Éric Moreault

Le film de la semaine: le pompeux La ligue des justiciers

BLOGUE/Il aura vraiment fallu de longues années avant que La ligue des justiciers (Justice League) se retrouve sur grand écran. Et l’attente ne valait pas vraiment la peine. Une intrigue convenue et mince comme une feuille de papier, des personnages qui manquent de relief, de l’humour de potache et une réalisation qui manque de tonus composent une courtepointe hétéroclite dont les coutures apparentes cèdent de partout.

Le cinquième long métrage de l’univers cinématographique DC reprend après le décès de Superman dans Batman vs Superman : L’aube de la justice (2016), sur une version pop affreuse d’Everybody Knows de Cohen.

La population mondiale sombre dans la dépression. Elle doit en plus faire face à une nouvelle menace extraterrestre. Batman et Wonder Woman décident d’unir leur force au sein d’une équipe de justiciers qui comprend Aquaman, Cyborg et Flash (des métahumains). Une longue mise en place de saynètes successives va nous présenter chacun des personnages… Trop, c’est comme pas assez.

Ensuite, l’équipe du Bien pourra s’atteler à sa tâche, soit sauver le monde d’une fin apocalyptique que veut provoquer Steppenwolf et sa troupe de paradémons monstrueux (des créatures ailées), l’équipe du Mal. Très original… Surtout que, comme d’habitude, tout le film ne sert qu’à préparer le terrain à la dernière demi-heure d’affrontements titanesques. Plutôt bien réussis pour les amateurs du genre, néanmoins routiniers. Même le Deus ex machina est prévisible.

Ce n’est habituellement pas un bon signe quand certaines séquences additionnelles doivent être tournées longtemps après la fin de la production. Zack Snyder (Batman vs Superman), qui avait embauché Josh Whedon (les deux Avengers) pour écrire ces scènes supplémentaires, lui d’ailleurs cédé son siège de réalisateur après le décès de sa fille.

Le résultat est plus que mitigé : ce film sans âme manque clairement d’une direction claire, comme si le(s) réalisateur(s) ne savait pas sur quel pied danser. En résulte un hybride pompeux pas très convainquant qui part dans tous les sens (on a même droit au petit segment mièvre)…

Bien sûr, Chris Terrio, qui avait écrit le démagogique Argo (2012) de Ben Affleck, applique le même genre de formule dans La ligue des justiciers. En essayant de tracer des parallèles maladroits et grossiers avec notre monde actuel, une recette éprouvée, mais pas très inspirée ici.

Avec des dialogues insipides à se mettre en bouche, les acteurs ont souvent l’air de se demander où se mettre. Gal Gadot, en Wonder Woman, est toujours aussi superbe, mais est-ce bien nécessaire d’habiller Diana Prince (son alter ego civil) de décolletés vertigineux? Poser la question…

Ben Affleck (Batman) donne le minimum syndical. Ezra Miller a l’air ridicule en Flash dans les séquences en hyper-ralenti, mais, au moins, il a l’air de s’amuser le reste du temps. Comme Jason Momoa, dans le rôle du mauvais garçon de service en Aquaman. Malheureusement, Amy Adams (Lois Lane) et Jeremy Irons (Alfred) sont carrément sous-utilisés.

Honnêtement, on se demande où va cette franchise. On nous promettait un univers moins sombre — en effet la fin (d’un kitsch à hurler) est plus lumineuse. Mais il faudra insuffler une dose d’originalité, de plaisir et de panache aux prochains longs métrages si on veut éviter à l’univers de s’effondrer sur lui-même. Avec la moyenne au bâton de DC, ce serait peut-être une bonne affaire…

RICHARD THERRIEN

Le tournage de «Mensonges» est reporté

BLOGUE / La maison de production Sovimage a décidé d'interrompre temporairement le tournage de la série «Mensonges». La productrice Sophie Deschênes souhaite prendre les prochaines semaines pour faire la lumière sur les allégations de nature sexuelle concernant le réalisateur Sylvain Archambault, révélées par «La Presse» mercredi.

L'équipe en était à la moitié du tournage de cette quatrième saison de Mensonges, qui doit être diffusée en 2018 sur Addik. Fanny Mallette, Éric Bruneau, Sylvain Marcel et Claude Legault sont parmi les vedettes de cette série.

On devait tourner demain et la semaine prochaine, avant de prendre une pause déjà prévue. Sophie Deschênes précise que ces dates sont simplement reportées. «Je dois prendre le temps de vérifier les allégations, que j'ai apprises en même que tout le monde dans le journal. Je prends ça au sérieux», affirme la productrice, qui ne précise pas si un nouveau réalisateur pourrait prendre la relève.

Les deux autres séries réalisées par Sylvain Archambault, Les pays d'en haut et Cheval-serpent, ont déjà été tournées, et seront diffusées tel que prévu en janvier sur ICI Radio-Canada Télé.

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Éric Moreault

Le film de la semaine: l'impitoyable La mise à mort du cerf sacré

BLOGUE/Seriez-vous capable de mettre à mort un de vos enfants pour sauver les autres membres de votre famille? C’est le glacial dilemme cornélien que pose Yorgos Lanthimos dans son brillant et hypnotique La mise à mort du cerf sacré (The Killing of a Sacred Dear). Porté par les interprétations marquantes de Colin Farrell et Nicole Kidman, ce drame perturbant, un des meilleurs films de l’année, méritait mieux que le Prix ex æquo du scénario à Cannes, en mai.

Je m’attendais à ce que La mise à mort du cerf sacré gagne le Grand prix ou même, à la limite, le Prix du jury, comme Le homard en 2015. Mais, bon, ça ne diminue en rien ses qualités. Cette fois, le réalisateur grec a délaissé la satire de Canine (2009), mais il place encore une fois la famille sous sa lentille.

Celle de Steven (Farrell), un brillant chirurgien charismatique, et d’Anna (Kidman), une ophtalmologue respectée. Le duo vit heureux avec ses deux enfants, Kim (Raffey Cassidy), 14 ans, et Bob (Sunny Suljic), 12 ans. Tout semble parfait, mais la sexualité étrange du couple, montrée d’entrée de jeu, nous révèle que tout ne tourne pas nécessairement rond dans cette grande maison gothique.

Steven prend d’ailleurs sous son aile Martin (Barry Keoghan), un adolescent perturbé. Celui-ci s’incruste, en particulier auprès de la fille aînée. Ses intentions ne sont pas pures : son père est décédé sur la table d’opération de Steven.

Martin dévoile son plan macabre au médecin : il doit tuer un membre de sa famille, sinon chacun d’eux mourra à petit feu… L’homme est aux prises avec un choix intenable qui le confronte aux conséquences de ses actes et à son sentiment de culpabilité. Mais Steven est aussi dans le déni.

Le titre du film fait référence au mythe d’Iphigénie, mais Lanthimos propose surtout une perturbante tragédie grecque actuelle, doublée d’un suspense, servie avec un humour noir dérangeant. Assurément, l’audace de la proposition et son aspect provocateur dérange. On ne ressort pas intact d’un tel long métrage, qui agit tel un électrochoc.

Lanthimos fait sans cesse augmenter la pression, dans un mélange d’absurde et d’horreur qui glace le sang, créant un climat d’étrangeté accentué par une trame sonore dissonante et envahissante — on pense à Kubrick et à Lynch. Sans parler d’une finale qui donne froid dans le dos.

Oui, c’est tordu et le cinéaste en fait beaucoup. Sa réalisation, très maîtrisée, fait d’ailleurs une large place à d'impressionnants travellings qui traînent parfois en longueur. Mais il propose aussi de magnifiques plans.

Comme dans ses autres films, Lanthimos impose un jeu extrêmement minimaliste, avec des résultats convaincants. On peut même parler de non-jeu, ici. Farrell s’y était déjà exercé dans Le homard, mais il en allait autrement de Kidman. L’actrice australienne s’y est prêtée avec beaucoup de grâce et d’audace (il en faut pour accepter de se mettre à nu devant la caméra à 50 ans, au propre comme au figuré).

Barry Keoghan, qui joue un (court) rôle marquant dans le récent Dunkerque de Christopher Nolan, démontre qu’il a un énorme potentiel comme acteur. Son incarnation, mélange de bravade, de vulnérabilité et de sociopathie, est totalement convaincante.

La mise à mort du cerf sacré demande un certain investissement du spectateur, qui est poussé dans ses derniers retranchements. Mais le jeu en vaut la chandelle.

RICHARD THERRIEN

«Les pays d'en haut» et «Cheval-serpent» diffusées tel que prévu

BLOGUE / Radio-Canada annonce que les séries «Les pays d'en haut» et «Cheval-serpent», toutes deux réalisées par Sylvain Archambault, seront diffusée tel que prévu cet hiver à son antenne.

Le diffuseur considère que de les éliminer de sa grille-horaire «équivaudrait à pénaliser nos auditoires et des dizaines d’artistes et artisans», peut-on lire dans un communiqué. Le tournage de ces deux séries est complété.

La Presse révélait mercredi matin les témoignages d'une vingtaine de personnes, alléguant des comportements répréhensibles à caractère sexuel de la part de Sylvain Archambault, qui réalise aussi la série Mensonges, actuellement en tournage.

M. Archambault aurait entre autres demandé à ses acteurs d'improviser des scènes qui ne sont prévues au scénario, en y ajoutant une connotation sexuelle. «As-tu déjà joui dans ta vie? Vas-y!» aurait-il aussi demandé à une jeune comédienne de 14 ans en audition.

Par voie de communiqué, le réalisateur a depuis nié catégoriquement avoir commis les actes qu'on lui attribue. «L'anonymat permet de dire n'importe quoi, même des faussetés», écrit-il. Des procédures judiciaires seront entreprises contre les personnes ayant formulé «ces propos mensongers», ajoute-t-on.

Dans le cas de Mensonges, qui doit être diffusé sur Addik dans la prochaine année, Groupe TVA n'a pas pris encore de décision. «Nous avons d'ailleurs communiqué avec la responsable de la production très tôt ce matin pour lui demander de nous informer des actions qu'elle compte prendre suite au dévoilement de ces témoignages», a indiqué Véronique Mercier, aux communications.

Les deux diffuseurs condamnent vigoureusement le harcèlement psychologique ou sexuel dans les milieux de travail qui concernent les productions qu'ils mettent en ondes. Chez Groupe TVA, on ajoute qu'on serait intervenu si on avait eu vent de tels agissements, ce qui n'est pas le cas.

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Éric Moreault

Le sens du timing de Spielberg

BLOGUE/La prometteuse bande-annonce de The Post ne pouvait arriver à un meilleur moment — et je ne parle pas de la course aux Oscars dans laquelle le film de Steven Spielberg va inévitablement se trouver.

Bien sûr, le drame raconte, d’un autre point de vue que Les hommes du président (1976) d’Alan J. Pakula, la lutte du Washington Post pour révéler les papiers du Pentagone sur l’implication américaine pendant la guerre du Vietnam. On voit le combat de l’éditrice Katharine Graham (Meryl Streep), femme dans un monde d’hommes, pour publier les faits, avec le soutien de son rédacteur en chef Ben Bradlee (Tom Hanks). 

Mais ce sont surtout les parallèles qu’on ne manquera pas de tracer entre l’administration Nixon et la présidence de Trump qui seront intéressants alors que ce dernier est empêtré dans les révélations sur l'implication du gouvernement russe dans les dernières élections américaines...

Outre Streep et Hanks, le long métrage peut compter sur une solide distribution: Alison Brie, Carrie Coon, David Cross, Bruce Greenwood, Tracy Letts, Bob Odenkirk, Sarah Paulson, Jesse Plemons, Matthew Rhys, Michael Stuhlbarg, Bradley Whitford et Zach Woods. Le scénario est de Liz Hannah et Josh Singer, oscarisé pour Spotlight (2016) et auteur de First Man, que tourne actuellement Damien Chazelle.

Sortie limitée le 22 décembre (pour les Oscars), puis étendue le 12 janvier. Très hâte. 

RICHARD THERRIEN

Valérie Plante et Margaret Atwood chez Guy A.

BLOGUE / La nouvelle mairesse de Montréal Valérie Plante et la romancière à succès Margaret Atwood seront parmi les invités de «Tout le monde en parle» dimanche soir.

Il sera également question du nouveau Festival du rire de Montréal avec Martin Petit et des collègues humoristes. Aussi sur le plateau de Guy A. Lepage: Ricardo Larrivée, Pierre Lavoie et Pierre Thibault au sujet du Lab-École, Jonathan Roberge, pour Le petit Roberge un peu illustré, et la chanteuse Jain pour l'album Zanaka.

À Télé-Québec, ce soir à 21h, aux Francs-tireurs, Richard Martineau discute avec Sophie Prégent. Demain (jeudi) à 21h, à Dans les médias, Marie-Louise Arsenault reçoit Pierre-Yves Lord. Vendredi à 21h, Deux hommes en or accueille Émile Proulx-Cloutier, Katherine Levac et Pierre-Yves McSween.

À TVA, vendredi à 19h, Ça finit bien la semaine reçoit Dave Morissette, Dominic et Martin et Philippe Laprise. Dimanche à 21h, La vraie nature réunit Marie-Ève Janvier, Jean-François Mercier et Alexandre Taillefer.

À ICI ARTV, dimanche à 19h, La soirée est (encore) jeune accueille Anne-Elisabeth Bossé comme invitée d’honneur, Marc-André Coallier et Pierre-Yves Lord.

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Éric Moreault

The Square en tête aux «Oscars européens»

BLOGUE/La saison des prix du cinéma américain a débuté dimanche avec la 21e édition des Hollywood Films Awards et culminera avec les Oscars le 4 mars (et ça risque d’être pas mal moins jojo à cette 90e édition). Mais de l’autre côté de l’Atlantique, on se prépare aussi à décerner les 30es prix du cinéma européen (EFA). Trois films qui viennent ou prendront l’affiche sous peu sont en tête des nominations, dont The Square, Palme d’or à Cannes (sortie : 24 novembre), avec cinq titres possibles.

L'intense film de Ruben Östlund aura de la grosse compétition pour le meilleur film des «Oscars européens» puisqu’on retrouve Faute d’amour d’Andreï Zviaguintsev (Prix du jury à Cannes), Corps et âme d’Ildiko Enyedi (Ours d'or à Berlin) et L’autre côté de l'espoir d’Aki Kaurismäki (Ours d’argent à Berlin). C’est 120 battements par minute (Grand prix à Cannes, à l’affiche) qui complète cette liste de nommés très relevés.

Curieusement, on a écarté Robin Campillo de la liste des meilleurs réalisateurs pour y substituer Yorgos Lanthimos… dont Mise à mort du cerf sacré (à l’affiche le 10 novembre) n’a pas été retenu comme meilleur film! 120 BPM échoue aussi à se qualifier pour le meilleur scénario, qui regroupe les mêmes films qu’à la réalisation, le Kaurismäki en moins et le Frantz de François Ozon en plus.

Il semble impossible que The Square répète l’exploit de Toni Erdmann l’an dernier. La populaire comédie de Maren Ade était repartie avec les EFA du Meilleur film, réalisateur, scénariste, actrice et acteur.

Sinon, deux choses marquantes. La première : l’émergence de jeunes acteurs dans les catégories de pointe. Florence Pugh, inoubliable dans Lady Macbeth (de William Oldroyd), et, dans une moindre mesure, Paula Beer dans Frantz, seront opposées à Juliette Binoche, à Isabelle Huppert et à Alexandra Borbély. Du côté masculin, Nahuel Pérez Biscayart (120 BPM) fait face aux vétérans Claes Bang, Colin Farrell, Josef Hader et Jean-Louis Trintignant.

Deuxièmement, la fracture entre les nommés par l’Académie et les films soumis par les cinéphiles pour le prix du public. Mis à part le Kaurismäki et le Ozon, tous les autres films sont absents des catégories principales. Mais, bon, à deux exceptions près, les longs métrages retenus se retrouvent résolument du côté du cinéma d’auteur, notamment le très bon Baccalarauréat de Cristian Mungiu et le pas très réussi La commune de Thomas Vinterberg.

La cérémonie se déroule le 9 décembre. Pour la liste complète des nommés, c’est ici.

La veille, ce sera la toute première soirée de récompenses des films d’animation européens qui se déroulera à Lille. Les excellents La tortue rouge de Michael Dudok de Wit et Ma vie de Courgette de Claude Barras obtiennent, logiquement, trois nominations chacun. Les nommés sont ici.

RICHARD THERRIEN

«La France a un incroyable talent» coupe ses liens avec Juste pour rire

BLOGUE / En plus d'avoir largué Gilbert Rozon, voici que la production de «La France a un incroyable talent» se dissocie du Festival Juste pour rire.

Depuis la troisième saison, le vainqueur de l'émission de M6 obtenait une participation au festival d'humour montréalais, ce qui ne sera pas le cas cette année, selon l'hebdomadaire français Télé-Loisirs. Reste tout de même le prix en argent de 100 000 euros, l'équivalent de près de 150 000 dollars canadiens.

La 12e saison de La France a un incroyable talent, dont on avait déjà tourné les cinq premières émissions, sera diffusée à partir du jeudi 16 novembre, en retard de trois semaines, mais sans Gilbert Rozon parmi le jury. Toute la portion des auditions ayant été jetée au panier, le public ne verra que les demi-finales et la finale en direct. Le visage de Rozon n'apparaîtra pas non plus dans les résumés d'auditions présentés en ondes.

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Télé et radio

L'étoile du match à Michel Tremblay

BLOGUE / C'est un Michel Tremblay splendidement en forme et enthousiaste qui s'est présenté sur le plateau de «Tout le monde en parle», diffusée dimanche. Un monument vivant, plein de projets, qui savoure encore la création, et qui inspire toujours la fierté. Un nouveau roman, une 32e pièce chez Duceppe, le 50e des «Belles-Sœurs», et des prix prestigieux à la pelle: ça bouge dans l'univers de Tremblay.

L'heureux auteur de 75 ans en avait quand même beaucoup à dire sur l'insuffisante augmentation de 4 millions de dollars, allouée par l'ex-ministre de la Culture, Luc Fortin, au Conseil des arts et des lettres du Québec. «J'avais l'impression qu'il lançait des pinottes dans une cage de singes en disant: «Partagez-vous ça et faites-nous rire après.» C'est ça les artistes. 4 millions sur [un surplus budgétaire record de] 4 milliards, c'est inimaginable», s'est-il indigné.

«C'est pas vrai que les artistes sont des paresseux. Ceux qui crèvent de faim, c'est parce qu'ils n'ont pas de travail», a-t-il dit, parlant d'une fausse croyance de la population. Dans ce plaidoyer en faveur des artistes, il a rappelé que la culture peut aussi être rentable. «Jamais un gouvernement du Québec n'a avoué que placer une piastre dans la culture, ça en rapporte quatre ou cinq!»

Il paraît en grande forme, même s'il a conservé des séquelles de son cancer. «Mais au moins, je suis vivant. C'est un prix à payer très peu élevé», dit-il, ajoutant que si son cancer l'avait emporté, la diaspora des Desrosiers n'existerait pas.

Trois députés contre un ministre, issus de quatre partis politiques, on ne voit pas ça souvent. À Amir Khadir, Pascal Bérubé et François Bonnardel, qui réclamaient des réponses de l'UPAC sur l'arrestation de Guy Ouellette, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a répété que les députés n'avaient pas à s'improviser enquêteurs ou inquisiteurs. «Il faut respirer par le nez», a dit le ministre, inébranlable.

Entre Guy Ouellette et Robert Lafrenière, qui dit la vérité? «Il ne faudrait pas jouer aux devinettes», répond le ministre Coiteux. Et sur la différence entre «piéger» et «appâter» invoquée par l'UPAC, le libéral répond: «C'est une différence aussi subtile que celle qui aurait entre un crocodile et un alligator.»

Au milieu d'un débat souvent cacophonique, Amir Khadir a accusé le ministre Coiteux de malhonnêteté intellectuelle. «Ça fait six ans qu'on attend les résultats d'enquêtes sur le financement illégal du Parti libéral du Québec», pas «une question d'individus mais de crime organisé».

Réjouissant duo de Gaspésiens que Klô Pelgag et Patrice Michaud, gagnants à l'ADISQ. La première, originale et pétillante, s'exprime beaucoup par son look et ses vêtements, peu importe les critiques. «Il y a tellement de raisons d'être fâché dans la vie. Si j'aime pas la tarte aux pommes, je vais pas lui enlever le droit d'exister», dit celle qui donne tous ses trophées à sa mère, sa fan numéro un.

Pour pouvoir utiliser les mots de Réjean Ducharme dans sa chanson Kamikaze, Patrice Michaud lui a écrit une lettre et l'a envoyée à son éditeur. Il ignore si l'auteur l'a lue, mais se réjouit d'avoir obtenu l'autorisation désirée. Avant de devenir connu, Michaud enseignait l'éducation au choix de carrière et la formation personnelle et sociale. Il a même eu Klô Pelgag, alors Chloé Pelletier-Gagnon, comme élève. «Un prof tellement charismatique!» dit la chanteuse.

«Comme tout le monde, j'ai trouvé ça inacceptable», a dit Maripier Morin au sujet des inconduites sexuelles d'Éric Salvail, qui produisait son talk-show Maripier!. Elle a préféré laisser la place aux victimes plutôt que de se prononcer sur les réseaux sociaux, et souhaite que la prise de conscience sur le harcèlement sexuel dure plus que deux semaines. Elle n'a pas parlé à Éric Salvail depuis la sortie du scandale, et reprendra le micro des «Fantastiques» cette semaine à Rouge FM, en alternance avec trois autres animateurs.

L'animatrice voulait garder sa journée de mariage privée, mais y consacre finalement trois émissions sur sa nouvelle plateforme numérique MaripierMorin.com. «J'avais envie que ça sorte à ma façon», dit-elle. L'ancienne beauté du «Banquier» n'a pas hésité une seconde à accepter le rôle que lui a offert Denys Arcand dans son prochain film, «Triomphe de l'argent». Elle avoue «avoir un kick» sur le cinéaste, et a eu la piqure du jeu durant le tournage.

Auteur de Mes 25 ans aux USA – Et puis Trump a été élu, le journaliste de La Presse Richard Hétu croit que Donald Trump complétera son mandat, entre autres parce que le Congrès est à majorité républicaine. L'affaire russe reste tout de même un dossier explosif. La question n'est plus de savoir s'il y a eu ingérence des Russes dans l'élection présidentielle, mais jusqu'où c'est allé. Ce passionné de politique, qui vit à Manhattan, est devenu citoyen américain en 2009, entre autres inspiré par son épouse afro-américaine, issue du quartier des Obama. Il souhaitait ainsi participer au débat démocratique en obtenant le droit de vote.

François Pérusse dû tout réécouter toute son œuvre sur disque pour en choisir ses morceaux préférés, qui figurent sur Best ove! Il a réussi à nous faire rire en parlant de la mort de son père. Quand celui-ci, qui avait beaucoup d’humour, lui a demandé de le «débrancher», il lui a répondu: «P’pa, t’es même pas branché!» En sortant de chez l’entrepreneur de pompes funèbres, il a fait son deuil en écrivant un sketch sur le sujet. «On s’est tous trouvés un peu niaiseux», dit-il, au sujet de Gilbert Rozon, arrêté en 1998, mais à qui on a fait une confiance aveugle depuis.

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RICHARD THERRIEN

Véronique Prince quitte TVA pour Radio-Canada

BLOGUE / Véronique Prince, figure bien connue de la couverture politique à TVA, fait le grand saut à Radio-Canada. Elle sera correspondante parlementaire à la colline de Québec à partir du 13 novembre prochain.

La journaliste était à l'emploi de TVA depuis 2008, dont les cinq dernières années au Parlement de Québec. Avant, elle avait entrepris sa carrière à TQS en 2005.

Véronique Prince est détentrice d’un baccalauréat en science politique de l’Université Concordia. Elle complète en ce moment un mémoire de maîtrise sur la gestion de crise gouvernementale à l’ère de la diversité médiatique à l’Université Laval, en plus d'occuper la vice-présidence de la Tribune parlementaire.

«Son important réseau de contacts, sa profonde connaissance de l’appareil gouvernemental et son expérience de travail au quotidien dans cet environnement ont contribué à développer chez elle des réflexes et un solide jugement journalistique», a écrit Ginette Viens, première directrice des nouvelles de Radio-Canada, dans une note interne obtenue par Le Soleil.

À Radio-Canada, elle prend le poste qu'occupait Martine Biron avant le départ de Michel Pépin. Mme Biron est donc nommée officiellement analyste politique. Nicolas Vigneault assurait la transition.

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