Selon un accord entre Tesla et la SEC, le pdg Elon Musk est censé faire valider ses messages liés au constructeur de véhicules électriques avant de les publier.
Selon un accord entre Tesla et la SEC, le pdg Elon Musk est censé faire valider ses messages liés au constructeur de véhicules électriques avant de les publier.

Musk célèbre l’envolée de Tesla à Wall Street en insultant les autorités boursières

NEW YORK — Elon Musk a célébré l’envolée à Wall Street de son entreprise Tesla, devenue mercredi la société automobile la plus chère au monde en Bourse, par un tweet insultant grossièrement le gendarme américain des marchés financiers avec qui il est de longue date en bisbilles.

La valeur de Tesla s’établissait jeudi à plus de 224 milliards $US (305 milliards $), après avoir dépassé la veille celle de la société japonaise Toyota qui vend pourtant bien plus de voitures.

Elon Musk en a profité pour railler sur Twitter les courtiers qui parient sur la chute en Bourse de l’entreprise en plaçant des ordres appelés «shorts» en anglais, un mot qui décrit aussi en anglais le vêtement pour homme ou femme qui descend de la ceinture à la cuisse.

Il a dans la foulée visé la Commission de supervision des marchés boursiers américains, la SEC, qu’il a rebaptisé ironiquement par le passé «Commission d’enrichissement des spéculateurs».

«Je vais envoyer [quelques shorts] à la Commission d’enrichissement des spéculateurs pour les réconforter en ces temps difficiles», a-t-il écrit sur le réseau social avant d’y ajouter une insulte à caractère sexuel.

Le bras de fer entre le patron et la SEC date de l’été 2018, quand l’entrepreneur a assuré dans un tweet disposer des financements appropriés pour sortir Tesla de la cotation en Bourse.

Ce commentaire avait alors fait flamber le titre, au grand dam de la SEC.

D’autres déclarations intempestives d’Elon Musk sur Twitter font depuis régulièrement chavirer l’action.

Selon un accord entre les deux parties, M. Musk est censé faire valider ses messages liés au constructeur de véhicules électriques avant de les publier. Mais cela ne l’a pas empêché rien que cette année de juger l’action de Tesla «trop élevée» ou de qualifier les mesures de confinement, qui ont obligé son usine californienne à fermer plusieurs semaines, de «fascistes».

Elon Musk a rouvert l’usine de Fremont, en Californie, le 11 mai contrairement aux ordonnances du comté d’Alameda de rester fermées. Le département de la santé du comté avait considéré l’usine comme une entreprise non essentielle qui ne pouvait pas rouvrir complètement, mais Tesla a soutenu qu’elle était essentielle selon les directives fédérales.

Le lendemain, cependant, le ministère de la Santé a annoncé que l’usine pourrait reprendre la fabrication tant qu’elle respecterait les précautions de sécurité qu’elle avait acceptées.

Des travailleurs dénoncent les conditions à l’usine californienne

Par ailleurs, certains employés et militants syndicaux de Tesla affirment que l’entreprise menace de licencier des employés qui ne sont pas revenus à l’usine californienne de l’entreprise depuis sa réouverture, car ils ont peur d’attraper le coronavirus.

Le groupe souhaite que la pratique cesse, et il veut également que les responsables de l’État et du comté fassent un meilleur travail en veillant à ce que les procédures de sécurité appropriées soient suivies à l’usine de Fremont, dans la baie de San Francisco.

Carlos Gabriel, un employé de Tesla qui fait partie des organisateurs d’un rassemblement prévu jeudi au département de santé publique du comté d’Alameda à Oakland a déclaré que les autorités devraient «tenir Elon Musk [pdg de Tesla] responsable.»

Un porte-parole de Tesla n’a pas immédiatement commenté le sujet mercredi, mais les responsables de l’entreprise ont déclaré lors d’une audience publique sur les incitations fiscales au Texas la semaine dernière que les allégations de licenciements de travailleurs de Fremont étaient fausses.

Tesla a publié des protocoles pour assurer la sécurité des travailleurs, y compris des contrôles de température, le port de gants et de masques, l’installation de barrières entre les travailleurs et le maintien de l’éloignement physique. Début mai, Elon Musk a déclaré aux travailleurs qu’ils n’auraient pas à retourner à l’usine s’ils n’étaient pas à l’aise.

L’Associated Press a laissé un message mercredi pour demander des commentaires au département de la santé.

Usines de FCA et de GM

L’usine Tesla n’est pas la seule à connaître des ennuis liés à la pandémie dans l’industrie automobile. Les chaînes de montage de deux usines Fiat Chrysler dans la région de Détroit ont été brièvement fermées cette semaine en raison de crainte de la propagation du virus, et les responsables syndicaux locaux souhaitent que General Motors ferme et nettoie une usine de VUS à Arlington, au Texas.

Carlos Gabriel et un autre employé de Tesla disent avoir entendu parler de cas de COVID-19 parmi les travailleurs de l’usine de Fremont, mais ne connaissent pas le nombre de travailleurs infectés, car la société ne le leur dira pas. Ils veulent que le département de la santé publie le nombre de cas et retrace ceux qui sont entrés en contact avec les travailleurs malades plutôt que de laisser Tesla le faire.

Branton Phillips, un opérateur de remorquage qui est retourné au travail, dit que de nombreux travailleurs ne portent pas de masques couvrant leur nez et leur bouche dans l’usine, qu’ils les retirent et ne gardent pas une distance physique appropriée lorsqu’ils sont à l’extérieur. Il craint de tomber malade et de transmettre le virus à sa petite amie de longue date qui est dans une situation vulnérable, a-t-il déclaré.

«Je devais rentrer au travail. J’ai besoin d’une assurance [médicale]», a déclaré Branton Phillips, ajoutant que Tesla essayait de faire respecter les exigences relatives aux masques à l’intérieur de l’usine. Il affirme que les employés ont été menacés de licenciement, mais ensuite on leur a dit qu’ils ne seraient pas licenciés, ce qui crée de la confusion.

Plus tôt cette semaine, le syndicat United Auto Workers a envoyé des équipes dans les deux usines Fiat Chrysler et à l’usine du Texas pour enquêter sur les craintes des employés concernant d’autres travailleurs infectés, a déclaré le porte-parole Brian Rothenberg. Il ne savait pas combien de cas de coronavirus il y avait dans chacune des usines.

GM affirme que ses protocoles de sécurité à Arlington fonctionnent et qu’ils n’ont pas affecté la production. Elle a indiqué dans un communiqué que certains travailleurs ont été déclarés positifs à la COVID-19 à l’usine parce qu’il n’y a pas encore de vaccin ou de remède.