RICHARD THERRIEN

Trudeau et Chrétien chez Guy A.

BLOGUE / L'actuel premier ministre du Canada Justin Trudeau et l'ancien premier ministre Jean Chrétien, deux libéraux, seront sur le plateau de «Tout le monde en parle», dimanche sur ICI Radio-Canada Télé. Le premier viendra bien sûr parler entre autres de la légalisation du cannabis, en vigueur aujourd'hui même, alors que le second est invité pour son nouveau livre, «Mes histoires».

Guy A. Lepage et Dany Turcotte accueillent aussi l'auteur-compositeur-interprète français Christophe Maé, pour sa série de spectacles, Denise Bombardier, pour son livre Une vie sans peur et sans regret, et Phoudsady Vanny, à l'occasion du Salon de la mort, qui se tiendra à Montréal en novembre.

Tout le monde en parle fera relâche la semaine suivante pour laisser place au 40e Gala de l'ADISQ, animé par Louis-José Houde.

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Science

Psychologie: toutes les couleurs d'un carton rouge

BLOGUE / La question de départ était pourtant fort simple : est-ce que les joueurs de soccer «de couleur» sont plus susceptibles de recevoir des cartons rouges que les joueurs «blancs» ou à la peau plus pâle ? Cette question, de même qu'un seul et même ensemble de données, ont été envoyés à une trentaine d'équipes de recherche différentes en psychologie et... disons que les choses ont arrêté d'être simples pas mal tout de suite après le point d'interrogation.

Et c'était d'ailleurs là l'objectif avoué de l'exercice : pas de déterminer s'il y a bel et bien discrimination à l'égard des joueurs de couleur, mais de voir comment différentes équipes allaient aborder la question et les données. Quels choix méthodologiques chacune ferait et, surtout, quelle incidence cela aurait-il sur leur réponse finale. Le fascinant article qui en a été tiré est paru récemment dans Empirical Article et est disponible ici, en libre accès (yé !).

Vingt-neuf équipes de chercheurs se sont prêté au jeu et ont donc toutes reçu exactement les mêmes données, soit des informations sur tous les footballeurs ayant joué la campagne 2012-2013 dans les ligues française, anglaise, allemande et espagnols. Pour chaque joueur, une foule de variables étaient fournies (en plus du nombre de cartons rouges), comme la taille, le nombre de matches disputés, le teint de peau sur une échelle de 1 (très pâle) à 5 (très foncé), le nombre de cartons rouges/jaunes reçus en carrière (comme indicateur de sa réputation, ce qui peut influencer les arbitres), etc.

Et les résultats ? Si c'est la discrimination qui vous intéresse, sachez que les 29 équipes participantes ont en moyenne établi que les joueurs de couleur recevaient environ 30 % (ou 1,3 fois) plus de cartons rouges que les autres. Si c'est la métho qui vous intéresse : d'une équipe de recherche à l'autre, le rapport de cote (odds ratio) a varié de 0,89 (les joueurs de couleurs recevaient 11 % moins de cartons que les autres, mais l'écart n'était pas statistiquement significatif) à 2,93 (presque 3 fois plus de cartons pour les joueurs de couleur). Vingt équipes ont trouvé des indices statistiquement significatifs de discrimination, et neuf n'ont pas trouvé de différence significative.

Et tout ça, répétons-le, à partir des mêmes chiffres, des mêmes données de départ. Comment est-ce possible ? C'est que, exposent les auteurs de l'article, les équipes étaient libres de procéder comme elle l'entendait, et que même pour une question presque brutalement directe comme celle-là, il y a une foule de choix méthodologiques à faire. Certaines options sont meilleures que d'autres, mais ce n'est pas toujours facile à discerner — et parfois tout simplement impossible parce que chaque choix vient avec des avantages et des inconvénients.

Par exemple, les teints de peau ont été «cotés» de 1 à 5, mais dans bien des pays, les métisses sont culturellement considérés comme «noirs» — bref, vous êtes «blanc pur» ou «de couleur», mais il n'y a pas vraiment de degrés entre les deux. Alors qu'est-ce que vous faites avec les teints de peau de 1 à 5 ? Vous laissez la gradation telle quelle, au risque de gauchir le résultat final, ou vous décrétez (arbitrairement) que les cotes 1 et 2 sont «blancs» et les 3-5 sont «de couleur» ?

«Comment vous approchez le fait que certains arbitres donnent plus de cartons que d'autres, demandent les auteurs de l'article ? Tenteriez-vous de contrôler pour l'expérience de chaque arbitre ? (...) Est-ce que vous voudriez voir si les cartons rouges sont plus fréquents dans certaines ligues, et si la proportion de joueurs de couleur est la même dans toutes les ligues et à toutes les positions ?»

Ce sont toutes des décisions qui peuvent avoir des effets plus ou moins gros sur le résultat final et dont l'effet cumulatif peut être considérable — et on ne parle pas ici des choix d'«outils» statistiques. Ce que le papier d'Empirical Article fait ressortir, il me semble, c'est à quel point toute (ou presque toute) statistique sociale est le résultat d'une foule de facteurs toujours difficiles à contrôler, et que cela implique forcément une longue de liste de choix méthodologiques. Ce papier-là le fait d'une manière remarquablement rigoureuse et scientifique, et pourrait sans doute, d'ailleurs, étendre ses conclusions à nombre d'autres disciplines que la psychologie, qui ont elle aussi des problèmes de reproductibilité des résultats.

Cela souligne aussi au passage l'importance de la transparence et du partage des données en science. Pas pour rien que l'article a été décrit comme «un des plus importants de ce siècle» et que nombre de chercheurs, sur les réseaux sociaux, ont invité tous les profs de stats à le présenter dans leurs cours.

Télé et radio

TLMEP: malaise ou provocation?

CHRONIQUE / On peut parler d’une émission en montagnes russes, dimanche, à «Tout le monde en parle». Une soirée où la détresse psychologique s’est invitée d’heureuse et constructive façon, mais aussi pour créer un moment de malaise inattendu.

Beau témoignage de Michel Courtemanche, qui se souvient du 17 juillet 1997 comme de la pire journée de sa vie. Ce soir-là, il a été incapable de terminer son spectacle improvisé Chaos, auquel assistaient entre autres des producteurs torontois. C'était «d'la bouette, d'la vieille soupe», affirme l'humoriste, qui voulait à l'époque faire un show «plus drôle que Jean-Marc Parent», des propos prétentieux qu'il regrette aujourd'hui. C'est entre autres parce qu'il n'avait pas pris ses médicaments avant le spectacle que la panique s'est emparée de lui, au point de lui faire quitter la scène.

Dans sa bio, il reproche à son ancien gérant François Rozon d'avoir pris la moitié de ses cachets durant 20 ans. Marie-Lise Pilote a affirmé qu'il avait été exploité par Juste pour rire et acheté avec des cadeaux lorsqu'il se trouvait seul en Europe. Quand l'humoriste exprimait le désir de lâcher, on lui faisait comprendre qu'il le regretterait et qu'il serait trop tard. Selon le livre, l'humoriste n'aurait pas souhaité que Rozon puisse donner sa version des faits, ce qu'il semblait nier dimanche. «Mais je connais François et j'ai l'impression que ce serait quelque chose qui se retournerait contre moi», a-t-il dit.

En milieu de soirée, François Rozon a réagi par voie de communiqué (texte intégral plus bas), parlant de propos «sans fondement et blessants pour moi, ma famille et mon équipe». Affirmant que les souvenirs de son ancien complice étaient erronés, il ajoute avoir voulu l'aider du mieux qu'il le pouvait. «Loin d'une relation typique de gérance d'artiste, nous avons même été partenaires égaux dans des co-entreprises. Chacun de nos contrats a été conclu en bonne et due forme et respecté fidèlement. Nous en avons bénéficié tous les deux à travers les succès et assumé les responsabilités des projets qui n’ont pas fonctionné.» Et il conclut : «Michel Courtemanche est un grand. J'espère de tout cœur que les plus jeunes auront à leur tour le privilège de découvrir son immense talent.»

Très intéressants échanges sur les changements climatiques avec trois spécialistes convaincus. Pour atteindre les objectifs de réduction de gaz à effet de serre, ils s'entendent pour dire qu'on devrait abandonner la voiture, ou du moins la remplacer par une électrique. Au sujet des climatosceptiques, la spécialiste en simulations et analyses climatiques chez Ouranos, Dominique Paquin, attribue en partie leur existence à l'ignorance de bonne foi, alors que le responsable de la campagne Climat-Énergie pour Greenpeace Canada, Patrick Bonin, affirme que les lobbies des pétrolières ont beaucoup d'influence, mais que les climatosceptiques sont moins nombreux qu'avant. Mme Paquin affirme que si on ne fait rien, le Québec de 2050 pourrait voir disparaître ses patinoires extérieures, recevoir des averses plus intenses, vivre des sécheresses et voir disparaître les glaces dans le Saint-Laurent. Patrick Bonin déplore que les gouvernements n'aient presque rien fait depuis 15 ans et réclame qu'ils cessent de subventionner les compagnies pétrolières.

Un peu mitigé sur le passage d'Hubert Lenoir, qui arborait un cœur noir au visage et un gilet portant l'inscription «Chaos». L'artiste était particulièrement difficile à saisir dimanche. On connaît le personnage, on l'adore pour ce qu'il est, mais il paraissait tourmenté. Au point de dire : «J'ai un peu le goût de me crisser en feu ces temps-ci.» Une affirmation qui a laissé l'assistance médusée, alors qu'on venait de parler de détresse psychologique avec Michel Courtemanche, et fait dire à Dany Turcotte : «On dit pas des affaires de même.» Provocation ou réelle détresse? Difficile à dire. Chose certaine, ces propos ne devraient jamais être pris à la légère. Guy A. a bien fait de se montrer bienveillant.

Son album est un chef d'oeuvre, selon ses propres dires. Quand on le compare à David Bowie, il répond : «je veux être comparé à des grands comme Rihanna, Beyoncé et Kendrick Lamar». On est revenu sur son apparition remarquée à La voix, alors qu'il arborait sur une fesse une fleur de lys qui éjacule. Il était sur le trône quand il a lu les réactions négatives sur les réseaux sociaux. «Je me sens souverainiste, mais je n'ai pas adhéré à rien de ce qu'on me propose politiquement», dit-il. Il admet trouver «drôle de profaner un signe aussi emblématique. C'est cool d'avoir des péquistes qui me détestent.» La carte du fou du roi : «Pour nous provoquer, t'es particulièrement doué, mais sais-tu quoi? Lâche surtout pas, on adore ça.»

L'image sombre jurait particulièrement avec l'entrevue qui suivait, avec Béatrice Picard, à qui je décerne mon étoile du match. À 89 ans, l'actrice cumule 70 années de carrière, qu'elle raconte dans le livre Avec l'âge, on peut tout dire, de Sylvain-Claude Filion. L'Angélina du Survenant, à la radio comme à la télé, a parlé de sa première union avec un jeune Français, avec qui elle a eu quatre enfants, sans jamais l'épouser. Joviale et optimiste, elle n'a pas voulu montrer sa tristesse à la mort de son mari en 2010. Quand ça va mal, «il faut que je fasse en sorte que ça aille mieux», dit-elle. «Tu vois Hubert, quand ça feel pas, t'as juste à texter Béatrice», a lancé Guy A. au chanteur. Les yeux d'Hubert se sont allumés quand il a su que Béatrice était la voix de Marge dans Les Simpson depuis 29 ans.

La comédienne admet dans son livre qu'elle a pris de la cocaïne une fois avec France Castel. Elle n'a pas détesté mais les durs lendemains l'ont convaincue de ne jamais en reprendre. Après avoir perdu conscience durant une représentation d'«Harold et Maude», elle a appris qu'elle souffrait de polymyalgie rhumatismale. Le lendemain, elle remontait sur scène. D'ailleurs, ne lui parlez surtout pas de retraite. «Je veux jouer centenaire, pis pas en chaise roulante.»

Le chef vegan Jean-Philippe Cyr va sûrement en avoir converti dimanche soir. Le vegan le plus cool en ville ne jure que par le tofu, tout en jouant l'autodérision. Le tofu «réduit de 90% le risque d'avoir de la visite pour souper», blague-t-il. Par conscience sociale et par respect pour les animaux, il ne mange ni viande, ni poisson, ni miel, ni œuf, ni lait, alléluia. Et ils sont de plus en plus nombreux à en faire autant au Québec. «Faut tracer une ligne à un moment donné», dit toutefois Jean-Philippe Cyr, qui mange des figues et boit du vin, même s'il s'agit d'aliments controversés chez les vegans.

Ariane Moffatt a écrit son sixième album, Petites mains précieuses, entre les boires de son bébé Georges. «J'ai un côté Rocky Balboa», avoue l'artiste, qui s'adonne à la boxe pour reprendre la forme avant sa prochaine tournée. On a vu la superbe publicité de la Fondation CHU Sainte-Justine, à laquelle elle prête sa voix. Sans minimiser l'impact des révélations du reportage d'Enquête sur une étude clinique en oncologie pédiatrique qui ne respecterait pas les protocoles de recherche, la chanteuse réitère son appui à la Fondation. À propos de la controverse autour de son interprétation d'une chanson en anglais de P!nk au Gala Artis, elle affirme qu'il s'agissait d'une commande et qu'elle n'avait pas pesé le poids des réactions, elle qui écrit et compose en français depuis presque 20 ans.

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Plein air

BLACKYAK Khillari: le manteau le plus léger de la terre

BLOGUE / La prétention du fabricant sud-coréen BLACKYAK n'est pas des moindres: il fabrique le manteau complet contre les intempéries le plus léger sur la planète.

À 71 grammes pour la taille medium et à peine plus gros qu'une orange dans la main, le manteau Khillari (anciennement appelé Emergency) coupe le vent totalement, est 100% imperméable et possède un capuchon.

Difficile de faire plus avec moins!

Pour arriver à fabriquer pareille merveille, BLACKYAK tire avantage du Dyneema, la fibre textile la plus résistante qui soit. Pour le même poids, le Dyneema serait en effet de 10 à 15 fois plus résistant que l'acier.

Une fibre légère, pratiquement impossible à couper et qui ne s'étire pas. Elle est notamment utilisée dans la fabrication de sangles pour l'escalade, de gréements et de voiles pour le nautisme, ou encore d'équipements de sécurité où la résistance à l'abrasion et aux coupures est essentielle.

De par sa nature et confection (20% polyéthylène et 80% polyester), le Dyneema n'est pas coloré, ce qui donne le look plutôt particulier du Khillari. 

Pratiquement transparent, sans poche et avec uniquement une demi-fermeture à glissière à l'avant, le manteau présente un aspect utilitaire qu'il faut savoir apprécier...

Eric Moreault

Le film de la semaine: l'excellent Premier homme

BLOGUE / Le premier homme (First Man) a généré des attentes très élevées dès son annonce. Parce qu’il s’agit du récit de l’épopée légendaire de la conquête de la lune par Apollo 11 avec Neil Armstrong à sa tête. Et qu’il est mis en image par Damien Chazelle, qui retrouve Ryan Gosling dans le rôle-titre après l’immense réussite de La La Land. Mission accomplie.

Ceux qui s’attendent à une pétarade d’effets spéciaux et de roulements de mécaniques patriotiques seront déçus. Chazelle a plutôt choisi pour cette adaptation du livre de James R. Hansen un rythme lent, tendant patiemment son arc dramatique jusqu’aux séquences à couper le souffle de l’alunissage et du «petit pas pour l’homme et du grand bond pour l’humanité».

Le premier homme place à l’avant-plan la quête personnelle d’Armstrong pour retrouver la sérénité après le décès de sa petite fille, reléguant celle de la connaissance et du progrès de la race humaine en toile de fond. Cet homme vit avec une blessure intérieure tellement douloureuse qu’elle le coupe de ses émotions — Gosling, stoïque, offre une performance remarquable où le moindre regard trahit toute la souffrance du monde.

La folie démesurée de l’héroïsme de ces pionniers de l’espace n’est pas pour autant occultée. Il faut un courage exemplaire, et une foi sans bornes, pour s’élancer vers l’espace dans ses boîtes de tôle équipées de l’équivalent d’un Commodore 64. Le film évoque les nombreux échecs meurtriers des missions Gemini et Apollo ainsi que leurs répercussions dévastatrices sur les proches. Chazelle fait d’ailleurs une bonne place au désarroi, aux doutes et au support de Janet, la femme d’Armstrong interprétée avec brio par Claire Foy.

Pour son quatrième long métrage, qui fut d’abord présenté en ouverture à la Mostra de Venise, Chazelle a choisi une approche profil bas après les prouesses cinématographiques de Wiplash (2014) et de Pour l’amour d’Hollywood (La La Land), couronné de six Oscars en 2016. Le cinéaste est devenu, à 32 ans, le plus jeune réalisateur de l'histoire à obtenir la statuette du meilleur réalisateur.

Il centre son récit sur le point de vue d’Armstrong (parfois en caméra subjective), dans les tons et couleurs correspondant à l’époque (entre 1961 et 1969). Sur Terre, beaucoup de gros plans, de caméra portée et une maitrise remarquable des ellipses qui permettent une progression sans heurts et une tension constante.

Dans la stratosphère et au-delà, le réalisateur se permet d’étaler son savoir-faire, qui va de la valse spatiale de vaisseaux (à la 2001, l’Odyssey de l’espace) aux vertigineuses scènes d’ascension qui ressemblent à un tour de manège à couper le souffle.

Le premier homme est, sans contredit, un excellent film qui réussit à nous faire vivre de près cette incroyable aventure. Ce n’est pas un chef-d’œuvre pour autant. L’excès de volume de la trame sonore, parfois, est une faute de goût. Et malgré toute l’empathie de son approche humaniste, il échoue à faire vibrer à plein volume les cordes de nos émotions. Pas sûr que l’utilisation, même parcimonieuse, des documents d’archives est une bonne idée — on décroche. 

N’empêche. Le premier homme incarne l’idée même de ce qu’est le cinéma : un art qui réussit à nous faire rêver, tout en nous faisant réfléchir. Et ça, c’est la marque d’un grand réalisateur. Nul doute

RICHARD THERRIEN

Johanne Fontaine s'éteint

BLOGUE / La comédienne Johanne Fontaine, qui nous avait tous éblouis par son courage et sa résilience, a finalement succombé à un cancer du côlon jeudi, après huit ans de maladie. Il y a quelques semaines, elle avait déjà signifié ne plus en avoir pour longtemps à vivre, confiant avoir l'intention de demander l'aide médicale à mourir.

La comédienne de 63 ans avait fait sa dernière apparition publique le 16 septembre dernier à L'avant-première des Gémeaux, où on lui avait décerné le trophée du meilleur rôle de soutien féminin dans une série dramatique, pour son travail dans L'imposteur, la suite à TVA. La semaine dernière, on l'a vue aux Dieux de la danse avec Marcel Leboeuf, une émission qui avait été tournée au printemps, et dans laquelle le duo dansait un mambo. En accord avec elle, on la reverra le 8 novembre à l'émission de Jean-Philippe Wauthier pour une seconde participation.

Au cours de sa carrière de comédienne, Johanne Fontaine a notamment brillé au sein de la Ligue nationale d'improvisation. On l'a vue au cinéma dans Le matou de Jean Beaudin, et à la télévision dans les émissions Justice pour tous, ZAP, Robin et Stella, Avec un grand A, Ent'Cadieux, Réseaux, Les copines d'abord, et plus récemment Ruptures et L'imposteur, dans le rôle d'une non-voyante.

L'actrice avait ému de nombreux téléspectateurs en témoignant de son expérience dans les documentaires Accro à la vie et Toujours accro à la vie, produits par son amie Isabelle Maréchal. Souffrant d'un cancer, elle a vécu plusieurs rémissions, partageant les hauts et les bas de sa maladie sur les réseaux sociaux. Un exemple de courage qui restera longtemps dans nos mémoires.

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Plein air

«Détour» de 1000 km en «bikepacking» pour deux cyclistes pros

BLOGUE / Preuve que le «bikepacking» a la cote, deux cyclistes professionnels de premier plan de l'équipe belge Lotto-Soudal, Thomas De Gendt et Tim Wellens, s'y sont intéressés sérieusement en vue de la fin du calendrier de courses. Dès dimanche, le duo ajoutera sacs et bagages aux montures Ridley en carbone pour rentrer en Belgique en roulant.

Un périple d'environ 1000 km entre l'Italie et la Belgique que les deux pros prévoient compléter en six jours, «tranquillement» d'hôtel en hôtel.

De Gendt et Wellens, âgés de 31 et 27 ans, se mettront en mode cyclotourisme après le Tour de Lombardie, une course de 241 km qui est présentée dimanche.

Au mois d'août, De Gendt avait publié les premières images de son vélo chargé, à l'occasion d'un «premier test» en bikepacking. Un périple de «vacances» planifié depuis mai.

Assurément, le duo belge aura plus que la forme pour pareille aventure. Rentrer à la maison ne devrait pas être trop compliqué... 

Spécialiste des échappées en montagne, De Gendt a remporté jusqu'ici en carrière une étape sur chaque grand tour (Tour de France, Giro et Vuelta). Au dernier Tour d'Espagne, il a d'ailleurs mis la main sur le prestigieux maillot de meilleur grimpeur.

Quant à Wellens, il a notamment un titre de champion au Tour de Pologne, deux victoires d'étape au Tour d'Italie, sans compter le titre 2015 au Grand Prix cycliste de Montréal.

Science

Vivre de nectar et de... glyphosate?

BLOGUE / D'un point de vue médiatique, parler de glyphosate et d'abeilles dans un même article est l'équivalent de tremper un cube de TNT dans de la nitroglycérine : chacun est déjà très explosif séparément, alors une fois ensemble...

C'est en plein ce qu'ont fait trois chercheurs de l'Université du Texas pour voir si l'herbicide le plus utilisé du monde affectait la santé des butineuses, et il est arrivé ce qui devait arriver : une couverture médiatique mondiale. En «temps média», l'étude disponible ici date déjà un peu (fin de septembre), mais sa parution pendant la campagne électorale ne m'a pas laissé le temps d'en parler et, comme les articles de presse ont pratiquement tous laissé entendre que la cause était entendue, je pense qu'il vaut la peine d'y revenir parce que la réalité me semble un peu plus nuancée. On pourra en discuter.

Le glyphosate est l'ingrédient actif du Round-Up, une formulation mise au point par Monsanto (notons que ses brevets sont échus maintenant et que bien d'autres entreprises en fabriquent). Il tue les plantes en neutralisant un enzyme qui leur est absolument essentiel mais, comme cet enzyme n'existe pas chez les animaux, la règle générale (et bien des études le confirment) est que sa toxicité est plutôt faible pour les animaux. Ce qui est, bien sûr, un grand avantage.

Cependant, s'est dit le biologiste de UofT Erick Motta avec deux collègues, on sait que le glyphosate est néfaste pour diverses bactéries, et on sait que certaines d'entre elles sont naturellement présentes dans l'intestin des abeilles. Puisque les insectes ont autant besoin que nous de «bonnes bactéries», cela (re)posait la question de la toxicité (indirecte cette fois-ci) de cet herbicide pour nos faiseuses de miel. Le trio a donc prélevé plus de 1800 abeilles dans des ruches pour les soumettre à trois régimes différents pendant 5 jours : sirop de sucre sans glyphosate, du sirop avec 5 milligrammes par litre de glyphosate, et du sirop avec 10 mg/l. Puis, après les avoir marquées de différentes couleurs pour les reconnaître, ils les ont réintroduites dans leurs ruches. Enfin, au bout de 3 jours dans la ruche, ils ont récupérer les abeilles (autant que faire se pouvait, on y revient) et ont analysé leur microbiote.

Ils ont constaté que comparé au groupe-contrôle (aucun glyphosate), le groupe nourri avec du glyphosate à 5 mg/l montrait des changements substantiels dans son microbiote. Celui-ci était moins diversifié et contenait nettement moins de bactéries au total.

Cependant, et c'est un «reproche» que plusieurs ont fait à cette étude, les abeilles nourries à 10 mg/l n'ont pas, ou si peu, montré de signe que leur microbiote avait été dérangé par l'herbicide, même si elles en avaient consommé deux fois plus. M. Motta et ses collègues admettent dans l'article que c'est «inexpliqué», mais ils indiquent que moins de 20 % des plus de 1800 abeilles réintroduites dans les ruches après «traitement» ont pu être récupérées, les autres étant mortes ou ayant été rejetées par la ruche (ça arrive dans ce genre d'expérience). Il est donc possible que la mortalité ait été plus grande chez ce groupe : une partie des effets du glyphosate auraient alors échappé aux mesures puisque les abeilles seraient mortes loin de la ruche.

La question est donc : est-ce que plus d'abeilles du groupe contrôle ont été récupérées, comparé à celles qui ont eu du glyphosate ? Ce n'est pas clair dans l'article, mais la réponse est «non, sauf que...»

RICHARD THERRIEN

Une entrevue de Julie avec Aznavour sur ICI ARTV

BLOGUE / Une entrevue jamais diffusée de Julie Snyder avec Charles Aznavour sera présentée sur ICI ARTV vendredi à 22h.

Cet entretien inédit avait été réalisé à l'Île d'Orléans en 2008, alors qu'on soulignait le 20e anniversaire du décès de Félix Leclerc, qu'avait bien connu Aznavour.

Enregistrée devant public, l'entrevue d'une heure ne devait pas se retrouver à la télévision mais simplement être conservée en archives. Le célèbre chanteur d'origine arménienne, décédé la semaine dernière, se confie sur ses rapports avec Félix, mais aussi sur ses débuts difficiles, ses amours et sa volonté de vivre au moins jusqu'à 120 ans.

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Science

La citation de la semaine

BLOGUE / La citation de la semaine, en ce qui me concerne (je sais qu'on est seulement mardi, mais ça va être dur à battre) : «Ce rapport [ndlr : celui du GIEC, sorti hier] met en lumière l'urgence de remplacer les combustibles fossiles par des sources d'énergie renouvelable à bas coût qui sont déjà largement disponibles. Le rapport souligne également l'urgence de protéger les forêts et les tourbières : on trouve plus de carbone emmagasiné dans ces milieux naturels que dans toutes les réserves de combustibles fossiles, et ils retirent aussi environ le tiers de nos émissions actuelles de dioxyde de carbone hors de l'atmosphère.»

On doit la citation à Jo House, de l'Université Bristol. L'intégrale (et d'autres réactions au rapport du GIEC sont disponibles sur le site du Science Media Centre britannique.