Selon Robert Poëti, pdg de la Corporation des concessionnaires automobiles du Québec, les vendeurs de véhicules neufs avaient beaucoup de véhicules dans les cours en mars dernier. En ce moment, il estime que les concessionnaires ont encore la moitié de ce stock.
Selon Robert Poëti, pdg de la Corporation des concessionnaires automobiles du Québec, les vendeurs de véhicules neufs avaient beaucoup de véhicules dans les cours en mars dernier. En ce moment, il estime que les concessionnaires ont encore la moitié de ce stock.

Un marché automobile en faveur des acheteurs?

Paul-Robert Raymond
Paul-Robert Raymond
Le Soleil
Le confinement en raison de la pandémie de COVID-19 a fait basculer le marché de l’automobile en faveur des acheteurs. Est-ce qu’il y a de bonnes affaires pour les consommateurs? Il y a de fortes chances.

«Actuellement, pour les acheteurs, c’est une excellente période. Parce que les inventaires sont là. Les concessionnaires ont encore 50 % de leur inventaire qu’ils avaient au début du confinement», explique Robert Poëti, pdg de la Corporation des concessionnaires automobiles du Québec (CCAQ). «Les modèles 2021 vont tarder un peu, si bien qu’ils sont aussi arrivés à certains endroits.»

Les concessionnaires se trouvent donc avec plus de véhicules qu’à la même période les années passées. Et en ce moment, la période de transition vers les nouveaux modèles commence et de bons rabais peuvent être offerts aux acheteurs. «Les constructeurs et les concessionnaires ont mis en place des programmes de vente et de location absolument impressionnants, comme dans certains cas du financement sur 84 mois, du 0 % d’intérêt et des garanties de 10 ans», ajoute-t-il.

La période durant laquelle les ventes d’automobiles ont été suspendues en raison des mesures sanitaires a contribué aussi à une baisse des prix. «Les vendeurs et les concessionnaires ont dû faire preuve d’ingéniosité au chapitre des prix pour aller chercher les consommateurs», renchérit Charles Chamberland, porte-parole pour AutoHebdo.net. «Et ils doivent liquider leurs véhicules aussi. Donc, ça influence ce qui se passe au niveau des prix.»


« Actuellement, pour les acheteurs, c’est une excellente période. Parce que les inventaires sont là. Les concessionnaires ont encore 50 % de leur inventaire qu’ils avaient au début du confinement »
Robert Poëti, pdg de la Corporation des concessionnaires automobiles du Québec (CCAQ)

Est-ce une bonne affaire d’acheter un modèle neuf à la fin de l’année? Il n’y a de bonne ou de mauvaise réponse. Selon CAA-Québec, il faut considérer le nombre d’années pendant lesquelles vous prévoyez garder le véhicule.

Les trois premières années sont celles durant lesquelles un véhicule subit la dépréciation la plus importante, qui peut être de 30 % à 50 %, selon certains modèles. Si vous pensez conserver votre voiture très longtemps, attendre pour une 2021 ou négocier pour une 2020 n’a pas vraiment d’importance. Après cinq ans d’usure, c’est davantage l’état général du véhicule et son kilométrage plutôt que son âge qui assureront ou non une bonne valeur de revente.

Creux dû à la pandémie

Pour ceux qui se demandent si le creux dans les ventes d’automobiles attribuable à la pandémie a été comblé, la réponse semble tendre vers la négative. 

M. Poëti prédit qu’à la fin de l’année, il y aura une baisse du nombre cumulatif de véhicules vendus, en raison des deux ou trois mois qu’a duré le confinement. Les ventes rapides — «de bonnes ventes», dit-il —, au cours des deux ou trois mois de l’été, ne combleront pas le retard accumulé durant le confinement.

Craintes des transports en commun

Force est de constater que la pandémie a causé un regain des ventes de véhicules en raison de la crainte des transports en commun. Et que ce regain a favorisé les véhicules d’occasion.

La pandémie a causé un regain des ventes de véhicules en raison de la crainte des transports en commun.

«Dans les grandes villes, les gens, qui prenaient à l’occasion ou de façon permanente le transport en commun, ont eu une certaine hésitation. Ils se sont dit : “Peut-être que pour un an, je vais acheter un véhicule usagé et je vais avoir mon propre véhicule au lieu de faire du covoiturage ou d’utiliser les transports en commun”», dit le pdg de la CCAQ.

Constat partagé par M. Chamberland. «Les transports en commun connaissaient un bel engouement, mais à cause de la COVID, les gens sont inquiets de retourner dans les wagons, dans les autobus. On le vit un peu avec le retour à l’école. Les parents préfèrent aller reconduire leurs enfants, mais souvent ils n’avaient qu’un véhicule. Ils ont dû se trouver un deuxième véhicule.»

Selon une étude menée en mai 2020 auprès de 600 répondants par AutoHebdo.net, 64 % de ceux-ci prévoyaient acheter un nouveau véhicule. 

Selon M. Chamberland, qui cite cette étude, presque une personne sur 10 (9 %), parmi les acheteurs d’une première voiture, déclarait que la décision d’acheter est le résultat direct de la pandémie. «Ça n’a l’air de rien, mais 9 %, c’est beaucoup au chapitre de l’engagement», conclut-il.

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LE PRIX MOYEN LE PLUS BAS EST AU QUÉBEC

Selon l’indice de prix d’AutoHebdo.net, c’est au Québec où il coûte le moins cher pour acquérir un véhicule, neuf ou d’occasion. 

Alors que le prix moyen au Canada se situe à 36 470 $ pour un véhicule neuf et à 17 488 $ pour un véhicule usagé, au Québec, ces moyennes se situent respectivement à 32 628 $ et à 15 995 $. L’Ontario (35 332 $ et 16 999 $) et les provinces de l’Atlantique (32 130 $ et 17 366 $) suivent le Québec à ce chapitre. 

De l’autre côté du spectre, l’Alberta (43 006 $ et 19 995 $), le Manitoba et la Saskatchewan (41 309 $ et 20 999 $) ont les prix médians les plus élevés.

Comme mentionné plus tôt, la COVID-19 a tiré vers le bas le prix des véhicules, selon Charles Chamberland, porte-parole pour AutoHebdo.net. Et la possible deuxième vague va aussi influencer les prix des véhicules, dit-il.

Les véhicules les plus recherchés

Et toujours selon AutoHebdo, les trois véhicules les plus recherchés au Québec sont la Honda Civic, le Ford F-150 et le Toyota RAV4. «La Honda Civic, c’est souvent le véhicule que les gens vont prendre pour faire leurs courses», explique M. Chamberland. «Vu qu’on ne peut pas voyager à l’étranger, les gens achètent un camion ou un VUS, et là ils accrochent une petite roulotte, leur kayak ou leurs vélos. Et ils se remettent à des activités de plein air», ajoute-t-il.