CANNES: Cotillard, un ange sur la Croisette

BLOGUE / J'étais très curieux de voir Gueule d'ange. Parce qu'il a y a Marion Cotillard dans le rôle d'une mère indigne. Il y avait aussi la classe de maître de Christopher Nolan, qui vient présenter la version 70mm de 2001, l'Odyssée de l'espace. Cruel dilemme.

Finalement, l'attrait de la découverte a été plus fort et je n'ai pas regretté. Le premier long métrage de Vanessa Filho, l'un des six de la section Un certain regard, s'avère une proposition très touchante et plutôt réussie, malgré une finale tirée par les cheveux.

La Gueule d'ange en question, c'est la charmante et grave Elli, huit ans. Elle vit, sans père connu, Marlène (impressionnante Cotillard), sa mère pathétique et irresponsable. En plus d'avoir des tendances autodestructrices, madame picole. Et Elli aussi — vidant les fonds de verre et dansant comme sa mère (ce qui est franchement troublant).

On voit bien, ici, que le mal de vivre de celle-ci se transmet à Elli, qu'on ne voit jamais sourire. 

Un soir de fête, Marlène quitte le domicile, laissant sa fille seule à son sort. La réalisatrice a décidé d'épouser le point de vue de la petite, plaçant, la plupart du temps, la caméra à sa hauteur. Sans le sou, avec des voisins et une prof qui ne portent pas attention, Elli fait du mieux qu'elle peut. Sa rencontre avec Julio (Alban Lenoir), qui agira bien malgré lui et avec beaucoup de réticences comme père de substitution, sera déterminante.

On s'entend, ce n'est pas Les quatre cents coups, mais il n'y a pas de François Truffaut tous les ans. Ni même à toutes les décennies... Par contre, il sera intéressant de voir ce qu'il adviendra d'Ayline Aksoy-Etaix. Il y a de la graine d'actrice dans cette jeune fille, qui apparaît sur presque tous les plans.

Même chose pour Vanessa Filho. Son film ne porte pas de jugement et la réalisatrice montre de très belles choses, jusque dans les séquences oniriques. Heureusement. Parce que manquer Nolan...