Nicolas Houle

(Mon dernier) Retour sur les albums de 2017

BLOGUE / C'est l'heure de passer l'année discographique au tamis, cet exercice à la fois passionnant et torturant, où l'on ne veut rien oublier et qui ne doit surtout pas être l'occasion de copier la publication du voisin - ce qui se fait trop à l'ère du Web. Voici donc une série d'albums qui ont façonné mon année 2017. Ce ne sont pas les seuls, mais certainement ceux qui m'apparaissent les plus réussis au plan artistique: textes, musique, arrangements, réalisation, interprétation...

Cette revue de l'année est particulière, car elle sera ma dernière dans les pages -virtuelles et papier- du Soleil. J'ai en effet décidé, un peu plus tôt en 2017, qu'après 15 ans de loyaux services au Soleil, le temps était venu pour moi de relever de nouveaux défis. Ç'a été un grand plaisir et un immense privilège de couvrir des événements culturels ou autres, ici et à l'étranger, de mener des entrevues avec des personnalités de tous horizons, de dénicher des scoops, d'élaborer différents dossiers et, bien sûr, d'interagir avec vous, chers lecteurs. On saura se recroiser au détour d'un concert...

Un palmarès, c'est bien sûr l'occasion de débattre. Je vous invite à le faire dans la page Facebook du Soleil ici.

Nicolas Houle

Les Beatles sur les Plaines!

Il m'arrive souvent d'être un des premiers à rentrer au bureau et, parmi ceux qui me devancent, il y a généralement notre photographe-coordinateur, Patrice Laroche. Un matin, lorsque je faisais mon entrée, Pat était occupé à griffonner une feuille et semblait hautement concentré.

Quand il a posé son stylo, il est venu me voir en m'invitant à imaginer à quoi pourrait ressembler un concert des Beatles, si le groupe devait se réunir et que, bien sûr, ses membres étaient encore tous en vie. Sur sa feuille, que je reproduis ci-dessous, sa contribution.

Nicolas Houle

R'n'R Hall of Fame: où est Radiohead?

BLOGUE / Le panthéon du rock n'a pas fini de faire jaser. Année après année, l'institution divise les amateurs et même les artistes, que ce soit avec ceux que l'académie décide d'immortaliser ou ceux qu'elle veut voir performer à la soirée d'intronisation.

Qui est couronné cette année? Nina Simone, Bon Jovi, The Cars, Dire Straits, The Moody Blues et, pour le prix «Early influence» ou influence des débuts: Sister Rosetta Tharpe.

Ça laisse de côté de grosses pointures.

Nicolas Houle

Lhasa: un présent venu du passé

BLOGUE / Peu après la parution de son troisième album, qui portait son prénom, Lhasa de Sela mettait le cap sur Reyjavik, le temps de deux concerts, les 23 et 24 mai 2009. Ces spectacles allaient être parmi ses derniers: la Montréalaise d’adoption s’est éteinte le 1er janvier 2010, des suites d’un cancer du sein.

On a aujourd’hui la chance de pouvoir voyager dans le temps et d’entendre ce que les Islandais ont apprécié, à l’époque. Si Lhasa pouvait être affaiblie par la maladie, il n’en paraît rien: on retrouve toute l’intensité qui la caractérise. Ses rires communicatifs, aussi, entre deux chansons. La leader et ses quatre musiciens n’étaient qu’au début de leur tournée, or il régnait une belle complicité et une indéniable cohésion entre eux, qui n’a visiblement pas échappé à la foule, chaleureuse.

Nicolas Houle

U2: Songs of Experience, ni meilleur ni pire que son prédécesseur

BLOGUE / U2 croyait avoir en main un intéressant concept avec la double aventure «Songs of Innocence/Songs of Experience», une référence au recueil de poésie de William Blake, «Songs of Innocence and of Experience», mais d'emblée, le projet a pris l'eau.

Songs of Innocence, en 2014, s'alignait pour avoir droit au lancement d'album le plus imposant de tous les temps. Si ç'a été le cas, l'effet obtenu n'était pas celui désiré. La méthode préconisée, qui rendait l'album disponible gratuitement chez ceux qui étaient branchés sur iTunes - l'équivalent de 500 millions de personnes, selon le grand manitou d'Apple- a déplu. Cette idée qu'on enfonce les nouvelles chansons dans la gorge a été mal reçue et U2 n'a jamais été capable, par la suite, de se débarrasser de cette image négative.

Nicolas Houle

La longueur d'avance de Noel Gallagher

BLOGUE / Depuis l'implosion d'Oasis, Noel Gallagher avait toujours eu les coudées franches pour s'émanciper, les projets de son rival de frère ayant solidement mordu la poussière. C'est une autre histoire cet automne, alors que Liam a signé un premier album solo réussi.

Or Noel, qui ne s'était pas tellement éloigné de l'univers d'Oasis jusqu'à maintenant, démontre qu'il a encore une longueur d'avance. Avec Who Built The Moon?, il se donne toute la liberté souhaitée pour se renouveler, que ce soit dans les arrangements, cuivres et choeurs féminins compris, les sonorités, les structures ou les styles.

Nicolas Houle

Le tri dans les albums de Noël

BLOGUE / À chaque fin d'année, on tente de résister le plus longtemps possible, mais ils finissent toujours par nous rattraper. Je parle des albums de Noël, bien sûr.

Gwen Stefani et Blake Shelton étaient particulièrement vites sur le piton cet automne: leurs albums sont arrivés le 6 octobre. Je leur ai donné le temps refroidir avant de les faire tourner. Après tout, un Noël blanc, ça devrait être sous zéro, non?

Nicolas Houle

Charlotte Gainsbourg: électro et introspective

BLOGUE / Charlotte Gainsbourg avait déjà démontré tout le sérieux de sa démarche musicale en s’associant à des artistes comme Beck, Air, Jarvis Cocker ou Beck. Or elle n’avait pas vraiment laissé parler l’auteure en elle.

C’est chose faite avec Rest. D'abord en anglais, langue qu’elle avait privilégiée jusqu'à maintenant en studio, mais aussi en français. D’emblée, Gainsbourg opte pour une approche introspective, voire intime: elle s’adresse à son père sur le ton de la confidence (excellente Lying With You) ou encore à sa soeur disparue (touchante Kate).

Nicolas Houle

Sharon Jones & The Dap-Kings: brillante sortie

BLOGUE / Au cours des trois dernières décennies, rares sont celles qui ont chanté la soul et le funk comme l’a fait Sharon Jones. Disparue prématurément à 60 ans, des suites d’un cancer du pancréas, l’Américaine a continué de visiter les studios jusqu’à ce qu’elle s’éteigne, profitant des moments où elle avait l’énergie nécessaire pour entonner cette musique qui lui était chère, flanquée de sa formidable équipe des Dap-Kings.

Jamais, dans ce Soul of a Woman, on ne suspecterait que Jones vit ses dernières heures. Elle affiche la fougue qu’on lui connaît autant que la nuance, mettant de l’avant sa voix unique dans cet emballage vintage, typique des années 60, qu’elle a toujours défendu avec ses complices. 

Nicolas Houle

Retour sur l'expo Cohen (avec Ari Folman)

BLOGUE / J'ai eu la chance de visiter l'expo "Leonard Cohen - Une brèche en toute chose" la semaine derrnière, qui est présentée au Musée d'Art contemporain de Montréal jusqu'au 9 avril. Je me permets d'y revenir dans le blogue pour diverses raisons, notamment parce qu'un an après sa disparition, il semble qu'on commence tout juste à réaliser l'immense legs de l'artiste.

Cette exposition -dont j'ai traité plus en détail ici- permet une immersion bien particulière dans l'art et le parcours de Cohen. Il y a beaucoup pour les yeux, mais beaucoup pour les oreilles aussi, avec des reprises très pertinentes de son répertoire par des artistes aussi divers que Sharon Robinson, Ariane Moffatt ou The National.

Pour les néophytes de l'art contemporain, cette expo est par ailleurs une très bonne porte d'entrée. Il y a des propositions vraiment réussies, comme celle de Candice Breitz, où l'on est entouré par des fans de Cohen, qui chantent son répertoire a cappella.

Cohen, l'homme, se révèle aussi, en filigrane, avec ses propres mots, tirés de performances, de monologues ou d'entrevues, mais avec la pudeur et la discrétion qu'il a pu avoir tout au long de sa vie.