Eric Moreault

Le film de la semaine: Labrecque, une caméra pour la mémoire

BLOGUE / Jean-Claude Labecque a passé la moitié de sa vie derrière la caméra. Avec son œil aiguisé, il a inscrit sur la pellicule plusieurs moments marquants de l’histoire contemporaine du Québec. Labrecque, une caméra pour la mémoire, le documentaire que lui consacre Michel La Veaux, vient mettre en lumière le riche héritage visuel que lègue le cinéaste à la postérité. Un film aussi pertinent qu’humain.

Labrecque occupe une place prépondérante au panthéon du cinéma québécois. D’abord comme directeur photo des pionniers du cinéma direct (Brault, Perrault, Groulx…), puis comme réalisateur de premier plan. Le film raconte les débuts de ce modeste fils de Québec, mais ne parle pas tant de l’homme que de son cinéma : «je suis un taiseux», dit-il d’ailleurs.

Michel La Veaux (Le démantèlement), lui-même un directeur photo accompli, a fait un remarquable travail de synthèse de cette œuvre imposante : plus d’une cinquantaine de films. Plutôt que de s’éparpiller, il a choisi une douzaine de longs métrages significatifs et marquants. Toujours avec autant un contexte cinématographique que sociopolitique : les films témoignent de l’évolution de la société québécoise.

La riche mémoire de Labrecque révèle au spectateur d’incroyables évocations de tournage qui n’ont rien d’anecdotique. Notamment comment il a réussi, pour La visite du général de Gaulle au Québec (1967), à monter dans la voiture de l’ex-président français pendant sa triomphale randonnée vers Montréal.

Le documentaire ne révolutionne rien sur le plan formel. Il suit la forme classique des extraits de films et des entrevues que La Veaux a menées avec Labrecque. Il a, par contre, évité le piège des experts patentés. Et choisi de se concentrer sur le sujet de son film — pas d’entretiens avec les vieux compagnons (tristement presque tous morts, de toute façon) ou des émules du style. L’hommage que lui rend La Veaux suffit amplement.

Le corpus est trop large pour qu’on rogne sur les extraits. Ceux qui ne connaissent Labrecque ni de Brault ni de Poirier peuvent ainsi découvrir la beauté esthétique de certains moments particulièrement significatifs de l’œuvre du cinéaste.

Michel La Veaux a d’ailleurs pris soin d’en recréer quelques-uns, avec beaucoup de bonheur. Comme cette séquence 360 degrés du relais 4 x 100 mètres au Jeux olympiques de Montréal. La caméra tourne autour de Labrecque avant de s’arrêter près de lui, qui regarde la diffusion de l’extrait de Jeux de la XXIe Olympiade (1977) sur l’écran géant du stade olympique! Très fort.

C’est ce qui caractérise de film sans prétention. Cette volonté de faire du cinéma, en privilégiant le mouvement de la caméra et une mise en scène simple et efficace.

La Veaux voue une admiration sincère à Labrecque. Le ton est empreint d’une candeur bon enfant et d’une réelle complicité, ce qui évite de tomber dans le panégyrique.

Jean-Claude Labrecque a consacré sa vie à tourner des films sur le Québec pour les Québécois alors que son talent indéniable aurait pu l’amener ailleurs. «J’ai fait beaucoup de cinéma qui écoute.» Même chose avec ce bel hommage qui lui rend justice.

RICHARD THERRIEN

«En tout cas» et «Fugueuse» battent la concurrence

BLOGUE / Sauf pour «District 31», TVA a dominé toute la soirée de lundi. Ses nouveautés «En tout cas» et «Fugueuse» ont facilement battu la concurrence.

En tout cas, qui marquait le retour à la comédie de Guylaine Tremblay, a rallié 1 212 000 curieux à 19h30, alors que 667 000 ont préféré Lâcher prise à ICI Radio-Canada Télé.

À 20h, la domination de TVA se poursuit avec L'Échappée, qui rassemble 1 148 000 accros, contre 660 000 pour Ruptures.

Enfin, à 21h, 986 000 téléspectateurs ont regardé Fugueuse, la nouvelle série de TVA, pendant que 742 000 suivaient Les pays d'en haut chez la concurrence.

Malgré tout, District 31 a obtenu le meilleur score de la soirée avec ses 1 282 000 fans.

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RICHARD THERRIEN

«Face au mur» envoyé le jeudi contre Véro

BLOGUE / Pour faire face à la compétition, TVA bouscule sa grille d'hiver: «Face au mur», son nouveau jeu animé par Maripier Morin, ne sera non pas diffusé le mardi à 19h comme prévu, mais bien le jeudi à 19h30, à partir du 18 janvier, dans un format de 90 minutes au lieu de 60 minutes. Le jeu devancera ainsi d'une demi-heure la nouveauté de Véro, «1res fois», qui commence le même soir à 20h sur ICI Radio-Canada Télé. Et c'est sans compter «Danser pour gagner», aussi programmée à 19h30 le jeudi soir par V.

À la place, le mardi à 19h, TVA programme World of Dance la compétition, version traduite de la compétition de danse de Jennifer Lopez.

Le jeudi, TVA diffusera J.E. à 19h, suivi de Face au mur. Refuge animal, dont les nouveaux épisodes devaient commencer cet hiver, est donc reportée à plus tard. C'est dire que TVA mise beaucoup sur cette adaptation du jeu américain The Wall, construit un peu sur le principe du Plinko, un des jeux les plus populaires de The Price is Right.

C'est en procédant au montage des premières émissions que l'équipe a constaté qu'il y avait trop de bon matériel pour une heure, de là l'idée de prolonger à 90 minutes. Dans ce format, il devenait impossible de la programmer le mardi.

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Télé et radio

SNL: oui pour la livraison, moins pour les textes

CHRONIQUE / On voulait faire revivre la formule, le temps d'un soir, question de voir si un retour plus régulier serait souhaitable. Mais «Le SNL de Magalie Lépine-Blondeau», diffusé sur ICI Radio-Canada Télé samedi soir, ne m'a convaincu qu'à moitié. Comme à Télé-Québec, la livraison y était, mais les textes, trop souvent décevants.

Disons tout de suite que Magalie Lépine-Blondeau, qui ne fait pas de «stand up» dans la vie, a su exploiter à merveille son potentiel comique. «C'est bien connu, je suis un feu roulant de rigolade. Dans le milieu, on m'appelle la petite Poune», a-t-elle ironisé au sujet des nombreux drames de ses personnages. Elle a été ovationnée dès son monologue d'ouverture par un public heureux de la voir dans ce contexte très différent. Pourquoi l'avoir choisie, elle? «Le facteur Éric Salvail ouvre bien des portes. Il travaillait pour 10.» Là où elle a été la meilleure, c'est dans ce sketch emprunté à la formule originale, en fille qui aime beaucoup trop les surprises-parties, jouée aux États-Unis par Kristen Wiig. L'actrice, d'un enthousiasme débordant, y était particulièrement drôle.

Par-dessus tout, mon sketch préféré reste celui du numéro musical de Léane Labrèche-Dor, qui chante, désespérée: «Chu pas abonnée à Netflix!» Avec Pier-Luc Funk, vêtu d'un léotard, qui danse avec un ruban. Le moment fort de Virginie Fortin: l'imitation de sa collègue de Code F. Mariana Mazza, qui répète «vagin» aux trois mots. Parfaite dans la gestuelle et dans le ton de voix. C'était dans un sketch de magazine de cinéma, un prétexte pour évoquer les dénonciations de harcèlement. SNL ne s'est pas déguisé en Bye Bye, quoique certains sketchs revenaient sur des sujets de la dernière année, comme celui-là et un autre sur les déboires du Canadien.

Un des gags bien sentis qui a marché le plus dans l'assistance, déjà hilare, a été celui-ci de Guillaume Girard dans Les Nouvelles SNL, sur la séparation d'Adamo et Alexandra d'Occupation double: «Cette nouvelle s'ajoute à la longue liste de nouvelles récentes dont je me câlisse!» On sentait le ras-le-bol dans la livraison de l'acteur et dans la réception du public.

On va se le dire, c'est toujours risqué de s'aventurer dans les blagues de caca. SNL a eu son segment scato, avec le sketch pas très drôle sur les toilettes trop proches de la salle à manger. Puis, cette infopub de papier de toilette pour blanchir «l'anu», plus réussi, surtout grâce à ses interprètes, Virginie Fortin et Magalie Lépine-Blondeau. Aussi dans la catégorie «mal de cœur», on allait ramener la famille Loiseau, du SNL original, qui mastique la nourriture avant de la recracher dans la bouche de l'autre, cette fois à l'épicerie. Moins drôle que la première fois et trop long.

D'autres sketchs n'étaient pas mauvais, comme celui de Phil Roy en génie malcommode qui sort de la lampe. Ceux qui attendaient Katherine Levac, une des meilleures de la troupe de SNL Québec, ont été déçus. L'humoriste n'a eu que deux courtes apparitions sur vidéo, ramenant brièvement Paidge Beaulieu, son personnage légendaire, dans Les Nouvelles SNL. Personnellement, sa présence m'a beaucoup manqué samedi. En prestation deux fois plutôt qu'une, Daniel Bélanger n'a pas déçu, comme toujours.

Si le diffuseur souhaite ramener une édition régulière de SNL, il faudra «repimper» l'équipe d'auteurs. Parce qu'il y a certainement de la place pour ce type de variétés d'humour dans notre télé, mais pas avec des textes aussi quelconques. On en revient toujours à ça.

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Blogue

Le «Bye Bye» franchit les 3 millions

BLOGUE / Le «Bye Bye 2017» a rallié 3 017 000 téléspectateurs le soir du 31 décembre sur ICI Radio-Canada Télé. C'est un peu plus que l'année dernière, alors que le premier «Bye Bye» du duo Simon-Olivier Fecteau et Guillaume Lespérance en avait attiré 2 997 000. L'ancienne équipe avait obtenu 3 037 000 en 2015.

Dimanche, 1 134 000 téléspectateurs sont restés pour Les coulisses du Bye Bye.

Plus tôt dans la soirée, Infoman 2017 a été vue par 2 047 000 téléspectateurs, comparativement à 1 730 000 l'an dernier, une hausse importante. À l'année prochaine a aussi gagné des adeptes, passant de 763 000 à 1 017 000. En direct de l'univers – Spéciale du jour de l'An a été suivie par 1 033 000 curieux, contre 1 155 000 en 2016.

L'une des parodies du Bye Bye qui fait le plus jaser depuis dimanche est cette hilarante parodie de shooting photo de Céline Dion par Marc Labrèche, qui a même des échos à l'étranger, notamment sur le site de Paris Match.

La vidéo originale ici.

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Télé et radio

Un Bye Bye 2017 réussi

CHRONIQUE / Tout le monde a son avis sur la question, mais dans mon livre à moi, on peut certainement parler d’un Bye Bye 2017 réussi. Beaucoup de bons moments dans cette revue humoristique d’ICI Radio-Canada Télé, dans laquelle Anne Dorval et Marc Labrèche se sont particulièrement illustrés, volant très souvent la vedette.

Dans mon palmarès, le sketch «Passe-Partrump» arrive tout en haut. Qui aurait pensé mixer Donald Trump et Passe-Partout, et entendre Kim Jong-un (excellente Anne Dorval) chanter «Mes ministres gigotent, mes ministres barbotent» sur l’air des Poissons, de la célèbre émission pour enfants? Et pour finir, Grand-Papa Bi maintenant transgenre, qu’on doit appeler Grand-Maman Barbra.

Autre sketch réussi, celui de «Chassons avec Luc Lavoie», où le commentateur de LCN, personnifié par Pierre Brassard, prodigue ses trucs pour chasser le séparatiste et qui recueille l’urine de Lise Payette pour attirer ses proies. La meilleure portion du bulletin «TAV Nouvelles» concernait le dossier de Radio-Canada sur Gilbert Sicotte, avec l’acteur qui subit un interrogatoire exagérément serré. «On l’a, nous aussi, notre scoop d’abus à Radio-Canada!» s’exclame le reporter. Plus acide que l’allusion à la bévue de TVA sur la mosquée. Brassard était parfait en Pierre Bruneau.

Très bon clin d’œil, ces Migrants Games au Stade olympique, avec les épreuves du 100 mètres douaniers et du lancer du préjugé. «En sortant d’ici, tu vas réaliser que t’aurais pas dû faire “Occupation doune”», disait la chanson de la très bonne parodie d’OD, avec une Jowanie (fabuleuse Véronique Claveau) complètement débile, au rire démoniaque, qui complote contre Sansdick, Karigne, Neurone, Karoube et les autres. Marc Labrèche a excellé en Jai du Temps, tout comme il a été très bon en Mélanie Djoly, dans «La spécialiste», présenté par Mietflix.

Cet automne de dénonciations a bien sûr fait l’objet de quelques sketches. Dans un segment beaucoup moins sévère que son numéro d’Info, sexe et mensonges, Marc Labrèche a repris Éric Salvail, qui montre son pénis à volonté, chez Salvail & Couilles. Inspiré du clown tueur de Ça, le sketch de Rozon dans les égouts, qui offre ses services à une femme qui perd ses clés, était moins percutant.

Anne Dorval a aussi ébloui en Giovanni/Jean-Claude, dans l’excellente parodie «Apollo dans l’sirop». «Despacito ne jouera pas dans le Bye Bye c’t’année», a promis Simon-Olivier Fecteau, en interrompant un sketch. Eh bien oui, la «toune de marde» a joué, avec l’apport d’Adib Alkhalidey et Joey Scarpellino. La parodie de District 31, «District 30 & 1», était moins drôle que celle de Votre beau programme, mais Anne Dorval était formidable en Hélène Bourgeois Leclerc.

Marc Labrèche, dont la Céline a fait fureur à Info, sexe et mensonges, l’a reprise pour cette parodie très drôle d’un shooting photo pour Vogue, où la diva arbore différents looks extravagants et mange des frites avec la main de René. Bonheur aussi quand Anne Dorval a fait une apparition express dans le sketch sur «L’Ameute», avec son personnage de pub de voitures, qui avait fait fureur l’an dernier.

Beaucoup ri de la bande de dégénérés de «La chambre froide», avec un Guy Carbonneau muet comme une carpe. Même dans les sketches plus faibles, Anne Dorval sauvait souvent la mise, comme son imitation d’Anne-France Goldwater dans «Gégnial!», parodie ordinaire de l’émission de Stéphane Bellavance. Plutôt convenu, le sketch de la boutique de pot n’était pas non plus le meilleur, mais au final, pas de moment vraiment raté dans ce très bon Bye Bye.

EN DIRECT DE L’UNIVERS : LA MAGIE OPÈRE

Eric Moreault

Les meilleurs (et les pires) films de 2017

BLOGUE/Voici donc le moment venu de revenir sur les 10 films, toutes catégories, qui m'ont le plus interpellé ou fait vibrer, réfléchir, rire, pleurer; bref, qui m'ont fait sentir vivant. Une seule règle : le long métrage doit avoir pris l'affiche à Québec en 2017. Ce qui explique l'absence, par exemple, de Lady Bird, Le Post, Appelle-moi par ton nom, Moi, Tonya ou Le fil caché, qui prennent tous l’affiche en janvier. Il s'agit, évidemment, d'une compilation axée sur le cinéma avec une forte signature plutôt que sur les recettes aux guichets...

1 Dunkerque, Christopher Nolan (États-Unis, Royaume-Uni, France, Pays-Bas) 

Eric Moreault

Le top 5 des films québécois 2017

BLOGUE/Deux films québécois ont réussi tout un exploit en 2017 : finir parmi les trois premiers au box-office. De père en flic 2 (706 457 entrées) et Bon Cop, Bad Cop 2 (601 330) ont attiré plein de gens en salle. Mais le reste de notre production, surtout le cinéma d’auteur, peine encore à attirer les cinéphiles. Il y avait pourtant de très bons films à voir.


1- Les affamés

Le très solide Les affamés de Robin Aubert n’a pas remporté le prix du meilleur long métrage canadien au Festival de Toronto pour rien. Ce long métrage de zombies est brillamment réalisé et joué, mélange les genres et propose un point de vue original sur le Québec. Mais c’est d'abord et avant tout un pur plaisir cinématographique où le spectateur se range dans le camp de ceux qui essaient de fuir les attaques à répétition de ces âmes errantes dans un village isolé et vidé de ses habitants. Terrifiant.

2- Les rois mongols

La touchante et sensible comédie dramatique de Luc Picard offre aussi un point de vue inédit sur un grand traumatisme de l'histoire québécoise en privilégiant le regard du quatuor d'enfants sur la crise d'octobre, en 1970. En résulte un petit bijou de tragicomédie qui pose une question qui interpelle : comment conserver la sincérité et le refus des compromis lâches de l'enfance? Les rois mongols est rempli d’une belle humanité. C’est rare. Il sera présenté à la Berlinale en février 2018.

3- Le problème d’infiltration

La grosse surprise de l’année. Robert Morin est un réalisateur doué, mais surtout un créateur iconoclaste dont les films sont inclassables. Or, avec ce long métrage fortement anxiogène, il offre probablement son œuvre la plus accessible, tout en demeurant extrêmement dérangeante. Cette descente aux enfers d’un homme en apparence bien sous tous les rapports est profondément incarnée par Christian Bégin. Très fort.

4- C’est le cœur qui meurt en dernier

On attendait beaucoup de cette adaptation du roman de Robert Lalonde par Alexis Durant-Brault. On n’a pas été déçu. Le réalisateur déploie son cinéma avec beaucoup d'efficacité. Ce puissant drame intimiste, qui n'est pas dépourvu d'une subtile critique sociale, est une belle évocation des liens complexes qui unissent une mère à son fils, mais aussi de la fin de vie. Et permet de réunir Denise Filiatrault et Sophie Lorain, probablement pour une dernière fois au grand écran. L’énergique actrice de 85 ans a trouvé un rôle à sa mesure…

5- La petite fille qui aimait trop les allumettes

Autre adaptation, tout à fait étonnante, par Simon Lavoie, du classique de Gaétan Soucy. Comme d’habitude, le cinéaste livre une œuvre sans compromis et exigeante pour le spectateur. Les clés d’interprétations sont très nombreuses, ce qui amène ce dernier à réfléchir sur le propos. Paradoxalement, cette fable s'avère peut-être son film le plus accessible sur le plan formel, avec une magnifique photo noir et blanc. La petite fille... vaut beaucoup pour la présence de Marine Johnson dans le rôle-titre, une belle révélation.

Mention honorable

Nelly, Anne Émond

Eric Moreault

Le film de la semaine: le bouleversant Au revoir là-haut

BLOGUE/Au revoir là-haut est un des films de la période des Fêtes que j’avais le plus hâte de voir. Albert Dupontel, un acteur du tonnerre, a obtenu le César du meilleur scénario pour son long métrage précédent, 9 mois ferme. Or, cette fois, le cinéaste a décidé d’adapter le Gongourt 2013. En résulte une comédie dramatique percutante et poétique, qui en dit long sur l’avidité sans bornes des puissants, mais aussi sur la douleur d’un fils incompris, interprété avec un brio sublime par Nahuel Pérez Biscayart.

L’ambitieux film d’époque reconstitue avec beaucoup de réalisme les combats des tranchées de la Première Guerre mondiale. Puis cède le pas à un récit beaucoup plus intime, sous la forme d’une longue confession, celle d’Albert Maillard (Dupontel).

Le modeste comptable français narre son destin croisé avec celui d’Édouard Péricourt (Biscayart). Le dessinateur de génie (le film est dédicacé à Gotlib) a la moitié du visage arraché par un obus. Fils de banquier, il profite de sa convalescence pour changer d’identité et devenir Eugène Larivière.

Démobilisés, les deux rescapés décident de monter une arnaque pour dénoncer les conflits armés en misant sur le talent d’Édouard et l’aide de Louise (Heloïse Balster), une charmante orpheline particulièrement débrouillarde. Qui leur permettra de confronter Marcel Péricourt, le père honni (solide Niels Arestrup), et son beau-fils Henri d’Aulnay-Pradelle (Laurent Lafitte), leur ancien lieutenant belliqueux.

Au revoir là-haut repose sur ce trio hétéroclite, mais aussi sur ce personnage secondaire particulièrement abject, interprété avec brio par Lafitte. On retrouve ce même aspect sombre de la personnalité dans la peau de cet arriviste amoral que dans celle du pervers d’Elle de Paul Verhoeven, qui lui a valu une nomination aux Césars.

La caméra extrêmement mobile, les zooms hitchcockiens et une superbe esthétique permettent d’éviter la lourdeur habituelle des films à costumes. Il y a du merveilleux dans Au revoir là-haut, adapté avec son auteur Pierre Lemaitre.

Comme d’habitude chez Dupontel, le ton est décalé, légèrement caricatural et excentrique. Ce qui porte la douce folie d’Édouard/Eugène. Et l’humour, noir. On rit, tout en ressentant un profond malaise. Cet homme à la gueule cassée porte en lui une plus grande blessure. Celle du manque d’amour de son père, mais aussi la honte d’être défiguré. Ses magnifiques masques, condensé artistique du XXe siècle, en disent plus qu’ils ne dissimulent…

Pour l’interpréter, le talentueux Nahuel Pérez Biscayart, consacré dans 120 battements par minute de Robin Campillo. L’acteur d’origine argentine, dans ce rôle à la Fantôme de l’opéra, doit jouer masqué. Il s’exprime par les yeux, extrêmement expressifs, et les mouvements de pantomime. Et réussit à faire passer toute une gamme d’émotions! Dupontel, dans un rôle plus effacé en timide gauche, parvient à exprimer tous les tourments de Maillard, coincé entre son amitié et les conventions.

Le long métrage, un récit universel, est aussi fascinant parce qu’on peut facilement tracer des parallèles. Les Péricourt et les Pradelle, prêts à vendre leur mère pour la puissance financière et écraser les petits comme Maillard, incarnent le 1% de notre époque…

La finale est un peu tirée par les cheveux, mais elle se conclut par un solide punch et une belle lueur d’espoir. Au revoir là-haut s’avère tour à tour émouvant, bouleversant et captivant, malgré quelques moments plaqués. Une œuvre à part dans le cinéma français malgré son aspect rétro.

Télé et radio

François Cormier quitte Radio-Canada pour TVA

BLOGUE / Alors que la journaliste Véronique Prince a quitté TVA pour Radio-Canada dernièrement, François Cormier fait le chemin inverse. Le journaliste affecté aux capsules «La Vérif» depuis cette année quitte le diffuseur public pour joindre les rangs de TVA Nouvelles.

Selon mes sources, le journaliste pourrait occuper le poste laissé par Véronique Prince sur la colline à Québec, une information qui n'a pas été confirmée par le diffuseur.

Avant de passer à Radio-Canada, François Cormier était un produit TVA. Il a notamment été recherchiste de Jocelyne Cazin à Danslamire.com avant de passer à LCN, de travailler pour Sophie Thibault au 22h et à la station de TVA à Trois-Rivières, où Radio-Canada l'a engagé. Chez le diffuseur public, il a été le premier animateur de l'édition du week-end du Téléjournal Québec, de 2008 à 2010, avant d'occuper le poste de correspondant parlementaire par intérim et de couvrir la scène municipale à Montréal.

Originaire de La Baie, François Cormier avait aussi fait la manchette à l'été 2015 en dévoilant son homosexualité à l'antenne. Il a remporté l'année suivante le prix Coup de cœur 2016 de la Fondation Émergence, qui lutte contre l'homophobie.

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