RICHARD THERRIEN

TVA Sports: Théo et Dandenault, agents libres

BLOGUE / Vous ne verrez plus José Théodore et Mathieu Dandenault à TVA Sports. J’ai appris que la chaîne n’a pas renouvelé les contrats de ces deux anciens joueurs du Canadien, qui agissaient à titre de commentateurs et analystes.

Théodore y était depuis 2014 alors que Dandenault avait été engagé deux ans plus tôt.

Aux communications de Groupe TVA, Véronique Mercier affirme que la collaboration avec José Théodore s’est terminée en bons termes, après des négociations qui n’ont pas abouti. En ce qui concerne Mathieu Dandenault, TVA a simplement choisi de ne pas renouveler cette collaboration.

Le diffuseur ajoute que ces départs n’ont aucun lien avec des coupes de personnel ou les récents résultats de l’antenne. L’arrivée de nouveaux collaborateurs devrait être annoncée prochainement.

Pour commenter, rendez-vous sur ma page Facebook.

Suivez-moi sur Twitter.

Consultez QuiJoueQui.com.

Eric Moreault

Le film de la semaine, le fascinant et perturbant Trois étrangers identiques

BLOGUE / «Quand je raconte mon histoire, personne n’y croit. Moi-même je n’y croirais pas. C’est pourtant vrai. Chaque mot.» Imaginez que vous vous découvriez un jumeau inconnu à 19 ans. C’est ce qui est arrivé à Bobby Shafran. À peine remis du choc, Eddy Galland et lui réalisent qu’ils sont en fait des triplets. Une histoire surréaliste qui fait l’objet d’un fascinant documentaire qui dépasse l’anecdotique pour révéler quelque chose de totalement inimaginable.

Après avoir vu Trois étrangers identiques (Three Identical Strangers), on comprend aisément que Tim Wardle soit reparti avec le prix spécial du jury pour le récit au récent festival de Sundance. Le cinéaste britannique raconte avec beaucoup d’aplomb et de rythme ce hasard qui a réuni les trois hommes séparés à la naissance puis placés en adoption.

À l’aide d’une reconstitution d’époque (trame sonore comprise), mais surtout les témoignages des principaux concernés, y compris amis et famille, le documentaire évoque leurs euphoriques retrouvailles en 1980. Des moments d’une drôlerie irrésistible.

Bobby, Eddy et David Kellman deviennent rapidement l’objet d’un cirque médiatique phénoménal, de la une des journaux aux émissions de variétés. On s’arrache les triplets de New York et on s’extasie sur le fait qu’ils fument les mêmes cigarettes, qu’ils ont les mêmes goûts vestimentaires et culinaires, préfèrent les femmes un peu plus vieilles…

Le trio devient inséparable et fait la fête (sexe, drogues et rock’ n’ roll). Mais, rapidement, le conte de fées s’enraye et le voile se lève sur la réalité : ce sont — malgré tout — trois étrangers élevés, respectivement, par une famille de col bleu, de la classe moyenne et riche. Et quand ils vont chercher à connaître les circonstances de leur séparation, le réel va faire place à la tragédie...

Inutile d’en révéler plus ici, ce serait gâcher le plaisir de la découverte de ce film remuant. Car au-delà du pittoresque, le propos évoque de grandes questions existentielles sur la nature humaine. Quelle est la part de l’inné et de l’acquis dans notre identité ? Quel rôle joue la fratrie et l’hérédité dans qui nous sommes ? Et, plus important encore, l’éducation ?

Dès le départ, Trois étrangers identiques se veut une véritable enquête sur les circonstances qui ont amené l’agence juive d’adoption Louise Wise à choisir des familles différentes — dans lesquelles chacun des frères a une sœur adoptée deux ans plus tôt. Et sur le fait que leurs nouveaux parents n’ont jamais su, à l’époque, qu’ils étaient des triplets. Ils ne sont pas les seuls dans ce cas. L’euphorie cède la place à la colère et à la recherche de la vérité…

Compte tenu du retentissement de l’affaire, le documentariste, qui a œuvré à la BBC, a eu accès à une tonne d’images d’archives visuelles qui lui permettent d’illustrer le propos, explosif. Mais ce sont les témoignages à la caméra de Bobby et David qui emportent le morceau. Dignes, poignants et terriblement humains, ils conduisent progressivement le spectateur à une plongée dans la noirceur qui évoque avec force d’importants enjeux éthiques.

Encore une fois, une histoire réelle qui dépasse la fiction… Pas surprenant qu’Hollywood veuille maintenant en faire un film. À votre place, j’irais voir l’original !

Eric Moreault

Le film de la semaine: le rigolo 1991

BLOGUE / Pourquoi changer une recette quand elle est au point ? Il est toujours possible de l’améliorer un peu en y ajoutant un ingrédient exotique. Ce que s’est évertué à faire Ricardo Trogi en tournant la suite de ses aventures autobiographiques en Italie, tout en conservant ce qui a fait le succès de 1981 et 1987 : humour bon enfant, personnages craquants, narration de Trogi et sens du détachement. Le réalisateur québécois signe une comédie divertissante qui ne montre aucun signe d’essoufflement.

Le cinéaste originaire de Québec évite de tomber dans la facilité, la routine ou même dans l’excès pour ce troisième film qui le met en scène, cette fois à 21 ans. Dans des péripéties qui jouent très fort sur le sentiment d’identification, celles du premier voyage à l’étranger sans ses parents (ou un encadrement).

Voyage initiatique, donc, où l’entrée dans l’âge adulte s’accompagne autant du vertigineux sentiment de liberté que de la perte de certaines illusions qui viennent avec le poids des responsabilités (surtout dans les relations avec les autres comme Ricardo va l’apprendre).

Notre naïf héros n’est pas seul : l’étudiant en cinéma part rejoindre «la femme de sa vie», Marie-Ève Bernard (Juliette Gosselin). Évidemment, ça ne passe pas comme prévu. 

Dès l’arrivée en Europe lorsque Ricardo perd son passeport, son argent, sa confirmation d’inscription à l’université d’été… Un bon moteur burlesque, dont se sert habilement Trogi, qui n’a pas peur de se représenter comme une bonne pâte gaffeuse sur les bords — pour le plus grand bonheur du spectateur.

Tournant à l’étranger un film d’époque, donc avec beaucoup de contraintes, Trogi a dû adopter une réalisation moins débridée et audacieuse qu’à l’habitude. 

Mais le réalisateur a le sens du flash — comme ces courtes vignettes noir et blanc dans le style néoréaliste italien qui représentent le fantasme amoureux de Ricardo. Ou bien les séquences de Marie-Ève qui fait du lipsynch sur des chansons d’époque (Move This de Techtotronic ou 99 Luftballons de Nena). Comme d’habitude, le cinéaste a apporté un soin particulier à la trame sonore qui contient aussi Like a Rolling Stone de Dylan, un choix judicieux dans le contexte.

Jean-Carl Boucher, qui devient l’alter ego du réalisateur pour une troisième fois, adopte un jeu minimaliste qui sied bien à son rôle. Ce sont les situations et les dialogues qui sont drôles, nul besoin de trop en faire. Juliette Gosselin éprouve parfois des difficultés dans ce registre, mais dans l’ensemble, son naturel répond parfaitement à celui de son partenaire.

Autant Claudette, la mère de Ricardo, marquait les deux premiers chapitres grâce à l’interprétation suave de Sandrine Brisson, cette fois, c’est Alexandre Nachi qui se distingue par son magnétisme. L’acteur interprète un jeune bohème séducteur que Ricardo rencontre à quelques reprises par hasard. Il rêve, plus ou moins sérieusement, de «changer le monde». Mais Arturo a ses failles…

Il y a une légèreté de ton assumé dans la série des «autofictions» du réalisateur. Son précédent poussait quand même une coche plus loin la réflexion. Pas cette fois. Dommage. Nul doute que 1991 va remporter un grand succès. Mais Ricardo Trogi aurait le talent et l’intelligence pour élever son propos une coche au-dessus.

La prochaine fois ?


Eric Moreault

Le film de la semaine: Le justicier 2

BLOGUE / Les films de revanche sont une catégorie en soi, au même titre que les films de peur. Et ils obéissent à la même logique : quand ça fonctionne, une suite est inévitable. La preuve, même Denzel Washington et Antoine Fuqua ont acquiescé pour la première fois de leur prolifique carrière. «Le justicier 2» («The Equalizer 2») s’avère un suspense efficace qui souffre toutefois d’un rythme déficient et de sa violence en gros plan.

Ce nouveau chapitre n’est pas une suite en soi. Il y a bien quelques clins d’œil au premier chapitre (2014), mais il peut se voir indépendamment de celui-ci. Fuqua et son scénariste Richard Wenk prennent d’ailleurs tout leur temps pour la mise en place du personnage principal et des deux intrigues secondaires. La trame principale débute à la moitié du long métrage!

On y retrouve donc Robert McCall (Washington), un ex-agent des services secrets américains qui a simulé sa mort pour faire la paix avec son passé, qui le hante néanmoins et refera d’ailleurs surface. Sous sa couverture de chauffeur bienveillant, de voisin serviable et de grand lecteur (Proust, rien de moins), il défend la veuve et l’orphelin. Croit-il! En fait, le vengeur applique sa propre justice. 

Une position moralement indéfendable qu’on tente évidemment de nous faire avaler en l’opposant à pire que lui. Et en rendant ça personnel. McCall va mener une patiente enquête, tout en prenant sous son aile Miles (Ashton Sanders, vu dans Moonlight), un jeune voisin qui risque de mal tourner.

Le justicier 2 colle parfaitement au dicton du calme avant la tempête, au sens propre et figuré. Fuqua fait reposer son lent crescendo sur l’imminence d’un ouragan annoncé — le tonnerre sert de leitmotiv. De la même façon, la colère intérieure de McCall va croissante.

Félin... et intense

Avec une telle trame, Denzel Washington, oscarisé pour Jour de formation (2001) du même Fuqua, s’en donne à cœur joie. Félin dans les moments calmes et intense dans l’action. De toute évidence, il fait confiance à son réalisateur.

Si on passe outre l’insistance de celui-ci à glorifier la violence, on ne peut d’ailleurs pas reprocher grand-chose à Fuqua. Avec sa caméra mobile, ses plans audacieux et son sens du cadre, il parvient à maintenir notre intérêt pour une histoire qui en arrache parfois en raison de ses lenteurs et s’avère trop prévisible.

Le scénario tente par ailleurs de justifier ses positions en soulignant que nous vivons dans un monde dépourvu de vertu et de morale, et que nous sommes tous dans le même panier… C’est un peu court.

Le justicier 2 réussit néanmoins à boucler sa boucle, avec un dénouement plaqué et sans conséquence : le calme après la tempête...

          

    

Plein air

Des bas cyclistes… à 6600$ la paire!

BLOGUE / Le hasard et la nature font bien les choses.

À la recherche de la fibre la plus résistante pour créer les bas cyclistes les plus évolués, la compagnie américaine DeFeet a réussi à filer et tisser la soie de l’araignée néphyle dorée (Golden Silk-Orb Weaver). 

Incroyablement solide et légère, la soie est également de l’exacte couleur du maillot jaune au Tour de France. 

DeFeet savait du coup quoi offrir à l’un de ses fidèles partenaires de l’univers cycliste, en course actuellement à travers la France.

Eric Moreault

Le film de la semaine: l'exotique Ciao Ciao

BLOGUE / Le cinéma chinois se rend rarement à nos écrans, à l’exception des œuvres de Zhang Yimou et de Jia Zhangke. Notre vision de l’Empire du Milieu y gagnerait en compréhension. Ciao Ciao de Song Chuan s’avère donc autant une curiosité qu’une perspective intéressante même si l’opposition entre les modes de vie rural et urbain est un thème maintes fois rabâché, de même que l’obsession de l’argent et la corruption qui vient avec. Mais pour ce qui est de l’exotisme, on est servi à souhait.

Pour son deuxième long métrage, Song Chuan est retourné dans son village natal. Sa mise en scène épurée repose sur Ciao Ciao (Xueqin Liang), venue aider ses parents vieillissants après avoir connu l’ivresse de la grande ville. La jeune femme ne rêve d’ailleurs que de retourner vivre à Canton afin de monter une affaire avec une amie. Désœuvrée, la superbe mais froide célibataire est l’objet de bien des convoitises, notamment celle de la brute Li Wei (Yu Zhang), petit glandeur sans ambition fils du trafiquant d’alcool local, Monsieur Li (Hong Chang).

Le drame dépeint la perte de repères dans un village où tous sont obsédés par le matérialisme. Notamment Monsieur Li, qui offre des pots-de-vin au maire et aux policiers pour qu’ils ferment les yeux sur son trafic. Tout comme les parents de Ciao Ciao, trop contents d’offrir leur fille en mariage en échange d’une dot pour leurs vieux jours.

Le portrait sans fard de  Song Chuan y est également très cru. On y voit des scènes sexuelles explicites qui contrastent avec la retenue habituelle des films chinois. Mais elles sont le reflet de la déshumanisation et de l’aliénation des personnages, obsédés par leur éventuel confort matériel. Ciao Ciao et Li Wei forment un couple dépareillé, deux êtres seuls et incapables de réellement s’unir pour s’affranchir des stéréotypes que leur impose la tradition pourvivre leur vie.

Le scénario bancal et convenu de Song Chuan, aux dialogues minimalistes, empêche toutefois le film de réellement prendre son envol. Même chose pour le choix des plans longs, cadrés large, dans un souci d’hyperréalisme, qui finit par devenir répétitif. Ce qui offre un fort contraste avec la trame sonore techno de Sun Dawei et les images aux couleurs presque saturées, notamment celles des superbes paysages des champs entourés de montagnes.

Le ton incisif de Song Chuan et sa critique de la Chine actuelle sont néanmoins la marque d’un réalisateur à la forte personnalité, capable de dépeindre avec ironie les travers de son pays. La somme des qualités de son film surpasse celle de ses défauts.


Jean-François Cliche

Qui a peur des terrains de soccer synthétiques ?

BLOGUE / Les terrains de soccer synthétiques sont-ils toxiques pour les joueurs ? Les granulats noirs dont on se sert pour leur donner leur «texture» provoquent-ils des cancers chez les enfants, les ados et les jeunes adultes ? Il semblerait que oui, si l'on en croit un reportage tout récent de Radio-Canada. Mais... mais il y a un très gros «mais» qu'il faut ajouter, ici. Et sans doute plusieurs petits aussi.

La question est parfaitement légitime, entendons-nous. On peut affirmer avec un très grand degré de certitude que les granulats noirs contiennent des substances cancérigènes, notamment des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) : on le sait puisque on les fabrique en déchiquetant de vieux pneus, qui eux en contiennent. Alors à première vue, l'hypothèse que ces terrains puissent causer des cancers n'est certainement pas frivole ou tirée par les cheveux.

Mais la question est : les doses auxquelles les joueurs sont exposés lors des matches sont-elles assez élevées pour justifier les inquiétudes ? Et à cet égard, ce reportage laisse beaucoup, beaucoup de choses de côté. Il fait reposer la thèse alarmiste essentiellement sur deux choses : une série de cas sans valeur scientifique colligée par une entraîneuse de soccer, Amy Griffin, de l'Université de l'État de Washington ; et un rapport publié l'an dernier par un groupe environnementaliste américain, Environment and Human Health Inc. (EHHI) qui critique certaines des études rassurantes mises de l'avant par l'industrie.

Or la santé publique de l'État de Washington s'est penchée sur la liste de cas de Mme Griffin et a conclu que «le nombre joueurs de soccer ayant un cancer rapporté par l'entraîneuse Griffin est inférieur [...] au taux de cancer chez les résidents de l'État de Washington». Cela aurait été pertinent à préciser, il me semble, mais cela n'apparaît nulle part dans le texte publié sur le site de Radio-Canada. Et le rapport d'EHHI n'amène pas de preuve qu'il y a un risque, il ne fait que critiquer les études passées — ce qui ne veut pas dire grand-chose puisque toutes les données ont leurs limites.

Comme le note le reportage de Rad-Can, une enquête de l'Environnement américain qui s'annonce la plus vaste jamais publiée à ce sujet doit paraître dans les prochains mois, et j'ai moi aussi bien hâte d'en prendre connaissance. Peut-être, je dis bien peut-être, qu'elle appuiera la thèse alarmiste, mais il est bien possible qu'elle la discrédite complètement. On verra.

Pour l'instant, les éléments dont on dispose ne me semblent pas justifier l'inquiétude qui se dégage du reportage de Radio-Canada :

- Le journaliste a eu la bonne idée d'interviewer la Santé publique de Montréal, qui s'est fait rassurante — ce qui démontre sa bonne foi, je pense. Mais la SPM n'est pas la seule instance du genre à avoir fait l'exercice. La santé publique du Connecticut, de même que celles de la Ville de New York, de l'État de New York, de la Californie, de la Norvège ainsi que l'EPA se sont tous penchés sur la question dans le passé et ont conclu à l'absence de danger. Même chose à Vancouver, d'ailleurs. Hormis Mme Griffin et EHHI, le reportage de Radio-Canada cite aussi deux chercheurs universitaires qui s'inquiètent, mais tout indique que leur position est minoritaire.

- Dans les études publiées jusqu'à maintenant, les degrés d'exposition sont toujours bien en-dessous des seuils inquiétants, que les mesures soient prises dans l'air ou dans l'urine (voir aussi ici). Je veux bien croire que ces études-là sont de petite envergure, comme l'EHHI le souligne, mais il demeure que les données dont on dispose sont celles-là (avec quelques autres quand même) et elles ont été publiées dans des revues savantes, que cela nous plaise ou non. Encore une fois, leurs défauts ne constituent pas une preuve de danger.

- Plus tôt cette année, une étude parue dans Cancer Epidemiology a comparé l'incidence de lymphomes malins (une des principales formes de cancer liées aux granulats de pneus) dans 58 counties de Californie, et n'a pas trouvé de lien avec la densité des terrains synthétiques dans ces endroits.

- Enfin, la nature même des cancers que l'on tente de lier aux terrains synthétiques (des cancers du sang : lymphomes et leucémies, principalement) rend l'hypothèse peu crédible, d'après cet article paru l'an dernier dans la revue médicale Sports Medicine. Ces cancers sont naturellement ceux qui surviennent le plus fréquemment chez les ados et les jeunes adultes, et ce depuis toujours ; en trouver chez eux n'est donc pas un signe que quelque chose «cloche». En outre, et c'est un point important, les données les plus récentes soulèvent des gros doutes sur la capacité des aromatiques polycycliques à provoquer ces types de cancers — ils en causent d'autres, mais pas eux. Et c'est sans compter le fait que les cancers causés par l'exposition à des polluants sont rares chez les enfants et les ados. C'est chez les adultes d'un certain âge que ces cancers-là se manifestent, ce qui est logique puisque les enfants n'ont par définition pas été exposés très longtemps.

Bref, même s'il n'existe pas de données parfaites, il y a beaucoup d'éléments dont le reportage de Radio-Canada ne parle pas. Et c'est très dommage, car il me semble pourtant qu'ils auraient été très pertinents.

Plein air

Le casque de ski protège... mais pas contre les traumas graves dit une étude

BLOGUE / Le Centre de recherche de l'Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal a publié récemment une étonnante étude dans le journal «Wilderness & Environmental Medicine». Sous la loupe, le port du casque de ski qui protègerait les utilisateurs de blessures mineures... mais pas des traumas importants.

Relayée par le site spécialisé Backcountry Skiing Canada, la recherche s'étend de 2012 à 2014 dans 30 centres de ski français.

Au total, 1425 participants qui ont subi des traumas au cerveau et 1386 autres qui on été blessé plus légèrement à la tête ont été comparés à deux groupes contrôle — 2145 participants sans blessures et 40288 blessés ailleurs qu'à la tête.

Résultat de l'imposante recherche: si la hausse du port du casque chez les skieurs et planchistes réduit les le nombre total de blessures à la tête, son effet sur les risques de traumas cérébraux importants et de mort est autrement jugé «insignifiant».

Il est noté que les blessures à la tête sont la première cause de décès chez les skieurs et planchistes. Les traumas «catastrophiques» comptent de leur côté pour 3 à 15% des blessures reliées aux sports d'hiver. 

L'étude met en évidence que les participants néophytes, de moins de 16 ans, et de plus de 50 ans, sont ceux qui présentent le plus de risques de blessures à la tête. Adepte d'acrobaties dans le parc à neige? Les risques de blessures à la tête y sont plus importants que tout autre trauma.

Étonnamment, le port du casque réduirait le risque de blessures aux autres parties du corps. Selon le Dr Nicolas Bailly, dont les propos sont rapportés sur le site Inthesnow.com, «ce résultat suggère que ceux qui portent le casque prennent moins de risques que ceux qui n'ont portent pas». Ce qui est pourtant contradictoire à la croyance que le port d'un casque amène les sportifs à prendre plus de risques, se croyant davantage en sécurité, souligne le chercheur.

Pour le Dr Bailly, «cette recherche soulève d'importantes questions pour la communauté scientifique et pour les manufacturiers de casques, sur comment les produits peuvent être améliorés pour mieux protéger les sportifs des commotions».

Eric Moreault

Le film de la semaine: Sicario — Le jour du soldat

BLOGUE / Quelle est la différence entre un bon film et un très bon film ? Le réalisateur. On en a la preuve éclatante avec Sicario — Le jour du soldat. Là où Denis Villeneuve avait transcendé le scénario intense de Taylor Sheridan en y imprimant son savoir-faire et ses préoccupations, Stefano Sollima se contente d’illustrer ce nouveau chapitre sur la violence frontalière entre les États-Unis et le Mexique. Un suspense sombre, et violent, tout de même supérieur aux films du genre avec son aspect drame social.

Sans le succès inattendu, tant sur le plan critique que populaire, de Sicario (2015), il n’y aurait pas eu de suite. Le réalisateur québécois n’était plus disponible, mais Sheridan a repris la plume après avoir complété sa trilogie de western contemporain avec Sicario, Hell or High Water (2016) et Wind River (2017, qu’il a lui-même réalisé).

Le jour du soldat reprend, dans la même tonalité,quelques années après que Matt Graver et  Alejandro Gillick eurent affronté le cartel du Sonora. Josh Brolin, l’agent sans foi ni loi du gouvernement, et Benicio Del Toro, l’ex-procureur vengeur, reprennent leurs rôles respectifs (mais aucune mention de la Kate d’Emily Blunt, sur laquelle reposait le premier film). 

Cette fois, ils doivent faire tomber Carlos Reyes, que la CIA soupçonne d’avoir facilité l’entrée de terroristes au pays par la frontière. La paire décide de kidnapper sa fille Isabel (Isabela Moner, surprenante)pour déclencher une guerre de cartels. Évidemment, ça ne déroule pas comme prévu. Gillick est forcé de prendre la fuite avec l’ado pour tenter de rentrer aux États-Unis de façon clandestine…

Sheridan se sert de ce prétexte pour tracer un parallèle entre Isabel, élevée dans la ouate, et un jeune (Elijah Rodriguez) entraîné par son cousin à s’enrôler dans un cartel pour devenir un sicario («tueurs à gages» dans l'argot des cartels). D’autant plus intéressant que celui-ci, d’origine mexicaine, vit pauvrement… aux États-Unis !

Comme dans le précédent, le scénariste oblitère la frontière entre les «bons» et les «méchants». Mais il exploite aussi les contradictions de ses deux personnages principaux, beaucoup moins monolithiques et caricaturaux que la norme. Le jour du soldat néglige toutefois les migrants, tous plus anonymes les uns que les autres. Il ne nous épargne pas non plus certaines exagérations, surtout à la fin (on soupçonne la commande du studio pour mettre la table à un 3echapitre, avec Emily Blunt, selon la rumeur).

Stefano Sollima fait un travail appliqué et réussit à maintenir une bonne tension. Mais l’Italien, qui a surtout travaillé en télé dans son pays, n’a pas la maîtrise de son prédécesseur. Sa mise en image de la violence est parfois gratuite et sans subtilité.

Il ne peut non plus compter sur le maître Roger Deakins (Blade Runner 2049) à la direction photo. Même si Dariusz Wolski (Seul sur Mars) fait un très bon travail avec la lumière dans les paysages désertiques. Quant à Hildur Guðnadóttir, qui a collaboré avec Jóhann Jóhannsson, elle se tire plutôt bien d’affaire avec la trame sonore anxiogène.

Évidemment, Del Toro et Brolin se glissent dans la peau de leurs personnages avec aisance et authenticité. Les deux acteurs à la feuille de route bien garnie savent exprimer les états d’âme d’un seul regard. Ce qui renforce la crédibilité d’un film qui en manque parfois. 

Mais la force d’impact de l’original, à propos des manœuvres opaques des gouvernements, de la corruption, de la violence et des inégalités sociales, est encore au rendez-vous. C’est déjà pas mal pour un deuxième essai.


Télé et radio

«Anne»: en français avant l'anglais

BLOGUE / Mis à part pour le premier épisode, présenté en version originale anglaise à CBC le dimanche 23 septembre, les francophones verront la deuxième saison de la série «Anne» avant les anglophones au Canada.

C'est qu'ICI ARTV diffusera la série à raison de deux épisodes par jeudi soir, dès le 27 septembre, alors que CBC n'en présente qu'un par dimanche.

La première saison avait fait gonfler les parts de marché d'ICI ARTV la saison dernière. Les 10 nouveaux épisodes seront diffusés plus tard sur ICI Radio-Canada Télé.

Le plus ironique, c'est que les abonnés de Netflix à l'extérieur du Canada auront accès à la deuxième saison à partir du 6 juillet, donc plus de deux mois avant nous, alors qu'il s'agit pourtant d'une série canadienne. Un décalage qui profitera, hélas, au piratage.

Notez que ce blogue fera relâche en juillet, de retour en août.

Pour commenter, rendez-vous sur ma page Facebook.

Suivez-moi sur Twitter.

Consultez QuiJoueQui.com.