Virginie Larivière, porte-parole et responsable de l’organisation politique du Collectif pour un Québec sans pauvreté.

Virginie Larivière: la quête d’un monde plus juste [BALADO]

Certaines personnes l’appellent encore «la petite Virginie». Probablement des personnes nées avant 1980. Il faut dire, son combat a marqué les esprits.

En 1992, du haut de ses 13 ans, Virginie Larivière se lance dans une lutte contre la violence à la télévision. Une sorte de réaction après le viol et le meurtre de sa jeune sœur. Un désir de diminuer la violence du monde. Elle pensait toucher que son école secondaire, mais ses actions l’ont mené d’un océan à l’autre et à rencontrer le premier ministre du Canada de l’époque, Brian Mulroney. Tout le pays en parlait.

Près de 30 ans plus tard, Virginie Larivière tente toujours de diminuer la violence du monde, mais une violence plus subtile : la pauvreté. Sans vouloir faire une hiérarchie des injustices, Virginie Larivière souligne à quel point la pauvreté est au cœur de la justice sociale. «Quand on ne mange pas trois fois par jour, quand on ne sait pas comment payer son loyer, c’est difficile d’atteindre son plein potentiel, de s’impliquer contre les changements climatiques», donne-t-elle en exemple.

Le gros frein à la lutte à la pauvreté est la question des préjugés et surtout la solidité de ces préjugés dans l’imaginaire collectif. «Personne ne fait le choix d’être pauvre, de crever de faim. Cette idée-là que les gens sont gras dur sur l’aide sociale, c’est vraiment mal connaître le système de l’aide sociale. Les préjugés, c’est le nerf de la guerre.»

Virginie Larivière

Son combat a changé, mais la passion et l’indignation qui a marqué le Canada il y a près de 30 ans sont bien là, encore, chez la «grande Virginie». «Je pense que c’est un scandale qu’une personne sur dix au Québec soit dans le rouge. Il y a une personne sur dix qui ne mange pas à sa faim, qui n’arrive pas à payer son loyer!» Une violence que personne ne devrait subir, selon elle.

Dans cette baladodiffusion, Virginie Larivière raconte les émotions toujours vives de cette sœur qu’on lui a «arrachée», souligne la nécessité des jeunes dans les débats publics et partage sa vision d’un monde plus juste.

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«PORTRAITS», UNE SÉRIE DE 5 BALADOS

Le Soleil vous présente «Portraits», une première série de balados consacrés à des personnalités qui aspirent à faire bouger les choses dans leurs domaines. Alors que le rythme de l’actualité s’accélère, la série «Portraits» s’offre le luxe du temps. Au menu, cinq longues entrevues menées par notre journaliste Mickael Bergeron, à travers lesquelles se dessinent des portraits, où nous remontons aux sources de l’engagement, de la passion de nos invités. Nos cinq premiers? Anne-Marie Olivier, Martin Bureau, Richard Therrien, Tire le coyote et pour débuter, Virginie Larivière. Bonne écoute!
Gilles Carignan
Directeur contenus numériques
Groupe Capitales Médias