Une étude menée par l’Université du Missouri établit que le risque d’être impliqué dans un accident dans une zone de travaux en raison des distractions au volant est multiplié par 29.

Risques accrus par les distractions au volant dans les zones de travaux

CHRONIQUE / Une étude de l’Université du Missouri a confirmé récemment ce qu’on devine déjà : le risque associé aux distractions lorsqu’on est au volant. Cependant, cette étude donne un chiffre à ce risque, accru surtout dans les zones de travaux.

Aux États-Unis, un accident dans des zones de travaux survient toutes les 5,4 minutes. L’étude, menée par Praveen Edara, professeur en génie civil et environnemental à l’Université du Missouri, établit que le risque d’être impliqué dans un accident dans une zone de travaux en raison des distractions est multiplié par 29.

Selon son auteur, l’étude intitulée Risk Factors in Work Zone Safety Events : A Naturalistic Driving Study Analysis pourrait mener à des recommandations aux agences responsables de la sécurité routière — comme la Federal Highway Administration aux États-Unis —, en matière de «contre-mesures comportemantales». Elle peut être lue au complet à bit.ly/2TwndhY

«Ces recommandations incluent une meilleure éducation publique, des lois pour bannir les textos au volant et des politiques qui dissuaderaient les conducteurs à se faire distraire au volant. Les résultats pourraient aussi être utilisés lors du développement de nouvelles technologies, telles que la conduite autonome», peut-on lire dans le communiqué envoyé par l’Université du Missouri.

Rien n’est nouveau quand on affirme qu’un véhicule qui roule à 90 km/h parcourt la distance d’un terrain de football (américain) en cinq secondes. Le temps de lire un texto — ce qui prend en moyenne cinq secondes —, on a parcouru l’équivalent d’un terrain de football sans être attentif. «Texter en conduisant est dangereux, voire fatal, surtout dans les zones de travaux.

«Avant notre étude, les chercheurs analysaient les données sur la sécurité routière dans les zones de travaux en vérifiant une seule case à cocher parmi les 70 à 80 champs que contiennent les rapports des policiers, pour savoir si l’accident avait lieu dans une zone de travaux», affirme M. Edara dans le même communiqué. «Malheureusement, ces rapports ne contenaient pas d’information détaillée au sujet du comportement du conducteur avant la collision. Ce qui est particulier avec notre projet de recherche, c’est que nous avons utilisé des données d’observation naturaliste qui donnait de l’information sur les facteurs pouvant contribuer à la collision [le conducteur, le véhicule, l’état de la route et les facteurs environnementaux]. En d’autres mots, nous avons reconstitué les actions du conducteur et l’environnement juste avant l’accident.»

La largeur des voies de circulation dans les zones de travaux a également une incidence sur l’augmentation du risque d’accident.

«Avant que nous nous penchions sur le sujet, nous savions que les voies rétrécies dans les zones de travaux sont moins sécuritaires que les voies plus larges, et similairement, les excès de vitesse dans les zones de travaux ont une corrélation avec la sévérité des blessures», selon M. Edara. «Avec cette information, cela nous permet de constater le degré de responsabilité du conducteur.»