RICHARD THERRIEN

«En tout cas» de retour pour une deuxième saison

BLOGUE / J'apprends que TVA a commandé 10 nouveaux épisodes à la comédie «En tout cas», prévus pour l'hiver prochain à TVA. Guylaine Tremblay et Anne-Élisabeth Bossé reprennent donc leurs rôles de mère et fille, qui ont rallié plus d'un million de téléspectateurs l'hiver dernier le lundi à 19h30.

On se souvient qu'à la première saison, Danielle (Guylaine Tremblay) quittait l'Abitibi pour venir rejoindre sa fille et son fils à Montréal. Son adaptation à la grande ville n'a pas été de tout repos, et Chloé (Anne-Élisabeth Bossé) a dû elle-même s'adapter à la présence de son envahissante mère.

La critique n'a pas été unanime à l'endroit d'En tout cas. Plusieurs l'ont comparée à Lâcher prise, diffusée à la même heure sur ICI Radio-Canada Télé, aussi avec un duo mère-fille, mais très différente dans l'histoire et dans le style. Le public a toutefois été plus nombreux à suivre En tout cas, qui a enregistré une moyenne de 1 047 000 téléspectateurs, contre 892 000 pour Lâcher prise, renouvelée pour une troisième saison.

L'auteure Rafaële Germain et le réalisateur François Jaros (L'âge adulte) reprennent donc du service pour cette deuxième saison d'En tout cas.

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Jean-François Cliche

Pour en finir avec les «12 salopards»

BLOGUE / Chaque printemps ramène toujours avec lui les trois mêmes certitudes : la neige fond, les oies blanches reviennent et l'Environmental Working Group publie sa «dirty dozen», soit une liste des fruits et légumes les plus contaminés par les pesticides. Année après année, les médias y accordent toujours une grande place même si, pour tout dire, l'exercice n'est pas beaucoup plus utile que d'écrire un article qui annoncerait que la neige est en train de partir...

On trouvera le communiqué de presse ici, et on notera deux choses à son sujet : EWG joue clairement la carte de la peur, parlant de fertilité réduite et de «dommages au cerveau des enfants» ; mais on ne trouve nulle part là-dedans la plus petite trace d'un chiffre qui donnerait une idée des concentrations mesurées sur les fruits et légumes. Zéro, niet, nada...

Alors je suis allé fouiller un peu dans les données sur lesquelles EWG appuie son palmarès — le groupe ne prend pas lui-même des mesures mais se sert plutôt du Programme de données sur les pesticides du USDA, dont les résultats sont publics et disponibles ici. J'ai fait une couple de petits calculs pour la chronique «Polémiques» que je tiens dans Québec Science, en me concentrant sur les deux «pires» cas parmi les «12 salopards», soit les fraises et les épinards.

Sur 530 échantillons de fraises, des traces d'au moins un pesticides ont été trouvés dans «plus de 98 % des cas», et «plus du tiers contenaient des traces de 10 pesticides ou plus», lit-on dans le communiqué. Cela peut paraître bien impressionnant, mais il y a une raison pour laquelle il n'est question de concentration nulle part dans le texte : les chiffres complets n'ont pas grand-chose d'effrayant. Les normes américaines n'ont été dépassées que dans trois cas, et jamais par des marges énormes (entre 1,04 et 1,48 fois le seuil de tolérance). En moyenne, quand un pesticides était détecté sur des fraises, les concentrations équivalaient à seulement 4 % du maximum acceptable aux États-Unis — donc 25 fois en dessous.

Chronique

Dany Laferrière et le charme des mots

CHRONIQUE / Dany Laferrière ne m'a déçu dans aucune de ses apparitions à «Tout le monde en parle», et il n'a pas fait exception dimanche soir. Qui d'autre que l'Académicien aurait pu faire l'éloge de l'alphabet avec autant de verbe et d'éloquence? «S'il n'y avait pas l'alphabet, nous serions tous morts. […] L'alphabet porte le fardeau du monde. S'il n'y avait pas cela, vous vous imaginez, on aurait pu perdre toute la mémoire du monde», a-t-il dit, relevant au passage que les voyelles étaient «snobs et prétentieuses», regardant les consonnes de haut.

Laferrière, qui semble chaque fois éprouver un réel plaisir sur ce plateau, a écrit et dessiné à la main son 30e livre, Autoportrait de Paris avec chat. Il déplore que l'ordinateur nous ait fait négliger nos propres mains, «le premier outil de l'homme et de la vie». «La main a une mémoire que l'ordinateur n'a pas. […] Nous refusons de l'utiliser. Nous sommes en train de perdre quelque chose.»

Le romancier reconnaît que l'Académie ne compte que quatre femmes et souhaite qu'il y en ait plus. «Disons quatre femmes et un Noir», a-t-il ajouté, rappelant qu'il y avait plus de femmes auteures que d'hommes, et que 80% du lectorat est féminin.

Alors que ses cinq dernières années lui semblent être passées à la vitesse de l'éclair, Marc Dupré reste avec l'impression d'avoir un peu négligé les siens. «Je m'ennuie de mes enfants, de ma femme, de ma vie familiale», affirme l'ancien coach de La voix, qui a quitté l'émission par choix, et qui ignore s'il y retournera un jour. Il a écrit pour sa femme Pourquoi t'es restée?, se demandant comment elle a pu supporter l'être anxieux qu'il est et qui travaille sans arrêt. «Je ramenais ça à la maison», dit-il. Depuis la mort de son beau-père René Angélil, Dupré et son épouse vont beaucoup moins à Las Vegas, vivant encore leur deuil.

«Elle est vraiment meilleure que moi», dit-il de sa fille Stella, avec qui il chante en duo. Un Justin Bieber chinois a repris sa chanson La tempête, un tabac dans son pays. «J'ai pas fait une fortune avec ça», affirme néanmoins Dupré, qui s'apprête à remonter sur la scène au Centre Bell et au Centre Vidéotron. La carte du fou du roi: «Tu t'es tellement créé de compétiteurs avec La voix qu'aujourd'hui, t'en es réduit à passer à Tout le monde en parle pour vendre tes billets.»

On ne se lasse pas de Chantal Machabée, qui mériterait enfin son trophée Artis. Comme elle le raconte dans sa biographie intitulée Chantal Machabée: désavantage numérique, et signée Guillaume Lefrançois, la vedette de RDS savait déjà enfant qu'elle voulait devenir journaliste sportive. Passionnée de hockey, elle a collectionné une bonne cinquantaine d'autographes de Guy Lafleur, son idole de toujours. À ses débuts à RDS, elle a dû se résoudre à porter des broches pour corriger une seule dent croche à la demande d'un patron, alors qu'on n'exigeait pas des collègues masculins bedonnants de perdre 30 livres. Elle a fait de tout, y compris décrire les tournois de fers avec Jean-Paul Chartrand.

Elle garde contact avec Jacques Demers, privé de la parole mais qui parvient à communiquer. «Malgré toutes ces épreuves-là, il demeure joyeux», affirme la journaliste et animatrice, qui a soutenu M. Demers avant qu'il ne dévoile au grand jour qu'il était analphabète. Exemples de commentaires vulgaires et méchants qu'elle peut recevoir: «T'es une salope. Tu dois coucher avec les joueurs. T'es une conasse. Tu connais rien. Qu'est-ce que tu fais encore là? T'es trop vieille pour être là.» Et c'est pire quand le Canadien connaît une série de défaites. Il fallait bien trouver un défaut à Chantal Machabée: elle admet qu'elle sacre beaucoup, sur la passerelle, les soirs de matchs, et peut lâcher un «Qu'est-ce qu'il fait là, l'estie de chaudron?»

«Je pensais que vous alliez faire l'entrevue avec un sac sur la tête», a dit d'emblée Dany Turcotte à Marc Bergevin, qui avait le caquet bas dimanche. «Ce qui est arrivé l'an dernier est inacceptable et j'en prends l'entière responsabilité», affirme le directeur général du Canadien. Il pointe du doigt l'offensive déficiente, l'«atroce» jeu en désavantage numérique, la saison «en-dessous de ses capacités» de Carey Price, de même que les défenseurs. Va-t-il endurer la baboune de Carey Price durant les huit ans de son contrat? Bergevin a trouvé le moyen de défendre son gardien, parlant d'un «être sensible» et «frustré».

Il rejette les rumeurs de ses chicanes avec Max Pacioretty, relevées entre autres par Mike Bossy, et contredit Réjean Tremblay, qui dit avoir su de Geoff Molson que la décision d'échanger P.K. Subban a été prise des mois avant la transaction. Ne comptez pas sur lui pour regretter cet échange, que bien des partisans ont encore sur le cœur.

Colombe St-Pierre a du caractère, et on aime ça. Élue cheffe de l'année au premier gala des Lauriers de la gastronomie québécoise, elle parle franchement de ce qui la heurte, notamment du mariage impossible entre production industrielle et artisanale, considérées à tort sur un pied d'égalité par nos réglementations. Oui, les femmes sont moins nombreuses que les hommes en gastronomie, tout comme dans le guide Michelin. «Mes compères masculins ont toujours été là pour moi», dit-elle toutefois, ajoutant ne jamais avoir été brimée par eux. «J'ai toujours eu un caractère qui ne laissait aucune place à toute forme d'intimidation», dit-elle au sujet du mouvement #moiaussi en gastronomie. Elle éclate de rire en entendant le nom de Jean-Claude Apollo, qui lui inspire ce gag un peu douteux, mais apprécié de l'assistance: «Ça ferait du bien, une matante cochonne!» Vantée par Dany Laferrière, qui salue sa hardiesse et qualifie sa cuisine de «fougueuse» mais de «très raffinée» en même temps, la propriétaire de Chez St-Pierre au Bic assume pleinement son choix de tenir un resto en région, mais admet avoir enregistré un déficit pour la première fois dans la dernière année.

Le film Origami, mélange de drame psychologique et de science-fiction, nous ramène François Arnaud, qui joue un restaurateur d'œuvres d'art capable de se déplacer sur sa propre ligne du temps. Médium qui parle aux morts dans Midnight, Texas, François Arnaud préfère les plateaux américains aux français, où les acteurs seraient moins bien préparés. «Ils parlent aux maquilleuses comme si c'était de la scrap», dit-il des collègues français. L'acteur vit à Brooklyn, mais s'ennuie du Québec et de «vivre en français». Producteurs québécois, prenez-en note. La carte de Dany: «T'es jeune et beau, profites-en bien. Par expérience, je te le dis, ça durera pas.»

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RICHARD THERRIEN

C'est la fin pour «Virtuose»

BLOGUE / L'émission «Virtuose» ne reviendra pas la saison prochaine sur ICI Radio-Canada Télé. L'animateur Gregory Charles a lui-même annoncé la nouvelle sur sa page Facebook, se disant attristé par la décision du diffuseur.

En ondes depuis trois saisons le vendredi à 19h, l'émission permettait à de jeunes musiciens de faire valoir leurs talents, que ce soit au violon, en chant, au piano, ou à tout autre instrument. Le ténor Marc Hervieux servait de témoin la première saison, alors que Gabriella s'est joint à lui lors de la deuxième, et Florence K cette année. Gregory Charles assurait aussi la production de Virtuose avec Sylvia Côté.

«Je suis reconnaissant envers Radio-Canada et salue leur courage. Je vais par ailleurs continuer, avec détermination, à trouver de nouveaux moyens de soutenir nos jeunes musiciens et de permettre à tous de les découvrir et de jouir de leur talent et de leur passion», a écrit Gregory Charles sur Facebook, sans élaborer sur les raisons du diffuseur de mettre fin à l'émission.

L'aventure ne se termine tout de même pas ici pour Virtuose. Le samedi 28 avril prochain, Gregory et le Virtuose Orchestra présenteront le spectacle Barock au Palais Montcalm. Dix musiciens des trois saisons de l'émission interpréteront des œuvres de musique classique et des grands airs populaires. Parmi eux, quatre jeunes talents de Québec, Laurianne Houde, Jérôme Chiasson et Frédéric Pouliot au violon, et Nathanaël Cardinal au violoncelle. Le violoniste Benjamin Seah, vainqueur de la troisième saison, sera aussi du nombre.

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Eric Moreault

Le film de la semaine: le puissant Tu n'as jamais vraiment été là

BLOGUE/Il aura fallu six longues années avant que Lynne Ramsay ne revienne au long métrage après son dérangeant Il faut qu’on parle de Kevin. Retenue pour Tu n'as jamais vraiment été là (You Were Never Really Here) lors du dernier Festival de Cannes, la réalisatrice écossaise a hérité du pire scénario : clore la compétition. Tous les festivaliers ont les yeux usés. Et pourtant, son puissant suspense, (sur)prenant et audacieux, lui a valu un très mérité Prix du scénario et un Prix d’interprétation pour la performance magistrale de Joaquin Phoenix.

Phoenix, dans un rôle très physique, se glisse dans la peau de Joe, un vétéran qui souffre d’un trauma lié à son enfance, illustré par de brèves visions, et d’un stress post-traumatique — un dangereux cocktail d'autant qu’il s’enfile des pilules à la poignée. On ne sait d’ailleurs trop s’il hallucine ou si sa réalité est distordue…

Il est néanmoins chargé par un sénateur américain, en période électorale, de retrouver sa jeune fille enlevée et retenue par un réseau de prostitution, Nina (Ekaterina Samsonov). Mais tout part en vrille et Joe se retrouve entraîné bien malgré lui dans une spirale de violence...

Rien de bien original, mais tout est dans l'approche très sensorielle adoptée par Ramsay, toujours beaucoup plus dans l’allusion que dans l’action directe. Les voix que Joe entend sont bien réelles, mais diffuses. La violence dans ce mélange de drame de mœurs psychologique et de suspense se retrouve dans le hors champ ou montrée de loin, sauf exception (et ça fesse solide dans ces rares cas).

On pourrait continuer longtemps sur l’originalité de l'approche de la réalisatrice, notamment ses gros plans inusités, sa caméra subjective pour Joe et ses sublimes images sous l’eau. Mais je retiens surtout que la touche féminine, ici, sert à démontrer qu’on peut faire les choses différemment, autrement (malgré les allusions à Hitchcock, notamment celles, très drôles, à Psychose).

You Were Never Really Here bénéficie évidemment grandement de l’incarnation de Phoenix, troublant en vétéran suicidaire sur le point d’exploser à tout moment. Toujours aussi intense, il crève l’écran. L’acteur montre aussi une sensibilité à fleur de peau dans ses interactions avec la petite Nina.

Mais une telle performance ne fait pas un film. Outre le fait que Ramsay m’a rivé à mon siège, le plus impressionnant demeure qu’avec un rythme plus lent que la moyenne pour le genre, You Where Never Really Here passe comme l'éclair. Un signe qui ne trompe pas.

Lynne Ramsay a une voix originale et fait la preuve, encore une fois, que le cinéma contemporain bénéficierait grandement d’une présence féminine plus marquée à la réalisation.

Plein air

Perdez-vous dans l'immensité du vide californien avec «Two Nineteen Forty Four»

BLOGUE / Certains exploits dans les discipline de l'aventure sont difficiles à mettre en perspective. Notamment en escalade, où les records sont souvent intangibles pour le commun des mortels. Grimper le mythique Nose sur El Capitan, au parc national de Yosemite, en 2h19:44 ça ressemble à quoi? Maintenant, il est possible d'en avoir une impressionnante idée...

Dans un film de sept minutes et 18 secondes, le photographe Tristan Greszko nous fait revivre en accéléré l'ascension record du Nose réalisé par Brad Gobright et Jim Reynolds en octobre 2017.

Après 11 tentatives sur la légendaire voie de granite du géant californien, Gobright et Reynolds touchaient le sommet en 2h19:44, d'où le titre du film Two Nineteen Forty Four. Ils amélioraient ce qui semblait déjà intouchable, soit la marque de Hans Florine et d'Alex Honnold datant de 2012. Le duo de professionnels avait gravit les quelques 1000 mètres du Nose en 2h23:46. 

Télé et radio

Le grand retour au jeu de Marina

CHRONIQUE / Marina Orsini n’avait pas joué dans une série depuis la mort de Suzie Lambert dans «Lance et compte» en 2015. Pour son retour au jeu dans la nouveauté de Chantal Cadieux, «Une autre histoire», elle incarnera Anémone, une femme atteinte d’Alzheimer précoce, qui voudra renouer avec son passé. Un personnage «mystérieux, fragile et résilient».

Diffusée à partir de la saison prochaine sur ICI Radio-Canada Télé à raison de 24 épisodes par année, Une autre histoire arrive moins d’un an après la fin de Mémoires vives, la précédente série de Chantal Cadieux, qui n’aura pris que trois mois de congé avant de plancher sur ce nouveau projet. À 50 ans, la peur du vide s’est emparée d’elle, de sorte qu’elle n’allait pas rester inactive bien longtemps.

Dans les premières minutes de la série, Anémone apprendra à 53 ans qu’elle souffre d’Alzheimer précoce, un mal héréditaire, dont l’évolution est beaucoup plus rapide à cet âge. Ce choc brutal fait naître l’urgence de régler certaines choses qu’elle avait enfouies dans sa mémoire. Il y a bientôt 30 ans, Anémone, qui s’appelait alors Manon, a fui un contexte familial de violence, abandonnant par le fait même ses trois enfants, joués par Debbie Lynch-White, Benoît McGinnis et Adam Kosh, et élevés par Ronald, rôle tenu par Vincent Graton. Ce sont eux qu’elle voudra revoir avant de les oublier, sauf que ceux-ci ignorent même que leur mère est encore en vie.

Devenue thanatopractice (ou embaumeuse), Anémone a refait sa vie à Belleville, ville fictive près de Québec, et a trois enfants issus d’une nouvelle union, joués par Marilou Morin, Mikhail Ahooja et Laurence Barrette. Son deuxième conjoint, lui, est décédé. Quoiqu’avec Chantal Cadieux, on n’est jamais sûr de rien.

Sébastien Ricard incarne le nouveau directeur du salon funéraire pour lequel travaille Anémone, et qui cache probablement plusieurs secrets, comme bien des personnages de l’auteure. Après l’annonce de mardi, Marina Orsini se rendait rencontrer un véritable thanatopracteur pour recevoir une courte formation. Parce qu’on la verra embaumer des corps, pas des vrais, rassurez-vous. Marina n’a pas peur, elle qui a vu des opérations pour incarner des médecins dans Urgence et Dr Lucille. Ne vous attendez pas pour autant à voir autant de cercueils que dans Six pieds sous terre.

L’impressionnante distribution d’Une autre histoire comprend aussi Danielle Proulx, Nathalie Coupal, Patrice Godin, Marie Turgeon, Guillaume Cyr, Stéphane Jacques, Widemir Normil, Patricia Tulasne et Cynthia Trudel. C’est un bonheur de retrouver Debbie Lynch-White, qui jouera une camionneuse après avoir été IPL dans Unité 9, et qui brille actuellement dans La Bolduc.

Le tournage commence le 14 mai dans les environs de Varennes, sur la couronne sud de Montréal. La série est produite par Sophie Pellerin de Sphère Média Plus, boîte qui a aussi produit Providence et Mémoires vives, les deux précédentes œuvres de Chantal Cadieux. Marina Orsini retrouve quant à elle la réalisatrice Brigitte Couture, qui l’avait dirigée dans 30 vies. Celle qui s’est surtout consacrée à l’animation ces dernières années ne s’est pas fait désirer après avoir lu les trois premiers textes de Chantal Cadieux, avec qui elle s’embarque peut-être pour plusieurs années.

Ce sera une année occupée pour l’animatrice, qui poursuivra son travail à Deuxième chance, en plus de la quotidienne Marina Orsini, amputée de près de la moitié de ses émissions (60 au lieu de 110) pour des raisons de budget.

Un duo touchant

La première des Échangistes a donné lieu à un moment magique de télévision, avec l’improbable duo de Marie-Mai et Safia Nolin, qui ont interprété des airs de l’une et de l’autre, en y ajoutant leurs couleurs. L’émission de lundi a été suivie par 635 000 télé­spectateurs sur ICI Radio-Canada Télé. J’aurais cru que la première des Chefs! aurait attiré plus que les 673 000 curieux qui étaient au rendez-vous. District 31 reste imbattable avec ses 1 374 000 accros, dont plusieurs s’interrogent sérieusement sur la réelle mort de Jeff Morin (Luc Picard). Plus que deux épisodes avant la fin de la saison, jeudi.

RICHARD THERRIEN

Reviendra, reviendra pas?

BLOGUE / Vous avez été nombreux à me demander la liste des retours confirmés pour la saison prochaine. La voici, cette liste annuelle des «reviendra, reviendra pas», qui sera mise à jour au fur et à mesure des confirmations. Notez entre autres les retours de «1res fois», un des beaux succès de l'hiver, et des «Magnifiques» sur ICI Radio-Canada Télé. Télé-Québec donne aussi une deuxième saison à sa nouveauté «Dans les médias», mais décide de mettre fin à l'émission d'Anaïs Favron, «100% animal».

ICI RADIO-CANADA TÉLÉ

RETOURS CONFIRMÉS

District 31

Lâcher prise

Ruptures

Les pays d'en haut 

Unité 9 

Cheval-Serpent 

Les Simone 

Trop 

Faits divers

Au suivant

Les enfants de la télé 

Tout le monde en parle 

Ici on chante 

Marina Orsini 

Entrée principale

Silence, on joue!

En direct de l'univers

Ricardo

1res fois

Infoman

Ici Laflaque

Prière de ne pas envoyer de fleurs

Deuxième chance

Info, sexe et mensonges

Les magnifiques

Les dieux de la danse

La facture

L'épicerie

Enquête

Découverte

La semaine verte

Second regard

Les coulisses du pouvoir


NON-RENOUVELÉES

Hubert & Fanny 

Virtuose


EN ATTENTE DE CONFIRMATION

Ouvrez les guillemets

Télé et radio

Des héros et des zéros

CHRONIQUE / On a ratissé large dans les discussions dimanche à «Tout le monde en parle», passant de l'échec cuisant des Canadiens à la réussite en affaires, déboulonnant au passage plusieurs mythes persistants.

Dominique Brown, le pdg de Chocolats favoris et recrue de Dans l'œil du dragon, veut la première place et rien d'autre. «L'objectif est de créer une marque de chocolat québécoise qui va se trouver partout à travers le monde», a dit avec assurance celui qui a fait la meilleure impression parmi les invités dimanche. Avec comme objectif un chiffre d'affaires de 100 millions $ d'ici 2020, Chocolats favoris atteindrait le top 100 mondial des confiseurs, une première étape vers la tête.

Héros des affaires, Dominique Brown n'a jamais dévoilé combien il avait vendu Beenox à Activision. Sa seule folie le lendemain a été de s'acheter un vélo de 2000$. «Si je m'étais mis à dépenser en fou furieux, je n'aurais jamais pu probablement faire le saut avec Chocolats Favoris.» Dire qu'à ses débuts, Beenox a frôlé la faillite, avant de se lancer dans un concept de conversion de jeux vidéo.

Jamais il n'a été question qu'on traduise en anglais le nom des boutiques, même à l'international. «Si les entreprises américaines changent pas de nom en arrivant, y'a pas de raison pour laquelle on changerait de nom», tranche-t-il, applaudi par l'assistance. La carte du fou du roi: «Si Chocolats favoris désire produire des Guy A. en chocolat, dépêchez-vous, le moule craque de partout.»

Il fallait voir Julien Lacroix offrir un «pitch» hilarant mais non moins misérable à Dominique Brown pour financer son film. Plutôt que d'attendre des subventions, Adib Alkhalidey et lui ont préféré faire appel au public pour trouver les 80 000$ nécessaires à la production de leur premier long métrage. Destinée au web, cette comédie sur la maladie mentale a déjà une date de sortie, le 10 janvier 2019, ce qui oblige le duo d'humoristes à livrer coûte que coûte.

Aussi auteur de la websérie aux divers accents Pause Kahwa, Adib Alkhalidey a grandi dans un environnement multiethnique, Ville Saint-Laurent, au nord de Montréal. Il constate comme tout le monde un manque de diversité culturelle à la télévision, mais reste compréhensif. «Faut arrêter de culpabiliser les gens. Tu ne vas pas parler de quelque chose qui ne fait pas partie de ton imaginaire. On ne peut pas demander à un auteur qui n'a pas grandi dans mon quartier d'écrire à propos de mon quartier, ça ne va pas lui venir naturellement.»

Très intéressant passage de Michel C. Auger, auteur de 25 mythes à déboulonner en politique québécoise. L'animateur et analyse politique déplore que plusieurs parlent de la situation de la langue française au Québec comme on en parlait il y a 50 ans. Il ne croit pas au recul du français, et rappelle que 94,5% des Québécois sont capables de tenir une conversation dans cette langue.

Michel C. Auger considère que plusieurs ramènent le concept de la laïcité dans le but de diminuer le nombre d'immigrants. Il ne voit pas pourquoi l'étudiante en technique policière serait une plus mauvaise agente parce qu'elle souhaite garder son voile. «Même qu'elle pourrait avoir plus d'empathie», croit-il. Y'a-t-il trop de chroniques d'opinions dans nos médias? «Comme journaliste, je ne vais jamais dire qu'il y en a trop. Y'en a trop des pas bonnes», a-t-il répondu. «On pense aux deux mêmes?», a blagué Guy A. La carte de Dany: «Un autre mythe à déboulonner, celui du journaliste qui finit toujours avec un beau grand sourire sur une pancarte électorale.» «Ah pas moi, Dieu m'en préserve!» a répliqué Auger.

Justement, Bianca Longpré a décidé d'abandonner l'opinion pour rester dans l'humour. Boule d'énergie et verbomotrice, elle décline son concept de Mère ordinaire dans un blogue, un livre, un magazine et même un spectacle. Son discours de dimanche, très drôle et positif, jurait avec ses textes d'opinions qui créaient la polémique, il n'y a pas si longtemps. «J'ai choisi les jokes, c'est pas mal plus le fun», affirme l'humoriste, aussi la conjointe de François Massicotte, et qui clôturera le premier Grand Montréal Comédie Fest avec un gros party de filles.

Celle qui décrit ce qu'elle fait comme «l'inverse de Marilou» avait envie de montrer la réalité plus chaotique de la vie d'une mère. «Je me suis rendue compte qu'il y en avait une méchante gang qui vivait la même affaire que moi.» Si les hommes ne sont pas vraiment invités à son spectacle, «on vous tolère», dit-elle. Encore en 2018, certains hommes refusent de laisser sortir leur blonde sans les accompagner.

Réjouissante Miss BBQ

Réjouissant de voir la révélation de la dernière saison de District 31, Charlotte Legault, qui a pensé abandonner le métier avant que son rôle d'Amélie/Nadia/Miss BBQ prenne l'ampleur qu'on connaît et obtienne la faveur du public. «Fallait que je marque l'histoire avec ce rôle-là», s'est-elle dit. En travaillant sur son personnage d'escorte, l'actrice de 26 ans est allée dans des bars de danseuses et rencontré un tatoueur pour trouver le symbole qu'allait adopter sa Miss BBQ. Avant de connaître le succès, elle a passé pas de moins 470 auditions. Moment charmant lorsqu'elle a imité l'accent du sud-est des États-Unis et l'accent britannique du début du XXe siècle, deux atouts dans sa manche d'actrice, elle qui joue aussi en anglais.

«C'est rien de moins que la pire saison de l'histoire de l'équipe», va jusqu'à dire Jean-Charles Lajoie, à propos de nos zéros, les Canadiens. Presque cruel d'entendre Claude Julien, sur vidéo, dire sur le même plateau l'automne dernier qu'il était revenu à Montréal pour gagner la Coupe Stanley. «Il n'a pas le casting voulu», poursuit l'animateur du 91,9. Au sujet du «problème d'attitude», cité si souvent durant la dernière semaine, le journaliste de La Presse+ Richard Labbé reconnaît que Carey Price affichait une mauvaise mine, même les soirs de victoires. Quel est ce fameux plan de la direction, selon lui? «Tu prends le gardien de but, pis tu croises tes doigts», dit-il, ajoutant qu'on a monté cette équipe à la manière des années 90, en misant d'abord sur le gardien.

Les partisans ont baissé les bras assez tôt dans la saison: Adib Alkhalidey, qui a le CH tatoué sur le cœur, a abandonné en novembre dernier et s'est résigné à suivre les Maple Leafs de Toronto. Geoff Molson a décliné l'invitation de Tout le monde en parle, mais Marc Bergevin a promis de s'y présenter dimanche prochain. Par ailleurs, Jean-Charles Lajoie joue un descripteur de hockey dans la série Demain des hommes, dans laquelle apparaissent son fils Pier-Gabriel et un autre de ses fils comme doublure du gardien de but.

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Eric Moreault

Le film de la semaine: le percutant drame social L'atelier

BLOGUE/S’il restait un doute à quelqu’un que la Palme d’or 2008 de Laurent Cantet pour Entre les murs était un accident de parcours, L’atelier va complètement le dissiper. Le réalisateur français signe un film de proximité percutant sur les fléaux et difficultés des jeunes non privilégiés, mais aussi sur leurs aspirations légitimes. Un drame social nuancé qui permet aussi de mieux comprendre l’attrait de l’extrême droite auprès des désœuvrés…

L’approche documentaire tourne autour de décrocheurs (cinq gars et deux filles) qui doivent suivre un atelier d’écriture avec une romancière connue (Marina Foïs, d’une justesse irréprochable). Olivia aimerait bien que le roman noir qu’ils doivent écrire s’inspire du passé industriel révolu de La Ciotat, sur la Côte d’Azur, et des traumatismes qui ont suivi la fermeture des chantiers navals au milieu des années 1980 (alcoolisme, suicides, séparations, pauvreté…).

Mais les jeunes n’en ont rien à cirer. En particulier Antoine (Matthieu Lucci), fasciné par les discours d’extrême droite. Solitaire et habité de sentiments contradictoires, il va pousser Olivia jusque dans ses derniers retranchements. Le jeune révolté va aussi s’exclure du groupe par ses provocations constantes, sur fond de tensions raciales, notamment un texte violent qui évoque un massacre.

Cantet observe cette rage intérieure, nourrie par les discours racistes d’exclusion, mais sans juger. Il fait d’Antoine un personnage nuancé, dont l’humanité est enfouie sous des couches d’autoprotection. De même, il expose la condescendance de la romancière, dont le groupe ne sera pas dupe bien longtemps…

À l’écoute de L’atelier, on se demande longtemps où le réalisateur veut en venir. Pour finalement se rendre compte que, justement, il ne va nulle part : il filme, dans une approche très naturaliste, ce qui se déroule devant sa caméra. La vie qui pulse, dans ce qu’elle a de plus ordinaire, mais aussi de plus révélatrice : la solitude, l’aliénation, le sentiment d’impuissance devant un horizon bouché, le désir, l’espoir…

Cantet opte pour une mise en scène très dépouillée, en lumière naturelle et en son ambiant, mais qui compte plusieurs plans absolument superbes.

La démarche est conséquente avec la réflexion que mènent les personnages sur la mince ligne qui sépare la réalité de la fiction. Son cinéma en est le reflet, jusque dans l’utilisation d’acteurs non professionnels. En utilisant deux caméras qui tournent constamment, Cantet traque la vérité et la trouve.

De la même façon, il utilise les codes du film noir pour canaliser à l’écran la violence d’Antoine, toujours sur le point d’éclater. De récit initiatique, L’atelier bascule dans le suspense, inquiétant, d’une confrontation ambiguë entre le jeune homme et une femme d’âge mûr. Sans pour autant perdre de vue sa trame principale.

Bien sûr, L’atelier aurait pu, aurait dû, aller plus loin dans sa conclusion, trop équivoque. Il n’en est pas moins un film puissant et troublant, présenté l’an dernier au Festival de Cannes, dans la section Un certain regard.