuisiner, mais coûtent très cher, et produisent énormément de déchets.

Chercheur au CÉRIUM de l'Université de Montréal et auteur de l'essai intitulé Un selfie avec Justin Trudeau, Jocelyn Coulon fait un portrait peu flatteur du premier ministre et de sa place dans l'échiquier mondial. Il affirme que M. Trudeau n'a pas rencontré une seule fois Stéphane Dion en tête à tête quand il était ministre des Affaires étrangères. L'animosité serait née entre les deux hommes quand Dion a refusé la candidature de Trudeau pour l'élection partielle de 2007 dans Outremont, pour y présenter plutôt M. Coulon, qui deviendra plus tard son conseiller. Stéphane Dion a été congédié en cinq minutes après 14 mois dans ce ministère.

Jocelyn Coulon ignore si la visite en Inde de Trudeau, si décriée, nuira à sa réélection. Il souligne néanmoins son manque de finesse et de connaissances de la population indienne, notamment en affirmant à ses hôtes: «"Il y a plus de ministres sikhs dans mon conseil de ministres que dans le vôtre." C'est assez insultant», relève M. Coulon.

«Est-ce que tu vas téléporter Dany à La voix?» a demandé Guy A. Lepage à Luc Langevin, qui a médusé toute l'assistance avec un numéro de pièce de monnaie retrouvée dans une noix, elle-même retrouvée dans un citron. Dans son nouveau spectacle, intitulée Maintenant demain, le célèbre illusionniste téléporte un spectateur, rien de moins. Même son metteur en scène René Richard Cyr ne connaît pas tous ses trucs.

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Télé et radio

Décès de Lise Le Bel, icône de Radio-Québec

L'ex-animatrice Lise Le Bel, qui a fait les belles années de Radio-Québec, est décédée dimanche matin à l'âge de 71 ans. Mme Le Bel a succombé à un cancer fulgurant.

Présente durant 26 ans dans le paysage télévisuel, Lise Le Bel a fait partie de l'équipe du magazine culte Téléservice, durant les années 80, alors animé par Claude Saucier, avant de devenir l'animatrice de l'émission de 1993 à 1995, succédant à Gérard-Marie Boivin. Avant, elle participait à N'ajustez pas votre appareil, ancêtre de Téléservice.

De 1985 à 1993, elle pilote le magazine Questions d'argent, auquel participent les chroniqueurs économiques de La Presse d'alors, Alain Dubuc, Claude Picher et Michel Girard, de même que Marjolaine Lord, Diane Bellemare et Diane-Gabrielle Tremblay. Durant ses années à Radio-Québec, elle coanime le Téléthon de la dystrophie musculaire avec Michel Louvain, et le Spécial Mouvement Retrouvailles, avec Gérard-Marie Boivin. Elle terminera sa carrière à la barre du magazine Visa santé, toujours à Radio-Québec puis en rediffusion à Canal Vie.

Claude Saucier sous le choc

Sous le choc, Claude Saucier, qui l'a côtoyée de près durant huit ans à N'ajustez pas votre appareil et à Téléservice, parle du «rayon de soleil de l'équipe». «C'était la petite blonde qui grouille et qui rit tout le temps. Elle mettait beaucoup de dynamisme dans l'équipe. C'était le dynamo rieur.» À l'époque, l'équipe de Téléservice travaillait en étroite collaboration tous les jours de la semaine. «Nous étions dans un petit bureau, empilés les uns sur les autres. C'étaient des années intenses, nous avions le goût de la rigueur», se souvient l'animateur, qui ignorait que son ancienne collègue était malade.

Annonceure maison à Radio-Québec

Lise Le Bel est née dans le quartier Ahuntsic à Montréal. Elle avait été engagée comme annonceure maison à Radio-Québec, ancien nom de Télé-Québec. En février dernier, alors qu'elle passait l'hiver en Floride avec son conjoint Robert Lajoie, aussi un ancien de Radio-Québec, elle a appris qu'elle souffrait d'un cancer, qui l'a emportée moins de deux mois plus tard. Encore en pleine forme en novembre dernier, elle tournait des capsules soulignant le 50e anniversaire de Télé-Québec. L'animatrice, très associée aux émissions de services, était restée loin des caméras depuis plus de 20 ans. Elle avait été en nomination à trois reprises au Gala MetroStar, de 1994 à 1996, dans la catégorie des émissions de services.

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