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Martin Bureau: créateur de troubles [BALADO]

Même s’il fait du cinéma documentaire, des installations publiques, des œuvres multimédias, de la peinture et des pochettes d’albums, Martin Bureau dira qu’il réfléchit sur le monde.

«J’ai longtemps pensé que j’étais peintre, raconte le Bleuet d’origine. Puis j’ai commencé à faire des films, donc je suis devenu peintre-cinéaste. Puis artiste multidisciplinaire. À force de créer, je me suis rendu compte que mon premier métier, en amont, c’était de réfléchir. Ce qui me passionnait le plus finalement dans tout ça c’était de comprendre le monde et le réfléchir.»

Il y a souvent quelque chose qui fait «bang!» dans les œuvres de Martin Bureau. «Il y a beaucoup d’explosions dans mes œuvres, rigole-t-il. C’est une belle métaphore de perte de sens et il y a de beaux mouvements en peinture là-dedans.»

Feu ou pas, les sujets eux-mêmes sont souvent explosifs, comme les murs de Jérusalem ou les courses de stock-car. «J’aime me mettre dans un contexte de terrain trouble.» Néanmoins, même si son travail «est affirmatif», et qu’il «passe beaucoup d’opinions dans [son] travail», l’artiste insiste qu’il ne critique pas les gens individuellement, mais bien des choix de société.

Une de ses peintures les plus connues représente le parlement de Québec en feu. Une toile qu’il voulait donner au parlement, un don que l’institution a accepté – et expose. «C’est complètement baveux, souligne Martin Bureau. Face aux enjeux de collusion et de corruption, ma manière de répondre la plus efficace c’est avec l’art.»

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Tire le coyote: sans filtre [BALADO]

Benoit Pinette a beau s’être donné un nom d’artiste, Tire le coyote, cet espace créatif se voulait quand même le plus authentique possible, l’endroit où il allait être le plus transparent, sans filtre. Et c’est souvent son honnête fragilité qui charme son public.

Au début, ça devait être qu’un mini album, comme un cadeau pour lui-même. Finalement, les albums se suivent, comme les tournées, et mêmes les prix, comme un Félix pour meilleur album folk ou le prix de Parolier de l’année remis par la Société professionnelle des auteurs et des compositeurs du Québec.

«J’étais content particulièrement du prix de parolier parce que c’est ce que je m’efforce de faire depuis longtemps. J’ai rushé plus pour écrire Désherbage, admet l’auteur-compositeur-interprète. J’aime avoir de beaux textes quand j’écoute une chanson.»

L’artiste de Limoilou a aussi vu l’impact d’un passage à une émission comme Tout le monde en parle. «Tout d’un coup j’existais! J’avais déjà un public, mais ça m’a permis d’aller chercher un public moins mélomane.» Il joue cette partie du jeu médiatique, mais en refuse d’autres, comme lorsqu’on lui demande de parler de ses enfants ou de ses voyages, plutôt que de sa musique. «Peut-être que c’est la différence entre l’artiste et la personnalité publique et ça m’intéresse moins», réfléchit-il à voix haute.

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Anne-Marie Olivier : tête chercheuse de sens [BALADO]

L’auteure et comédienne Anne-Marie Olivier aime s’inspirer de la vie des gens. «Travailler avec des histoires vraies, c’est d’aller à la rencontre de cette extraordinaire complexité qu’est celle de l’être humain.»

Une manière de combler sa «soif de vérité», mais aussi d’être près des gens. «J’ai des collègues qui disent qu’il faut se foutre du public pour être complètement libre. Je suis complètement en désaccord avec eux. On doit faire du théâtre pour le monde. Ce n’est pas élitiste, on doit parler à tout le monde.» Selon Anne-Marie Olivier, l’art sert à digérer le monde, même le plus difficile à digérer.

«J’aime voir le côté utilitaire [du théâtre], ajoute-t-elle. Qu’est-ce que j’amène à la société en étant artiste? C’est un endroit de rencontres et d’échanges intellectuels et émotionnels. J’aime le théâtre qui nous transforme.» Le public semble partager cette vision, alors que le Trident affiche les meilleurs taux d’occupation de son histoire depuis qu’elle en a pris la direction artistique. 

Anne-Marie Olivier aimerait que tous les jeunes puissent toucher aux arts et à la philosophie, dès l’école primaire, afin de stimuler la créativité. «C’est vraiment l’idée de se servir du plein potentiel de son cerveau et de trouver des solutions à nos problèmes.» Selon elle, devant les changements et les défis qui attendent l’humanité, nous allons avoir besoin de notre créativité pour nous en sortir.

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Richard Therrien: le «vrai» enfant de la télé [BALADO]

Quand il était jeune, regarder la télévision était une obsession pour Richard Therrien, plus important que jouer dehors ou même avec des amis. «J’étais un enfant un peu particulier», dit-il. Pas surprenant que son rêve était de travailler pour TV Hebdo.

Même s’il vit maintenant son rêve en chroniquant la télé au Soleil, dans l'ensemble des journaux de Groupe Capitales Médias, ainsi qu'au 98,5 FM, ça reste un travail, nuance-t-il. «C’est pas vrai que les gens écoutent la télé avec un carnet de notes [comme moi]. La chronique, il faut l’écrire. Je fais des entrevues, je vais sur des tournages», explique le journaliste.

Il y a un paradoxe autour du petit écran, souligne Richard Therrien. «C’est l’art le plus rassembleur, mais aussi le plus sous-estimé. Il y a des gens qui se vantent de ne pas regarder la télé. C’est sûr qu’il y a de la mauvaise télé, mais il se fait aussi du mauvais cinéma, de mauvais livres, du mauvais théâtre.» Se vante-t-on de ne pas lire pour autant?

Cet amour pour la télévision comporte son lot de défis, comme les divulgâcheurs, un «cauchemar» pour le chroniqueur. Comment analyser une œuvre sans parler d’importantes décisions scénaristiques? «C’est complexe», s’exclame le chroniqueur. S’il comprend le principe, les gens doivent aussi, selon lui, se responsabiliser. Pourquoi, après tout, lire un texte sur une série si on a peur d’en apprendre trop? C’est jouer avec le feu!

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Virginie Larivière: la quête d’un monde plus juste [BALADO]

Certaines personnes l’appellent encore «la petite Virginie». Probablement des personnes nées avant 1980. Il faut dire, son combat a marqué les esprits.

En 1992, du haut de ses 13 ans, Virginie Larivière se lance dans une lutte contre la violence à la télévision. Une sorte de réaction après le viol et le meurtre de sa jeune sœur. Un désir de diminuer la violence du monde. Elle pensait toucher que son école secondaire, mais ses actions l’ont mené d’un océan à l’autre et à rencontrer le premier ministre du Canada de l’époque, Brian Mulroney. Tout le pays en parlait.